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Réveil Communiste

Hollande face à Merkel : pas mieux que Sarkozy

28 Mai 2012 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #l'Europe impérialiste et capitaliste

 

Hollande a-t-il triomphé au sommet européen ? Le vrai et le faux par danielle Bleitrach

by histoireetsociete

Il est beaucoup question des désaccords entre Angela Merckel et François Hollande, ils existent mais dans le cadre d'un choix commun l'accélération de l'intégration européenne à l'occasion de la dette. Ce choix est collectif et a l'approbation de Mario Draghi, le président de la Banque centrale. Mais quand on nous parle de victoire du président français c'est du pipeau. Le fait est que tout ce qu'a obtenu Hollande est l'inscription d'un pacte de croissance assorti d'aucune garantie réelle pour signer cette intégration sous forme de traité d'union budgétaire. S'il a obtenu que soient discutés les eurobonds ou une forme de mutualisation de la dette, madame Merckel pourtant minoritaire a réussi à différer sine die ce choix en le soumettant dès aujourd'hui au respect de "la règle d'or', ce qui entache la croissance et de fait pousse vers l'éclatement de la zone euro par sortie successive de ses membres. De fait l'avancée vers l'intégration dans de telles conditions ne résoud rien et pour que le plus intéressant de la volonté manifestée par le gouvernement français à savoir la croissance passent dans une réalité favorable à la grande masse des Français et européens il faut une considérable poussée à gauche. Parce qu'en Europe les forces conservatrices restent dominantes.

Danielle Bleitrach

Même si la question de la sortie de l'euro de la Grèce se pose de plus en plus, ce qui est bien sûr un problème trés grave d'abord pour les banques françaises et allemandes détentrices de la dette et même pour le commerce extérieur de ces deux pays qui ont poussé la Grèce à l'endettement et en ont profité (1), pourrait à terme se traduire par l'éclatement de la zone euro, le choix commun est celui de l'accélération de l'intégration. En étant bien entendu que la Grèce n'est que le maillon le plus faible d'un système général qui a consisté à pousser des pays au déséquilibre commercial compensé comme en espagne par des bulles immobilières et favorisé par l'endettement dans lequel les banques françaises et allemandes poussaient à la roue. L'intégration se fait donc dans un système resté fondamentalement néolibéral, qui n'a jamais fonctionné autrement qu'en faveur des intérêts du capital, dominé par les forces conservatrices et une Allemagne qui ne veut renoncer à rien de sa domination économique et prétend accentuer son poids politique de contrôle.

Un sommet "informel" vient d'avoir lieu dont on nous affirme que Hollande serait sorti vainqueur, c'est vrai si l'on admet que "le pacte de croissance", la relance de l'activité ici comme au G8 n'a pas rencontré d'opposition et de ce point de vue les affirmations de l'ancien gouvernement se sont avérées outrancières. François Hollande avait prévenu c'était la condition pour la signature du "traité d'union budgétaire" condition de l'accélération de l'intégration européenne à laquelle madame Merckel et les autres gouvernements conservateurs tenaient absolument.

Mieux il a réussi a entraîner la majorité des autres pays en faveur de la mutualistation de la dette publique de la zone avec un système d'eurobonds ou euro-obligations ce qui est un choix économique qui consiste à utiliser l'épargne de la zone pour résoudre les problèmes de l'endettement.   Généralement, quand un Etat a besoin de liquidités, il emprunte sur les marchés financiers en émettant une obligation à laquelle peuvent souscrire banques, fonds de pension ou fonds d'investissement. L'Etat emprunte ainsi à des taux dégressifs proportionnels à l'augmentation de la confiance des créanciers en sa capacité à rembourser. C'est pourquoi la Grèce, ou l'Espagne ont les plus grandes difficultés à emprunter à des taux raisonnables. Inversement, l'Allemagne peut emprunter à des taux très compétitifs, voire même proches de zéro. Les obligations européennes permettraient de faire face à de telles disparités, en mutualisant les risques grâce à des taux d'intérêt qui serait calculé en fonction des taux des différents Etats participant à l'opération. On comprend que Hollande ait rallié à cette solution des Etats comme l'Espagne, l'Italie et surtout la Grèce.

C'est surtout le moyen de faire face dans l'immédiat aux contradictions fondamentales de la zone euro. Deux contradictions pèsent en effet sur la construction d'une union monétaire, la première est qu'il n'y a aucune institution équivalente au trésor américain et la seconde est l'extraordinaire disparité de rentabilité des obligations lancées par un Etat. Les eurobonds prétendent unifier la rentabilité des obligations qui seraient unifiées. Ce serait l'instrument privilégié de la mutualisation.

Il y a deux problèmes qui n'ont pas été résolus malgré les bulletins de triomphe, le premier est que si la diparité financière entre les obligations des Etats est attenuée au niveau de la spéculation, ce sur quoi elle est fondée à savoir la disparité des productions et du commerce extérieur demeure entier comme demeure entier le rôle de la BCE.

Le second problème est l'Allemagne, ce pays est le grand bénéficiaire des déséquilibres commerciaux de la zone euro et de ce point de vue son attachement à cette zone n'a rien de gratuit mais elle craint de devoir faire les frais de tout rééquilibrage. Donc l'Allemagne a freiné des quatre fers et de fait si la majorité des Etats considère avec sympathie les eurobonds, le résiltat réel a été que ceux-ci ne sont pas envisageables dans l'immédiat et que leur application ne pourrait au meilleur des cas intervenir que dans deux ans.

Van Rompuy, qui a été chargé, avec les présidents de la Commission et de l’Eurogroupe, de présenter en juin un rapport identifiant les étapes menant à ce saut fédéral, a précisé que les euro-obligations ne sont qu’un élément parmi d’autres : il a aussi cité une supervision bancaire «plus intégrée» ou «un schéma commun de garantie des dépôts» bancaires. Hollande a ajouté la possibilité de permettre au Mécanisme européen de stabilité (MES) de recapitaliser directement les banques sans passer par l’intermédiaire des Etats, en liaison avec la BCE. «Avec l’arrivée de François Hollande, une autre dynamique s’est mise en place», se réjouit-on à la Commission : «Ce qui ne veut pas dire qu’on aura les obligations européennes demain. Le chemin sera long et ardu.»

Bref, ceux qui prétendent que François Hollande a triomphé sont au meilleur des cas d'incorrigibles optimistes. De ffait madame Merckle pose son éternel préalable, un côntrôle drastique sur l'endettement des brebis gâleuses et les eurobonds ne sont pour elle qu'un lointain horizon quand chacun aura été soumis à ce contrôle et sur l'utilisation des fonds. Bref madame Merckel veut bien poursuivre sur le chemin de la disparité commerciale dont elle bénéficie mais elle veut se faisant pouvoir aussi plus étroitement contrôler les créanciers de ce système. C'est à peu près comme si le principal bénéficiaire du dit système proposait la mise en tutelle de ceux qui ne peuvent plus se passer ni de l'achat de ses produits, ni des prêts de ses banques. Le tout assorti d'un discours moral sur "les frasques" de ces impécunieux.

Il faut bien se rendre compte que tout cela a une incidence directe sur le vie des populations et que de surcroît tous les discours sur le politique, l'extrême-droite en particulier prennent sens à partir de là. De quelle hégémonie, recomposition politique, le capital qui est à l'oeuvre dans ces choix va-t-il avoir besoin pour les imposer aux peuples parce que les diparités commerciales se traduisent pas du chômage et le choix de la règle d'or par des pressions sur les protections sociales et le "pacte de croissance" peut simplement signifier des avantages nouveaux aux secteurs monopolistes complètement imbvriqués dans le fiancier.

Danielle Bleitrach

(1) il faudrait consacrer tout un article non seulement au rôle joué par l'endettement des Etats comme la Grèce dans l'achat du matériel militaire mais de ce qui se trâme en sous main dans ce domaine y compris en France où l'empire de Dassault constitué sous la précédente présidence risque d'être demantelé et reconstitué sur d'autres bases y compris dans un contexte européen de rachat et concentration en guettant les secteurs faibles... Ne jamais isoler les problèmes financiers ou bancaires des problèmes de production et de concentration des monopoles en particulier industrialo-militaire. C'est la principale erreur mais pas la seule de l'analyse du Front de gauche.

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