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Réveil Communiste

Article Le Progrès de Lyon "André Gerin, député de Vénissieux, coco tendance rétro"

17 Novembre 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Élections

 

Cher(e) Camarade,

Tu trouveras, ci-dessous, un article d'Hervé Pupier, journaliste, paru dans la page régionale du Progrès de Lyon le samedi 12 novembre et intitulé :

"André Gerin, député de Vénissieux, coco tendance rétro"

Fraternellement

André GERIN


http://www.leprogres.fr/rhone/2011/11/12/andre-gerin-depute-de-venissieux-coco-tendance-retro

 

André Gerin, député de Vénissieux, coco tendance rétro

Portrait. Dénonçant sans relâche la ligne réformiste suivie, selon lui, par les dirigeants communistes depuis 15 ans, le bouillant élu vénissian estime que pour retrouver une audience dans les classes populaires, le PCF doit s’emparer, sans tabou, des thèmes sur lesquels prospère le Front national.

« André Gerin s’est perdu », avait lâché, en juin dernier, Olivier Dartigolles, porte-parole national du PCF, en réaction à une nouvelle saillie du seul député communiste du Rhône. Lequel, après sa croisade très médiatique contre la burqa en 2009, venait de lancer : « Non, l’immigration n’est pas une chance pour la France. »

Voilà près de vingt ans que l’ancien maire de Vénissieux (1985-2009), minoritaire dans sa famille politique, s’est fait une spécialité de ce type de déclaration détonnante.

C’est la forte progression du Front national et de l’abstention dans sa ville, comme dans nombre de communes de banlieue, qui l’a conduit à s’affranchir du « politiquement correct » régnant, selon lui, Place du Colonel-Fabien. Notamment lorsqu’il s’agit d’évoquer l’insécurité dans les cités où, à ses yeux, les tenants d’un islam politique (« les gourous intégristes, les Talibans français » dans l’idiome « geriniste ») œuvrent contre la République.

A 65 ans, André Gerin, qui avait confié la préface de son dernier livre à Eric Raoult, le très droitier député-maire du Raincy (Seine-Saint-Denis) a-t-il définitivement viré « réac » et joue-t-il contre son camp ?

Oui, répondent en chœur ceux qui, à gauche, s’indignent « d’une stratégie fondée sur des dérapages sécuritaires visant à reconquérir l’électorat populaire qui a déserté les urnes ou opté pour le FN. »

« Il est arc-bouté sur une vision identitaire du Parti communiste qui ne prend pas en compte les évolutions de la société », estime Maurice Charrier (ex-PCF), ancien premier magistrat de Vaulx-en-Velin et partisan d’un Front de gauche abhorré par le bouillant élu vénissian. Pour Christian Delorme, surnommé le « curé des Minguettes » dans les années quatre-vingt, il s’agit d’une histoire de fidélité : « André doit tout à ce parti qui lui a permis d’échapper à sa condition d’ouvrier et qui, à ses yeux, perd son âme. Il se veut un des derniers gardiens de l’orthodoxie communiste, il tient des propos ambigus voire dangereux, cela lui vaut beaucoup d’inimitiés mais il n’est pas raciste. »

Pur produit de la France gaullo-communiste des « Trente Glorieuses », André Gerin est encarté depuis près d’un demi-siècle au PCF qui, tempête-t-il, a perdu nombre de ses bastions car il s’est « boboïsé », oubliant ses racines populaires et ses fondamentaux marxistes. Au point de confier à Jean-Luc Mélenchon, un Mitterrandiste (horreur !), le soin de défendre ses couleurs lors de la prochaine présidentielle.

Le dernier dirigeant communiste trouvant grâce à ses yeux est Georges Marchais, qui réclamait il y a trente ans… l’arrêt de l’immigration officielle et clandestine. Avec celui qui fut secrétaire général du PCF entre 1972 et 1994, le parallèle est tentant. Même fibre ouvrière : « Mes 21 ans chez Berliet (puis RVI) où j’ai été OS, dessinateur, responsable syndical (à la CGT bien sûr, ndlr) ont, affirme-t-il, constitué une expérience exceptionnelle, je suis fier d’avoir cette culture industrielle que malheureusement trop peu d’hommes politiques possèdent. » Même style brut de décoffrage fortement teinté de populisme : André Gerin se pose volontiers en défenseur du « cochon de payeur » contre les classes dirigeantes hexagonales ou européennes. Même boulimie médiatique : pas une semaine ou presque, sans que les rédactions ne soient destinataires d’un communiqué du parlementaire vénissian. Un profil qui conduit, sans beaucoup de succès, ses adversaires politiques locaux à le dépeindre en prototype du communiste archaïque ayant, selon Christophe Girard, conseiller municipal « divers droite », mis en place « un système soviétique » dans sa ville. Dans le même registre, à l’occasion des législatives 2007, Michel Denis avait lâché : « Je vais déboulonner le dernier stalinien du Rhône. » Pari raté ! Aujourd’hui, l’ancien maire de Saint-Fons, raille « le cinéma permanent d’un député dont les discours fumeux ne sont pris au sérieux par personne et n’apportent rien de constructif à la population de sa circonscription. »

Mais ces critiques ne sauraient résumer l’action d’un homme qui a bossé dur pour sa ville. L’idéologue a su faire preuve de pragmatisme pour transformer Vénissieux, notamment le plateau des Minguettes, après le traumatisme des émeutes de 1981. Pas une sinécure assurément au regard des difficultés que cumule la troisième commune du Rhône dont l’équilibre reste bien sûr fragile mais qui n’est en rien comparable avec les cités en déshérence de la banlieue parisienne. Personnage plus complexe qu’il n’y paraît, André Gerin revendique sa proximité avec le catholicisme social. L’ancien enfant de chœur a conservé des liens avec le curé de son village isérois de Chonas l’Amballan et ne manque pas une cérémonie du « Vœu des Echevins » à Lyon.

« Je suis le seul élu communiste à y assister, sourit-il. Je ne pense pas être croyant mais les valeurs de l’Evangile restent d’actualité. » Jamais le dernier quand il s’agit de pousser un cocorico, il est difficile de trouver plus ardent défenseur des industriels français. « A l’usine, consent-il, nous étions un peu caricaturaux, le patron, c’était vraiment l’ennemi. Avec le recul, Berliet incarnait la bourgeoisie industrieuse qui, au final, a joué un rôle positif pour le pays. » Et on se pince presqu’en écoutant Jean-Paul Mauduy, président de la CCI Rhône-Alpes, égrener un interminable chapelet d’éloges : « Je ne suis évidemment pas communiste mais je constate qu’à Vénissieux, les entrepreneurs sont accueillis et respectés comme on le voit peu ailleurs. »

Et n’allez pas évoquer devant l’ancien patron des patrons rhônalpins, la réputation de grand caractériel voire d’autocrate qui colle à la peau de son vieil ami André : « Ce n’est certes pas une danseuse étoile mais on est rude avec les gens qu’on apprécie vraiment. C’est un humaniste, un homme de dialogue. Quelqu’un d’intègre et de chaleureux qui aime les plaisirs de la chère. Un type normal quoi, un type bien. »

Fermez le ban.

Biographie

1946 : Naissance à Vienne (Isère). Troisième d’une famille de six enfants, le père est ouvrier- paysan.

1963 : CAP de fraiseur en poche, il entre chez Berliet comme OS.

1964 : mariage avec Madeleine née… Gerin (!) Il est père de deux enfants. Adhésion à la CGT et au PCF.

1968 : la famille Gerin emménage aux Minguettes.

1969 : dessinateur industriel chez Berliet après sept années de cours du soir.

1977 : conseiller municipal de Vénissieux.

1978 : conseiller régional.

1979 : membre du comité central du PCF.

1985 : adjoint à la communication depuis 5 mois, il est élu maire de Vénissieux, après le décès de Marcel Houël. Conseiller général.

1993 : député de la 14 e circonscription du Rhône.

2009 : cède son fauteuil de maire à Michèle Picard (PCF)

2012 : briguera un cinquième mandat de député

Hervé Pupier

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