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Réveil Communiste

Conseil National des 22et 23 octobre : interventions de Paul Barbazange

25 Octobre 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #CN du PCF

(lu sur Faire vivre le PCF)
dimanche 24 octobre 2010
par  Paul Barbazange


Vous trouverez ci-dessous trois interventions au CN du 24 octobre, en pleines luttes. Deux portent sur des aspects particuliers du débat, (adhésions, renforcement du PCF ; contenu de l’appel des communistes) l’autre est plus générale. Je tiens à préciser que celle-ci doit beaucoup à notre camarade Charles Hoareau, à son groupe de militants marseillais communistes ou non ; à notre camarade Christian Harquel secrétaire de la section Ouest biterrois du PCF ; à l’ensemble des travailleurs en lutte en biterrois, au premier rang desquels les syndicalistes CGT et les dirigeants de la section de Béziers du PCF par notre travail collectif.

Intervention dans le débat général : Renforcement du PCF.

Je réagis à une l’interpellation de Fabien Roussel sur le renforcement .Les possibilités nationales doivent être immenses, il a raison, nous pouvons nous en emparer. Dans ma section à Béziers ville de 70.000 habitants nous avons fait 21 adhésions sur les manifs et dans les piquets de grève et 5 à la fête de section depuis le 4 septembre. Simplement parce que nous sommes quelques camarades convaincus de l’importance décisive de la quantité et de la qualité du nombre de communistes organisés. La section va faire face à la formation marxiste de ces 10% de nouveaux. Dans les manifs personne, je dis bien personne au niveau des simples manifestants, y compris dans les cortèges CFDT, FO, Sud ne vit mal notre présence organisée (badges, drapeaux, banderoles, pancartes et mots d’ordre communistes), notre effort d’adhésions. Le journal local « d’informations » a même fait état de ces résultats. Enfin dans ce contexte nous ne vivons pas une situation « qui n’aide pas à la lisibilité » pour reprendre le mot à mot du rapport d’introduction. En travaillant à la construction d’un parti révolutionnaire sur des positions de classe nous contribuons au rassemblement politique.

Intervention générale, préparée collectivement.

Un peu plus longue que les quatre minutes attribuées de façon juste !! à tout un chacun. Lorsque la tribune ma’ demandé de finir, j’ai répondu qu’il existe un lien décisif entre les luttes et la stratégie électorale que je ne pouvais donc scinder mon intervention, et que sur les piquets de grève on s’écoute entre militants. En dépit de quelques remous, j’ai pu terminer dans un climat d’écoute attentive.

Mardi 5 octobre Pierre Laurent a déclaré dans l’Humanité : « le gouvernement a perdu la bataille des idées ». C’est exact. Encore faut- il travailler ce constat et en tirer toutes les conséquences dans les stratégies de luttes et électorales. L’extrême violence des coups portés aux exploités, une période d’unité syndicale d’une exceptionnelle longueur, permettent, permettront, d’importantes mobilisations revendicatives. Une explosion sociale s’inscrit peu à peu dans le paysage. Ecoutons les grévistes ! J’ai participé à des dizaines de piquets de grève ces dernières semaines prenant chaque fois que possible la parole au nom du PCF et parfois quand ce n’était pas souhaitable sur mon mandat syndical de la FSU. Nous constatons que, bien au-delà des plus politisés, c’est maintenant l’évolution de la répartition des richesses entre exploiteurs et exploités qui devient l’objet unifiant des luttes. Au point que nous en sommes tous surpris ! La bataille des retraites n’est qu’un catalyseur d’un mouvement plus profond. Le pouvoir et le MEDEF ont perdu une bataille idéologique sur les retraites. C’est clair, à 71%, comme l’indiquent les sondages de façon continue sur un mois. La « solidarité » peut redevenir idéologie structurante, affirmation d’un objectif politique, humain majoritaire dans ce pays ! Permettant de modeler l’organisation sociale. Rappelons nous pourtant que B. Brecht nous disait que cette « solidarité de classe n’est pas un champignon qui pousse en une nuit ». Nous pouvons cependant, sur l’instant, perdre la bataille politique et pas seulement au parlement. Pourquoi ? Peut être parce que notre orientation de « rassemblements à visées électorales » ne correspond plus aux impératifs de l’évolution du système. Le développement humain est bloqué par les exigences de l’accumulation capitaliste. La classe dominante n’a plus de solution alternative. Sauf l’écrasement des producteurs. Pas plus que Strauss-Kahn, Aubry, une alternance à droite, ne permettrait de résister. L’issue de ce conflit de classe exacerbé ne ressort pas de toute façon uniquement du cadre électoral ou parlementaire. Nous en faisons l’expérience en marchant comme des millions de citoyens. L’entêtement du pouvoir va déboucher sur une crise de régime. Leurs paroles sonnent faux. La position du gouvernement est intenable. Il ne peut pas reculer sous peine de remettre en cause les politiques d’austérité au niveau européen. Le fossé se creuse entre la classe dirigeante d’aujourd’hui et le peuple, divorce déjà entamé en 2005 lors du référendum. Cela vient d’être souligné par nos camarades du Nord. Du rejet de la politique de la classe dominante peut naître l’exigence d’une rupture révolutionnaire portant la classe opposée, celle des salariés,- 90 %de la population- au pouvoir. Le rassemblement est aujourd’hui à ce niveau. Encore faut- il qu’au rythme qui lui sera possible, mais en tout état le plus vite se reconstitue avec le parti communiste un front conscient de ses intérêts de classe, de l’impasse actuelle du capital, proposant des perspectives politiques autres que la reconduction avec d’autres têtes des « unions » liquidatrices antérieures. Ne rééditons pas ce qui a échoué ces dernières décennies. La construction à venir sera forcément différente, là est la difficulté. L’histoire politique pas plus que les luttes ne se réédite à l’identique. C’est ici que j’ai été, à juste raison sous un certain aspect, rappelé à l’ordre par la tribune. Chaque tandem de candidature aux cantonales doit tenir compte de cet état politique même si cela doit conduire dans certains cantons à des révisions déchirantes. Dans chaque canton il doit y avoir une candidature communiste soigneusement préparée. Et ce n’est qu’après, seulement lorsque les circonstances s’y prêtent que des tandem unitaires peuvent être étudiés. Pourquoi pas ? S’ils mettent les perspectives révolutionnaires en meilleure position électorale. Tout tandem avec le PS, toute complaisance locale sous couvert de gestion unitaire est condamnée par le mouvement. L’ignorer serait dangereux. Les dégâts occasionnés par une seule faiblesse dépasseraient les limites du canton. C’est une responsabilité nationale de faire discuter cela dans le parti. Qu’il s’entête ou qu’il cède, le pouvoir a perdu, si le PCF tient tout son rôle. Merci camarades de votre longue attention.

« Nous allons gagner »

Je suis à nouveau intervenu dans le débat sur l’adresse au peuple. Camarades je viens de lire rapidement le texte que vous nous proposé. Je ne trouve nulle part le mot Gagner. Hors c’est bien de cela qu’il s’agit. Ceux qui luttent ont d’abord besoin de gagner ensemble. Je propose donc l’amendement suivant : Que ce texte soit intitulé « Nous allons gagner » et que l’ensemble de sa construction se base sur cette déclaration. A défaut en page 2, nous devons remplacer « rien n’est joué » constatation exacte, mise graphiquement en avant avec justesse au travers d’un alinéa, mais timorée sur l’avenir par l’affirmation de combat dans l’affrontement « Nous allons gagner ». De toute façon que cet amendement soit retenu sur une forme ou une autre, je voterai ce texte, car sa référence centrale aux luttes modifie en profondeur les orientations que je combat d’une « union à visées électorales. »

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