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Réveil Communiste

Contribution de la Gauche communiste au 35e congrès du Pcf

8 Juin 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008


1er juin 2010


Le PCF tiendra son 35e Congrès en juin. La crise mondiale du système capitaliste s’aggrave en Europe avec les plans « d’austérité » pris tour à tour par la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la France, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas… par des dirigeants de droite comme de la « gauche » sociale-démocrate (Panpandréou, président de la 2e Internationale, Zapatero, Socrates…). Ces plans, concoctés avec l’intervention du FMI, vont précipiter nos peuples dans la récession et l’extrême précarité. Ce nouveau tournant de la crise du capitalisme démontre que le combat pour le socialisme est plus que jamais à l’ordre du jour.

La crise politique en France, soulignée par les résultats des élections régionales, les déchirements aux sommets de l’UE à propos de la mise en faillite de la Grèce (où on apprend qu’il serait possible de sortir de l’UE, alors que tous disaient hier le contraire), prouve que les propositions politiques de la Gauche Communiste sont réalistes.

Or, comme l’histoire récente du PCF nous le montre, c’est précisément au moment où les travailleurs de France ont besoin d’un véritable Parti communiste, d’un parti réellement révolutionnaire, que la direction du PCF avance vers sa mise en faillite.

Au moment où des éléments « rénovateurs » remettant en cause la forme parti décident de le quitter, et où la dilution dans le Front de gauche se confirme avec la perte de 83 conseillers régionaux PCF, la direction émet un refus bureaucratique face à la demande de sept fédérations de reporter un congrès organisé dans la précipitation.

Pire, qu’il s’agisse des licenciements, des privatisations ou des retraites, les dirigeants du PCF revendiquent ouvertement leur participation aux divers organismes du « dialogue social ». De son coté, la direction de la CGT, soumise à la Confédération européenne des syndicats, accepte de participer aux tables-rondes organisées par le gouvernement, qui lui permettent de couvrir ses attaques d’un voile de « démocratie ».

Dans les conseils généraux et régionaux, les élus du PCF seraient condamnés à accompagner la mise en œuvre, sous l’égide du PS, d’une politique de rigueur et d’austérité contre la population, conséquence directe de l’application de la politique de « lutte contre les déficits » de Maastricht-Lisbonne.

Nous en appelons à tous les communistes, à tous ceux qui pendant des années ont construit ce parti, dans les entreprises comme dans les cités populaires, dans les bureaux de vote comme dans les grèves, à tous ceux qui, quotidiennement, sont aux cotés des millions de Français qui luttent contre un système capitaliste barbare, inhumain et sans autre perspective que la misère et la guerre, à se rassembler.

A tous les communistes, à tous les adhérents, militants et dirigeants du parti, nous lançons un avertissement. Le PCF doit être présent à toutes les élections, notamment aux présidentielles de 2012, sous ses couleurs, en défendant un programme véritablement communiste.

A la mise en liquidation du parti imposée par la direction, nous opposons un projet de programme sur une base de classe claire. Un projet qui n’est pas seulement celui de la Gauche Communiste, mais qui pourrait servir de base à une discussion démocratique nécessaire pour établir le programme que le parti révolutionnaire doit soumettre à la classe ouvrière et à la nation pour sortir le pays de la crise générée par le capitalisme.

Un programme en rupture avec le système capitaliste en faillite, un programme en rupture avec la dictature maastrichtienne, un programme de lutte pour l’interdiction des licenciements, pour la nationalisation des secteurs-clés de l’économie, pour le retour aux acquis sociaux obtenus par les luttes, et le retour à la souveraineté nationale. Bref, un programme pour ne plus accompagner la faillite du capitalisme, mais pour en sortir.

Camarades ! C’est une nouvelle époque qui s’ouvre aux communistes et futurs communistes, une époque de responsabilités à prendre pour construire une orientation révolutionnaire dans le Parti.


Evolution du Pcf depuis le congrès de Martigues

La Gauche communiste du Pcf s’est structurée au moment de la « mutation » et du Congrès de Martigues. Depuis, nous avons connu plusieurs congrès et plusieurs élections, qui permettent de mesurer objectivement le recul du Parti communiste.

Les promoteurs de Martigues voulaient casser les structures militantes du parti (cellules d’entreprise et cellules locales, sections, fédérations) et les remplacer par des « réseaux » transversaux. Ils pensaient ainsi transformer le Parti et l’adapter à son époque. Du point de vue de la transformation, il n’y a aucun doute possible. La destruction de l’appareil militant du Parti est nettement perceptible, à commencer par les cellules d’entreprises qui ont pratiquement toutes disparu, détruisant ses bases et donc son implantation naturelle.

Depuis Martigues, le Parti navigue à vue. Il s’est lancé dans plusieurs aventures politico-électoralistes, comme « Bouge l’Europe ! » et l’adhésion au Parti de la gauche européenne. La participation gouvernementale entre 1997 et 2002, où les ministres communistes sont restés au gouvernement malgré une guerre impérialiste, où les élus communistes ont entériné toutes les mesures anti-sociales du gouvernement Jospin, et accepté les privatisations, ils ont contribué à une grave perte de crédibilité dans l’opinion publique. Le score désastreux de Robert Hue aux élections présidentielles de 2002 est emblématique du désaveu des militants et de l’électorat communiste.

On a connu ensuite les collectifs antilibéraux en 2007. La combinaison de l’aventure ratée des collectifs, de la candidature Bové soutenue par une fraction des communistes, de la candidature « antilibérale » de Marie-George Buffet ont donné un résultat pire qu’en 2002. Dans la foulée, la réélection des députés du Parti communiste a été problématique : avec 18 députés, notre parti n’a pas pu conserver de groupe communiste à l’Assemblée nationale.

Le Front de Gauche, aux européennes puis aux régionales, est dans la droite ligne de cette stratégie politicienne qui consiste à passer des alliances de sommet sur un contenu a minima. Si aux européennes le Front de gauche a pu donner le change, cela est beaucoup moins évident aux régionales où le Parti communiste perd 83 élus par rapport aux élections précédentes. Nous sommes donc dans un processus d’érosion électorale continu que les stratégies développées par la direction nationale n’arrivent pas à enrayer.

Le Parti communiste, malgré son implantation locale, n’est plus un acteur politique de premier plan. Depuis des années, il n’a pris aucune initiative politique d’ampleur, ni aucune position courageuse dans les grands débats nationaux. S’il n’y avait pas eu le succès du NON au traité constitutionnel en Mai 2005, dont une part revient indéniablement aux communistes, nous n’aurions aucun succès politique à revendiquer.

Au lieu d’être un parti révolutionnaire et une force de proposition avec laquelle il faut compter, le Parti communiste est devenu un parti réformiste. C’est ce qui explique, combiné au recul de son implantation militante dans le monde du travail, son effacement au profit d’autres forces politiques, bien moins importantes, mais qui ont un discours beaucoup plus clair et une implication militante bien plus visible.

Cette situation ne vient pas de rien. Elle est la conséquence d’une orientation politique maintenue à chaque congrès depuis Martigues, qui se résume à une orientation réformiste focalisée sur les seules échéances électorales, combinée à la volonté de substituer à l’implantation traditionnelle dans le monde du travail une implantation dans d’autres milieux supposés plus « porteurs », à savoir la petite bourgeoisie. Cette orientation mène le Parti communiste droit dans le mur. Nous n’avons pas pour ambition ou pour objectif de revenir au Parti tel qu’il était antérieurement, mais il faut stopper la ligne suicidaire qui nous conduit à n’être plus qu’une force supplétive du Parti socialiste.

Nous réaffirmons notre conviction qu’il faut un parti véritablement communiste en France. Si on analyse les différents scrutins où la participation populaire a été importante, il est manifeste qu’il existe un courant de pensée révolutionnaire en France. Ce courant de pensée ne trouvant pas aujourd’hui de « débouché politique » se retrouve dans l’extrême gauche ou dans l’abstention. Cette fraction de l’électorat que nous avons perdue, nous pouvons la reconquérir, à condition de changer d’orientation politique et de stratégie.

Au delà de la reconquête d’un électorat, nous devons aller à la reconquête des quartiers populaires et du monde du travail. On peut caricaturer le mode d’organisation du Parti qui prévalait jusqu’à Martigues, mais rien n’est venu remplacer l’importance de notre ancrage dans les milieux populaires. C’est parce que nous avons perdu cet ancrage que nous dérivons, que nous prenons des positions défensives, que le seul horizon de la direction nationale est de sauver l’appareil. Cette logique est mortifère, dans une période de crise profonde du système capitaliste où tout est possible.

En menant de pair la reconstruction d’un appareil militant ancré dans le réel et non pas dans le virtuel comme nous le propose la commission transformation, en reprenant l’initiative des luttes sociales, en développant une ligne politique véritablement communiste et une expression communiste basée sur la défense des intérêts du monde du travail, nous pouvons retrouver un Parti utile aux luttes, aux travailleurs et à notre peuple. Autrement, nous allons vers une mort annoncée qui ne peut que réjouir les capitalistes.


Manifeste pour le renouveau du Parti communiste français
  • Stop à 30 ans de recul du PCF dans la société française

  • Repositionnement du PCF sur les bases de lutte de classes

  • Election d’une nouvelle direction collective et pluraliste

  • Programme de ruptures réelles avec le capitalisme

  • Un candidat communiste aux présidentielles 2012 !


10 ruptures pour se libérer du capitalisme
  1. Liberté et égalité citoyenne et professionnelle pour tous, dès l’âge de 16 ans (en maintenant les droits spécifiques des mineurs), et à partir d’un an de résidence pour les étrangers.

Droit de vote pour tous les résidents étrangers.

  1. Nationalisation-socialisation des entreprises dominantes de chaque secteur d’activité, y compris des banques – notamment la Banque de France – et des assurances.

Nationalisation-socialisation des entreprises qui délocalisent.

Monopole public sur les secteurs des besoins fondamentaux, comme l’énergie, l’eau, les transports, l’éducation nationale, la santé, la recherche, la Poste et les télécommunications, l’alimentation.

Gestion démocratique exercée par les élus du peuple, les comités d’entreprises, les comités d’usagers et l’Etat

Planification en fonction des besoins nationaux et de l’environnement international.

Droits de gestion pour les salariés, avec droit de veto sur les orientations économiques.

  1. Réindustrialisation de l’économie, maintien de l’activité agricole, contrôle des centrales d’achat et de distribution

Interdiction des licenciements dans les entreprises qui font du profit

Rétablissement de l’autorisation préalable de licenciement, sous contrôle de l’Inspection du travail, pour empêcher les licenciements frauduleux.

Pas de salaire en dessous de 1 500 euros nets et aucun revenu en dessous du seuil de pauvreté (pensions de retraites, pensions versées aux personnes handicapées, minima sociaux)

Echelle mobile des salaires.

Augmentation de 300 € des salaires, pensions, allocations et retraites.

Revalorisation des salaires des contrats d’apprentissage et des contrats en alternance.

Hiérarchie des salaires ramenée de 1 à 5.

Pas de temps partiel imposé.

  1. Arrêt des exonération de cotisations concédées au patronat, qui créent artificiellement le déficit des caisses de retraite et de sécurité sociale

Retraite à 60 ans sur la base de 37,5 ans de cotisations.

Taux de réversion de 75 %, calculé sur les 10 meilleures années dans le privé et sur les 6 derniers mois de carrière dans le public, avec l’objectif d’une harmonisation entre le privé et le public

Maintien des régimes particuliers de retraite

Sécurité sociale réelle, y compris pour les yeux, oreilles, dents et la dépendance vieillesse.

Arrêt de la médecine à deux vitesses

Arrêt du démantèlement de l’hôpital public

  1. Sortie de la France de la zone Euro et de l’Union Européenne

Sortie de la France de l’Otan.

Retrait des troupes françaises de tous ses terrains d’opération dans le monde, à commencer par l’Afghanistan, le Kosovo, la Côte d’Ivoire, Djibouti…

Fin de la France-Afrique

Suppression de la dette des pays émergents

Soutien à toutes les causes anti-impérialistes, à commencer par l’arrêt du blocus contre Cuba, la création d’un État palestinien…

Coopération avec tous les peuples sur la base des intérêts réciproques, notamment avec les peuples de l’UE.

  1. Pour une République sociale et démocratique, issue d’une assemblée constituante.

Renforcement des droits et moyens des communes et des départements, base de la République, tout en favorisant leur coopération.

  1. Refonte totale de l’imposition sur la base de l’égalité, de la solidarité et de la progressivité

Prise en compte des revenus dans le calcul de l’impôt local.

Imposition des revenus du capital

Suppression de la CSG et de la CRDS

Suppression de la TVA sur les produits et services de première nécessité.

  1. Création d’un service social national du logement.

Construction d’un million de logements sociaux de qualité en HQE.

Pas de loyers au dessus de 15 % des revenus.

Abrogation de toutes les lois portant atteinte au logement social (lois Barre ; loi Boutin)

Garantie de la propriété privée quand elle est issue du fruit du travail et de l’épargne.

  1. Protection par la taxation de la production industrielle et agricole française.

Taxation des produits à bas coût importés, pour empêcher la concurrence salariale en France, favoriser des salaires décents et une protection sociale dans les pays exportateurs.

Pour un salaire minimum international qui garantisse un niveau de vie décent partout dans le monde comprenant au minimum l’accès à une nourriture de qualité, à l’eau potable, à un logement décent, à la santé, à l’éducation.

Imposer l’arrêt de l’exploitation du travail des enfants.

  1. Pour la laïcité.

Pas de financement des établissements d’enseignement privés, notamment ceux à caractère religieux.

Combat contre les idéologies rétrogrades et obscurantistes, à commencer par le créationnisme, le racisme, le sexisme, intolérance sous toutes ses formes.

Garantie des moyens pour la culture, le sport, la recherche et la formation ainsi que pour le pluralisme associatif, syndical et politique.

Proportionnelle et parité à toutes les élections.

Non cumul des mandats électifs.

Abrogation des lois liberticides, notamment celles prises au nom de la lutte contre le terrorisme.

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