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Réveil Communiste

En Belgique, la réponse d'un député de droite aux grèves et manifestations des salariés contre l'austérité : s'attaquer aux droits des salariés

18 Janvier 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #l'Europe impérialiste et capitaliste

 

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Lu sur "Solidaire", site du Parti du Travail de Belgique

Bientôt une loi pour limiter le droit de grève ?

 

Alors que tout le monde parle ces temps-ci de liberté d’expression et de la défense des libertés démocratiques, Denis Ducarme (MR) annonce le dépôt en février d’une proposition de loi pour limiter le droit de grève et en particulier les piquets.

Alice Bernard

Photo Solidaire, Salim Hellalet

 

Cette limitation du droit de grève est présentée comme une proposition de loi sur « le droit à l’accès au travail les jours de grève ». Certes, le droit de grève doit être garanti et les mouvements sociaux doivent pouvoir s’exprimer, dit-il. Mais il veut qu’on réfléchisse « davantage à la liberté de ceux qui veulent avoir la garantie d’aller travailler. Un certain nombre d’entraves (lisez les piquets, NdlR) les privent de cette liberté. Dans ce cadre-là, le droit d’aller au travail doit être garanti. » Et de ressortir le principe que « la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres ». Il trouve qu’il y a un « manque flagrant d’équité entre le droit de ceux qui veulent faire grève, et celui de ceux qui souhaitent travailler ».

 

Le « droit au travail » pour qui ?

 

Rappelons à Mr Ducarme que 650 000 personnes souhaitent travailler en Belgique (c’est-à-dire trouver un emploi) et que sur ce terrain-là on attend toujours les propositions concrètes du gouvernement. Rappelons-lui aussi que la législation existante en Belgique en matière de droit de grève instaure parallèlement l’organisation du travail pour la sauvegarde de certains outils sensibles (dans les industries chimiques par exemple) ou pour les services d’urgence et de soins (hôpitaux…).

 

Quand les travailleurs font grève, c’est parce que toutes les autres façons de résoudre un problème de relations sociales ont échoué. Alors, les travailleurs n’ont plus que ce moyen de se faire entendre : arrêter le travail. Et rappelons encore que les piquets permettent aux nombreux travailleurs précarisés, sur qui les patrons mettent la pression, de pouvoir exercer leur droit de grève. Car la presse ne parle quasi jamais de ces travailleurs intérimaires, temporaires, stagiaires, faux indépendants, que le patron tient à la merci de contrat à renouveler, envoie chercher à la maison sans respecter les temps de repos, ou fait surveiller par des caméras ou même des détectives privés. Cette pression-là est permanente, quotidienne. C’est une entrave inacceptable à leur droit au travail dans des conditions dignes.

 

Sans oublier que si les patrons ont la possibilité de faire appel aux huissiers et aux astreintes, ce n’est pas le cas pour les travailleurs.

 

La seconde attaque est déjà prévue

 

Denis Ducarme annonce également qu’il voudrait introduire une proposition sur la personnalité juridique des syndicats, ce qui permettrait de les citer devant les tribunaux, mais cela ferait trop d’un coup. « En février, ma proposition sur le droit d’accès au travail les jours de grève va déjà faire monter la tension», explique-t-il dans les journaux du groupe Sudpresse le 13 janvier. « Certains la ressentent comme une provocation. Vous pensez bien que si l’on dépose des textes sur la personnalité juridique dans la foulée, certains les assimileront à une déclaration de guerre. » Il estime que ce débat (sur la personnalité juridique des syndicats) devrait s’inscrire « dans un climat social plus favorable que ce qu’il est aujourd’hui. Ce n’est donc vraiment pas le moment ».

 

Il dévoile ainsi les véritables intentions du gouvernement en ce qui concerne les droits syndicaux : une fois que la contestation sera endormie, ce sera le moment de frapper un grand coup et de restreindre la force de frappe des organisations des travailleurs. En permettant par exemple de considérer qu’une simple distribution de tract soit sanctionnée comme «entrave à la liberté d’entreprendre ». Comme ça, il y aura moins d’opposition aux prochaines restructurations ou au prochain train de mesures d’austérité.

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