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Réveil Communiste

Document du XIXème congrès du PC Portugais : La lutte anti-impérialiste et l’affirmation de l’indépendance et de la souveraineté nationale

17 Décembre 2012 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #L'Internationale

Sur lepcf.fr :


Intervention de Pedro Guerreiro, membre du Comité central et du département international du PCP

 

Les communistes portugais viennent de terminer leur propre congrès. Peu de monde en parle, et hélas, on n’en trouve guère de traces du côté de l’Humanité ou de la direction du PCF. Et pour cause, les forces liquidatrices à l’intérieur du PCP semblent avoir été jugulées. Et les communistes s’expriment pleinement et développent normalement leur politique, redonnant ainsi toute sa force de frappe à ce parti. C’est le cas pour ce qui concerne la position du PCP vis-à-vis de la souveraineté et de l’indépendance nationale, ainsi que de l’Union européenne. Le texte que nous avons traduit et que nous publions ici est d’un contenu fondamental que le PCF a partagé, il y a de cela déjà pas si longtemps, contenu que nous aurions volontiers souhaiter voir adopter par le 36ème congrès, tout au moins comme base de discussion... Il n’en reste pas moins que ce texte est une référence pour les communistes français en mal de parti, qu’ils soient dans ou hors du PCF...

Pascal Brula


Traduction PB pour Le pcf.fr

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L’indépendance et la souveraineté nationale sont une question centrale de notre époque. Le capitalisme, compte tenu de l’aggravation de ses insurmontables contradictions, s’est lancé dans une large offensive contre les conquêtes historiques des travailleurs, la souveraineté des peuples et l’indépendance des États.

L’impérialisme, le capitalisme dans sa phase monopoliste, ne peut pas imposer sa domination politique et économique et assurer l’exploitation, sans avoir recours à l’oppression et à la subversion de la démocratie, de la souveraineté et de l’indépendance nationale ; de même, il ne sera pas possible pour les travailleurs et les peuples de s’attaquer aux instruments de l’exploitation et de l’oppression impérialiste, et de mener à bien de réels processus de changements sociaux et révolutionnaires, sans le plein exercice de la souveraineté et de l’indépendance nationale.

Avec son cortège d’atrocités et de destructions, au moyen de guerres déclarées ou voilées, du terrorisme d’États, de meurtres et de tortures, d’ingérences et de complots, de blocages et de boycotts économiques et politiques, l’impérialisme cherche à imposer sa volonté aux travailleurs et aux peuples et, si possible, à empêcher leur émancipation et leur développement souverain.

En essayant de profiter du déséquilibre actuel des forces, l’impérialisme a entrepris une véritable escalade de la recolonisation, accompagnée par une subversion complète de la Charte des Nations Unies, qui, après la défaite du nazisme-fascisme, avait établi les principes régissant les relations entre les États.

Un historique récent des ingérences et des guerres que les Etats-Unis, l’OTAN et l’Union européenne réalisent, montre le risque d’une escalade encore plus grande des affrontements militaires. En solidarité avec les peuples qui luttent, nous condamnons fermement tous types d’ingérences, d’agressions et de guerres impérialistes, comme celles lancées contre la Syrie, ainsi que les actions de provocation, les menaces et les déstabilisations que l’impérialisme a depuis longtemps mis au point contre l’Iran.

Les attaques contre l’indépendance et la souveraineté nationale sont également au cœur du processus d’intégration capitaliste, comme l’est l’Union européenne – un bloc impérialiste – menée par les grandes puissances et leurs groupes monopolistes, qui, pour s’assurer la dépendance économique des États de leur "périphérie", aliènent en conséquence leur souveraineté et leur indépendance, condamnant ces peuples et ces pays à une intolérable mise sous tutelle et au sous-développement.

Mais face à ces tentatives de l’impérialisme, les travailleurs et les peuples ne sont pas condamnés à la soumission.

La lutte des classes s’est accentuée et élargie, avec les communistes comme principaux responsables du renforcement et de l’approfondissement de la nature unitaire et de masse des luttes autour de revendications concrètes, stimulant la consolidation de larges alliances qui rendent plus fort le front social et politique contre l’impérialisme.

Un important processus de réorganisation des forces qui, tout en n’étant pas exemptes de contradictions, remettent objectivement en cause la domination de l’impérialisme, peut ouvrir la perspective d’un changement nécessaire dans l’équilibre des forces au niveau mondial, si les luttes des travailleurs et des masses populaires deviennent plus fortes, si le mouvement communiste et révolutionnaire international se renforce et, en relation avec lui, le front anti-impérialiste, si les processus nationaux qui ont pour objectif des changements progressistes, anti-impérialistes et anticapitalistes, avancent, et si les processus de construction du socialisme sont confirmés et approfondis.

À ce stade, nous devons insister sur les avancées patriotiques et progressistes obtenues par plusieurs pays d’Amérique latine, avancées ayant un contenu et des positions nettement anti-impérialistes.

L’histoire des luttes et des mouvements de la classe ouvrière, des travailleurs et des peuples est riche d’exemples qui prouvent l’inséparable relation entre la question de classe et la question nationale en vue de la réalisation de leur émancipation.

C’est par l’affirmation et l’exercice de la souveraineté nationale qu’il est possible de rejeter les contraintes et les obligations imposées de l’étranger et sauvegarder la démocratie, qu’en vertu du droit souverain de chaque peuple de décider de son présent et de son futur, leur politique économique soit déterminée en toute autonomie et liberté, l’usage et le développement du potentiel productif de chaque pays soit garanti, une politique de paix, de coopération, de solidarité avec tous les peuples qui luttent pour leur libération puisse être menée.

"Une nation ne peut pas être libre si elle opprime d’autres nations". La lutte d’une nation contre la domination impérialiste et pour sa souveraineté nationale est la lutte pour la reconnaissance de l’indépendance et l’auto-détermination de toutes les nations. Les forces armées portugaises et le territoire national doivent cesser d’être utilisés pour des agressions contre d’autres peuples.

Comme nous l’avons déclaré, la dissolution de l’OTAN est un objectif fondamental pour l’affirmation des souverainetés nationales et de la paix dans le monde. Cet objectif doit être articulé avec le processus de sortie de l’OTAN des structures militaires et politiques du Portugal, dans le contexte des droits inaliénables du peuple portugais à décider de quitter ce bloc militaire et politique.

En face de l’impérialisme, la lutte pour la souveraineté et l’indépendance nationale est une expression de la lutte des classes, porteuse d’un inévitable contenu internationaliste et anti-impérialiste, et faisant apparaître clairement l’importance des frontières nationales comme étant le terrain déterminant des résistances et des changements progressistes et révolutionnaires.

Le mouvement communiste et les forces progressistes et révolutionnaires, le front anti-impérialiste, ont subi un grave revers qui retarde, mais ne peut pas mettre en péril, le processus d’émancipation sociale et nationale.

L’expérience historique montre que la lutte des travailleurs et des peuples peut freiner les orientations les plus agressives et d’exploitation du capitalisme, apporter des gains importants et imposer de profonds changements de progrès.

La souveraineté et l’indépendance nationale sont une condition pour préserver la démocratie, une condition pour que le développement économique et social réponde aux aspirations des peuples, une condition pour établir des relations de solidarité et de paix entre les peuples du monde, une condition pour en finir avec l’exploitation de l’homme par l’homme, pour construire et réaliser le socialisme.

Pour les communistes portugais, être un patriote, défendre la souveraineté et l’indépendance nationale ainsi que le droit inaliénable du peuple portugais à décider de son propre destin, c’est aussi être solidaire avec les travailleurs et les peuples du monde dans leurs luttes pour leurs justes droits et leurs aspirations.

Conscients que leur première raison d’être est relative à leurs tâches et leur engagement envers les travailleurs et le peuple portugais, les communistes portugais pensent que ces tâches et cet engagement ne sont pas seulement complémentaires et inséparables de leurs responsabilités internationales, mais aussi qu’il s’agit de la plus grande contribution qu’ils peuvent apporter à l’avancement des luttes de libération des travailleurs et des peuples.

Comme le camarade Alvaro Cunhal l’a déclaré, "la raison de l’existence du PCP, c’est d’être le parti de la classe ouvrière, le parti du peuple et de la nation portugaise, un parti de la cause universelle de la libération de l’homme, un parti patriotique et internationaliste".

Vive la solidarité internationaliste !

Vive le XIXème congrès !

Vive le parti communiste portugais !

Pedro Guerreiro, membre du Comité central et du département international, Almada, 19ème congrès du PCP

Samedi 1er décembre 2012

Lu sur le site du PCP

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