Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Réveil Communiste

Commision de transformation, où est le bilan des transformations en cours depuis Martigues? Réflexion critique de MC Burricand

12 Avril 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Marie-Christine Burricand s’adresse aux communistes
lundi 5 avril 2010
par mcb


Chèr(e) camarade,

Comme membre de la commission transformation, j’ai été destinataire du texte « Pistes de travail pour un Parti Communiste français transformé ».

Je t’adresse ce document pour que tu me fasses part de tes réflexions et de celles des communistes qui t’entourent d’ici la prochaine réunion de la commission transformation, soit le samedi 10 avril.

Je fais référence autant aux remarques suscitées par ce texte qu’aux analyses et propositions nées de ton expérience de militant communiste.

Pour ma part, je considère que ce document témoigne d’une grande légèreté quant à la question essentielle de la vie du parti.

Dès la première ligne il est d’ailleurs affirmé sans autre explication que la commission n’a pas « entamé réellement son travail » depuis le dernier congrès soit plus de 15 mois.

Les communistes avaient pourtant fait acter dans ce congrès la volonté de faire vivre le PCF dans le combat de classe actuel et la commission devait y travailler. L’exigence des communistes n’a donc pas été respectée.

Dans ces conditions, la convocation d’un congrès à la va-vite avant l’été parait contre productive.

Je constate avec regret que le texte emprunte une phraséologie chère aux « ressources humaines » dont chacun sait qu’elles ont surtout été occupées ces dernières années à mettre des gens dehors. Je cite : « direction unique du projet », « conventions thématiques », « direction de la vie militante », « groupe action-formation », « file active » comme à l’ANPE, « organigramme de fonctions et d’objectifs »… Les communistes deviennent des ressources militantes à mobiliser et à recenser.

C’est une conception utilitariste et technocratique du parti et des communistes qui se dessine ainsi dans ce texte. Notre direction est-elle devenue si pauvre du point de vue théorique comme du point de vue de l’expérience sociale qu’elle ne trouve d’autres termes à employer que ceux de la technocratie des décideurs ?

Commençons donc à nous parler en communistes !

Je suis étonnée que nous n’ayons à notre disposition aucun élément de bilan quant aux conséquences des décisions prises depuis Martigues, congrès qui a lancé la transformation du parti. Combien de communistes ont quitté le parti depuis ? Que deviennent les femmes et hommes qui adhèrent chaque année ? La disparition des cellules comme organe souverain s’est-elle traduite par une amélioration de l’activité communiste dans les quartiers et les entreprises et par des décisions élaborées plus collectivement ? Quelle est la part d’ouvriers et d’habitants des quartiers populaires dans les nouveles adhésions, les directions depuis les sections jusqu’au conseil national ? D’où sont issus (métiers, âges, quartiers) les camarades sollicités par le parti pour prendre des responsabilités électives ? Où en est-on de la parité du point de vue de l’accès aux responsabilités de toutes les femmes ? La centralisation des cotisations au niveau des fédérations a-t-elle permis que plus de communistes cotisent ? Qu’en est-il du reversement aux sections par les fédérations ? Ce mode de fonctionnement a –t-il été source de conflits ?

Voilà des questions qui mériteraient d’être posées avant de se lancer dans la « nième » transformation des statuts.

Ce texte est bien éloigné des efforts des communistes pour faire vivre leur parti dans la société. Les auteurs semblent avoir oubliés que construire l’organisation communiste est un combat quotidien contre le patronat et les idées dominantes. Je dois dire mon inquiétude devant le creux des propositions faites. Que signifie par exemple « garder le meilleur de la démocratie militante et gagner le meilleur de la démocratie de participation » ? L’évocation d’un « processus coopératif national » signifie t-il l’effacement des sections et fédérations, de même d’ailleurs que la référence appuyée aux réseaux et à l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication ? Ce document en l’état indique un renoncement à l’objectif de faire vivre l’organisation communiste sur l’ensemble du territoire et de l’activité sociale.

Si tel était le cas, nous garderions peut-être le nom de parti mais nous en perdrions la forme, contrairement à ce qui est annoncé et ce congrès serait un jeu de dupes.

C’est à partir de ces premières réflexions que j’interviendrai à la commission transformation du 16 avril, enrichies bien sur par les éventuelles remarques qui m’auront été faites par des camarades. Je ne manquerai pas d’envoyer à tous les éléments essentiels de la discussion.

Fraternellement, Marie-Christine Burricand

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article