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Réveil Communiste

Hommage à Maïakovski et la Révolution d'Octobre

9 Novembre 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Art et culture révolutionnaires

Objet : Révolution d'octobre, envoyé par Jean Louis cailloux



En ce début du vingt-et-unième siècle, nous possédons grâce la révolution d’octobre, une expérience infiniment plus riche que celle dont le prolétariat, encore embryonnaire au niveau mondial, disposait en 1900 ».
Mais puisque personne n’ose l’évoquer, en cette période d’anniversaire, de peur des valises trop lourdes.
Rendons un hommage a ceux qui ont fait la révolution d’octobre en choisissant un poète.   

Maïakovski, partisan de la Révolution d’Octobre, fidèle à Lénine, puis persécuté par le régime stalinien qui conjugué avec le désespoir amoureux finit par le broyer jusqu’au suicide était dévoué à la Révolution et à l’amour



Maïakovski est le plus souvent reconnu comme un poète engagé politiquement, le Grand poète de la Révolution bolchevique, ou même poète propagandiste ; C’est d’ailleurs lorsqu’il fut emprisonné à l’âge de 16 ans pour conspiration qu’il a rédigé ses premiers vers. Les poèmes que nous retenons de sa bibliographie sont ceux comme Ma Révolution en 1917, puis plus tard Vladimir Ilitch Lénine en 1924 et Conversation avec le camarade Lénine en 1929. Dans ces poèmes on sent tout le sens rhétorique de Maïakovski mêlé à cette ferveur révolutionnaire.

[…] « La rue – on dirait une plaie ouverte,
 tant elle fait mal, et tant elle gémit…
 Ici chaque pierre connaît Lénine,
 piétinée par les premières attaques d’octobre. »
Vladimir Ilitch Lénine (1914)

[…] « Bien sûr nous les materons tous
 Mais ce sera effroyablement difficile.
 Camarade Lénine, dans les fabriques enfumées
 Dans les campagnes couvertes de neige et de blé
 C’est votre cœur et votre nom, camarade, qui nous font
 Penser, respirer, lutter, vivre. »
Conversation avec le camarade Lénine (1929)

Cependant ce qu’il en ressort c’est cet incroyable engouement, c’est la virulence des hyperboles : «nous les materons tous », « effroyablement difficile », suivi de cette suite d’infinitifs, ligne conductrice de Maïakovski tout au long de sa vie : « Penser, respirer, lutter, vivre ».

Mais, contrairement à ce que retiennent trop souvent ceux qui vomissent la révolution, cette période fut une immense explosion de la création culturelle et populaire, lire l’article sur le musique Lénine et Staline qans les lettres française de novembre.

Il ne faut pas séparer Maïakovski du mouvement intellectuel et artistique de son époque. Sa rencontre avec le peintre futuriste Bourliouk, son appartenance au groupe futuriste Hylaea, sa participation au Manifeste Futuriste Russe intitulé Gifle au goût du public. Enfin son amitié pour Rodtchenko et le constructivisme russe. Il y marque son rejet pour le classicisme (il rejette Pouchkine), le confort bourgeois, toute forme de bureaucratie et y oppose l’action et la révolte : « Comment osez-vous vous prétendre poète et gazouiller gentiment comme un pinson ? Alors qu’aujourd’hui il faut s’armer d’un casse-tête pour fendre le crâne du monde ! »

[…] « Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
 je n’ai pas le respect des mandats,
 et j’envoie à tous les diables paître
 tous les papiers, mais celui-là… »[…]
Vers sur le passeport Soviétique (1929

Il conçoit dans sa poésie sa vision futuriste : ne pas remplacer le classique par le moderne mais bousculer, déranger. Ainsi il scande ses vers déconstruits, utilise les mots du peuple et prône le rythme avant tout, le rythme avant la rime, avant la forme : « Un poète doit développer son propre rythme… Le rythme magnétise et électrise la poésie ; chaque poète doit trouver le sien ou les siens ». Il assassine l’alexandrin, les quatrains et sonnets, et décoche ses mots tels des armes tragiques.

« Si je croyais à l’outre-tombe…
 Une promenade est facile.
 Il suffit d’allonger le bras, –
 La balle aussitôt
 Dans l’autre vie
 Tracera un chemin retentissant.
 Que puis-je faire
 Si moi
 De toutes mes forces
 De tout mon cœur
 En cette vie
 En cet
 Univers
 Ai cru
 Crois. »
Cela (1923)

Chaque poème semble marqué par le sceau de l’extase et de la détresse provoquée par l’amour. Et l’on peut penser que sa première idéologie et son premier combat est en faveur de l’amour, pour Maïakovski qui représente l’homme des sens et de l’instinct. Dans une lettre écrite de Paris adressée à un camarade, il parle longuement de ce que représente l’amour et de son ressentit actuel. Ici les préoccupations politiques sont évincées mais il reste tout au moins la volonté et l’esprit de révolution.

[…] « Aimer, c’est courir au fond de la cour,
 et jusqu’au soir des vers luisants.
 briller de la hache, casser des trônas,
 jouant de sa propre puissance.

Aimer, c’est des draps en loques d’insomnies
 s’arracher, jaloux de Copernic,
 lui, et non le mari d’une Marie,
 étant le rival maudit. »[…]
Lettre de Paris au camarade KOSTROV sur l’essence même de l’amour

Cette lettre est explicitement le témoignage de la relation passionnelle qu’il entretient avec Lily Yulevna Brik. Il la rencontre vers 1913, alors qu’il entretient déjà une relation avec sa sœur Elsa Kagan (future Elsa Triolet), et en tombe amoureux. Le recueil Le Nuage en pantalon en illustre la rencontre et la souffrance :

« Minuit accourant un couteau à la main
 A rattrapé
 A égorgé
 La douzième heure
 Dehors. »
Le Nuage en pantalon (1915)

Cette relation, utopie d’un amour libre et subversif, est rythmée de ruptures et réconciliations mais ne trouvera jamais de fin, même lorsque Lily, alors proche du KGB, le surveille alors que Maïakovski, en proie à la désillusion totale, s’éloigne du régime socialiste stalinien.

Ses poèmes sont indissociables de sa vie. Autant partisan de Lénine et de la Révolution que de l’amour, c’est sans doute son épitaphe qui illustre comme un dernier poème sa passion virulente dans le désarroi de l’histoire. Maïakovski en tant que poète « sonore » ne pouvait finir sa vie dans le chuchotement du désespoir, partagé entre ses luttes sociales et ses échecs amoureux. Il se suicide en 1930 d’une balle en plein cœur, laissant son épitaphe en écho fracassant.

« Le canot de l’amour s’est fracassé contre la vie courante. Comme on dit, l’incident est clos. Avec vous, nous sommes quittes. N’accusez personne de ma mort. Le défunt a horreur des cancans. Au diable les douleurs, les angoisses et les torts réciproques ! … Soyez Heureux ! ». « Maman, mes sœurs, mes amis pardonnez-moi – ce n’est pas la voie (je ne la recommande à personne) mais il n’y a pas d’autre chemin possible pour moi. Lily aime-moi ! ».

[…] « La mer va pleurer
 La mer va dormir
 Comme ils disent.
 L’incident s’est cassé la gueule.
 Le bateau de l’amour de la vie
 S’est brisé sur les rochers du quotidien trivial
 Toi et moi sommes quittes ;
 pas la peine de ressasser
 Les injures de chacun
 Les ennuis
 Et les chagrins (…) »
Au sommet de ma voix (1928-1930) – inachevé


------ Fin du message transféré

------ Fin du message transféré

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