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Réveil Communiste

Au Bengladesh les marques de fringues tuent

30 Avril 2013 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #A gerber !, #Asie

Sur Canaille le Rouge :

http://s1.lemde.fr/image/2013/04/28/534x267/3167945_3_8ed4_la-colere-contre-la-negligence-qui-a-conduit-au_de159d0843db70a45ec8a4e168e32c72.jpg

les milices patronales à l'oeuvre 

 

 

Bengladesh : Le secteur du textile emploie 3,6 millions de personnes dans le pays, pour la plupart des femmes, dont certaines gagnent l'équivalent de 30 euros par mois.

376 morts et plus de 900 disparus. Près de 2 500 personnes sont sorties vivantes des décombres du Rana Plaza, mais l'espoir de retrouver des survivants s'amenuise. Dimanche, alors que les sauveteurs pensaient avoir trouvé "une femme qui était, croyons-nous, la dernière survivante", un incendie a éclaté, tuant la potentielle miraculée.

 

Selon les premier éléments de l'enquête, l'immeuble avait été bâti sur un sol instable et sans les autorisations nécessaires, et plus de 3 000 ouvriers, majoritairement des jeunes femmes, y ont été envoyés quelques heures avant l'effondrement, malgré les avertissements concernant la fragilité du bâtiment.

 

 Depuis l'effondrement de l'immeuble, la présence de plusieurs marques de vêtements a été constatée. Certaines, comme la société espagnoles Mango ou la britannique Primark, ont admis avoir passé des commandes dans ces ateliers. D'autres démentent fermement toute présence. C'est le cas de Benetton, qui assure que "les gens concernés dans l'effondrement de l'atelier au Bangladesh n'étaient pas des fournisseurs de Benetton". Pourtant, une photographie circule montrant de chemises bleues étiquetées "United Colors of Benetton" à l'endroit où le sous-traitant New Wave Bottoms, qui cite la marque au nombre de ses clients sur son site, avait ses ateliers avant la catastrophe.

 

Le groupe n'a pas non plus répondu à une première demande concernant une copie de documents fournie par la Fédération des ouvriers du textile au Bangladesh portant mention d'une commande de 30 000 articles en septembre 2012. Des étiquettes destinées à la marque américaine de prêt-à-porter féminin Cato ont également été retrouvées sur place.

 

 L'ONG Clean Clothes Campaign, qui défend les ouvriers du textile à travers le monde, affirment que des étiquettes de la marque européenne C & A ont aussi été retrouvées. La société assure ne plus avoir de lien avec des fabricants basés au Rana Plaza depuis octobre 2011. Selon Clean Clothes Campaign, le britannique Bon Marché, l'espagnol Corte Ingles et le canadien Joe Fresh ont reconnu leurs liens avec les ateliers. En revanche, Carrefour a démenti tout lien avec "desentreprises qui étaient en activité dans cet immeuble" alors que la Fédération des ouvriers du textile et de l'industrie au Bangladesh dit avoir retrouvé dans les décombres des étiquettes de la marque "Tex".

 

Suite de l'article " E=MC2 ou l'audimat de la mort "  regardez comment les agences traitent le crime : "L'opposition appelle à une grève nationale le 2 mai pour protester contre cet accident industriel particulièrement meurtrier, le troisième en cinq mois. " : "Accident industiel", "particulièrement " - c'est comme cela qu'ils en parlent.

 

Si vous ne lisiez pas des c@rnets du type de celui de La Canaille connaitriez vous les précedents ? Les mots sont d'un cynisme éclairant.

 

Peu ou pas d'images, ni mots sur la répression policière et les milices patronales contre les familles endeuillées et les camarades survivants en colère. Mais 5 minutes en entrée de journal à toutes éditions pour un légionnaire victime d'un accident de travail définitif en Afghanistan.

 

Oui, en information "E=mc2".

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GQ 05/05/2013 15:17


Gazette d'@rrêt sur images, n° 280


Cette terrible indifférence. Ce refus de savoir. Ce refus de savoir quel enfer cache la petite fringue sympa, tellement tendance, et tellement donnée. Ce refus de voir les décombres, d'où l'on
extrait les corps des ouvrières du Bangladesh. La veille, l'immeuble présentait des fissures. Mais les contremaîtres avaient exigé que le travail reprenne. Il fallait honorer les commandes. Vos
habits ne pouvaient pas attendre.


Oui, on vous a montré les décombres, la détresse, la colère. Et on s'en est tenus là. Pas une chaîne française, pas un magazine féminin, n'a envoyé un journaliste à Dacca, où 400 ouvrières ont
trouvé la mort dans l'effondrement d'un atelier, qui travaillait pour Mango, Carrefour, ou Leclerc. Surtout ne pas faire le lien, entre cet effondrement lointain, et ces marques si sympathiques,
qui sont aussi d'excellents annonceurs. Comment faire pour informer malgré tout ? Nos deux invitées de cette semaine ne se résignent pas au silence. La patiente négociation avec les marques, ou
l'interpellation publique sur Facebook: elles ont choisi des chemins différents. Mais tous deux comblent le vide laissé par le silence des médias traditionnels. Notre émission de cette semaine est ici (1). Et notre dossier sur la mondialisation est ici (2).


Daniel Schneidermann