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Réveil Communiste

Grèce : Grève générale de 24h le 1er décembre

28 Novembre 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #l'Europe impérialiste et capitaliste

 sur le blog de Nicolas Maury  

PAME, le Front militant des travailleurs et le Parti communiste de Grèce (KKE) préparent une grève générale de 24 h pour jeudi le 1 décembre.

Cecile Chams pour le PTB

Source: Rizospastis, 26 novembre 2011

Grèce : Grève générale de 24h le 1er décembre
Un rassemblement du PAME, le Front militant des travailleurs, est prévu à Athènes, place Omonia, à 11 heures. Le Parti communiste de Grèce (KKE) et les oganisations militantes comme le PAME, le Front militant des travailleurs, mobilisent pour cette grève dans chaque lieu de travail, dans les usines, les grands magasins, les hôtels, les bureaux. Il s’agit de faire éclater l’action collective face aux attaques du patronat. La mobilisation est aussi organisée dans chaque ville et village afin que la grève soit la plus massive possible contre les taxes, contre la dissolution des fonds de pension et contre l’ensemble des attaques du gouvernement. Les délégations syndicales, les associations, les comités populaires ne perdent pas une minute pour organiser cette grève et en faire un succès. Dans le port du Pirée, les délégations syndicales et les forces militantes se préparent à mener la bataille pour que la grève soit effective durant 24 heures pour tous les bateaux. Les quatre délégations syndicales des marins, dans leur communiqué de presse conjoint appellent « les marins et tous les travailleurs des compagnies maritimes à unir leurs forces pour renforcer le front des forces de classe du PAME ; afin que la grève du 1er décembre renforce l’esprit de lutte et contribue à renverser la politique impopulaire du capital ».

Les travailleurs de Katselis, prêts à repartir en grève

Après 9 jours de grève, les travailleurs de la boulangerie industrielle Katselis, à Athènes, ont obtenu la promesse du patron que leurs salaires des trois derniers mois seraient versés mardi au plus tard. Ils ont déclaré qu’ils sont prêts à repartir en grève si ce n’est pas le cas. Les ouvriers de Katseli ont mené une lutte acharnée devant les portes de l’usine pendant plus d’une semaine. C’est ainsi qu’ils ont pu faire plier le patron qui voulait casser la grève sans aucune promesse de payer les salaires qu’il leur doit.

« Nous n'avons même plus d’huile »

Nous sommes bouleversés par ce que nous racontent les travailleurs à la porte de l’usine. Giorgos déclare à Rizospastis : « L’important dans toute cette mobilisation, c’est que le patronat comprenne que nous sommes unis et que nous ne laisserons pas passer ses plans de réduction de salaires et de licenciements. » Kiki ajoute : « Nous faisons grève parce que nous voulons notre argent, l’argent qu’ils nous doivent. J’ai un crédit de 700 euros par mois et je ne touche que 1.000 euros. C’est la catastrophe. » A ses côtés, Sia explique: « Nous sommes inquiets, nous voulons récupérer notre argent – ça ne va plus. Nous sommes très en colère. J'ai des prêts, des dettes partout, ma mère est alitée, avec des médicaments et des médecins, et j'ai littéralement touché le fond. J'ai deux grands enfants, ma fille est au chômage et mon fils se démène pour obtenir une licence de taxi. Nous avons vu toutes les taxes arriver et nous avons un tas de factures impayées. Nous ne savons pas comment nous en sortir. Nous n’avons même pas assez pour acheter de l’huile. C’est la débrouille quotidienne avec ce que nous trouvons dans le quartier. » «Tous ensemble, tous unis, c’est seulement comme ça que nous pourrons sortir de cette catastrophe », ajoute Vrisiida. « Nous n’avons plus de lait pour donner à nos enfants. Il y a l’argent emprunté à ma mère ou mon père. La seule qui travaille c’est ma femme et elle commence à avoir peur d’un licenciement. Nous n'avons pas d'argent pour mettre du mazout dans la maison », ajoute Nikos, venu au piquet de grève avec son bébé.

Solidarité avec les grévistes

La solidarité avec les ouvriers de Katselis en grève s’est exprimée hier, le 25 novembre, sous toutes ses formes. Des délégations du syndicat du secteur de l’alimentation sont venues. Ainsi que des travailleurs de plusieurs entreprises. Le Comité populaire du quartier de Menedi et une délégation de la section locale du Parti communiste de Grèce (KKE) étaient présents. Les responsables du KKE pour le secteur de l’alimentation étaient là également.

Aleka Papariga : Le travailleur ne doit rien payer du tout

Aleka Papariga, secrétaire générale du KKE, a également rencontré les travailleurs en grève de la boulangerie industrielle Katselis. Les travailleurs sont en lutte car ils n’ont plus été payés depuis deux mois et demi. Extraits de son discours aux travailleurs. « Aujourd’hui, comme vous le savez, il y a grève chez Coca-Cola, il y a grève dans l’industrie laitière Olympos et il est très important de créer l’unité dans le secteur de l’alimentation, car ce qui est fabriqué ici peut être fait dans toutes les entreprises. Ne me dites pas que Coca-Cola est aujourd’hui une entreprise en faillite. Et c’est la même chose qui se passe là : réduire le temps de travail à 3 jours, imposer le salaire minimum. C’est du vol. Nous croyons que le profit vient de l'industrie et donc vous êtes la classe la plus exploitée. Et c’est pourquoi nous sommes avec vous. Vous avez davantage de force quand vous êtes unis, quand il y a unité et solidarité de classe dans la lutte. La production dépend de vous. Je comprends que vous pensez au salaire qu’ils vous doivent, que vous craignez une réduction du temps de travail à 3 jours par semaine, des licenciements. C’est juste. Mais votre lutte a bien davantage de signification, c’est ce que je dis à tous les travailleurs. Notre responsabilité en tant que parti est d'aider au développement de la lutte de Katseli, de Olympos, de Coca-Cola, de l'ensemble du secteur, afin d’exercer une grande pression sur les patrons du secteur. Quelle arme avez-vous ? Faire pression sur eux, c'est ça votre arme. Pour les attaquer, les faire plier, il faut arrêter la production, ainsi ils ne peuvent faire de profit. C'est l'arme du travailleur. Nous ferons tout notre possible pour que cette lutte soit davantage connue, qu’elle soit considérée comme importante et suscite la solidarité diverse, comme c’est le cas des Aciéries. Nous donnons une grande importance à la solidarité plutôt qu’à la charité, à la solidarité ouvrière. Parce que nous savons ce que c’est qu’attendre et vivre avec un salaire ; vous n'avez aucune action à la bourse, ni de dépôts dans les banques. Nous savons ce que signifie faire la grève ; cela veut dire ne rien toucher du tout. »

La véritable opposition se mène dans les usines

« Quelqu’un nous a dit : ‘Menez une opposition plus forte au Parlement.’ Afin de clarifier, que voulez-vous dire par opposition? À la Chambre, c’est du spectacle. Quand on polémique, il ne s’agit pas de problèmes de fond. Ils débattent sur ‘tu l'a mangé, celui-là l’a mangé, il ne l'a pas mangé’ et ils vous donnent l'impression que tout le problème de l'exploitation, ce sont ceux qui se sont rempli les poches. Ils vous exploitent et vous volent légalement, c'est le pire, avec le Parlement. Lorsque vous générer de la richesse qui est la propriété des actionnaires ou d'un patron, ils vous volent légalement. Et avec la garantie de la constitution. Nous menons une opposition substantielle au Parlement, mais nous ne restons pas seulement au Parlement. Laissez-moi vous dire clairement: ne vous fiez pas à ce que vous entendez du Parlement. Les scènes que vous voyez sont des parodies pour les caméras et les informations. La véritable lutte et la véritable opposition doit être menée dans les rues, dans la société, à l'intérieur et l'extérieur des usines. Et dans ce domaine, nous ne pourrons jamais dire, je vous l’assure, que nous avons tout fait, que nous avons fait notre devoir. Nous ne serons jamais satisfaits de ce que nous faisons, et vous pouvez nous critiquer, car nous voulons être davantage militants. Aujourd'hui, nous disons que le travailleur ne doit rien payer du tou t. Parce qu’il ne leur doit rien. Et je ne parle pas seulement de l’impôt immobilier. Nous soutenons cette revendication: si quelqu'un est licencié, il doit être indemnisé de manière substantielle et recevoir un nouveau poste de travail, et cela pour tous. Mais je dois vous dire ceci: des jours très durs viendront. La crise va s’approfondir, ce qui signifie que le capital va devenir encore plus agressif. » « En Grèce, nous pourrions vivre avec la bonne nourriture bon marché, ne rien importer du tout. La question alimentaire pourrait être résolue dans notre pays. Ce n’est pas le Sahara. Il y a du pétrole et du gaz dans la mer Égée et au sud de la Crète, qu’ils ont donné aux entreprises privées. Et vous savez comment ils l’ont divisé ? 20% pour la Grèce, 20% pour la Turquie et 60% pour les États-Unis. Et nous devrions acheter du pétrole extrait dans nos propres frontières. C'est ça l’économie capitaliste. Ne les écoutez pas quand ils disent qu'ils consomment davantage que nous et tous ceux qui disent que tout le monde est complice. Ne pensez pas que ce que nous vivons aujourd’hui, ce sont des sacrifices temporaires. Ces mesures qu’ils prennent seront toujours appliquées quand sera terminé le cycle de la crise – ce qui, en Grèce, va prendre du temps – et quand ils auront récupéré la production et la rentabilité. »

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