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Réveil Communiste

Après le congrès fédéral du 92, réflexions de JL Cailloux

16 Juin 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

JL Cailloux nous a fait parvenir ses réflexions :

 

lques réflexions après le congres fédéral 92
Et aussi, je vous invite a lire le petit ouvrage (c’est  Catherine Margaté qui me l’avais signalé à la conférence)  de Léo Figuière qui vient de paraître


   
▪     Capitalisme, socialisme(s), communisme - leçons d'une histoire et regards d'avenir, éd. Le Temps des cerises, Paris, 2010,

Cordialement

JL

À propos des documents issus du congrès fédéral de hauts de seine, un camarade de Suresnes (non délégué à la conférence) indiquait lors de la réunion de notre exécutif de section, que pour lui « c’était assez vide ».

Il n’a pas tort ! Les adhérents n’y trouveront rien de captivant, aucun ciblage d’actions ni de reconstruction dans l’action du parti dans le 92. Aucun axe de travail identifiant.

Le fait d’avoir adopté en séance du congrès départemental, ces textes sur la base d’une lecture du rapporteur et non d’un texte écrit distribué aux délégués qui devaient l’adopter, n’a pas permis à ces dernier, une réelle prise sur ce qui était proposé. Et force est de constater que le compte-rendu rabote voir escamote les aspérités du débat.

a) C’est le cas pour la démocratie interne.


Plusieurs camarades avaient pourtant critiqué assez fortement les comportements de la direction nationale à la veille de conférences fédérales et surtout après la tenue de nombreuses conférences fédérales de la totalité des assemblées de sections qui n’ont donc  pas pu en discuter :

a) du texte de Pierre Laurent publié dans l’humanité.

b) des choix de Marie George Buffet (PCF), qui avec Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) et Christian Picquet (Gauche unitaire) se sont rencontrés pour activer le «comité de liaison du programme partagé du Front de gauche» et surtout pour créer : pour ceux qui ne souhaitent pas adhérer aux partis respectifs, la création d’une association des «partisans du Front de gauche.»

Ces écrit et ces actes engagent de fait, à la fois le rapport qui sera fait devant le congrès et ses conclusions avant toute discussion ! Cette façon de faire relève d’une méthode qui va au rebours des transformations démocratiques profondes souhaitées par les adhérents et qui sont à l’ordre du jour du congrès d’étape ! Les communistes étaient en droit de d’attendre, de Marie George Buffet qui passe la main et de son successeur, un autre comportement. Visiblement l’ancien pèse sur le nouveau.  Ce « pré rapport » ou cette « pré résolution » du congrès, cette démarche de Marie George Buffet, auraient du être proposé au débat avant l’ouverture des conférences de section.

Voilà pour la forme et la démocratie.

Rien n’est dit a ce propos dans le compte-rendu fédéral, qui banalise le texte deux, et qui plus est, n’indique pas pourquoi il n’a pas été impossible d’introduire l’idée que l’implantation du PCF sur les lieux de travail, demandé à plusieurs reprises, était un enjeu. Est-ce la marque que l’on baisse les bras car c’est trop dur d’affronter le patronat sur les lieux d’exploitation et l’Etat dans les administrations et services publics? Le compte-rendu sur le texte 2 contient un chapitre énumérant une litanie du déclin du PCF et une supplique sur les départs, ce n’est que sur ma protestation qu’une phrase a été ajoutée sur le potentiel de développement mais le texte reste très déséquilibré.

B) C’est le cas pour le débat de fond.  

Aucune réflexion sur l’état du communisme comme portée anthroponomique dans le monde et en France. Rien pour sa réification  par une bataille d’idée et de lutte permettant l’expérimentation à partir des aspirations populaires.

Nombre de camarades se sont élevés contre la façon dont l’échéance électorale de 2012 est traitée dans le débat d’orientions. On ne trouve nul trace dans ce compte-rendu de la montée du rejet de l’attitude de Mélenchon et de l’énoncé de candidatures communistes ou associatives possibles. Comme s’il ne fallait pas fâcher le petit cénacle de sommet PG PCF.

C’est confirmé par le choix réducteur de notre direction fédérale sortante qui, avant même le congrès, reprend dans l’édito de sa lettre bimensuelle,  quasiment mot à mot, le texte de Pierre Laurent.

Comme il faut dépasser la critique en faisant des propositions positives pour en sortir, dans mon intervention à la conférence, j’avais indiqué qu’un tout autre équilibre du texte était nécessaire.

 

Bien sûr, l’idée de résistance est présente, et des camarades y verront l’affirmation d’un souffle nouveau. Mais ce qui frappe, c’est que  cette résistance est énoncée sans réelles liaisons vers les constructions nécessaires d’alternatives dans les luttes.
 
Dans le texte de Pierre Laurent, le lien est  réduit à un seul mot « ensuite ». La notion de fronts de luttes adoptée au précédent congrès est évacuée. Le grand risque c’est que la césure demeure entre luttes, expérimentations d’appropriation et la construction politique.
Je soulignais que je rejetais l’idée de L’ « ensuite », et qu’il fallait construire le projet alternatif et les candidatures DANS les fronts luttes et non pas en dehors,  et en impliquant les élus.
Nous devons faire en sorte que les candidats et (notamment pour la présidentielle) soient des candidats qui s’appuient sur, et poussent, des formes originales d’intervention populaires visant le dépassement du capitalisme.
C’est donc très opposé à la proposition d’un processus piloté d’en haut, visant à la rédaction d’un pacte d’union populaire, couronné par des sommets nationaux.  Au contraire, élaboré dans les luttes nous éviterions le risque de jouer une fois encore la comédie de la gauche de la gauche. Nous agirions en visant l’intervention vers toute la gauche.

Pour être concret,
j’ai invité les camarades à une action précise cordonnée au niveau fédéral, dans chaque ville sur la question de l’utilisation de l’argent et du secteur Bancaire et assurantiel, proposition dont on ne trouve aucune trace dans le compte rendu.


Il peut y avoir d’autres propositions d’actions.


Car les communistes ont des idées, la novation est inscrite chez eux sur la question du mouvement des capitaux et notamment sur la question des retraites ou du logement. Ils ont des idées novatrices sur les questions de démocraties.
Je regrette que la direction de FD 92 ne soit pas dans cette démarche, mais les sections peuvent surmonter cette inaction et mettre ces idées en  confrontation dans les fronts de lutte.

J’écrivais avant le congrès fédéral que le 35e congrès doit nous sortir des ornières et du marasme. Il doit nous sortir d’un concept où stratégies et luttes d’expérimentations et d’appropriation populaire sont séparées. Il doit également nous sortir de l’attitude d’effacement du Pcf. Chassé par la porte au dernier congrès de par la volonté de la très grande majorité des communistes, cet effacement peut, avec les meilleurs intentions et si nous n’y prenons garde, rentrer par la fenêtre de ce congrès d’étape !


( L’annonce d'une association par Mélenchon et Marie George pour les sympathisants du Front de gauche relance le processus d'un parti genre "Die Linke" ou encore plus gravement, peut nous conduire à une situation à l'italienne ou espagnole dans laquelle les communistes sont tombés dans le trou noir de l'existence virtuelle).

Le congrès fédéral nous invite pour qu’au cours du congrès nous invitions les délégués à réfléchir à la façon d’opérer pour que monte dans le pays l’idée d’un dépassement du capitalisme, une révolution dans les têtes. La crise du capitalisme est profonde et marque en effet les esprits, stimule les aspirations à une autre société et ouvre de nouveaux espaces. Comme le dit tout de même, le relevé des discussions du 92, cela inclut une nécessaire analyse visant à dégager le peuple du piège institutionnel dans lequel la pensée révolutionnaire est engluée dans notre pays.

 
Jean Louis Cailloux 

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