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Réveil Communiste

COLOMBIE : DÉCLARATIONS DES FARC SUR L’ASSASSINAT DU COMMANDANT BRICEÑO

16 Novembre 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #L'Internationale, #Colombie

Sur changement de société
Une mort glorieuse triomphe du temps
et prolonge la sublime existence
jusqu’à la plus lointaine postérité.
SIMÓN BOLÍVAR

 

Alfonso Cano et Manuel Marulanda

 



Publication intégrale de la déclaration des FARC-EP (sourc : Cuba Si Lorraine et Le Tacle)

Jorge Briceño VIT !
Biographie de l’héroïque guérilléro

30 avions et 27 hélicoptères, 7 tonnes d’explosif tritonal* et la technologie militaire de pointe du South Command étatsunien et du Mossad israélien, une utilisation disproportionnée de la force de frappe et de la violence terroriste de l’État, tout cela réuni contre un homme installé dans ses quartiers dans la montagne. Il ne représentait pas un homme mais tout un peuple.


Ce qui s’est passé le 22 septembre très tôt le matin dans les forêts de la Macarena n’a pas été un combat mais un infâme assassinat, un massacre exécuté sans risque, bien sûr, par un État terroriste subordonné aux diktats de Washington. C’est contre le commandant Jorge Briceño, du Secrétariat des FARC, qu’ont été concentré tout le feu et toute la haine d’une caste dominante criminelle, d’extrême-droite, qui depuis des décennies met le pays à sang et l’appauvrit. 

Jorge était un symbole vivant, un symbole puissant, de rébellion et d’espoir pour le peuple des plaines de Colombie, il était sorti de l’école de guerre des guérillas mobiles créée par le légendaire Manuel Marulanda Vélez. C’était un être d’une humanité exceptionnelle, et donc aimé par les gens et les troupes de la guérilla. À l’époque de la zone neutre et des dialogues de paix, lorsqu’il apparaissait, de temps en temps, au milieu de la population de La Macarena, un attroupement d’enfants pieds nus, bruyants, le suivaient dans les rues poussiéreuses. Lui, il était heureux, et les laissait lui ôter son béret et entrer dans son cœur, comme dans la chanson Jojoy de Julián Conrado. Il était comme un aimant, il entraînait le peuple sur son sillage et se fondait avec ses rêves. Paysans, ouvriers, chômeurs, maires, curés, universitaires, syndicalistes, enseignants, étudiants, afro-descendants, ménagères, tous écoutaient la magie fougueuse de ses paroles qui faisaient allusion au rêve de la Nouvelle Colombie, la Patria Grande et le Socialisme.

C’était un dur, oui, mais il était d’une grande tendresse. Fort contre l’ennemi, affectueux avec son peuple. Dans son sac à dos, le Journal du Che ne manquait jamais. Il se nourrissait avec avidité de la pensée de Guevara, et il avait appris à s’endurcir avec ce guérillero, sans jamais perdre la tendresse. Ce guerrier nourrissait une passion pour les héros et leur désir ardent de liberté et justice.

Il était entré dans les FARC en 1968. C’était à l’époque féroce du Front National bi-partiste et oligarchique, le parti de la répression et de l’exclusion brutale, qui voulait criminaliser le droit des peuples d’accéder à la politique. Il a porté bien haut les couleurs communistes, toujours à côté de Manuel et de Jacobo, et c’est par les vicissitudes de la juste guerre contre l’oppression qu’il s’est forgé les qualités de guérilléro.

Il était surnommé « Mono » pour son teint blanc ou ses cheveux clairs, blonds ou roux, et « Jojoy » pour un tic de jeunesse. Et c’est ainsi, armé de son fusil à l’épaule et de sa politique, que le jeune « Mono Jojoy » a traversé les trois cordillères des Andes, par le versant escarpé colombien.

Il a gagné sa première révolution contre lui-même. Implacable avec ses défauts humains qu’il surmontait, peu à peu, à la force du poignet, il est parvenu de façon naturelle à ce que son imposante force politique et guerrière d’homme nouveau soit reconnue de tous. De sa fibre humaine, ce qui a le plus a vibré, a été sa passion pour la liberté et ce désir de dignité pour tout un chacun, si chers à son cœur.

La figure de Jorge fera son chemin dans l’immense forêt du Caguán, dans ses ports fluviaux aux eaux jaunâtres, et atteindra la dimension insolite de légende. Constructeur infatigable de parti et de milices populaires, il sera une cheville ouvrière de l’Union patriotique comme alternative politique et poussera à remplacer la culture de la coca par celle du caucho [caoutchouc] et du cacao. Conscient de l’importance de la propagande révolutionnaire, il fait installer, pour la première fois, une presse offset en plein cœur de la montagne. À Remolinos et à Santo Domingo, il est l’homme de la logistique, des uniformes, des armes, des finances. Formateur de cadres, il faisait venir les cadets tout frais diplômés de l’École Nationale, pour s’informer des nouvelles connaissances techniques enseignées. Il n’a jamais été gêné par ce qu’ils pouvaient savoir de plus que lui, au contraire, il les accueillait avec admiration et apprenait beaucoup d’eux. Il accumulait Insatiablement les connaissances.

Puis le guerrier a surgi dans les plaines indomptables et sauvages qui s’étendent sur la moitié du territoire et ont une riche histoire de rébellion contre le pouvoir central. Là, il a gravé son nom, dans le même moule doré que celui de Marulanda et de ses camarades, avec les attributs de stratège militaire et politique, combattant en première ligne et meneur de groupes guérilleros vers la capitale. Le pouvoir de Jorge, son leadership imposant, captivant, se fondait dans la direction collégiale et dans le grand amour que lui portaient les guérilleros et le peuple.

Aucun chef rebelle de Notre Amérique n’avait été attaqué avec autant de férocité. Les 50 bombes intelligentes made in USA qui ont détruit et rasé son poste de commandement, n’ont pas suffi à calmer la haine des oligarques. Après s’être assuré de la mort du commandant, le gouvernement a lancé, de toutes parts, l’attaque médiatique la plus infâme contre son image et l’exemple de dignité qu’il a donné ; chimérique et vaine tentative. La stratégie ne visait pas à tuer seulement la personne, mais aussi le rêve de cette immense foule de gens simples qui croit au projet politique libertaire des FARC-EP. Sang et feu, terre rasée, terrorisme d’État, sont les pratiques courantes du régime pour défendre les intérêts des transnationales, la bourse et le pouvoir d’une oligarchie apatride à la botte des Yankees.

Face à cette barbarie de l’État, la dynamique Catherine Ashton, Commissaire de l’Union Européenne n’a pas pipé mot, de même que ceux qui condamnent sans cesse nos modestes moyens de résistance. Nous n’en avons pas besoin ; la force morale des FARC est inébranlable. Nous savons bien que la perfidie de l’empire s‘exprime à travers leur voix.

Le commandant Jorge incarnait les plus profonds sentiments altruistes des FARC, dans la lutte et la résistance des populations contre le terrorisme d’État. Comme tout le monde sait, les États terroristes, tel la Colombie, cherchent toujours à projeter ce qu’ils sont sur ceux qui les combattent. C’est pour cela que le président Santos, depuis New-York, si près de son idéal de pensée, aboie comme un fou pour discréditer la lutte des populations pour la justice et déforme la réalité du conflit interne de la Colombie en essayant vainement de diaboliser le soulèvement armé et en stigmatisant Jorge, montré comme le symbole de la terreur et de la violence.

Que peut-on attendre de plus de ces sinistres personnages ? Il n’y a pas très longtemps, lorsqu’il était Ministre de la défense et des « faux positifs », Juan Manuel Santos plaisantait sur les cadavres de guérilleros tués aux Montes de María. Aujourd’hui, le chef actuel de ce ministère, monsieur Rodrigo Rivera, est plus attristé par la mort de la chienne Sasha que par les centaines de soldats morts et blessés sur les champs de bataille de La Macarena.

Le traquenard « Sodome », nom de l’opération qui a coûté la vie des nôtres, n’est rien d’autre que l’État colombien lui-même dans sa plus pure déliquescence morale. Le « terrier » du véritable monstre terroriste est le Palacio de Nariño où siège le gouvernement de Bogotá. C’est de là qu’a été planifié le désastre humanitaire dont souffre la patrie. C’est de cette antre même, que les têtes pensantes de la sécurité démocratique, si applaudie par le président Santos, ont ordonné les massacres contre la population sans défense, les exécutions extrajudiciaires (« faux positifs »), les fosses communes, les détentions massives, les disparitions et les déplacements forcés des populations, et tant d’autres crimes abominables contre l’humanité.

À ceux qui, aujourd’hui au gouvernement, ivres de triomphalisme, nous somment de nous rendre, nous répondons par les mêmes mots que le commandant Jorge Briceño adressait au général Padilla en janvier 2010, en réponse à une exigence identique :

« …Dommage que vous nous connaissiez si peu, Monsieur Padilla de León : en toute sincérité, sans haine ni rancœur et avec le respect que tout révolutionnaire garde pour ses adversaires, je vous réponds : Non, merci beaucoup, général. »

Chez les FARC nous n’avons pas l’âme de traîtres, mais celle de patriotes et de révolutionnaires.

Nous avons lutté et nous continuerons à le faire, avec courage, engagement et sacrifice pour renverser le régime pourri des oligarchies et construire un autre ordre social, ou parvenir à des accords qui permettent de construire une patrie pour tous.

Nous n’avons jamais proclamé le principe de la guerre pour la guerre, ni mené cette lutte comme un défi personnel, bien que nos objectifs soient ceux de parvenir à des changements profonds dans la structure sociale de la Colombie, qui prennent enfin en compte les intérêts des majorités nationales et des secteurs populaires et conduisent au renversement de l’actuel régime politique criminel, oligarchique, corrompu, absolutiste et injuste, comme nous l’avons consigné dans notre Plateforme Bolivarienne pour la Nouvelle Colombie.

Avec l’honnêteté de notre engagement pour le changement social et la loyauté que nous devons à notre peuple, nous vous garantissons que nous n’allons pas lâcher après plus de 40 ans de lutte, ni accepter une paix fallacieuse. Nous ne trahirons pas les rêves de justice de cette Colombie qui réclame la paix et la justice sociale, ni la mémoire des milliers de morts, ni les victimes des innombrables tragédies qu’a provoquées cette guerre cruelle que l’oligarchie a déclarée le peuple, il y a plus de 50 ans.

La Colombie a besoin de trouver la voie qui mette fin à cette guerre entre frères, des chemins de réconciliation qui nous mènent vers des accords de paix. Mais ça ne se fera pas par une fausse paix dans laquelle une minorité oligarchique va continuer à s’accaparer toutes les richesses, alors que l’immense majorité de la population reste écrasée par le poids de la pauvreté, la terreur militariste, la misère et la déchéance morale d’une classe dirigeante corrompue jusqu’à la moelle. La paix est le chemin le plus sûr pour arriver à reconstruire la patrie et à réconcilier tous les Colombiens.

Obtenir la paix en contrepartie d’une reddition ou d’une soumission, est une illusion de l’oligarchie. Ce serait un crime de trahison envers le  peuple et ses désirs historiques d’obtenir, enfin, la justice sociale pour tous.

Des accords de paix oui, mais le point fondamental est : avec ou sans changement structurel sur le politique et le social ?
Plus de démocratie ou plus d’autoritarisme et plus de répression et de soumission à l’Empire ?

Nous vous invitons à réfléchir sur ces saines paroles pleines de bon sens et d’actualité, figurant dans le message que le commandant Manuel Marulanda Vélez avait adressé aux Forces Militaires :

« L’avenir de la Colombie ne peut être celui de la guerre indéfinie, ni celui de la spoliation des richesses de la patrie, de même que notre souveraineté ne peut plus continuer à être honteusement laissée à la voracité des politiques impériales du gouvernement des USA ; nous sommes toujours prêts à nous asseoir et discuter sérieusement pour trancher nos différends, par un échange civilisé d’opinions permettant d’arriver à la suppression définitive des causes politiques, économiques et sociales qui génèrent le conflit interne, pour le bien des futures générations de compatriotes »…

Pour certains analystes mercenaires, qui paraît-il sont les seuls spécialistes du conflit, le coup de la Macarena « laisse les FARC sans leader et sans possibilités de se reconstruire ». L’agent de la CIA, Alfredo Rangel, s’imagine que les FARC sont maintenant “orphelines” avec un moral au plus bas, pas loin [ad portas, dans le texte original (aux portes) NdT] de l’abandon de la lutte armée…S’ils pensent ça, ils se trompent lourdement. Ils sont, comme toujours, à côté de la plaque et refusent de comprendre que nous sommes une direction collective, un groupe collégial de nature politique et militaire à tous les niveaux de sa structure de commandement. Ils ne peuvent pas percevoir dans le brouillard d’une analyse partiale, fondée sur leurs propres fantasmes, le pouvoir de cohésion spécifique à l’État Major Central des FARC et de son Secrétariat. La lutte révolutionnaire a tout prévu jusqu’aux ultimes cas de figures, ainsi toutes les instances de commandement des FARC fonctionnent avec des suppléances afin de remplacer rapidement les postes devenus vacants à cause des pertes inhérentes à la confrontation ou pour d’autres motifs. C’est pour cela que le Commandant Pastor Alape, et avant la disparition de Jorge, était déjà le membre principal du Secrétariat, pendant ce temps, le Bloc Commandant Jorge Briceño a pu de restructurer, en désignant en son sein un nouveau suppléant.

Nous ne sommes pas des soldats novices, le résultat incertain d’une bataille ne nous affole pas. Nous nous battons pour la paix, la Nouvelle Colombie, la Grande patrie et le Socialisme, pour un nouveau pouvoir. Le guérillero farien porte en lui la conscience et la loyauté à la cause, et il sera toujours avide de lutte et de victoires. Comme le disait le commandant Jorge quelques jours avant son départ : « Nous sommes des éléments de la lutte populaire et le peuple est invincible ».

Pour le président Santos, la chute du grand guérillero signifie la fin des fins de la guérilla, la déroute de la rébellion, qui jamais n’arrivera, et qui est annoncée depuis 1964 pour justifier l’obsession militariste d’un secteur de l’oligarchie, redoutant physiquement une solution politique qui signe la fin de ses privilèges. Ils ne se rendent pas compte qu’en fermant les portes au dialogue et à la solution politique ils les ouvrent à  la révolution. C’est ce que disait Fidel dans sa plus récente réflexion : « au contraire de ce qu’affirme le gouvernement colombien, l’assassinat du commandant Jorge…va accélérer le processus révolutionnaire en Colombie. »

Nous le disons sans outrance mais avec radicalité : si Santos veut venir vers nous, qu’il vienne, mais qu’il vienne en personne sans utiliser le peuple en uniforme comme chair à canon. L’arrogance et le ton de l’ultimatum de Santos sonnent comme les ordres en anglais, que les guérilleros à l’écoute des communications de la force publique, peuvent capter lors des grandes manœuvres.

Pour cet instant de courage, nous faisons nôtre les réflexions de Julius Fucik au pied de l’échafaud : « Lorsque le combat est un combat à mort ;/la haine résiste ;/ l’indécis renonce ;/ le lâche trahit…,/ le bourgeois désespère ;/ et le héros combat ».

Lorsque l’on voit l’ignominie de certains reporters minables et autres scribouillards de la grande presse, avides de sang face au cadavre du chef guérillero, hurlant leurs diatribes, il est de notre devoir moral de déplorer l’absence d’éthique de ceux qui essaient d’inciter l’opinion nationale à adhérer à la nature guerrière et au terrorisme de l’État.

Cette machine de la désinformation se consacre à diaboliser la guérilla et à sanctifier le gouvernement. Leurs canaux taisent la voix du peuple, ils ne donnent la parole qu’à des experts à la solde de la CIA et du capital financier, ils couvrent et justifient ainsi les crimes les plus immondes de l’État contre l’humanité.

Pendant 15 minutes les journaux télévisés ont montré, en boucle et aux horaires de grande écoute, les images du bombardement dévastateur avec la claire intention de légitimer le terrorisme institutionnel, inciter à remercier les criminels, conforter la population à adhérer à la politique guerrière de l’État et pousser tout le pays à percevoir le conflit avec les yeux de la droite néolibérale.

Guidés par la technologie, les pilotes et les artilleurs du terrorisme qui ont ouvert le feu ne sont pas des héros, mais de lâches instruments d’un pouvoir tyrannique et pro-yankee qui ne pense qu’à prolonger éternellement l’injustice sur le sol colombien. Ils agissent contre leur propre peuple au bénéfice d’une puissance étrangère. Ce fut une attaque perfide, sans risque. Déclencher des tirs sous couvert de l’obscurité à des milliers de mètres de haut n’a rien d’héroïque, car les moyens de combat ne sont pas équilibrés entre les forces adverses. Le résultat a été différent sur terre : 30 militaires sont morts et 70 ont été blessés.

Lorsque la triste information a été connue par la population modeste de Colombie, certains journalistes robotisés et charognards se sont précipités sur les habitants de La Macarena pour les forcer à donner un avis contre la guérilla ou pour qu’ils reconnaissent que la municipalité était libérée de son principal bourreau. Ils faisaient allusion à Jorge en sachant pourtant qu’il était le principal bienfaiteur de toute cette région. Depuis des décennies le pouvoir central s’est refusé à ouvrir une route pour désenclaver cette riche région paysanne. Jorge et ses guérilléros l’ont construite, ce qui avait permis de relier par la route La Macarena avec San Vicente del Caguán et Neiva. De même que, pour aider ces gens très pauvres, il avait aussi construit la voie qui mène jusqu’à Vistahermosa (Meta). Tendu des ponts sur des canaux et des rivières bombardés ensuite par les Forces Aériennes, une fois remis à la communauté. Sous la conduite de Jorge, les quartiers de San Vicente del Caguán ont été pavés, les routes des plaines du Yari réparées et rendues carrossables, plusieurs aqueducs restaurés et remis en état de fonctionnement, des brigades de santé ont été formées, une taxe sur les alcools avait été mis en place pour rémunérer des enseignants…La population se souvient aussi avec gratitude de la façon dont le commerce avait repris sous la tutelle de la guérilla. Cette belle histoire nous montre bien le caractère social et le sens de la solidarité du commandant, et cela ne pourra pas être occulté tant que la population le gardera vivant et enraciné dans le cœur, une population oubliée qui n’a connu la présence de l’État qu’à travers les bombes et la mitraille.

Même affaibli par le diabète, le commandant Jorge était parvenu à ralentir pendant de long mois, dans la région entière de La Macarena, l’avancée de plusieurs brigades mobiles avec un effectif total de plus de 15000 hommes. Surpris par sa dynamique irrésistible, par sa volonté inébranlable, et inspirés de sa profonde admiration pour le Che, nous lui avions adressé ces mots : « Jorge, avec nos respects. Merci pour ton exemple, pour ton inépuisable capacité de travail malgré la maladie, et parce que tu nous apprends comment combattre l’adversaire. Nous sommes contents que tu aies dépassé, depuis pas mal de temps déjà, le Che, ton modèle guerrier. Avec ce que tu as réalisé, on ne peut plus dire « être » comme le Che, mais « le dépasser ». Tu nous as placé la barre très haut, frère ». Il nous répondit avec sa modestie de toujours : « Nous ne l’avons pas mise si haute, c’est nous qui ne faisons qu’en dessous de la base du travail stratégique qui est la nôtre. Nous sommes en train de réveiller un petit géant endormi ».

Le rapport militaire du Bloc Oriental au mois d’août est le suivant :

Confrontations armées 166; soldats morts 157; soldats blessés 294; hélicoptères détériorés 10, bateaux détériorés 2 ; guérilleros morts 11.

Maintenant, guérilleros des FARC, c’est à nous qu’il revient d’être comme Jorge, le plus entêté des guerriers de Manuel. Bien que la tâche ne soit pas facile, c’est notre devoir. Ses mots résonnent dans les esprits des guérillas : « Nous sommes nés pour vaincre, pas pour être vaincus ».

Les soldats de Manuel Marulanda Vélez sont invincibles parce que leur drapeau est la cause du peuple, ses fusils sont la justice sociale, l’indépendance et la liberté qui combattent pour la Nouvelle Patrie, parce qu’ils marchent vers la victoire avec la puissance dévastatrice de la pensée de Marx et de Bolívar, Le Plan Stratégique et soutenus par le peuple organisé.

De la dernière partie de la vie rebelle féconde de Jorge, nous devons souligner :

Élu membre du Secrétariat des FARC par la Huitième Conférence de la Guérilla en 1993, son ascension va se poursuivre sans discontinuer jusqu’au sommet des héros. Comptes-rendus des assemblées et des conférences des guérillas en main, il continue sur la lancée du Plan Stratégique connu sous le nom de Campagne Bolivarienne pour la Nouvelle Colombie, aux côtés de son grand maître le commandant Manuel. Il réajuste les plans et les structures de commandement et s’occupe du bon fonctionnement des directions. Il est responsable de l’école des cadres Hernando González Acosta et son attention se porte sur la formation de nouveaux commandants. Organisateur de parti clandestin, animé par de profondes convictions communistes, il déclarait après ses réunions de cellules : « j’ai pris un bain de communisme, j’ai accompli mes tâches et mes devoirs de militant ». Le 29 avril 2000, pour le lancement du Mouvement Bolivarien à San Vicente, il était radieux à côté de Manuel Marulanda, Alfonso Cano et ses camarades de l’État Major. Il était heureux avec les 30.000 personnes rassemblées dans la savane, il avait été l’artisan de cet événement, de la réunion de Bolívar avec son peuple, il avait joué un rôle fondamental dans l’impressionnante logistique de la mobilisation. Quelques mois plus tard nous l’avons vu en première ligne pour la libération unilatérale de plus de 300 prisonniers de guerre capturés au cours des campagnes militaires du Bloc Oriental. « Je vous respecte – leur disait Jorge-, car vous vous êtes rendus en combattant ; méfiez-vous de ce que vous allez dire à la presse, même si vos avis nous sont favorables, car cela peut vous porter préjudice ».

Nous devons souligner bien sûr son intérêt permanent et son respect pour tous les mouvements et processus révolutionnaires dans le monde. Passionné par les études et par le dépassement de soi, il lisait avidement et il aimait autant pénétrer dans l’histoire universelle que dans celle du pays. Il dormait seulement 3 ou 4 heures par nuit pour consacrer la plus grande partie de son temps à l’organisation et à la mise en œuvre des tâches révolutionnaires. Excellent brouilleur de piste et connaissant parfaitement ses troupes, il savait écouter et être autocritique. Inflexible en tout, au combat, en politique, attentif aux changements des modalités opérationnelles de l’adversaire, il était d’une grande efficacité dans l’accomplissement des tâches du mouvement.

Homme franc, direct, réaliste, rigoureux, fraternel, loyal à la cause révolutionnaire, véritable camarade et ami, voilà certainement ses valeurs les plus chères. Nous ne permettrons pas que ces qualités de la personnalité du commandant Jorge soient déformées par des pseudo-journalistes s’obstinant à offenser sa mémoire.

De toutes manières, avec Manuel, Jacobo, Jorge, Raúl, Iván Ríoset, avec tous ceux qui sont tombés, avec le Libertador, nous, guérilleros des FARC, nous entrerons dans Bogotá, les poings du peuple levés, les pieds aux étriers de l’insurrection, pour instaurer sur la place Bolívár le nouveau gouvernement, patriotique et bolivarien inspirateur de notre lutte. Juste ; mille fois juste : un droit indispensable pour détruire ce grand mal qu’est l’oppression. Nous, les Colombiens, nous avons tous les droits à vivre dans la dignité, en paix, en démocratie, en toute souveraineté et liberté. Comme le disait Jorge, « c’est là que nous nous dirigeons.»

La consigne est, Triompher ! C’est avec Bertolt Brecht que nous disons aux révolutionnaires : « Que celui qui est toujours en vie ne dise pas ‘’jamais’’/ Le ferme n’est pas ferme / Tout ne sera pas pareil/ Lorsque ceux qui dominent auront parlé, les dominés parleront/ Qui peut oser dire ‘’jamais’’ ?/ De qui dépend que l’oppression se poursuive ? De nous/ De qui dépend qu’elle s’arrête ? De nous aussi/ Que celui qui est abattu, se dresse !/ Que celui qui est perdu, se batte !/ Qui pourra retenir celui qui connaît sa condition ?/ Les vaincus d’aujourd’hui seront les vainqueurs de demain/ et le jamais, devient un aujourd’hui même ».

Gloire aux héros tombés dans la résistance à l’oppresseur, c’est le cri du commandant Jorge qui résonne au plus profond de la conscience de la guérilla. Gloire à Raúl Reyes, gloire à Iván Ríos, gloire à ceux qui sont tombés dans la région de Sucombios, gloire à tous les combattants qui ont donné leur vie pour la cause de la liberté, HASTA SIEMPRE.

Hasta Siempre, Jorge, camarade, commandant, ami. Nous vaincrons.

Honneur au commandant Jorge Briceño, héros de la liberté, de la Nouvelle Colombie, de la Grande Patrie et du socialisme.

Secrétariat de l’État Major Central des FARC-EP

Montañas de Colombia, 8 octobre 2010
Année du bicentenaire du cri de l’indépendance

Notes:
*Explosif tritonal : Mélange de TNT et d’Aluminium. Le mélange de 20%-40% de poudre d’Aluminium aux 80%-60% de TNT augmente la puissance explosive de la TNT, accentue l’effet de feu pour amplifier la combustion et provoquer une plus grande onde de choc.

Traduction : Esteban

Révision : Michèle Maliane

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