Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Réveil Communiste

Grève du métro de Londres, hystérie médiatique, soutien des usagers

13 Février 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #l'Europe impérialiste et capitaliste, #Royaume-Uni

Sur El Diablo :

 

 

metro-londres-greve

Cette grève, dont on les médias français n'ont pas parlé, a suscité les foudres du patronat, de David Cameron, et du maire de Londres.

Or ce mouvement de grève a bénéficié du soutien massif des Londonniens !

L’ampleur de la grève des 5 et 6 février derniers dans le métro londonnien a surpris le patronat, la mairie de Londres, et jusqu'au gouvernement :

  • => 70 % du trafic paralysé,
  • => des dizaines de stations fermées,
  • => pour une grève lancée à l'appel d'un syndicat — le RTM — des travailleurs des transports.

 

Comme cela se passe en France lorsqu’il y a grève, le pouvoir a déversé son flot de calomnies anti-grève dans les médias.

  • - David Cameron a condamné la grève à la Chambre des Communes,
  • - Le maire de Londres a qualifié la grève de "totalement injustifiée", le premier ministre à la Chambre des Communes de "honteuse", invectivant le leader du syndicat RMT "Bob Crow qui a tort sur tout et doit arrêter la grève".
  • - Le patronat britannique y a rajouté une couche, estimant que les entreprises perdaient 50 millions de £ (70 millions d'€) par jour de grève, publiant une facture virtuelle de 200 millions pour les deux jours de grève, plus la grève prévue pour le 12 et le 13 février.

 

Et pourtant... la population londonienne a soutenu la grève ! Selon un sondage de l'organisme Survation, 65 % des Londoniens on trouvé la grève justifiée, et se disent préoccupés par les plans de coupes dans les services de métro, prévues par l'Autorité du « Grand Londres »

 

 

Les salariés n'ont pas cédé aux intimidations : En Angleterre il faut que les salariés votent la grève pour qu'elle soit légale; 77 % d'entr'eux ont voté la grève en janvier. Les piquets de grève massifs, installés à l’initiative du RTM, ont réussi à empêcher des adhérent isolés du syndicat des conducteurs ASLEF (affilié au Parti travailliste), qui avait pourtant appelé à les traverser. La campagne de mobilisation, menée par le RTM, auprès des usagers, et des travailleurs des autres secteurs, a réussi à sensibiliser l'opinion et à désamorcer la virulente campagne "anti-grève"  du pouvoir.

Car supprimer tous les guichets du métro d'ici l'an prochain : cela ne passe pas !

Le "Grand Londres" avait décidé de trancher dans le vif — c'est-à-dire dans le service au public — sous prétexte d'austérité : avec la suppression immédiate de 953 postes:

  • => de guichetiers,
  • => de techniciens de maintenance,
  • => de personnel de sécurité …
  • => avec la suppression de tous les guichets d'ici 2015 !

Selon le maire Boris Johnson, cette mesure devrait "rapporter" 50 millions de £, mais au prix de la dégradation du service rendu encore à près de 100 000 Londoniens (et les touristes !) qui utilisent chaque jour les guichets. On peut noter au passage qu'il s'était fait élire en 2008 sur la promesse de ne pas supprimer les guichets de métro (En Angleterre comme en France les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent). Aujourd'hui, il répond avec cynisme : "Oui, mais à l'époque il n'y avait même pas le I-Pod. Depuis la technologie évolue, le monde avance, plus personne n'utilise les guichets !".

 

Le projet est de faire un métro entièrement automatique (mais complètement !),

  • => sans conducteur,
  • => sans aucun personnel de soutien dans les stations,
  • => avec juste une main-d’œuvre flexible à outrance, en "contrat zéro heure",
  • => avec une maintenance entièrement sous-traitée !

Déjà la privatisation, sous prétexte de « Grand Londres », est au banc des accusés : envolée des prix, sécurité au rabais, profits privés et coûts publics

Les prix s'envolent ! Cette année c'est une hausse de 3 % du prix du transport.

Depuis 2000, le prix du ticket de bus – le service étant totalement privatisé – zone 1 a été multiplié par 150 % (de 1 £ à 2,5£),

Depuis 2000, le prix du ticket journalier de métro zone 1-4 par 120 % (de 2,6 £ à 5,70 £).

Privatisation des profits, et socialisation des dettes !

Grâce à la privatisation, et le Partenariat-Public-Privé (PPP), les prix des transports à Londres sont désormais les plus chers d'Europe : comptez 250 € par mois à Londres pour un pass zone 1-6, contre 113 € à Paris ou 97 € à Berlin.

La privatisation du rail en Grande-Bretagne a fait qu’aujourd’hui, les tarifs, qui y sont pratiqués, sont les plus élevés au monde (deux fois plus chers qu'en France !). Les trains qui n'arrivent plus à l'heure. Le matériel est vieillissant. Les accidents sont meurtriers. Les investissements lourds sont financés par le public et les impôts et servent les profits privés des monopoles.

Ce qu’on sait moins, c’est que le "Grand Londres" — institué en 2000 — a dépossédé les communes de l'agglomération de leur pouvoir sur le secteur.

Ce pouvoir sur les transports s'exerce désormais via un organisme non-élu, dont les directeurs sont nommés par le Maire. Cela s’appelle Transport for London (TFL). Il a un champ d'action régional, chargé de gérer le réseau de métro, de trains régionaux, de bus et de tramways ("light rail"). Il a décidé que l'exploitation des lignes de bus et de tramways serait entièrement privatisée, tout comme les services de maintenance … tandis que le réseau coûteux continue, lui, à être géré par le public !

 

 

La sécurité au rabais : on constate une multiplication du nombre des accidents depuis les années 2000. Un exemple frappant, le 2 avril 2007 un homme était tué par le Tramway (« Light railway ») des Docklands : percuté par un train sans conducteur, dans une station sans personnel. En parallèle qui avait fait la une des tabloïds en septembre 2012, un enfant de huit ans avait été sauvé sur la ligne de métro Jubilee, à la station Stanmore par un agent du nettoiement qui s'est précipité sur les voies. Le conducteur les a vus et arrêté le train à temps, évitant le drame.

Le Partenariat public-privé (PPP) de la gestion du réseau, conclu en 2002, est une faillite complète.

Les opérateurs privés profitèrent de l'appel d'offres public pour empocher le marché juteux, parmi eux : le canadien Bombardier, le français Alcatel, l'allemand Siemensréunis dans des consortiums tels Metronet ou Tuberail.

Initialement, l'autorité régionale des transports promettait 15 milliards de £ d'investissements sur 15 ans … tout en garantissant aux opérateurs privés d'amortir 90 % de leurs coûts, même en cas d'échec, et en mettant à leur service 7 500 personnels de maintenance, d'équipement.

 

Dans la pratique, les investissements ne dépassèrent pas les 450 millions de £ par an, soit la moitié moins que prévu, et furent en charge, à près de 40 %, du secteur public. Les opérateurs privés, eux, réalisèrent un profit hebdomadaire estimé à 1 million de £.

Devant la faillite du programme, "Transport for London", la collectivité publique a dû récupérer le réseau en 2007, et racheter les lignes pour 310 millions de £ tout en récupérant une dette de 1,7 milliard de £. Et ce pillage public au profit du secteur privé ne fait que commencer, le maire de Londres annonce 9 milliards de £ de coupes d'ici 2021 (200 fois celles prévues en 2014!)

C'est ce scandale de la privatisation qu'ont voulu dénoncer la salariés à l'appel de leur syndicat, le RMT, avec cette grève, dans un réquisitoire accablant : sécurité au rabais et mort au tournant, prix qui s'envolent et service dégradé, coût pour la collectivité et profits privés.

En plus de l’explosion des prix de transports, en fait " tout fout le camp" !

Réflexion complémentaire, à l'intention des Franciliens, et plus largement des contribuables français : N'est-il pas temps de faire le parallèle entre le  Grand Londres et le Grand Paris, et de s'interroger ?

 

Comment ne pas faire le parallèle entre le Grand Londres, dont on mesure aujourd'hui la faillitte 13 ans après son lancement, et le futur Grand Paris, dont on nous vante aujourd'hui les futurs mérites ("Grand-Paris" dont on exclut d'ailleurs la région dieppoise, alors qu'on y inclut le Havre et Rouen ! Et en profitant, au passage, pour asphyxier la ligne de chemin de fer Dieppe-Rouen, — et Dieppe par là même — avec la suppression des trains Dieppe-Paris direct le Weekend ) ?

 

La capitale anglaise a dépensé 13 milliards d'argent public pour les JO de 2012 – partagés dans des contrats juteux pour 1 500 entreprises privées, et aujourd'hui les caisses sont vides. De cette somme, 8 milliards furent pourtant consacrés aux transports, à peu près la somme qu'on se propose d'économiser aux Londoniens d'ici 2020 en supprimant des services publics. Aujourd'hui on dit aux londonniens que les caisses sont vides, et qu'il faut qu'ils se serrent la ceinture ! Pour des investissements peu utiles à la vie des Londoniens, centrés sur les sites olympiques : les nouvelles stations autour de Stratford (le site olympique) ou la ligne de métro rapide « Javelot » reliant la gare à Stratford furent confiée à un opérateur privé Keolis, filiale de la SNCF !

 

A Paris combien de milliards va-t-on dépenser pour l' « Euro 2016 » de football ? Qui va payer ? Et quels bénéficies vont en tirer les parisiens, à l'heure du "Grand Paris", de la "réforme ferroviaire" ? En Grande-Bretagne, ce furent les outils de la privatisation, avec leurs cortèges de catastrophes sécuritaires, d'envol des prix, de dette publique, et de suppression d'emplois ! A Paris et en Ile-de-France, quelles conséquences ?

On est prévenu ! On a l'exemple de Londres ! N'est-ce pas?

 

source: blog UL CGT Dieppe

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article