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Réveil Communiste

Face à la crise ukrainienne, attaque boursière contre la Russie : une mise en œuvre de la "guerre hors limite"?

4 Mars 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Impérialisme

sur le blog de Danielle Bleitrach :

 

gaz Ukraine

 

Sommes nous dans la guerre hors limite? Il s’agit d’un livre de deux militaires chinois sur lequel je reviendrais. La guerre hors-limites, ou généralisée, découle de ce constat : « souvent, les menaces militaires ne sont plus les principaux facteurs influant sur la sécurité nationale ». Les financiers, les hackers, les Oussama Ben Laden, les sectes telles Aum, les trafiquants de drogue peuvent être plus dangereux que des armées ennemies. Face à cela, on ne peut plus, selon les auteurs, faire reposer la sécurité nationale sur les seules forces militaires.

Alors notamment que la plupart des guerres imaginées aujourd’hui par les armées qui souhaitent rester préparées, ressemblent à des combats de char dans les forêts, la prochaine guerre pourrait plutôt ressemble à quelque chose de très différent. « Par exemple : alors que l’ennemi ne s’y attend pas du tout, l’assaillant mobilisera secrètement une masse de capitaux et lancera une attaque surprise contre ses marchés financiers ; après avoir provoqué une crise financière, il opèrera une attaque de ses réseaux grâce à des virus implantés à l’avance dans les systèmes informatiques de l’adversaire et à l’intervention d’équipes de pirates informatiques. Il provoquera ainsi l’effondrement total du réseau électrique civil, du réseau de régulation des transports, du réseau de transactions boursières, des réseaux de télécommunications et des réseaux médiatiques, déclenchant une panique sociale, des troubles civils et une crise gouvernementale. Pour finir, une puissante armée massée aux frontières augmentera progressivement l’emploi des moyens militaires jusqu’à acculer l’ennemi à signer un traité sous la contrainte. »


LA RUSSIE SOUS ATTAQUE BOURSIERE ET CONTRE LE ROUBLE


John Kerry a évoqué des sanctions économiques, le gel des avoirs possédés par certains dirigeants russes, des interdictions de visa, le boycottage des investissements. "Les entreprises américaines vont y regarder à deux fois avant de décider si elles veulent investir dans un pays qui a ce comportement", a expliqué le chef de la diplomatie américaine, cité dans Le Monde. "J’ai parlé à dix des ministres des affaires étrangères des pays les plus concernés. Chacun d’eux est prêt à soutenir à fond des mesures d’isolement économique de la Russie à cause de cette invasion. Le rouble est déjà en train de chuter."

Effectivement ce matin, la Banque centrale de Russie a annoncé une hausse surprise de son taux directeur à 7% (contre 5,5% auparavant), en raison de l’apparition de "risques pour l’inflation et la stabilité financière". Le rouble plongeait à des records historiques de faiblesse. L’euro a dépassé le seuil très symbolique des 50 roubles (du jamais vu!), et le dollar est monté jusqu’à 36,85 roubles, dépassant son record de 2009. Les risques d’une nouvelle crise du gaz ont fait plonger le géant russe Gazprom de 12%, très dépendant de ses exportations vers l’Europe.

Moscou est très dépendant des investissements étrangers et l’année dernière ceux-ci avaient déjà commencé à chuter comme mesure de rétorsion face à la politique de résistance de Poutine. Ce que l’on va voir c’est si Poutine est capable de tenir bon étant donné qu’il a dans cette crise l’assentiment de la très grande majorité du peuple et en particulier celle de son principal opposant, le Parti communiste de Russie. Mais il est clair que la pression qui s’exerce est contre l’oligarchie à laquelle appartient Poutine.


L’UKRAINE ET LE GAZ


Ce matin, la place financière de Moscou a plongé à l’ouverture. Le Micex, voisin russe du CAC40, a cédé 10% laissant craindre une suspension de sa cotation. Les valeurs bancaires, Sberbank et VTM, ont également chuté de 11%.

Par contre et ceci est bon pour le Venezuela on assiste à une hausse du prix des matières énergétiques le pétrole en particulier.

Le baril de pétrole américain (WTI) gagnait 1,75 dollar à 103,80 dollars, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord s’appréciait de 1,59 dollar à 110,76 dollars. "Pour le moment, nous avons tous les yeux rivés sur l’Ukraine, sur la situation en Crimée (…). Je crois que pour les jours à venir au moins, ce facteur éclipsera tous les autres", a déclaré Desmond Chua, analyste chez CMC à Singapour. "Étant donné que l’Ukraine se situe dans la chaîne d’approvisionnement du Brent, la prime de risque a augmenté, poussant vers le haut les prix" du brut, a-t-il ajouté.

L’Ukraine n’est ni un producteur pétrolier majeur ni un gros consommateur, mais le pays occupe une position géographique stratégique pour le transport des hydrocarbures russes, soulignent les analystes de la division matières premières chez JP Morgan. Ainsi, plus de 70% du gaz et du pétrole russes passe par l’Ukraine, et l’Europe représente 90% des achats du pétrole russe. De quoi craindre d’autres pressions sur les matières premières prochainement.


LA GUERRE HORS LIMITE


Liang Qiao (Auteur), Xiangsui Wang
Il y a quelque chose de fascinant à voir se réaliser des choses que l’on a subodoré à partir d’une lecture, celle de ce livre passionnant paru chez Rivage et qui a été écrit par deux militaires chinois.

Les auteurs redéfinissent la guerre tout au long de cet ouvrage. A partir de la première invasion de l’Irak ils commencent une analyse sur la guerre moderne. La guerre n’est plus « l’usage de la force armée pour obliger un ennemi à se plier à sa propre volonté », mais l’utilisation de « tous les moyens, dont la force armée ou non armée, militaire ou non militaire et des moyens létaux ou non létaux pour obliger l’ennemi à se soumettre à ses propres intérêts. »
Parfois la force militaire aboutit à des contreperformances : « Si l’on en juge par la performance de l’armée américaine en Somalie, où elle se trouva désemparée face aux forces d’Aïdid, on peut conclure que la force militaire la plus moderne n’a pas la capacité de contrôler la clameur publique, ni d’affronter un opposant qui opère de manière non conventionnelle. »
En revanche ils notent l’importance de l’opinion, gagner l’opinion est un enjeu essentiel. Toute la difficulté des guerres nouvelles est de savoir combiner armes classiques et armes nouvelles, et les auteurs appellent les états-majors, et principalement et paradoxalement l’état-major américain, à ne pas surestimer le pouvoir des armes militaires traditionnelles. Ainsi, la recherche de la prouesse technologique dans la fabrication d’armes peut être un moyen ruineux. Les auteurs donnent l’exemple du bombardier furtif B-2, dont chaque exemplaire a coûté deux ou trois fois son poids d’or – même si la hausse du prix de l’or a dû, depuis rabaisser ce prix. C’est même cette conception militaire périmée qui a entraîné, selon eux, la chute de l’URSS, perdue dans des dépenses militaires incontrôlées. Pour les auteurs, « un empire colossal s’effondra sans qu’un seul coup de feu fût tiré, corroborant de manière éclatante les vers du célèbre poème de Kipling : « Quand périssent les empires, ce n’est pas dans un grondement mais avec un simple ˝ pouf ˝ ».

Après le coût des armes classiques et la crainte de la guerre ultime, dans le même temps où s’épuisent les armes de conception nouvelle, de nouveaux concepts d’armes émergent. De fait « il n’est rien au monde aujourd’hui qui ne puisse devenir une arme ». Pour les auteurs, « un seul krach boursier provoqué par l’homme, une seule invasion par un virus informatique, une simple rumeur ou un simple scandale provoquant une fluctuation du taux de change du pays ennemi […] toutes ces actions peuvent être rangées dans la catégorie des armements de conception nouvelle. […] Nous croyons qu’un beau matin les hommes découvriront avec surprise que des objets aimables et pacifiques ont acquis des propriétés offensives et meurtrières ».

La tendance n’est pas complètement nouvelle, et les auteurs rappellent ainsi que c’est par le trafic de l’opium mené à grande échelle que les britanniques eurent raison de la Chine au XIXème siècle – même si ce trafic fût in fine imposé deux fois par des moyens militaires. On peut penser en effet que quand la moitié des entreprises auront basculé leurs messageries et leurs flottes de téléphones sur des systèmes Google, elles seront à la merci de quiconque déciderait de mettre Google à son service.

Une autre chose est sûre, le souci de l’opinion conduit aujourd’hui à rendre opaque le jeu des conflits d’intérêts : « ce qui différencie principalement les guerres contemporaines des guerres du passé, c’est que, dans les premières, l’objectif affiché et l’objectif caché sont souvent deux choses différentes ». C’est ainsi que, pour les auteurs, la première intervention américaine contre l’Irak était sans doute avant tout motivée par des intérêts pétroliers, même si ce n’en était pas l’unique raison. La complexité des guerres nouvelles, leurs modalités multiples, conduit à rendre celles-ci bien moins visibles, et lisibles.
De longs développements suivent sur la guerre moderne, qui peut être menée par un hacker comme par un magnat de la finance ou des médias. Conclusion des auteurs : « qui pourrait dire que Georges Soros n’est pas un terroriste financier ? » Face à ces menaces nouvelles, les armées traditionnelles sont bien démunies et comparables à des dinosaures affrontant des souris. Ce que les américains ont appelé les opérations militaires autres que la guerre (Military Opérations Other Than War, MOOTW), prend une importance croissante. Pourtant, pour les auteurs, cette notion est encore trop limitée. Il s’agit, dans l’acception américaine, de poursuivre la guerre en utilisant au besoin des moyens civils. Pour les auteurs, c’est la guerre tout entière qui est devenue civile autant sinon plus que militaire. Ils opposent ainsi la notion d’opération de guerre non militaire, déjà datée, à celle d’opérations militaires autres que la guerre.

Le nouvel art de la guerre deviendra celui de la combinaison de tous les moyens, militaires et non-militaires, pour arriver à ses fins. Les auteurs analysent également la fin du champ de bataille et l’attaque en priorité contre les civils en soulignant que l’inventeur est Hitler.

Voici des années depuis que j’ai lu ce livre, ma propre conception de la guerre a évolué, c’est d’ailleurs pourquoi j’ai tout de suite pensé devant l’attentat qui a eu lieu en CHine j’ai aussitôt pensé à l’utilisation des groupes terroristes comme manière de bloquer ou de tenter de bloquer des solidarités intempestives de la part de la Chine.

Mais peut-être si l’on veut conserver une part d’optimisme cela donnera un nouveau rôle au peuple, même manipulé, quand il est confronté à sa survie c’est pourquoi il y a sans doute besoin de l’utilisation de bandes fascistes pour leur enseigner qui sont les maitres et le silence.

Danielle Bleitrach

http://armee-du-futur.over-blog.com/article-36095083.html

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