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Réveil Communiste

Aux communistes conformistes: Stoni sort son flingue

20 Décembre 2009 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ce qui ne peut plus durer au PCF

 Un texte de Stoni (camarade lyonnais drôle et caustique) que j'adore. Sûr que ça va pas plaire à tout le monde....

AQ

 

 

 

(vendredi 24 avril 2009)

lien du texte sur le blog de Stoni

Aux communistes conformistes

 

Comme on est propre, comme on est beau, quand on est comme toi.

 

Bien, tu ne fumes pas. Tu bois, mais comme tous les Français, sans être alcoolique. Tu es lisse et toujours souriant.

Tu as la poignée de main adaptable, le sens de la stratégie et les concessions faciles.

Il faut savoir se sociabiliser, c’est vrai.

 

Tu ne sais pas rire, et ce qui te fait rire me met mal à l’aise.

 

Tu caches à peine ton mépris pour les pauvres, les incultes, les ratés et les feignants.

Continue.

Je m’en fous.

 

Tu es diplômé, tu as reçu tes gratifications de la superstructure. Tu affiches ta médaille : master 2. Tant mieux.

Tu es « formé », très bien formé, tu soutiens les professeurs et les étudiants, tu n’as rien à te reprocher.

J’en suis ravi, mon frère.

 

Car tu te dis « fraternel », mais tu refoules les grimaces en croisant ceux qui portent des survêts, des vêtements soi-disant à la mode et qui mangent chez McDo : tu ne veux surtout pas avoir affaire à eux, et tu ne veux surtout pas les connaître.

Eux non plus, que je te rassure.

Qui représentes-tu, toi qui crois détenir le « concept » et parler au nom du peuple ? Où est le peuple derrière toi, je ne le vois pas.

 

Tu me considères avec méfiance, tu murmures que je suis un stal pornographe.

(Tu te trompes. Je suis bien moins que cela.

Seulement, je ne suis pas toi.)

Mais comme l'a souligné un ami, que dirais-tu de Rousseau, qui osa écrire La Nouvelle Héloïse  et Du Contrat social ?

Rousseau, tu le balaies d’un revers de la main. Tu préfères tes penseurs contemporains dont je n’ai rien à foutre, qui ne m’agacent même pas.

Et tu me dis que je n’ai pas compris Rousseau. C’est vrai, je ne suis pas diplômé.

Je n’ai pas ma médaille : DESS en lettres modernes.

Tant pis. Pour toi.

 

Quand je te regarde, je me demande s’il t’arrive de faire l’amour, et de baiser.

Sûrement.

 

Mais il ne faut pas que ça se sache.

 

Je voudrais t’offrir des romans de Jean Genet et Portnoy et son complexe, pour que tu entrevoies seulement un instant ce que sont la subversion, et le sexe rigolard.

Tu ne les lirais pas.

Ou tu n’y comprendrais rien.

Ce n’était pas dans le programme, à la fac.

 

Tu lis ta presse politiquement correcte pour marxiste gauchisant.

As-tu bien compris Marx, qui engrossa sa bonne ?

Et si je te parle de Pasolini, tu changes de sujet.

Il allait voir des putes, c’est vrai, ce n’est pas bien.

Et c’est vieux. Et ça sent la lutte des classes. Ça la pue, même, à plein nez.

Pasolini faisait de l’art, et prenait le parti des policiers, face aux manifestants de mai 68.

Ce n’est pas correct, n’est-ce pas.

Un artiste… On est pas sérieux, quand on écrit des romans.

 

Toi tu as un chien, et ta maison, et ta famille.

Ton salaire de fonctionnaire.

Ou de politicien.

Tes parents étaient des gens sympathiques, et cultivés.

(Chez toi, on ne disait pas : « bordel ».)

Ils ne voulaient pas que tu deviennes ouvrier.

Et toi, tu ne voulais surtout pas te frotter aux rapports de production.

Cela dit, tu aimes les pauvres.

Tu pratiques la charité politique.

Les banlieusards n’ont jamais été aussi sympas que lorsqu’ils montent des spectacles de hip-hop. A l’Opéra National.

Le rap sera lamartinien, et la chanson gauchiste.

Surtout s’ils sont subventionnés.

C’est plus sûr.

 

Sais-tu rêver ?

Et bander ?

 

Avec tes comparses, vous partagez des connivences d’affidés bien insérés.

Je n’ai jamais su vous imiter.

Vous employez le langage désincarné de la technostructure.

Vous vous entendez.

Une fois, je vous ai dit que vous « faisiez de la scolastique ».

A vos réactions, vous ne saviez pas ce que ça voulait dire.

Ma foi.

 

Ne te trompe pas.

Je n’ai rien contre toi.

Tant que tu ne m’insultes pas, et ne cherches pas à me manipuler.

Ce qui est déjà arrivé.

Va, je m’en remettrai.

 

Je t’aime bien, mon frère.

Et si je reste à tes côtés, ce n’est pas que pour t’emmerder.

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A

ouais Stoni, mais ça marche ausssi. Je suis tombée sur le cul à la lecture de ton article, parce que c'est exactement ce que je ressens lorsque je suis à certaines soirées unniversitaires. Avec la
solitude en plus.


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S

En fait ça visait surtout les gens bien en vue de la fédé et de la section, pas seulement les universitaires (qui en l'état ne m'ont rien fait).



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G

C'est sûr que l'Université bourgeoise ça rend souvent prétentieux et ça ne rend pas toujours intelligent.


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