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Réveil Communiste

Article paru dans l'Humanité en juillet 1991 LES COMMUNISTES ET L'IMMIGRATION

9 Juin 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique

Envoyé par Alain Rondeau
Salut les copains,

Cet article n'existe pas sur internet ( sauf peut-etre sur le blog cocomagnanville ). Je l'ai "frappé" à partir d'une coupure de l'huma de juillet 1991.
 

Les communistes ont toujours combattu pour l'independance et la liberté des peuples victimes du colonialisme et du néocolonialisme. C'est le fondement de leur démarche lorsqu'ils luttent contre les expulsions et exigent depuis plus de seize ans l'arret de toute nouvelle immigration.
 
 
S'il y a une chose qui authentifie l'identité des communistes français c'est bien leur sensibilité et leur engagement permanent au regard des réalités du monde. Pour eux l'injustice n'a pas de frontières. L'étranger n'a jamais été un étranger au sein du parti. Chacun sait que le PCF s'engagea dès sa naissance contre les guerres coloniales. Que ce soit le combat contre la guerre du Rif ( Maroc,1925 ), celle d'Indochine ( 1947 ), ou encore celle d'Algérie, le PCF s'est toujours battu pour l'indépendance des peuples et la liberté des hommes. Ce n'est pas un hasard si dans le combat contre l'occupant nazi ceux de " l' Affiche rouge " que chantent Aragon et Ferré étaient avec le "parti des fusillés" auxquels rendit hommage François Mauriac.
 
L'histoire de l'après-guerre et celle plus récente nous a montré les communistes français être du combat contre les discriminations raciales, celui du pasteur Martin Luther King et de la communiste Angela Davis aux Etats-Unis, ou encore celui de Mandela et de l'ANC contre l'apartheid en Afrique du Sud. Il n'y a aucun parti politique dans ce pays qui puisse se prévaloir d'un tel engagement dans le combat des peuples pour leur indépendance et leur liberté.
 
C'est dans ce contexte que le PCF - fidèle aux paroles de Jean Jaurès " beaucoup d'internationalisme rapproche de la patrie " - a défini sa politique au regard de l'immigration. Lorsque, dès 1971, Georges Marchais souligna la réalité de la crise de la société française, il n'évacua pas le fait que le patronat français faisait venir de la main d'oeuvre taillable et corvéable à merci pour satisfaire les appétits du capital, et diviser la classe ouvrière française. Déja, en avril 1964, le bureau politique du PCF s'en prenait au " chauvinisme et au racisme " visant à diviser les travailleurs français et immigrés, citant entre autres " les courants malsains " qui se développaient " parmi la population autour des bidonvilles de Champigny, de Saint Denis et d'ailleurs ", ou le patronat avait fait venir notamment des travailleurs portuguais (1) .
 
En 1974, le livre " Français et immigrés " (2) rappelait qu'en 1956 le groupe communiste à l'assemblée nationale s'était prononcé " contre la venue en France de milliers de travailleurs immigrés ". Dénonçant les pratiques de négriers du capital français, les députés communistes soulignaient que l'arrivée de cette main-d'oeuvre ne répondait ni à l'intéret national ni à la misère dans laquelle étaient enfoncé le peuple algérien du fait du colonialisme français.
 
Mais c'est en 1974, en raison de la montée du chomage, que le PCF s'est pronnoncé pour " l'arret de toute immigration nouvelle OFFICIELLE ou CLANDESTINE ", tout en combattant les expulsions arbitraires, le racisme et la xénophobie largement encouragés par le pouvoir de l'époque. Plus tard, dans un communiqué du bureau politique du PCF daté du 30 juin 1977, les communistes dénonçaient le fait que " les travailleurs immigrés " étaient " l'objet d'une campagne indigne visant à leur imputer la responsabilité de l'aggravation de la crise et particulièrement du chomage ". En juillet 1977, les députés communistes déposaient un projet de loi pour " une maitrise démocratique de l'immigration " (3).
 
Une appréciation toujours d'actualité. D'autant que, les années passant, le patronat et le gouvernement n'ont jamais arreté l'immigration, recourant y compris aux marchands d'esclaves avec l'immigration clandestine, et concentrant les familles immigrés dans les memes villes, souvent dirigées par des maires communistes, constituant de fait de véritables ghettos, sources de difficultés pour les uns et pour les autres. Ainsi, meme si la methode était inappropriée, ce n'est pas un hasard si, en décembre 1980, les élus communiste de Vitry s'opposèrent au coup de force du maire de droite de Saint-Maur, qui avait expulsé des travailleurs maliens d'un foyer de sa ville pour les transporter à l'heure du laitier dans un foyer insalubre et désaffecté de Vitry.
 
Ce n'est pas un hasard non plus si le conseil général du Val de Marne, présidé par le communiste Michel Germa, a décidé depuis d'octroyer des subventions pour reconstruire le foyer incriminé de Saint Maur, et que le maire de droite de cette ville refuse, non pas la subvention, mais de recontruire le foyer.
 
Nous touchons là aux vrais questions. Celles qui amènent les communiste à agir avec les intéressés hier comme aujourd'hui, contre la misère du tiers-monde pour enrayer l'immigration à la source, demander l'arret de l'immigration et des expulsions arbitraires, dans l'intéret commun des travailleurs immigrés et français.
 
 
PIERRE AGUDO
  
 
(1) Publié par " France Nouvelle", Avril 1964
 
(2) Editions sociales, livre d'André Vieuguet, dirigeant national du PCF à l'époque.
 
(3) Projet de loi réactualisé en 1979 at portant le titre de " Statut de l'immigration "

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