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Réveil Communiste

Compte rendu de la réunion du samedi 11 septembre au stand du Pas de Calais à la fête de l’Humanité, "quel PCF face à la crise du capitalisme?"

17 Septembre 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Réseaux communistes

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Compte rendu  de la réunion du samedi  11 septembre au stand du Pas de Calais à la fête de l’Humanité,  à l’invitation d’Hervé Poly, secrétaire fédéral, et d’une partie du réseau « faire vivre et renforcer le PCF » sur le thème « quel PCF face à la crise du capitalisme? » , par Gilles Questiaux, d'après les notes de Pasquale Noizet.

 

Lire également par PAM : Retraite, Lisbonne, Industrie, Congrès... des communistes à l’offensive pour faire vivre le PCF (16/09/2010)  Rencontre au stand du Pas de Calais samedi 11 à 15 heures par pam sur "faire vivre le PCF ...


Assistance : environ 100 personnes dont deux parlementaires (André Gerin, Maxime Gremetz) et une dizaine de membres du CN du PCF : dont Caroline Andréani, Paul Barbazange, Marie Christine Burricand, Alain De Poilly, Jean Jacques Karman, Pasquale Noizet.


Hervé Poly a ouvert la discussion en rappelant le positionnement critique envers l’orientation de la direction nationale du PCF endossé depuis longtemps par sa fédération.  Il a rappelé les graves déceptions causées par les participations gouvernementales du PCF de 1981, puis de la gauche plurielle, devenue « gauche plus rien », et fait remonter le début du processus de casse du système de retraite aux gouvernements socialistes des années 1990.


Il a exprimé le souhait que cette réunion puisse servir de passerelle pour faire travailler ensemble les communistes, dans et hors du PCF, qui veulent un PCF offensif contre le capitalisme, révolutionnaire. Pour enrayer l’écrasement du monde ouvrier qui remonte à une trentaine d’année, à l’époque de Thatcher, et remédier à l’absence de perspective pour les peuples. La crise de la dette auquel on veut remédier par davantage d’endettement est durable. Alors que la lutte pour les salaires est la vraie solution pour sortir de la crise. Pour organiser la riposte il faut fournir aux luttes le point d’appui d’une vraie alternative au capitalisme, pour se rassembler, pour ne plus se résigner. Il a conclu en citant des lignes de Zola dans Germinal, pleines d’espoir en l’avenir de la classe ouvrière.


Marie Christine Burricand (conseiller général de Vénissieux) a appellé à un parti de lutte des classes et de combat. Et à la participation nombreuse, avec organisation du voyage, des communistes à la manifestation anti  OTAN et pour la paix qui doit se tenir à Lisbonne, organisée par le Parti communiste portugais, vers le 20 novembre 2010.


Pour Jean Jacques Karman (conseiller général d'aubervilliers), pour faire grandir le mouvement social et élever le niveau de conscience des travailleurs il y a nécessité de faire la clarté sur nos objectifs. Il inclut dans ces objectifs  au minimum la nationalisation des banques sans indemnisation du capital. Le changement réel en France est à ce prix. Et il faut  proposer une candidature communiste qui porte cela.


André Gerin s’est exprimé pour s’élever contre une direction nationale qui a abandonné bataille du PCF, sous l’égide du  front de gauche, rampe de lancement pour Jean Luc Mélenchon. Il faut poser la question  de savoir quel est le parti communiste dont le peuple à besoin, et pour se faire entendre de la plupart des communistes aujourd’hui souligner trois aspects de ce parti :

Il doit être en correspondances avec les attentes populaires. Il doit correspondre aussi au combat de classe tel qu’il se développe dans les entreprises au niveau international. Il doit être un parti de transformation sociale pour faire la rupture avec le capitalisme.

Le parti doit aussi se rapprocher des attentes populaires en ce qui concerne la sécurité et l’intégrisme. Les gens n’en peuvent peut plus du pourrissement  des quartiers, gangrenés par les mafias. Sans position claire ce point fondamental, enjeu de civilisation, on crée les conditions pour la montée du Front National, ou pour une nouvelle victoire de la droite dure.


Paul Barbazange : il faut débattre dans notre diversité de communistes et nous avons progressé dans ce sens. La situation dans le PCF a profondément évolué. Le climat de la fête, qui est au renforcement du parti, qui ignore largement le « Pacte d’Union populaire» lancé par la direction en témoigne... Agir pour développer le contenu de classe des luttes, construire dans le parti le renouveau idéologique, le renforcement des organisations, la mise en commun des ressources, leur mise en réseau. La bataille pour les retraites, loin d’être gagnée, doit faire l’objet d’un grand effort collectif des communistes.  Avancer vers la grève reconductible.

 

Un représentant du Rassemblement des Cercles Communistes du Nord - Pas de Calais a présenté ce groupe sorti du PCF en 2000. Ces anciens du PCF ont évolué dans leur analyse depuis le referendum de 2005, la meilleure expression du « non » prolétarien leur parait être un Front de Gauche élargi. Ce groupe est favorable à la coopération avec les communistes du PCF, mais ne voulant pas faire de l’entrisme à la manière des trotskystes, n’a pas vocation à le réintégrer.


Charles Hoareau, de Rouge Vif Midi : la crise pose de nouveau le besoin d’un autre système, le besoin du socialisme. On ne parvient pas à créer hors du parti une autre entité pour porter ce projet. Il faut donner l’espoir, donc que les communistes soient visibles nationalement pour peser. Pour agir sur les retraites, avoir une expression nationale,  il propose de s’inspirer de l’analyse économique de Bernard Friot.  A la réunion organisée à Marseille fin août par les Rouges Vifs Midi, il a par ailleurs été décidé de mobiliser les communistes dans la réflexion sur le devenir de l’industrie dans la mondialisation, en s’appuyant sur les luttes dans la chimie ; pour préparer une stratégie d’action : quelle coordination ouvrière Nord-Sud , quelle production industrielle pour le développement, quelle bataille de l’entreprise ?  Les plus exploités et les plus discriminés doivent être à la tête des mobilisations, il ne faut pas parler à leur place. Les Rouges Vifs Marseille, implantés dans les quartiers Nord, ont une compréhension de la complexité des problèmes de sécurité, qu’il ne faut pas ramener à une simple question d’ordre public : lors du procès de l’affaire du bus incendié, ils ont pu avoir une position nuancée, parce qu’ils avaient des contacts aussi bien du côté des victimes que des accusés. Pour atteindre une efficacité, quelle que soit la forme choisie il faut mettre en place une forme de coordination nationale, ne pas se diviser, sachant que les situations vécues par les communistes sont très diverses. Il ne faut pas se couper des militants de base, et il faut leur offrir des formations.

Un camarade de Montargis a souligné qu’il fallait redonner aux cellules les moyens d’exister, soutenir concrètement la lutte de classe et de masse, reconstruire le réseau, penser aux camarades isolés, préparer l’affrontement idéologique, développer les cahiers de formation les diffuser.

Jean Baus, de la section de Jarny (54) : la Lorraine a vécu la même casse que le Pas de Calais, les licenciements laissent des traces durables, baisse d’espérance de vie, séquelles psychologiques, salaires diminués même longtemps  après reprise du travail ; 80 000 lorrains en sont réduits à travailler au Luxembourg. Ce sont des régions dévastées par le Capital. En Lorraine le Front de Gauche a été massivement rejeté par les militants, et la ligne proche du réseau l’a emporté avec plus de 60% de mandats à la conférence fédérale de Meurthe et Moselle. Sur le bilan du réseau, on a avancé, il faut continuer à se rassembler, en interne et externe

Maxime Gremetz est venu demander le soutien des communistes pour sa réintégration au parti. Il a souligné que son cas a montrait qu’ » on est plus gênant dedans que dehors », et il a indiqué par un exemple les limites actuelles de l’engagement de classe du parti : avec Jean Jacques Candellier et André Gerin, il a déposé un amendement demandant le retour (pourtant peu révolutionnaire) à 40 ans de cotisation retraites, et le groupe n’a pas voulu suivre pour ne pas gêner les socialistes. La direction ne veut que des places, des ministères. Les candidats communistes qui font un tour de piste ne sont que des cautions pour la candidature Mélenchon déjà décidée.  André Gerin  soutenu sa demande de réintégration et rendu hommage à ses qualités de dirigeant ouvrier.


Les intervenants ultérieurs ont tenu à associer le cas des communistes de la Somme exclus à celui des communistes parisiens de la section Halle Bourse et aux nombreux autres militants privés de carte arbitrairement dans toute la France.

 

Jean Paul Le Marec, du collectif Polex, a proposé de sortir du piège de l’élection présidentielle par un refus de présentation de candidat (à cela MC Burricand a répondu qu’en suivant cette logique le parti devrait s’abstenir de présenter de candidat à presque toutes les élections).


Gilles Questiaux (Paris XXème), sans exclure cette démarche, a demandé que les camarades du réseau ne se polarisent pas sur la production d’un texte au congrès, mais qu’ils représentent au contraire l’unité et de l’action dans le PCF. Nous gagnerons non en pratiquant une sorte de parlementarisme interne mais en convainquant nos camarades de rejoindre nos positions, et le signe de notre succès sera  le moment de la récupération par l’appareil de nos propositions.


Jihad Wachill (Amiens) en partant de son expérience locale a souligné que le Front de Gauche pouvait aussi être utilisé positivement pour accroître l’influence du parti.

 

De cela il est ressorti une série de décisions, résumées par Marie Christine Burricand et Hervé Poly, la nécessité d’une prise de position collective et claire sur la candidature communiste, bien en amont du congrès. De travailler à un texte de congrès longtemps avant pour qu’il soit nourri de la discussion, et bien diffusé ; d’organiser la commémoration du 90 ème anniversaire du parti ; de travailler à un texte communiste fort  exigeant le retrait de la réforme des retraites ; d’organiser une forte présence communiste à la manifestation de Lisbonne, et enfin de lancer une pétition nationale pour la réintégration de tous les communistes privés de leurs droits de militants.


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