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Réveil Communiste

Crise euro : qui sauver ?

26 Octobre 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #l'Europe impérialiste et capitaliste

sur le site du PTB

David Pestieau

 

Le mercredi 19 octobre, 150 membres du PTB – dont son président, Peter Mertens – et du Parti communiste de Grèce (KKE) se sont réunis au rond-point Schuman, en face de la Commission européenne, sous le slogan « Travailleurs de Belgique et de Grèce, même combat contre les monopoles et l'Union européenne ». (Photo Solidaire, Martine Raeymaekers)

« Sauver la Grèce, sauver l’euro. » Les deux mots dans un seul souffle, à chaque étape de « l’eurocrise ». Avec un élan de solidarité envers le peuple grec, semble-t-il. En septembre, le Parlement belge a ainsi voté un « plan de sauvetage de la Grèce ».

« Plan de sauvetage » ? De la pure fumisterie. Les Grecs n’ont rien vu de l’argent sensé les sauver : 97 % des fonds avancés à la Grèce ont, en réalité, servi à rembourser les grandes banques étrangères, allemandes et françaises en tête. En réalité, on a sauvé ces banques, mais les Grecs boivent la tasse. Un Grec sur quatre vit en dessous du seuil de pauvreté, le chômage des jeunes est monté à 43 %, des lits d’hôpitaux sont supprimés, les retraités doivent vivre avec une pension de moins de 400 euros1.

Des experts de la Commission européenne et du FMI ont remis ce 21 octobre un rapport alarmant. Non pas sur la situation du peuple grec, mais sur sa capacité à rembourser aux banques. Les plans d’austérité à répétition ont enfoncé la péninsule hellénique dans la crise, la dette grecque va enfler jusqu’à 186 % en 2013. L’intervention nécessaire pour éviter la faillite devrait se monter, non pas à 100, mais à 500 milliards d’euros.

Pour éviter ce scénario, l’Union européenne demande aux banques d’accepter que 50, voire 60 % de la dette grecque ne soit pas remboursée immédiatement. Les banques devraient payer ? Non.

Car le plan européen est de monter une nouvelle « opération de sauvetage des banques » : les banques menacées par le défaut de paiement grec seraient recapitalisées grâce à l’intervention des États... Ce qui augmentera les dettes publiques partout en Europe.

Et ce n’est pas tout. Pour éviter la contagion grecque à l’Italie, les pays de la zone euro veulent « muscler » le Fonds de secours européen (FESF) qui devrait être alimenté à hauteur de 1 000 à 3 000 milliards (contre moins de 500 à l’heure actuelle). Par de l’argent garanti par les États européens. C’est-à-dire par vous et moi.

C’est d’abord l’Allemagne et ses multinationales qui ont profité pendant des années des crédits accordés aux pays européens du sud qui finançaient l’exportation des produits allemands. Et c’est encore l’Allemagne qui, aujourd’hui, prône la généralisation de son modèle de bas salaires, d’austérité, de hausse de l’âge effectif de la pension. Ces prétendues solutions vont empirer les choses. Mais elles sont intrinsèquement liées à cette zone euro (et plus globalement à l’Union européenne), est fondée sur la concurrence et sur l’inégalité de développement. C’est le propre du capitalisme.

Les Grecs sont en train d’abandonner les illusions de réformer cette construction européenne basée sur le profit. D’autres le feront demain. Le seul plan de sauvetage pour les peuples est qu’ils se lèvent pour faire payer cette crise aux millionnaires et aux grands banquiers des quatre coins de l’Europe. Et, si les peuples se fédèrent entre eux, ce sera pour construire une tout autre Europe. Celle des gens d’abord, et pas du profit.

1. Discours de Peter Mertens, 19 octobre 2011, devant le Conseil européen à Bruxelles lors d’une action commune PTB-KKE

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