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Réveil Communiste

Compte rendu du congrès du PCF par Caroline Andréani

21 Juin 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

35e congrès : un congrès curieusement intéressant

Caroline ANDREANI


En avril dernier, lorsque la direction nationale a imposé le lancement d'un « congrès d'étape » à marche forcée, j'étais de celles et ceux qui pensaient que ce congrès arrivait trop vite après les élections régionales et qu'il ne permettrait pas aux communistes de réfléchir et de débattre comme il l'aurait fallu. Un appel signé par sept secrétaires fédéraux en demandait le report, demande qui est restée lettre morte.

Curieusement, ce 35e congrès a été très intéressant. Par bien des aspects, les débats ont échappé à la direction nationale, qui a été clairement mise en cause sur la stratégie du Front de gauche.

Évidemment, tout était réglé d'avance, l'adoption d'un texte d'orientation et de « transformation », tout comme l'élection de Pierre Laurent comme secrétaire national en remplacement de Marie-George Buffet.

Mais soit que les délégations aient été moins filtrées que dans un congrès normal, soit que le mécontentement dans les fédérations soit arrivé à un niveau où même les secrétaires fédéraux ne sont plus capables de l'étouffer, on a entendu dans ce congrès des critiques et des mises en cause radicales des orientations de la direction nationale.

Première critique, la mise en cause de la stratégie du Front de gauche. Elle est venue de plusieurs fédérations, de manière récurrente, tout au long du congrès.

D'abord, plusieurs fédérations ont pointé la perte d'élus communistes au profit de membres du Parti de gauche ou de la Gauche unitaire, non représentatifs, parfois même totalement inconnus dans la région où ils ont été élus. Ces candidatures ont été imposées aux communistes dans le cadre de négociations régionales ou nationales. Certaines fédérations ont ainsi perdu le seul élu régional qu'elles avaient, au profit des partenaires du Front de gauche, avec les conséquences politiques et les conséquences financières que l'on devine.

Deuxième critique très souvent formulée, le risque que le Front de gauche se transforme en un nouveau parti politique. Pierre Laurent a eu beau monter au créneau, la déclaration de Marie-George Buffet à l'issue de la réunion du 9 juin avec le PG et la GU a dessillé de nombreux camarades. Les critiques se sont faites tellement fortes que la direction a pris l'engagement de refuser les adhésions directes au Front de gauche, et la constitution de la fameuse association des Partisans du Front de Gauche. Respectera-t-elle ses engagements, c'est une autre histoire... Le tour de passe-passe de Pierre Laurent lors de la discussion sur la résolution, expliquant qu'il n'y a avait pas besoin d'écrire que le Pcf refusait les adhésions directes au Front de Gauche puisque tout le monde en était d'accord, n'est pas pour rassurer sur ses intentions.

Enfin, l'attitude de Jean-Luc Mélenchon a été régulièrement mise en cause : dans leur grande majorité, les communistes refusent de faire la campagne présidentielle d'un candidat auto-proclamé. L'idée avancée par la direction nationale d'une candidature du Front de gauche qui ne soit pas forcément communiste n'est pas passée. La fédération du Nord a proposé un amendement sur l'élection présidentielle qui prenne acte de la volonté des communistes de désigner un candidat issu de leurs rangs le plus tôt possible. Pierre Laurent est intervenu pour empêcher que cet amendement soit retenu.

Plusieurs délégués, sous l'égide de Daniel Cirera, ont déposé une contribution alternative qui demandait une analyse critique des résultats du Front de gauche et une discussion approfondie sur la stratégie. Elle a recueilli plus d'une centaine de voix.

Jacky Hénin a présenté sa candidature comme secrétaire national afin de lancer un débat dans le congrès. Sa candidature a suscité des discussions parfois houleuses dans la commission des candidatures, qui ne l'a pas retenue. Moyen en quoi, malgré une approche politique différente manifeste entre Jacky Hénin et Pierre Laurent, aucun débat de fonds n'a pu avoir lieu dans le congrès.

Le congrès a permis l'élection de Pierre Laurent, qui a obtenu 81% des suffrages, contre 19% de blancs et nuls, et une soixantaine de camarades qui n'ont pas pris part au vote. Ce n'est donc pas une victoire écrasante.

L'ampleur de la mise en cause de la stratégie du Front de Gauche, souvent comparée à celle des collectifs anti-libéraux, est très symptomatique d'un manque de crédibilité de la direction nationale. Ce manque de crédibilité est pour le moment estompé par l'élection d'un nouveau secrétaire national. Gageons que si Pierre Laurent continue sur les brisées de Marie-George Buffet, s'il n'entame pas un virage dans les orientations politiques et la stratégie qui prenne en compte les aspirations profondes des communistes, cela se terminera comme en 2007, par du découragement et de nouveaux départs.

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Emmanuel Lyasse 30/06/2010 10:48



Cher Jean-Michel,


Le XVe ? Ceux qui après avoir fait semblant de nous soutenir nous ont traités à coup de poignard dans le dos (pas de quoi être surpris: ils avaient fait la même chose pour le XIVe en 2006) ?


Tu veux rire. Autant payer directement nos cotises à un syndicat d'huissier.


Pourquoi forcément à Paris ? Parce que les camarades des Ier IIe ont été élevés il y a très longtemps dans l'idée, archaïque certes, qu'on adhérait à un parti pour y militer, sur son lieu de
travail d'abord, éventuellement sur son lieu d'habitation, pas pour compter une voix de plus dans un congrès pour savoir quel pourcentage fait le fils Laurent succédant à la mère Buffet. Donc
pour eux, pas question d'aller à Castres ou Vénissieux (Lens et Liévin, c'est déjà beaucoup trop loin, et ce n'est plus possible puisque les sections ont été liquidées par l'alliance
Danglot/Hénin). Quant à la RATP, aucun de nous n'y travaille, et ça paraît une raison suffisante de ne pas y adhérer.


Outre qu'elle n'est pas dans les gènes des communistes, cette conception à la carte de l'adhésion pour faire des voix est arithmétiquement vaine. Pour une raison très simple: rien n'empêche la
direction de faire au moins deux fausses cartes à chaque fois qu'il s'en fait une vraie oppositionnelle. Comme c'est elle qui décide souverainement qui est à jour de cotises ou pas (nous avons
testé !), pas même besoin de financement.


Elle peut donc fort bien tolérer les opposants, qui paient pour se retrouver minoritaires. En revanche, elle vire sans souci des statuts ceux qui deviennent gênants: c'est ce qui s'est passé à
Lens et Liévin, dans la Somme, et pour nous. Les raisons étaient différentes. Pour nous, ce n'étaient pas nos positions politiques qui gênaient (la politique n'intéresse pas ces gens-là), mais
notre obstination à conserver un local que la fédé veut vendre à son profit. Donc refus de carte, procès, huissier.


Même s'il y avait une possibilité, tu dois comprendre que les camarades n'ont pas envie de revivre la même aventure ailleurs. Tant que la direction trouve avantage à percevoir nos cotises, "Cause
toujours !". Quand elle voit la possibilité d'un gain beaucoup plus gros, "Dehors !".



JMP 26/06/2010 08:56



@ Emmanuel : qu'as-tu besoin d'être encarté à Paris (si la section du 15ème ou la RATP ou que sais-je encore ne te plait pas) ? Il m'arrive des fois d'avoir envie d eprendre ma carte au KKe ou au
PCP !


@ Diablo : je suis d'accord avec ce qu'il propose in fine et il me semble l'avoir déjà écrit ici : fédérer les communistes quelque soit leur situation, dedans dehors, à l'est, à l'ouest. Un
comité de liaison, oui, à faire.



Laurent 25/06/2010 17:47



Chers camarades, Quoiqu'il arrive, je pense pas que créer une autre énieme organisation en dehors du PCF soit la solution, je vois bien les arguments, mais il faut être là où cela se passe,
les orgas periphériques au PCF sont à terme vouées à l'impasse, le parti, malgrès ses défauts, reste le seul parti apte à incarner une réelle alternative politique, maintenant, il est clair que
beaucoup de choses doivent changer, mais soyons optimistes, la montée des luttes devraient aussi participer au redressement de sa ligne politique...



Diablo 25/06/2010 15:00



Franchement c'est dommage, mais nos échanges ressemblent à un dialogue de sourds. Il faut comprendre que l'on ne peut pas ré-adhérer à un parti que l'on a quitté pour désaccord politique
fondamental ("la mutation") alors que le dit parti n'a pas fondamentalement changé de politique depuis. Pour des raisons qui leurs sont propres, des communistes, en désaccord également, sont
restés dans ce parti et ne souhaitent pas le quitter car pensant qu'ils peuvent le changer de l'intérieur. NOUS EN SOMMES LA. Or, les uns comme les autres sont, de mon point de
vue, aujourd'hui en échec.


A l'extérieur, seul ou dans des petites structures plus ou moins groupusculaires ont végète; à l'intérieur la direction manipule et s'appuie sur les "légitimistes", ainsi les opposants ne
sont pas en mesure de faire changer de cap à leur parti.  


C'est à partir de ce constat que je propose une "structure nouvelle" qui pourrait ressembler à un groupe de liaison n'excluant pas la double appartenance, du moins dans un premier temps. Est-ce
stupide ou absurde? Je ne le pense pas, du moins c'est une méthode qui que aider à débloquer la situation.  


Je propose mais on me répond à côté de ma question...Un dialogue de sourd dis-je ! Tant pis...  



Pasquale 25/06/2010 13:50



Ah ! Diablo ! NOus y voilà. Tu préconises une structure nouvelle. Tu es là, sur le trottoir d'en face à regarder si l'incendie prend suffisament pour ne laisser que des ruines. IL n'y a pas
d'incendie dans le parti même s'il y a des pyromanes. PLutôt que d'attendre que la maison brule en face pour en reconstruire une autre, plus petite, moins visible plus difificle à construire sans
les egos de celles et ceux qui voudront rapidement en devenir les chefs, je te conseille de poser tes jumelles et de traverser la rue pour aider la maison à ternir debout avec sa faucille et son
marteau, son drapeau rouge flottant sur sa façade et à aider les camarades, nombreux qui en sont sortis, à y revenir continuer le boulot que l'on y a fait.