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Réveil Communiste

APRES BRIGNOLES par Jean LEVY

14 Octobre 2013 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Qu'est-ce que la "gauche"

sur son blog

 

Hier soir, à chaud « canempechepasnicolas »* a voulu informer nos lecteurs des résultats définitifs de l’élection de Brignoles**. Et apporter un premier commentaire.

 

Mais l’évènement – car il s’agit bien d’un évènement politique de première grandeur – nécessite d’y revenir et de se poser la question : « Comment un mouvement comme le Front national peut-il  gagner seul face à toutes les autres forces, et cela en doublant ses voix entre les deux tours ? ».

Car il s’agit là, dans ce canton du Var, où la ville importante, Brignoles, est tenue par le PCF, d’une victoire  historique pour le parti de Marine Le Pen.

 

Inutile de s’en tenir aux considérations passées selon lesquelles l’électorat frontiste, dans cette région de France, bénéficie d’une forte présence d’anciens pieds-noirs, de nostalgiques de l’OAS de l’Algérie française, et que cette situation est déterminante dans leurs choix politiques.


S’en tenir à cette simple explication pour faire de l’élection de Brignoles un cas particulier serait s’exonérer d’une analyse sérieuse des raisons de fond de l’ascension rapide et dangereuse du Front national en France, de la conquête par lui de pans entiers de l’électorat populaire. Car le phénomène touche aussi bien le Midi que les territoires ouvriers du Pas-de-Calais et de la Moselle, ou encore les zones péri urbaines de nos cités.

 

Alors, pourquoi Brignoles ?

 

Voyons les chiffres. Le candidat FN l’emporte avec 53,9% des voix, alors que l’ensemble des formations politiques appelait à voter pour le challenger, le candidat de l’UMP, n’en totalisant lui-même que 46,1%    .

 

A la rigueur, on pouvait envisager une abstention encore plus massive, ce dimanche,  du fait des réticences attendues de l’électorat de gauche, communiste en particulier, à voter, aux côtés d’un dissident frontiste, pour le candidat du parti de Sarkozy et de Fillon...

 

L’élection du FN sur le fil était donc une hypothèse plausible,  mais réduite et contestée. 

Or, au contraire, 14% des électeurs inscrits - ayant déserté les urnes  le dimanche précédent - ont voté au second, réduisant massivement l’abstention. Ce qui a permis au candidat « Bleu marine » de doubler ses voix, engrangeant hier 2600 bulletins supplémentaires.

 

Il ne s’agit donc plus d’un simple vote de protestation. Des millions d’électeurs croient avoir trouvé dans le Front national une force exprimant la rupture avec un régime considéré comme « pourri »,  au service d’intérêts particuliers, la finance internationale, mettant en cause la pérennité de la France, son indépendance et la souveraineté de son peuple.

 

Si sur ces thèmes, le mouvement de Marine Le Pen trouve un tel écho, c’est que qu’ils sont malheureusement abandonnés  par les forces politiques qui devraient en faire leur cheval de bataille. Elles auraient dû reprendre l’orientation fondamentale qui était celle du  Parti communiste français, lorsqu’il préconisait « l’Union du peuple de France » pour l’indépendance nationale. Il menait ainsi campagne contre l’asservissement de notre pays dans l’Union européenne et ses structures mises en place par les puissances d’argent pour pérenniser l’exploitation sans limite de toutes les couches populaires de notre pays.

 

Mais le PCF a jeté aux orties un tel combat politique, lui substituant la recherche de postes électifs, considérés comme « lieux de pouvoir », stratégie qui induit l’entente à tout prix avec la social-démocratie,  aujourd’hui totalement dévouée au grand capital. Il s’en suit un divorce profond entre les masses populaires et le Parti communiste, considéré comme un élément du système rejeté par la majorité de la population.

 

Celle-ci se tourne de plus en plus nombreuse vers les sirènes du Front national. Celui-ci apparait  comme la seule force « antisystème » et qui incarnerait les vertus perdues du patriotisme et du sens national, liées à un langage social flou et vicié dans ses objectifs, semblant répondre à l’inquiétude des masses populaires.

 

Mais comme le PCF (et la CGT) ont déserté le terrain de l’indépendance nationale et la lutte pour la souveraineté populaire au profit de la dangereuse utopie d’une « Europe sociale », ils laissent  sans  combattre le champ libre au Front national. Celui-ci s’en est saisi au niveau du vocabulaire,  mais se gardant bien d’en tirer les explications de classes, qui le conduiraient  à la remise en cause de la société.

 

Tel n’est pas son propos et ses ambitions sont autres.

 

C’est sur ce plan  que les explications de fond devraient être apportées pour éclairer les véritables objectifs du parti de Marine Le Pen.

C’est en travaillant au rassemblement social et national contre la dictature du capital que nous forgerons l’outil en mesure d’endiguer et de réduire l’influence populaire du Front national.

 

Ce texte qui a reçu la signature de Claude Beaulieu

 

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