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Réveil Communiste

Assemblée "Rouges Vifs" Ile-de-France du 2 décembre 2010: introduction au débat

3 Décembre 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Positions

rv-logo-1.jpgAssemblée "Rouges Vifs"Ile-de-France

le 2 Décembre 2010

Introduction au débat

 

 

 

Bienvenue à tous pour cette assemblée que nous devions tenir initialement le 19 octobre. Le mouvement social et le temps fort décidé ce jour là nous avaient amené à reporter cette réunion.

De cette période intense, il en sera bien évidemment question dans nos débats.

Au préalable, il est nécessaire d’évoquer la situation internationale et les menaces sur la paix dans le monde que constitue la politique agressive de l’OTAN, dirigée par l’impérialisme étatsunien, relayée sans état d’âme par ses vassaux dont la France.

Alors que la colonisation des territoires palestiniens se poursuit (compromettant chaque jour davantage les chances d’une paix durable), l’occupation de l’Afghanistan se prolonge et, comme prévu, la situation s’enlise et fait le lit des talibans. Alors que le retrait des forces armées étrangères devrait être le seul ordre du jour, la coalition autour des états unis appelle à l’envoi de nouvelles troupes. C’est le cas de la France avec l’envoi d’un nouveau contingent dans le 1er semestre 2011. Il faut saisir toutes les occasions pour manifester notre refus de cette occupation illégitime et exiger le retour des forces françaises.

Sur le continent africain, le fait marquant dernièrement est la répression féroce qui s’est abattue sur un rassemblement pacifique à visée sociale du peuple sahraoui par les autorités du Maroc. Là aussi, il s’agit d’une annexion inadmissible de la part d’un impérialisme à visée régionale.

Un mot aussi sur la situation faite aux 5 cubains de Miami, emprisonnés depuis 12 ans après un procès arbitraire les accusant d’espionnage aux USA alors que ceux-ci travaillaient à déjouer les attentats organisés depuis la Floride contre CUBA fomentés par la mafia anti-révolutionnaire avec l’aval de la CIA. Pour le gouvernement OBAMA, la lutte contre le terrorisme est à géométrie variable. En tant qu’association, nous sommes membres de la coordination nationale pour la libération des 5 qui appelle tous les derniers vendredis du mois à manifester. Il nous faut progresser dans notre participation à ces rassemblements en pensant à se signaler aux organisateurs au travers du port des autocollants de notre association.

Toujours aux USA, rappelons que le danger persiste de voir Mumia Abu Jamal être exécuté et qu’il faut tout faire pour l’arracher aux couloirs de la mort.

Plus près de nous, la période est marquée par les mouvements sociaux en Europe en riposte aux plans drastiques d’austérité imposés aux peuples. Chacun a encore en mémoire les formidables mobilisations du début de l’année en Grèce. Ces derniers jours, C’est enIrlande, au Portugal ou encore en Italie que les travailleurs manifestent en nombre et mettent en cause les politiques menées par leurs gouvernements sur injonction des institutions européennes. « Concurrents entre eux pour se disputer les profits et complices contre leurs peuples », écrivions nous dans notre 4 pages lors de la campagne du référendum sur le traité constitutionnel.

La cohérence des politiques menées au sein de l’Union Européenne n’est plus à démontrer, tout comme leur nocivité. En France, le mouvement que nous venons de vivre (le débat n’est pas : est-il fini ou va-t-il continuer sous d’autres formes, mais incontestablement une phase s’achève) s’est formé à partir des mêmes maux que subissent tous les peuples européens. Il y a d’ailleurs un lien à mettre en valeur avec les mobilisations de début 2009 contre les conséquences de la crise financière. « La crise, c’est eux, la solution, c’est nous », c’était le slogan de la CGT.

C’est le transfert organisé de 10 points en 20 ans de la part des salaires dans le PIB vers le capital qui a alimenté la spéculation. Pour priver le capital des moyens de recommencer, il faut inverser la tendance et l’exigence d’une augmentation générale des salaires et des pensions en est le moyen le plus efficace. Ce n’est pas seulement parce que les salariés en ont besoin, mais c’est surtout parce que c’est indispensable et urgent pour la société toute entière. La lutte devient ainsi un acte de salut public !

L’insuffisance de réflexion sur ce sujet a probablement pesé sur le moral des salariés en lutte, particulièrement ceux qui ont engagé une grève durable (reconductible selon la terminaison actuelle). Certes, cela a progressé mais la conviction en la possibilité d’être à nouveau à l’offensive reste à gagner. En témoignent les débats sur le mot d’ordre concernant les objectifs de l’action (retrait pur et simple ou exigence d’une autre réforme) qui, dans certains endroits, se sont cristallisés conduisant à des divisions superficielles.

Après nos échanges sur le sujet, à partir des travaux de Bernard Friot avec qui nous avons eu plusieurs rencontres, Rouges Vifs IDF s’est toujours prononcé pour un prolongement des fondements de ce qui avait été mis en place par le CNR (Conseil National de la Résistance) privilégiant l’augmentation des salaires, y compris dans sa forme socialisée.

Par contre, les arguments fallacieux du pouvoir ont été mis à mal et pour en revenir à l’Europe et à la critique du Capital, nombreux ont été les débats sur le cynisme des gouvernants européens. Pour rappel, fin 2008, c’est le renflouement à grands coups d’argent public de la totalité des banques fourvoyées dans la tourmente des subprimes. A la clé, augmentation des déficits et de la fameuse dette publique selon les règles (contestables) en vigueur depuis l’ère Pompidou/Giscard. Et les mêmes banques, regaillardies par l’argent public, dénoncent aujourd’hui ces états dépensiers (la gabegie est certes réelle) et irresponsables et les menacent de ne plus leur fournir de crédits si des plans d’austérité-dont la mise pièce des systèmes publics des retraites- ne sont pas systématiquement mis en place. Voilà donc à quoi leur sert l’intégration européenne ! Et chaque gouvernement s’exécute avec zèle.

Mais cela ne passe pas parmi les peuples et la résistance se manifeste sous des formes nouvelles avec un dynamisme inédit dans la période contemporaine. Ce mouvement de riposte extraordinaire et multiforme, fortement animé par la jeunesse (alors qu’une idée reçue prétendait que la question des retraites n’intéressait que ceux qui s’en approchaient), est riche d’enseignements pour l’immédiat et pour l’avenir. Modestement, nous pouvons et même devons participer à cette réflexion sans prétendre donner des leçons.

En mettant en évidence ce qui a progressé mais aussi les insuffisances sur le plan idéologique et surtout ce qui bloque sur le plan politique.

Il est à noter à ce sujet que le mouvement n’a fait que se renforcer jusqu’au vote définitif du Sénat et s’est amoindri immédiatement après. Le débat sur la véritable légitimité (démocratie représentative ou démocratie sociale et directe) n’a pas eu lieu et pour cause : il pouvait ouvrir des horizons insoupçonnés, susceptibles d’ébranler les fondements mêmes du système. Je devrais plutôt dire que ce débat n’a pas encore eu lieu car il est et restera incontournable à partir de la dernière période.

Rappelons-nous nos discussions sur les institutions mises en œuvre pour servir le capital. C’est dans trop peu de lieux ou d’AG que leur mise en cause a été mise sur la table alors que l’exemple des retraites prouve que ces mécanismes institutionnels permettent et légalisent tous les hold-up d’Etat.

Mais on peut aussi considérer que cette réforme des retraites est le 2ème grand acte de forfaiture, après le traité constitutionnel, dont se rend coupable Sarkozy et son gang. Lorsque 70% du peuple manifeste sans discontinuer son refus de cette loi, il y a là négation de la souveraineté populaire.

Il nous faut aussi aborder l’illusion que certains tentent de relancer en cherchant à associer perspective et élection présidentielle de 2012. Servons nous de nos travaux pour démontrer que tout changement est impossible dans ce cadre. D’ailleurs, il nous faut réfléchir à aller plus loin et trouver le meilleur moyen d’affirmer notre refus de l’élection présidentielle au suffrage universel.

Plus fondamentalement, il nous faut sans arrêt réfléchir à comment être toujours plus utiles à ceux qui luttent et qui cherchent. Des institutions au salaire socialisé, de la nécessaire rupture à effectuer avec le lien de subordination du salariat aux mensonges à mettre en lumière sur la dette publique, nombreux sont les domaines où nous ne partons pas de rien.

Pour cela, il nous faut maintenir les liens d’organisation que nous permet la forme association.

Une chose est sûre : après cette phase du mouvement populaire, il est impossible de revenir en arrière, à la case départ. L’élévation du niveau de conscience est bien réelle et porteuse de perspectives nouvelles.

Pour épuisante que soit la période pour ceux qui sont en responsabilité syndicale, elle est passionnante et extrêmement indécise.

Nous avons donc besoin de multiplier les contacts entre nous. Les intempéries ont empêché quelques uns d’être présents ce soir. D’ores et déjà, nous envisageons une autre assemblée courant janvier pour prolonger les échanges de ce soir que, sans plus tarder, je vous propose de débuter.

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GQ 04/12/2010 22:03



L’auteur de l’introduction au débat “rouges vifs” est probablement Jean Calvary le président de l’association.