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Réveil Communiste

Georges Gastaud répond à Francis Combe et Patricia Latour

2 Avril 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Positions

PAtricia, Francis,


Je réagis à votre proposition de dialogue en commentant votre texte (en rouge, comme il se doit). "La contradiction est la racine de toute vie et de tout mouvement", comme disait le camarade Hegel...
Il est bien dommage en effet que depuis des années, quelques responsables communistes mettant au premier plan le fait d'avoir la carte du PCF plutôt que l'unité d'action sur des contenus politiques de classe, aient bloqué toute idée d'une Convergence communiste d'ACTION.


Pourtant celle-ci est, avec le débat théorique sur des bases marxistes rigoureuses, une condition incontournable pour reconstruire sur des bases claires le vrai parti communiste d'avant-garde dont la classe ouvrière, au sens marxiste du mot, a besoin pour reprendre l'initiative face au pouvoir le plus réactionnaire que notre pays ait eu depuis 70 ans. Un pouvoir qui fascise le pays et détruit la nation en démolissant les acquis, non seulement de 1945 et de 1936, mais même certains acquis de 1905 et de... 1789-94! IL Y A URGENCE, moins pour les communistes que pour le peuple travailleur, qui souffre terriblement et auquel ils doivent penser dans tous leurs actes.

Fraternellement,

Georges Gastaud
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> *Que faire? Autre chose ? Autrement ?
> Réunion du 26 mars 2010


> Intervention de Patricia Latour et Francis Combes*
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> *Nous avions appelé à la réunion qui s'est tenu le vendredi 26 mars 2010 rue Pelleport. Vous trouverez ici notre intervention à cette rencontre.
> Nous avons appelé à cette réunion parce que nous partageons les questions posées et que, comme beaucoup d’autres, nous nous interrogeons sur la force communiste dont nous avons besoin.*
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> Où en est aujourd’hui le courant communiste dans la société française ? Il semble plus affaibli, plus marginalisé et plus divisé que jamais.
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> Vision quelque peu unilatérale: les résistances à la criminalisation du communisme ont grandi dans ce pays et en Europe. Malgré la censure de la direction du PCF et le boycott de certains mouvements internes au PCF, plusieurs groupes communistes ont battu le pavé place Stalingrad le 7 novembre à Paris et se sont retrouvés dans l'unité. Malgré le ramdam sur le mur de Berlin, l'idée que ce qui s'est passé en 89/91 est bel et bien une contre-révolution a mûri. Des intellectuels de renom parlent à nouveau de "l'hypothèse communiste". Dans le PAs-de-Calais, aux municipales, le PRCF a fait plus de 13% partout où il s'est présenté, arrivant même devant le PCF officiel à Lens. Des textes communs au PRCF, à l'URCF et au RCC viennent d'être publiés pour appeler à sortir la France de l'UE (l'idée, là aussi, mûrit qu'il faut ROMPRE A 200% avec cette construction européenne qui détruit ce que Ferrat appelait la "France des travailleurs") et pour inviter à contrer frontalement la criminalisation de l'histoire communiste du 20ème siècle, y compris cet antisoviétisme de malheur qui a servi de ciment idéologique à tous les liquidateurs anticommunistes du PCF, des "rénovateurs" de Juquin aux "mutants" de Hue en passant par les "refondateurs" qui viennent de donner le coup de pied de l'âne au PCF. Bien évidemment, l'anticommunisme a avancé durant ces années de contre-révolution et de reniement acharné. Mais c'est le capitalisme qui est entré en crise "aiguë-chronique" si j'ose dire, pendant qu'à l'Est une majorité de travailleurs dénoncent ouvertement le bilan terriblement négatif, non du socialisme, mais de sa destruction. Il faut donc voir aussi les éléments de renaissance communiste auxquels travailleurs sans discontinuer depuis des années des camarades qui, sans cesser de dialoguer avec les militants communistes du PCF, ont eu le courage de faire vivre des organisations et des actions communistes dans le pays, ce qui a aussi permis une certaine résistance, minoritaire, à la base du PCF. Le PIRE EST DE FAIRE COMME s'il fallait repartir de zéro en négligeant tout le travail fait.
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> La direction du parti paraît bien souvent n’être préoccupée que par la préservation des intérêts d’une fraction de l’appareil du parti et se montre incapable de rassembler les communistes.
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Cest bien pire que cela, la direction du PCF ne sait pas quoi faire pour dissoudre au plus vite ce qui reste de son organisation dans le front de gauche, dont les positions "euroconstructives" sont affichées. Qui ne devine que la direction du PCF rêve d'une candidature Mélenchon aux présidentielles à l'issue de laquelle il paraîtra opportun, comme le propose ce chef de file d'une tendance socialiste, de construire un parti de gauche à l'allemande? Et si les communistes ne se sont pas organisés EUX-MEMES sur des bases de classe "carrées" avant ces échéances, alors oui, les liquidateurs qui restent à la tête du PCF et ceux qui viennent de le quitter auront réussi leur mission historique: rendre impossible la renaissance du parti communiste au pays où le communisme politique est né avec Babeuf!
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> Parmi les communistes, il y a les quelques uns qui semblent faire le choix de rallier le PS et proposent aux communistes un destin de muets du sérail.
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Comment qualifier encore de "communistes" des gens comme Hue qui après avoir "muté" et dénaturé le PCF, l'abandonnent, le poignardent dans le dos et rallient Huchon, dont le livre récent appelle sans fard à dissoudre la France dans l'Europe des régions, à privatiser EDF, à régionaliser l'Education nationale, etc. Rappelons que Hue a apporté sa caution en 97 à l'émission anticommuniste de masse de Cavada consacrée au "Livre noir du communisme". Ces gens-là, qui ont avec Buffet, Gayssot, Bocquet (alors président du groupe PCF au parlement) cautionné les privatisations, l'euro, l'élargissement européen à l'est et deux guerres impérialistes (Afghanistan, Yougoslavie) n'ont rien de communiste et les qualifier encore de tel après ce qu'ils ont FAIT, y compris en poussant dehors sans pitié des milliers de communistes combatifs, c'est involontairement les aider à porter la confusion.

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> Il y a ceux qui cherchent ailleurs, du côté d’Europe Écologie, abandonnant par là-même la perspective d’une éventuelle union des Rouges et des Verts pour un simple ralliement
> Et il y a la grande majorité, plutôt désespérés et qui se demandent ce qu’ils peuvent encore faire…
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Les militants communistes du PRCF et d'autres groupes combatifs qui n'ont jamais laissé tombé le drapeau frappé de la faucille et du marteau, voient clairement les difficultés, mais ils ne sont pas désespérés. Il faut cesser de cultiver les états d'âme et retrousser les manches, où qu'on soit, car le problème pour des communistes, ce n'est pas leurs sentiments personnels, c'est l'état terrible de la classe ouvrière et du pays. On peut, comme le font les militants PRCF, S'ORGANISER pour l'action, mais sans attendre, on peut et on doit s'unir dans des interventions communistes communes dans les manifs et à la porte des boîtes pour remobiliser les travailleurs face à Sarko-MEDEF, à l'UE, à Le Pen, aux forces du capital.
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> La question majeure à nos yeux est que les couches populaires n’ont plus de représentant politique progressiste et révolutionnaire. Il se recrée ainsi une situation où les classes autrefois dites « dangereuses » sont mises hors jeu, comme à l’époque du suffrage censitaire, soit parce qu’elles sont privées du droit de vote, soit parce qu’elles s’abstiennent ; ce qui permet au bipartisme de se maintenir en toute tranquillité.
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Vision bien unilatérale de l'abstention. CErtes elle comporte une dimension de démobilisation et de dépolitisation. Mais ELLE EST AUSSI UNE REACTION POLITIQUE DE MASSE CONTRE L'UMPS, contre le Parti Unique Maastrichtien qui détruit le pays depuis près de trente ans. En s'abstenant massivement aux européennes, la classe ouvrière (à 70%) et la jeunesse ont délégitimé l'Union européenne et les canailles politiques qui ont enterré le vote du 29 mai 2005 en adoptant au parlement, dans le dos du suffrage universel, la constitution européenne bis. Et les masses populaires créent ainsi les conditions d'une crise politique, d'une délégitimation de SArkozy. Comment les communistes révolutionnaires comptent-ils ensemble répondre à ce RAS-LE-BOL justifié des classes populaires?
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> Les élections régionales et le résultat insatisfaisant du Front de gauche n’invalident pas de notre point de vue la nécessité d’une politique d’alliance et d’une stratégie de front.
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La question d'une stratégie de front est en effet incontournable, mais sur quel contenu et pour quoi faire? Pour "réorientier l'Europe dans un sens progressiste", comme le disent Wurtz et Mélenchon, c'est-à-dire pour créditer de gauche l'intégration européenne en relayant le mensonge PS de "l'Europe sociale", ou pour rompre avec cette Europe et reconstruire le pays sur les bases de principe progressistes, patriotiques, antifascistes, qui étaient celles du CNR (dans les conditions et les formes d'aujourd'hui, faut-il le dire), sans crainte d'affronter la domination du grand capital sur le pays, de construire de nouveaux traités internationaux progressistes (comme l'ALBA en Amérique latine), et de remettre à l'ordre du jour, par une propagande concrète articulée aux luttes, la marche révolutionnaire au socialisme?
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> Celle-ci a des raisons de fond. Aujourd’hui, ceux qui auraient intérêt à des changements anticapitalistes sont la majorité. Le « prolétariat » au sens que Marx donnait à ce mot, c’est-à-dire tous ceux qui sont contraints de vendre leur force de travail pour vivre, forme la grande majorité de la population. Mais ce prolétariat au lieu d’être concentré est très diversifié et même atomisé. L’exploitation est la réalité quotidienne de tous les précaires, des immigrés, des sans-papiers, mais il y a aussi les techniciens, les cadres, les nombreux prolétaires des ordinateurs qui ne se reconnaissent pas dans l’image classique de la classe ouvrière mais qui se sentent néanmoins souvent exploités.
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CErtes la classe ouvrière moderne s'est diversifiée et élargie. Certes il ne faut pas confondre la classe objective avec ceux qui disposent d'une conscience de classe. Mais confondre dans un ensemble sans rivage les travailleurs productifs salariés avec "les cadres" en général, dont les fonctions sont parfois très contradictoires et dont la partie supérieure (cf à France-Télécom) est fortement liée au patronat, ce n'est pas aider les travailleurs exploités à reconstruire LEUR parti. En outre, il existe aussi des couches non prolétariennes, paysans travailleurs, artisans, marins-pêcheurs, travailleurs indépendants dits "libéraux", qui sont précarisés par le grand capital. Il serait faux de confondre le grand rassemblement antimonopoliste, centré sur la classe ouvrière au sens large (ouvriers, employés, techniciens, ingénieurs de production...), et qui comprend virtuellement la grande majorité du salariat (y compris des cadres) et la partie inférieure des couches non salariées, avec une vague "convergence anticapitaliste" à la fois trop étroite (un paysan propriétaire n'est pas "anticapitaliste", sauf exception, même s'il est exploité par les banques) et trop floue (dans ce type de parti anticapitaliste, comme le NPA, c'est le haut du salariat qui domine et les OUVRIERS ne s'y retrouvent pas).
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> Rassembler cette diversité sociale et idéologique ne peut évidemment pas se faire seuls.
> Le problème est de réussir à faire du Front de gauche l’embryon d’une vraie convergence anticapitaliste. Il faut pour cela l’élargir, à plus de forces, politiques, mais aussi sociales et culturelles. Que ce soit un cartel d’organisations est nécessaire mais pas suffisant. Pour que ce front prenne vie et se change en un front social et solidaire, il faudrait aussi être capable de créer des formes de rassemblement à la base, quelque chose comme des comités populaires.
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Ce type de déclaration valide a priori le "Front de gauche" comme positif alors qu'on vient encore de voir qu'il ne s'agit que d'un moyen pour la social-démocratie de rabattre vers elle au second tour. Tout le monde a vu que le Front de gauche, qui annonçait avant le premier tour son ralliement au PS, c'est-à-dire à l'Europe des régions, n'a en réalité aucune indépendance politique. Redisons-le, tant qu'on rabat sur le mensonge de "l'Europe sociale", on ne peut qu'être une passerelle "de gauche" vers la social-démocratie. Et on ne peut intéresser la masse des ouvriers, des employés, des précaires qui a compris depuis longtemps que la "construction européenne" TUE la classe ouvrière en démolissant le "produire en France" industriel et les grands services publics. Et du coup, pendant que l'intelligentsia, tournant le dos aux traditions du PCF de 36 et de 45 (qui associait les drapeaux rouge et tricolore dans l'esprit de la chanson de Ferrat "Ma France) diabolise le mot "nation" et rallie le consensus européen ou "alter-européen", les ouvriers les plus désespérés, -c'est évident dans le Nord-PAs-de-Calais démoli par le libre-échangisme de l'OMC-Lamy, du FMI-Strauss-Kahn et de l'UE-Aubry, sont aspirés vers le vote FN de plus en plus dangereux, un vote totalement absent de la présente analyse!
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> Les collectifs unitaires qui ont fonctionné avant l’élection présidentielle aurait pu, s’il n’y avait eu l’action des appareils, devenir l’embryon de tels lieux.
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Oui, il y a eu l'action des "appareils", mais au premier chef, il y a eu le sabotage du NPA qui voulait partir seul. Et aujourd'hui, le NPA retombe au niveau de la LCR dans l'électorat et plus encore dans l'électorat ouvrier.

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> Dans le même temps, ce qui handicape le plus la possibilité que se forme un nouveau « Front populaire » comme en rêvaient ses initiateurs, c’est l’absence d’une vraie force communiste.
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Pas d'une "force" communiste, je ne sais pas ce que cela veut dire, sauf à titre transitoire, mais d'un PARTI communiste: sachons répondre à la campagne dangereuse développée par les Cohn-Bendit, Bové, mais aussi Braouézec, contre la "forme-parti". Les bourgeois n'ont pas de ces états d'âme, ils construisent leurs partis de combat et le quartier général de ce parti s'appelle le MEDEF. Face à la pire offensive contre la République et la nation depuis Pétain, la classe ouvrière n'a pas besoin d'ectoplasmes mais d'ORGANISATIONS fermes et responsables que nous devons reconstruire ensemble. Sans quoi elle ne suivra pas des communistes s'associant pour débattre à l'infini. Cela dit, dans l'immédiat, nous avons besoin en effet d'une CONVERGENCE COMMUNISTE D'ACTION sans attendre d'être dans une seule organisation et sans attendre un quelconque feu vert des liquidateurs patentés qui dirigent le PCF actuel. Rappelons le mot de Tollet à l'adresse de la direction du PCF: "il y a eu, il y aura un parti communiste en France, avec vous, sans vous ou CONTRE vous".
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> Disons-le clairement, cette faiblesse actuelle des communistes est d’abord idéologique.
> En pleine crise du capitalisme globalisé, et alors que la critique du capitalisme est plus généralement partagée que jamais, nous n’avons pas été capables d’affirmer qu’on pouvait par exemple en finir avec la Bourse et qu’une autre société était possible.
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Pourquoi continuer à dire "nous" en mettant les vrais communistes dans le même sac que les dirigeants mutants du PCF? Quant à en finir avec la bourse, certes, mais la bourse est le marché des moyens de production: si l'on veut supprimer la Bourse, il faut dire qu'on veut exproprier l'ensemble des capitalistes. Cela s'appelle la révolution socialiste. C'est peu de dire que je suis pour. Mais dans l'immédiat, pour rassembler le peuple, ne devions-nous pas dire qu'il fallait nationaliser (sans indemnités pour les gros actionnaires) les grands groupes industriels pour sauver le peu de production qui subsiste chez nous, de nationaliser le secteur bancaire (avec des droits étendus pour les ouvriers), de doter le pays d'un plan de réindustrialisation sous l'égide du secteur public quitte à dire m... aux eurocrates de Bruxelles? Voilà un langage que les prolétaires pourraient comprendre. Et sans dissimuler que cela nécessite d'oser affronter le grand capital et sa stratégie centrale, commune au PS et à l'UMP: la "construction européenne" d'un Empire continental tourné contre les peuples d'Europe, contre les peuples du Sud et contre la Russie.
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> Ceux qui apparaissent aujourd’hui porteurs d’une idée nouvelle, d’un nouveau projet de civilisation, ce sont les écologistes.
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A ceci près qu'il s'agit d'un projet social-libéral et réactionnaire, du moins si l'on parle d'Europe-Ecologie. Faut-il décliner les positions social-eurocratiques de Cohn-Bendit?
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> Mais pour relever les défis écologiques, comme pour les défis sociaux auxquels la planète est confrontée, il faut une révolution du mode de production et d’échanges, et un changement de civilisation, une « réforme culturelle et morale », pour reprendre l’expression de Gramsci. Or nous n’apparaissons pas du tout comme les porteurs de cette idée nouvelle.
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Oui, et il faut aussi combattre de front le projet euro-écologiste, qui consiste à tirer encore plus à droite, si c'est possible, le Parti "socialiste".
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> Cela tient bien sûr au fait que nos idées ont été criminalisées, notamment dans la jeunesse pour qui nous ne représentons souvent pas grand-chose ; mais aussi au fait que nous ne sommes pas capables ne serait-ce que de nous prononcer pour une véritable alternative. Alors que dans le monde un certain nombre de forces réfléchissent à ce que pourrait être un socialisme du XXIe siècle les communistes français ont renoncé à l’idée même du socialisme et nous ne nous distinguons pas, sur le fond, du discours social-démocrate d’aménagement du capitalisme.
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Toujours ce "nous" bien dans la tradition unanimiste du PCF, qui met les vrais communistes en position d'assumer comme leurs les positions capitulardes de la direction du PCF. MAis si "nous ne nous distinguons ni dans les idées ni dans la pratique des sociaux-démocrates, qu'est-ce qui justifie pour "nous" l'appellation de "communistes"?
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> Il ne s’agit pas d’en revenir à l’idée d’un « socialisme aux couleurs de la France », comme nous disions autrefois, mais de définir une alternative mondiale. L’idée communiste ne peut vivre que si elle est mondiale et redonne une actualité au mot d’ordre du Manifeste : « Prolétaires de tous le pays unissez-vous ».
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Il est triste, quand on manie aussi bien la dialectique que le fait d'ordinaire Francis, d'opposer ainsi l'alternative nationale et l'alternative mondiale. D'abord, penser ainsi signifie de fait qu'on renonce à l'idée d'indépendance nationale puisqu'on ne peut apparemment rien faire tant qu'il n'y a pas de révolution mondiale. Si l'on sortait la France de l'UE en prenant appui sur le vote majoritaire du 29 mai, qui depuis s'est transformé en rejet de l'UE (cf les 70/75% d'abstentions populaires aux européennes), et cela pour faire une politique de nationalisation des grands groupes bancaires et industriels, de réindustrialisation du pays, de nouveaux traités internationaux progressistes débordant l'Europe, de dissolution des groupes racistes, de développement impétueux des droits démocratiques, on provoquerait un immense affrontement avec le grand capital en France et en Europe, on susciterait la mobilisation des prolétaires d'Europe, on aiderait non dans les mots mais dans les faits à "briser la chaîne impérialiste" sur ce maillon potentiellement faible qu'est la France (où les traditions de lutte héritées de 89 et de la Commune restent vivaces). Mais dire que la révolution n'est possible que mondialement sinon rien, c'est abandonner l'idée socialiste. Heureusement que les forces progressistes du Venezueal, Cuba et les autres pays progressistes latino-américains n'attendent pas la révolution mondiale pour réfléchir au "socialisme du 21ème siècle": et POUR CELA, dans la lignée de Marti et de Bolivar, ils ASSOCIENT LA FIBRE PATRIOTIQUE ANTI-IMPERIALISTE A LA FIBRE REVOLUTIONNAIRE ET SOCIALISTE proprement dite. A mon avis c'est un grave contresens de découpler l'idée de nation et l'idée de socialisme à notre époque: au moment où le grand capital détruit tout ce qui fait "Ma France", des acquis sociaux du CNR à la laïcité, de la langue française (évincée au profit du tout-anglais patronal: cela devient massif et la plupart des "progressistes" ne disent rien), au moment où le "produire en France" industriel et agricole est en voie d'éradication (et "produire en France" ne signifie pas "produire français", bien évidemment les ouvriers immigrés sont aussi concernés que les Français), détacher la nation de la classe ouvrière c'est oublier le meilleur de l'héritage du PCF, l'association des deux drapeaux par Thorez et Duclos, c'est abandonner les ouvriers à la démagogie chauvine. Et rien n'interdit, bien au contraire, de reconstruire l'Internationale communiste, ni de penser que dans les conditions de la mondialisation, la rupture de la chaîne impérialiste en France ou dans d'autres pays pourrait allumer l'incendie révolutionnaire dans bien d'autres pays. Bref, n'opposons pas les choses et ne nourrissons pas, avec des mots révolutionnaires, le bavardage de la bourgeoisie sur la "gouvernance mondiale", sur la "gouvernance européenne" parce que plus rien ne serait possible dans la nation.
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> C’est pourquoi, avec quelques intellectuels (comme Samir Amin, Bernard Noël, Yves Vargas, Jean Ziegler) nous avons lancé un appel à soutenir l’initiative d’une Ve internationale. Celle-ci est nécessaire pour dépasser les impasses actuelles de l’alter-mondialisme. Malgré l’appel de Chavez, cette Internationale nouvelle n’existe pas encore. Et si nous ne voulons pas qu’elle reste une rodomontade romantique et sympathique, il faut contribuer à lui donner une existence réelle. À notre avis, les communistes français, dans leur diversité, ont une grande responsabilité à cet égard.
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Je suis, avec mes camarades, pour la reconstruction du Mouvement communiste international, dans lequel émerge actuellement un "pôle léniniste" autour du courageux Parti communiste de Grèce. Si un tel mouvement se reconstituait sur des bases révolutionnaires, en combattant enfin le révisionnisme et l'opportunisme qui ont ravagé et détruit le MCI à l'initiative des liquidateurs Gorbatchev, d'Alema, Carrillo, Hue..., ce serait une grande aide pour la reconstruction du Front anti-impérialiste mondial. Serait-il efficace de mélanger le mouvement communiste, expression politique de la classe ouvrière mondiale, et les forces anti-impérialistes, qui bien évidemment comportent de nombreux mouvements non socialistes et non prolétariens. Une Internationale fourre-tout présenterait potentiellement deux inconvénients: celui d'affadir les positions communistes, de mettre au second plan les objectifs socialistes pour faire large et accueillir des forces patriotiques petites-bourgeoises, et celui complémentaire de refouler hors de cette Internationale des forces anti-impérialistes qui ne reconnaissent pas le socialisme comme leur objectif ou qui (il faut être cohérent avec ce qui est dit plus haut), ne veulent pas d'une "révolution mondiale" mais plus humblement, oeuvrent à la libération de leur pays, -ce qui n'est pas rien!

> Dans le même temps, notre faiblesse n’est pas qu’idéologique. Elle aussi organisationnelle et militante. Nous ne sommes plus organisés dans les entreprises ni dans les quartiers populaires que l’on laisse trop souvent aux mains de la télé… des dealers et des imams de tout acabit.
> Les communistes aujourd’hui, dans leur très grande majorité, ne militent plus. Nous ne discutons plus avec les gens… le lien même faible que nous avions à travers l’existence de cellules et la vente de l’Huma dimanche est cassé depuis longtemps.
> Et, à l’exception du travail formidable que font un certain nombre d’élus, nous n’impulsons quasiment jamais d’action.
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Il est triste, alors que tant de militants de base n'ayant aucune gratification d'aucune sorte, s'enlèvent la santé pour faire vivre en bas une politique, voire une ORGANISATION communiste, le seul coup de chapeau donné ici le soit aux élus. Certains ont sans doute bien du mérite, mais il n'est pas indifférent que le liquidateur en chef du PCF, Robert hue, ait d'abord présidé l'Association des élus... parce que précisément, le PCF n'a plus été conçu que comme une machine à reconduire ses élus. Et plus on a fait d'électoralisme, moins on a eu d'élus...
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> Nous pourrions par exemple, si nous avions un vrai parti, mener une belle campagne de « votation citoyenne » pour défendre le droit à la retraite… Ce qui nous conduirait à dire beaucoup de choses sur le financement, sur la nécessité de prendre en compte non seulement la démographie mais aussi l’élévation formidable de la productivité, et de taxer les plus-values…
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La "votation citoyenne" n'a pas empêché la privatisation de la poste. Ce qu'il faut, c'est mettre en accusation ceux des dirigeants syndicaux (y compris les dirigeants confédéraux CGT) qui, par inféodation à la Confédération européenne des syndicats, négocient les régressions, "collent" à Chérèque, accompagnent les contre-réformes de Sarkozy-Barroso, racontent partout qu'il "faut une réforme des retraites" (alors que le déficit est totalement artificiel), et surtout, ont tout fait déjà en 2003 pour empêcher la grève générale: je rappelle les propos d'alors de Thibault: "la CGT n'a pas vocation à bloquer le pays". Plutôt que des votations citoyennes avec ces braves gens du PS (qui ont les premiers divisé les PTT), ne faut-il pas aider les syndicalistes de classe souvent pourchassés par les appareils officiels et par les patrons, appeler au "tous ensemble en même temps", répondre à la proposition du PRCF de coorganiser une manifestation nationale unitaire contre l'ENSEMBLE de la politique de Sarkozy en dénonçant l'ILLEGITIMITE de son pouvoir et celle du Traité de Lisbonne? Voilà comment nous pourrions parler au coeur des ouvriers qui en ont ras-le-bol, des étudiants les plus combatifs que les confédés ont abandonné lors de la grande lutte anti-Pécresse,
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> On ne peut prétendre redevenir porte-parole des couches populaires que si nous reprenons pied dans les quartiers, par une activité militante de terrain. En allant tout simplement non seulement distribuer du papier mais aussi et surtout discuter avec les gens.
> Évidemment, la chose est plus facile quand on a des idées claires, fortes et lisibles. Et qu’on peut redonner à ses adhérents une formation politique véritable…
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Justement, a-t-on les idées "claires, fortes et lisibles" quand dans un texte assez long, on n'appelle nulle part à claquer la porte de l'Europe, à défendre le produire en France démoli par les délocalisations (faut-il attendre pour cela la révolution mondiale? Il risque alors de ne plus y avoir une usine en France et le vote ouvrier FN sera à 25%!), à proposer le socialisme pour la France, à parler clairement de nationalisation?
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> Cela nous conduit à dire un dernier mot sur un thème qui revient dans la bouche de nombreux camarades. Il s’agit de la « crise de la forme parti ». Attention à ne pas en faire une formule magique passe-partout. Cette crise est relative… Elle est visiblement moins vraie du côté du PS, voire du FN que pour nous.
> En fait, une certaine conception du parti, comme simple machine électorale, et de la politique réduite à la participation aux institutions et à la quête des places ne marche visiblement pas pour les communistes. Et c’est normal car ce n’est vraiment pas leur raison d’être.
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Tout-à-fait d'accord, et c'est pourquoi il faut faire attention au mot "force communiste" que la mutation a habitué les militants à utiliser alternativement au parti.

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> Lors du congrès nous nous étions prononcés pour un « Parti des communistes de France ». Façon de dire que sans jeter par-dessus bord l’héritage du PCF, il fallait une transformation manifeste pour accueillir et organiser la diversité actuelle des communistes, dans un esprit à la fois combatif et fraternel. Cette idée n’a pas été entendue, ni même écoutée. Tout comme d’ailleurs celle d’une Ve Internationale…
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Ce qui revient à dire que le PCF nouveau doit être un parti arlequin cousant entre elles... en apparence, des TENDANCES diverses qui se combattront entre elles. On ne voit pas où serait la rupture avec... la social-démocratie, où depuis toujours les tendances ont permis à la bourgeoisie (cf la manière dont en 2007 a été "sélectionnée" Royal par la grande presse bourgeoise française... et américaine!), ni avec le PCF actuel où, depuis les années 80, faute d'avoir jamais clarifié avec les liquidateurs successifs (Fiszbin, Juquin, Fiterman, maintenant Braouézec et la fine équipe qui vient de partir), le PCF est parti en boulettes en désarmant toute la classe ouvrière. Ce n'est pas cela qu'on choisi nos anciens au Congrès de Tours: ils ont clairement dit que le parti communiste devait être ouvert à tous les communistes et fermé à tous les réformistes. L'auberge espagnole de la "maison commune des communistes", c'est l'assurance de la paralysie et d'un parti uniquement tourné vers... les élections, et cela à la remorque du PS. C'est l'assurance que les tendances droitières, forcément appuyées par la bourgeoisie et par la social-démocratie, tiendront l'appareil, que les communistes "prolétariens" seront, ET SONT DEJA, mis à la remorque ou exclus de fait.
Et si on pensait à un parti appliquant réellement le centralisme démocratique: formation marxiste de tous les militants, liens préférentiels avec les travailleurs des entreprises, discussion libre avant la décision, mais aussi DISCIPLINE d'action une fois la décision prise? Puis, discussion libre sur les résultats, critique et autocritique de la direction? C'est ce qui se passait sous Lénine où personne ne s'est jamais plaint de manque de démocratie et où pourtant, le parti agissait avec une rare efficacité!

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> Que faut-il faire ? Tirer l’échelle ?
> Nous ne le croyons pas. Et c’est d’ailleurs pourquoi nous avons accepté de participer à la rencontre d’aujourd’hui.
> Nous n’avons pas de solution magique. Mais nous pensons que la solution ne consiste pas en la disparition d’une expression autonome des communistes dans un rassemblement aussi nécessaire soit le rassemblement.
> De ce point de vue, nous ne partageons pas la proposition de n’être plus qu’un courant communiste au sein de la FASE. Que la FASE existe, qu’elle se développe, que les communistes qui le souhaitent y prennent toute leur place, bien sûr… mais cela ne répond pas au problème posé.
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Oui les communistes doivent s'organiser à part en PARTI comme cela a été démontré par Marx et Engels dans un certain "manifeste". Que les "communistes" qui veulent se dissoudre dans la FASE le fassent très vite, qu'ils aient enfin le courage de dire qu'ils ne sont plus communistes, qu'ils laissent les communistes RECONSTRUIRE LEUR PARTI, car pourquoi tout le monde dans ce pays en auraient-ils un SAUF les communistes? L'enjeu c'est que la classe ouvrière dispose de SON outil politique, sinon elle est forcément à la remorque de toutes sortes de partis bourgeois ou petits-bourgeois comme la "FASE" dont le nom fleure bon la bourgeoisie bohème (espérons que toutes ses tendances seront en phase, ou l'inverse...). A noter qu'on ne voit pas pourquoi ce que Patricia et Francis affirment au niveau français (la nécessité d'une organisation propre des communistes) deviendrait faut au niveau mondial où, au lieu de reconstruire le Mouvement communiste international, il faudrait se dissoudre dans une Internationale socialiste/anti-impérialiste aux contours indéfinis...
Enfin, plutôt qu'un vague "rassemblement anti-libéral" qui finira inévitablement en force d'appoint au PS et à la "construction européenne" de son coeur, ne faut-il pas également construire un large Front progressiste, patriotique, antifasciste, populaire pour rompre avec l'UE du capital, reconstruire sur les bases de principe du CNR (indépendance nationale, antiracisme, progrès social, démocratie, paix, coopération internationale, fort secteur public...). Ce rassemblement, qui correspond aux intérêts profonds des ouvriers et des employés, mais aussi de la majorité des membres précarisés des "couches moyennes", serait mille fois plus révolutionnaire car il conduit tout droit à affronter à la fois l'UMP et le PS sur le coeur de la stratégie du grand capital: l'intégration européenne et le détricotage de la nation républicaine issue de 1945. C'est pour cela que le PRCF, dans le respect de l'identité de chacun et en gardant sa propre spécificité, travaille dans le cadre de l'Arc républicain de progrès. Voilà qui serait non pas en "FASE" avec la bourgeoisie bohème que suivent les refondateurs, mais avec la masse du peuple qui rejette majoritairement ce système insupportable et complètement dictatorial.

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> Il existe dans la société française un courant de radicalité, un courant communiste et révolutionnaire qui ne trouve plus à s’exprimer dans le vote PCF ou Front de gauche. Les résultats du NPA aux dernières régionales sont, de ce point de vue, révélateurs. Même si au plan national leur score est en baisse (ce qui exprime une perte de crédibilité liée à une stratégie perçue comme antiunitaire), ce n’est pas le cas dans les quartiers populaires de nombreuses villes de tradition communiste, où, dans le même temps, l’abstention est la plus forte.
> Autre exemple : le résultat fait par le front de gauche élargi dans le Limousin, qui s’est maintenu au second tour, est un exemple frappant et qui témoigne des possibilités d’une stratégie autonome à l’égard du PS.
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Admettons, mais qu'en pensent les camarades du Limousin? L'alliance NPA/Front de gauche avait forcément un préalable: l'accord avec la "construction européenne" que BEsancenot accepte sur le fond comme Mélenchon (qui est pour une Europe fédérale). Et idéologiquement, l'autonomie par rapport au PS sur de telles bases est impossible.
Ce n'est pas d'autonomie que nous avons besoin par rapport au PS: si Royal avait été élue, n'aurait-il pas fallu que nous ("nous"= SANS Hue et Cie) soyons dans l'opposition de gauche à cette dame qui veut aller aussi vite sinon plus que Sarko dans "les Etats-Unis d'Europe"? Et cela sans cesser de tendre la main dans les luttes aux socialistes de gauche qu'il faut aider à ROMPRE avec la domination des malfaisants personnages qui ont installé Maastricht, l'euro, qui ont "élargi" l'UE aux pays de l'est en fabriquant une énorme pompe à délocaliser tout en arasant les derniers acquis du socialisme à l'est, et j'en passe.

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> Comment avancer ? Pour notre part, nous pensons qu’il ne faut pas se résoudre à l’éclatement actuel…
> Même si notre proposition peut paraître un peu irréaliste, nous pensons qu’il faudrait au contraire se prononcer pour la tenue d’Assises communistes, réunissant membres du parti et communistes en dehors du parti, afin de donner le jour à ce qui pourrait être quelque chose comme une Alliance des communistes de France, ouverte à tous les groupes et tous les courants afin de donner encore une chance à ce que certains ont appelé à un moment une « Maison commune des communistes ».
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Pourquoi pas des assises communistes à condition qu'il ne s'agisse pas d'un refuge pour chiens perdus sans collier... Est-ce qu'on ne peut pas être au moins d'accord sur les points suivants qui, à une certaine époque, unissaient la Gauche communiste du PCF et les fondateurs du PRCF:
-refus de la criminalisation de l'histoire du communiste, défense de la Révolution d'Octobre, refus de laisser mettre sur le même plan l'URSS et le Troisième Reich (avec discussion MARXISTE sur l'histoire de l'URSS, y compris sur les périodes "qui fâchent"), solidarité avec les communistes persécutés à l'est;
-solidarité totale avec Cuba socialiste, défense de l'ALBA et des pays membres;
-lutte anti-impérialiste, solidarité internationale avec tous les peuples en luttes et tous les travailleurs résistant au capitalisme; appui à toutes les initiatives visant à reconstituer le Mouvement communiste international et le Front anti-impérialiste mondial;
-lutte idéologique pour le socialisme, impliquant le pouvoir de la classe ouvrière et de ses alliés, la socialisation des grands moyens de production, l'orientation vers le communisme;
-sortie de l'UE sur des bases progressistes inspirée des principes immortels du CNR,
-reconstruction d'un vrai parti communiste à la fois démocratique et agissant, lié en priorité avec les travailleurs notamment dans les entreprises et les quartiers populaires, et dans l'immédiat, unité d'action des communistes membres du PCF ou organisés ailleurs, indépendamment de la direction du PCF et des courants liquidateurs qui ont sabordé le parti ces dernières décennies en ralliant la gauche ou l'extrême gauche (sic) établies;
-retour au marxisme, pas seulement à Marx et à Gramsci, mais aussi à Lénine, sans dogmatisme, mais sans accepter leur actuelle criminalisation et/ou édulcoration.
Bref, agir avec les militants franchement communistes du PRCF ou ne jamais clarifier avec les Braouézec et Cie qui ont démoli le parti tout autant que les Hue et Cie.?
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> Patricia Latour
> Francis Combes
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> Texte d'appel à cette rencontre qui rassemblait plus de 300 communistes :*
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> Après la séquence des élections européennes et régionales, beaucoup d’adhérents du Parti communiste s’interrogent sur l’avenir de leur engagement au sein du PCF. La logique de repli des dernières années, incluant dans la période récente la mise à l’écart d’un grand nombre de militants, va avec une incohérence inédite dans ses choix stratégiques, loin de ce qui bouge dans la société, ou l’abordant du « bout des lèvres ». Jamais les adhérents n’ont été à ce point divisés et privés de réflexions, de débats, de novations qui leur permettraient de peser sur le cours des choses dans une société capitaliste en crise systémique. Alors que de par le monde des millions d’individus cherchent des voies nouvelles pour construire un post-capitalisme qui réussisse là où jusqu’ici toutes les tentatives
>
Qu'est-ce que ce "post-capitalisme"? Assez de gadgets idéologiques, ce n'est pas avec ces amuse-gueules qu'on intéressera la classe ouvrière qui se bat le dos au mur contre le capital!

> de faire mieux ont échoué, peut-on, et comment, faire vivre autrement une option communiste refondée ?
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la grande réunion "large" a tout de même pour préalable d'adhérer à la "REFONDATION"... Au moins c'est clair. J'espère que par conséquent, on ne me reprochera pas de jouer cartes sur tables en disant ci-dessus sur quelles bases je propose de reconstruire l'unité d'action communiste; il n'y a pas d'un côté les camarades aux idées larges, qui accueillent tout le monde "sans a priori", et d'un autre les affreux sectaires qui "mettent des préalables". Chacun a des idées, et certaines sont INCOMPATIBLES. Alors, après tant d'années, ne faisons pas avec nos "assises communistes" comme si nous partions de zéro alors que la classe ouvrière et la nation républicaine sont strangulées et appellent au secours. Que les communistes qui veulent reconstruire un vrai parti communiste, un vrai front progressiste anti-UE, une vraie lutte contre la criminalisation de leur histoire, une vraie lutte idéologique pour une France socialiste et pour un Mouvement communiste international clairement marxiste, se regroupent dans l'action. Quant à ceux pour qui le MCI et le PCF n'ont jamais rien fait de bon, pour qui le léninisme est une horreur, pour qui on peut fréquenter les trotskistes, les socialistes, les euro-écologistes, MAIS PAS les marxistes-léninistes, qu'ils aillent rejoindre le plus vite possible Juquin et Fiterman, ils feront gagner du temps à tout le monde et à eux-mêmes. Ce n'est pas avec ce genre de personne, ni avec leurs ancêtres réformistes, que les ouvriers communistes ont construit leur parti de classe à partir de 1920, c'est contre eux et malgré eux. Et avec un grand parti COMMUNISTE on a eu 36 et les réformes de 45, tandis que depuis que pour complaire on a liquidé ce parti, on a de terrifiantes régressions: donc partons de l'expérience et non des états d'âme d'un groupe de REPENTIS. *Regrouper les communistes, c'est d'abord se séparer des réformistes, et malgré la bonne volonté des uns et des autres, "coller" aux réformistes soi-disant "modernes" de Braouézec, c'est diviser les communistes. *
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> Faut-il s’organiser, comment et avec qui pour contribuer à ce qu’une majorité de nos concitoyens défrichent les chemins inédits d’élaboration d’un nouveau projet et d’une nouvelle force de transformation sociale et écologique, pour une société de justice, de liberté, solidaire, humaine et démocratique ?
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Quel grand projet révolutionnaire! Plus vague et plus raccoleur, tu meurs, Bayrou pourrait signer !

JE REMERCIE PATRICIA ET FRANCIS, malgré les désaccords que j'affirme ici, d'avoir lancé le débat.

Georges Gastaud,
auteur de l'Essai sur la renaissance communiste.


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