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Réveil Communiste

Elus et parti, une situation nouvelle... Adresse aux élus communistes de toute la France

12 Décembre 2012 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

sur lepcf.fr


par  pam


La situation politique issue des dernières élections présidentielles et la préparation des élections locales de 2014 et 2015 est une question importante du prochain congrès du PCF, autant pour l’urgence de penser une nouvelle articulation entre luttes sociales et participation aux institutions, que pour faire le bilan des stratégies électorales suivies et de leur résultat en termes de votes et d’élus.

Les rapports entre le parti communiste et ses élus ont toujours compté dans les orientations de congrès. Dans la longue montée en puissance du "communisme municipal" de l’après-guerre jusqu’aux années 80, c’étaient plutôt les élus qui, confrontés à la gestion et aux majorités plurielles, voulaient affirmer leur capacité de décision dans un parti organisé et puissant. C’était l’époque du travail pour mettre en œuvre le choix stratégique d’une « voie pacifique au socialisme », et nous mesurons après coup que la traduction en "voie électorale" a marqué durablement le parti.

Avec la gauche au pouvoir, et jusqu’aux années 2000, les élus ont joué un rôle plus déterminant dans la vie du parti. La disparition des permanents issus du monde du travail et l’affaiblissement militant ont conduit les élus locaux qui restaient nombreux à orienter la politique du PCF autour des enjeux de gestion et de majorité de gauche. Les tensions se sont multipliées entre élus confrontés aux compromis imposés par le parti socialiste, et militants dénonçant un PS assumant la gestion du capitalisme. Ces tensions ont provoquées des ruptures dans les débats sur la participation gouvernementale en 1984, puis de manière encore plus forte en 1997.

La situation en 2012 est nouvelle et peut conduire à une nouvelle articulation. Les élus qui restent nombreux sont confrontés avec force à la nécessité d’un parti organisé, capable de mobiliser, capable d’aider le mouvement social à faire le lien entre le projet de société alternative, en rupture avec la société actuelle, et les décisions de gestion qui sont nécessairement marquées par les rapports de forces réels. La gravité de la crise, l’absence de marges de manœuvres dans le système tel qu’il est, conduisant de nombreuses collectivités locales à des situations de gestion difficiles, rend toujours plus nécessaire pour les élus l’appel à la citoyenneté, à la mobilisation, à l’engagement.

Le parti confronté à l’échec des stratégies précédentes de mutation, métamorphose, transformation doit inventer une stratégie de rupture avec le capitalisme qui interpelle les communistes sur la nature des luttes de classes aujourd’hui, l’importance de l’organisation dans le monde du travail, le rapport entre engagement déterminé dans le renforcement du parti et urgence de rassemblements toujours plus larges, capables de porter des majorités populaires.

Le 36ème congrès du PCF sera-t-il capable de porter en grand cette question des relations entre militants et élus, du rapport entre court terme et long terme, gestion et rapports de forces.

Il doit absolument tirer le bilan de stratégies électorales qui ont fortement affaibli l’ancrage électif du PCF. Depuis les listes uniques à gauche des régionales de 1998, en passant par les collectifs anti-libéraux et l’échec de 2007, jusqu’au Front de Gauche qui s’est traduit, indépendamment de l’analyse que chacun peut en faire en terme de voix, par la perte de la moitié des députés, après une perte équivalente de conseillers régionaux, l’existence du PCF comme force politique autonome est posée avec acuité. Son ambition politique dans les institutions, son rapport au pouvoir, aux majorités nécessaires, et plus généralement sa stratégie de rassemblement, prend donc une importance toute particulière dans la préparation de ce 36ème congrès.

Beaucoup de communistes ont interrogé la direction sur le bilan des décisions prises depuis Martigues, sur la "double peine" que représente la confusion avec le PS qui marque l’image politique du parti après les expériences de 1981 et 1997, et la confusion avec l’extrême gauche que marque souvent le discours du Front de Gauche.

La base commune préparatoire au congrès votée par le conseil national ne porte cependant ni bilan de nos stratégies électorales, ni bilan de l’état de notre organisation, ni bilan de notre activité élective dans les collectivités. Le texte proposé multiplie les effets de langage, mais ne nous aide pas à répondre aux questions posées.

Le texte "Unir les communistes...", centré sur la crise et la réponse fondamentale du socialisme, sur la nécessité d’un parti autonome, de combat, populaire et rassembleur, crée les meilleurs conditions de ce débat. Il a été écrit par des militants d’entreprises, de quartier, et des élus locaux qui ont menés campagne dans des situations politiques variées, mais toujours dans l’objectif de faire vivre et renforcer le PCF.

Beaucoup de communistes, candidats à des élections dans différentes situations politiques, comme candidat PCF, sur des listes d’union avec le PS, sur des listes de rassemblement avec ou sans accord avec le PS, sur des listes Front de Gauche ou PCF soutenu par le Front de Gauche, s’interrogent. Nous voulons que le congrès ouvre le débat dans la clarté sur nos objectifs. Nous pensons qu’une grande ambition pour les mobilisations sociales comme pour les élections est possible et doit conduire à refuser et la confusion avec le parti socialiste, et l’isolement dans la gauche de la gauche. Notre stratégie électorale ne doit pas être dépendante des alliances qui n’en sont qu’un outil, mais porter partout et d’abord notre objectif d’un rassemblement populaire majoritaire.

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