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Réveil Communiste

Annie Lacroix Riz : discussion sur " Un village français", le révisionnisme historique du "Monde" et la dékoulakisation

22 Novembre 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique

 

Annie Lacroix Riz (extraits du dialogue ci-dessous) :

 

Je m’efforce de faire une histoire exposant ce qui s’est passé, pourquoi et comment, en accordant au substrat économique et social (rapports de classe inclus) la place que l’historiographie dominante et la propagande courante lui dénient aujourd'hui. J’ai la conviction que c’est le seul moyen


1° de faire de l’histoire scientifique ;


2° de rendre hommage à la mémoire de ceux qui méritent les honneurs de la majorité de la population, parce qu’ils ne l’ont pas desservie ou se sont mis à son service (toute est toujours affaire d’appartenance sociale : la grande bourgeoisie a motif à adorer Adolphe Thiers, qui l’a parfaitement servie);


3° de ne pas mettre tout sur le même plan, autrement dit d’éviter le « relativisme » et le gommage de la lâcheté qui vous ont légitimement indigné dans la critique de M. Sérisier.

 

 

 

VOUS TROUVEREZ CI-APRES UN ECHANGE DE MAILS ENTRE ANNIE LACROIX-RIZ ET UN DE SES CORRESPONDANTS :

 

 

Mail origine, de la part de Mr M. G. :

 

Madame,

Veuillez trouver ici une réclamation au médiateur du monde pour un article délétère.
Merci de me donner votre réaction
Bien à vous


communistes = collaborateurs
Hommes tranquilles = héros ordinaires

Une nouvelle morale , la morale des lâches est à l'oeuvre .


Bonjour,

En page d'accueil du monde web de ce jour vous mettez un article du blog de votre collaborateur Pierre Sérisier à propos de la 3 è saison de la série 'Un village français".

J'ai dû relire plusieurs fois ce texte tant je n'en croyais pas mes yeux. Comment une vision à ce point idéologique et révisionniste de l'histoire peut-elle se retrouver en première page du Monde en 2010 ?

Descendant d'une famille de juifs communistes , résistants au sein des ftp et de la moi, pourchassés , je suis écœuré par cette propagande digne d'un pétainisme bon teint ou d'une feuille de chou du FN...

C'est choquant et scandaleux, pour la mémoire de ceux qui sont tombés, de ceux qui ont survécu, de leurs descendants et pour la mémoire de notre pays , enfin .

Quelle leçon vous donnez ici à nos enfants , de lâcheté et de relativisme.

Citation de l'article, le reste non cité est au demeurant aussi abjecte :

"En fait, accomplir un tel choix implique d’obéir à des convictions idéologiques très fortes et non modifiables par l’homme: adhérer aux principes de la collaboration nationale ou suivre la ligne du Parti communiste. Ce que montre parfaitement la série est que l’une et l’autre option sont destructrices. Elles imposent un renoncement qui à terme ne peut pas être satisfaisant pour l’individu."
"Jeannine Schwartz pense que le maréchal Pétain va rétablir les valeurs de famille et de patrie qui ont, selon elle, été trop vite oubliées. Elle se coule dans l’atmosphère ambiante d’antisémitisme et dans le même temps, elle admet que la présence des soldats allemands contrarie sa vie quotidienne, la rend plus pénible et l’empêche d’occuper la place dont elle rêve pour elle-même dans le village.

Parmi les camarades du Parti communiste, le même dogmatisme est à l’oeuvre. La ligne décrétée par Staline est de mener des opérations terroristes contre des officiers allemands. Cette stratégie n’a pas à être discutée, à peine est-il admissible qu’elle soit soumise à l’approbation des membres de la cellule. Malgré les protestations et les doutes de Marcel Larcher, la résistance doit être menée, quelles que soient les conséquences pour les autres militants qui sont fusillés en nombre ou pour la population locale qui est prise en otage par l’armée d’occupation.

Dans les deux cas, les collabos comme les communistes pensent être dans le sens de l’histoire, autrement dit agir en fonction de ce qu’exigent les circonstances de l’instant. Mais les uns comme les autres se trompent car leurs actes ont des conséquences dommageables pour la population. Les collabos, parce qu’ils aident à une répression d’autant plus sordide qu’elle est motivée par des intérêts personnels et peut-être par la conviction que la France reçoit la leçon qu’elle méritait pour avoir perdu ses repères moraux. Les communistes, parce que l’ampleur de leurs attaques demeurent faibles mais portent en elles des répercussions élargies pour des innocents."

Pour exemple : Dans la Région Lyon Grenoble, Les "Carmagnole et Liberté" de la FTP MOI, à peine 100 partisans en tout et pour tout ont réalisé 80 % des destructions à l'ennemi entre fin 42 et mi 44. De quoi parle votre chroniqueur qui veut se faire passer pour un historien, quel inconséquent !!!

La France de Pétain , c'est bien connu s'est libérée toute seule de la barbarie nazie...Dans la résistance, les communistes (de Staline en sous texte, donc des anti-patriotes n'est ce pas !) ont compté pour du beurre, Epstein , Rol Tanguy , Guingoin et les dizaines de milliers d'autres n'ont jamais existé, ils faisaient, les méchants, de la mauvaise figuration comme dans un film de Guediguian !!!!

Cet article ne peut qu'inspirer mépris et dégoût pour son rédacteur, mais aussi crainte des dérives d'un journal qui ne sait plus ce qu'il publie ou pire qui accompagne cette réécriture post-moderne de notre histoire !!!

Au nom de la mémoire bafouée des résistants, je demande un droit de réponse à cet article révisionniste.

http://seriestv.blog.lemonde.fr/2010/11/19/un-village-francais-le-sens-de-lhistoire/

 

 

Réponse de Annie Lacroix-Riz :

 

Cher Monsieur,

 

Je vous remercie de m’avoir communiqué votre réponse à cette attaque d’un journaliste du Monde contre la résistance communiste, consistant à mettre sur le même plan les envahisseurs et ceux qui se sont dressés pour les bouter hors du territoire et, plus généralement, à postuler l’équation entre salauds et héros. Ce type d’attaque condamnant les « extrêmes », mais, de fait, toujours les communistes, est récurrent dans la grande presse, qu’elle se classe à gauche ou à droite.

Il alterne avec l’intense publicité régulièrement accordée, soit dans la rubrique Livres ou Culture, soit à la « Page trois », soit dans un autre cadre (toute occasion ou page fournit prétexte), aux travaux d’historiens qui accablent les communistes, soit pour avoir pactisé avec le Reich (refrain périodiquement chanté sur l’abominable pacte germano-soviétique ou la demande de reparution de L’Humanité, à un moment où, chacun le sait, tous les partis, de la SFIO à l’extrême droite, pratiquaient la vaillante résistance à l’ennemi), soit pour avoir tué des occupants et avoir ainsi accablé plus encore les Français victimes de l’Occupation (les otages et les fusillades, c’est la faute des communistes sous l'Occupation, comme pendant la guerre de 1870 et celle de 1914-1918) ou avoir exécuté les traîtres, finalement sympathiques, puisque opposés à ce « terrorisme » mortel.

La MOI, terroriste par essence, devient cependant sympathique quand on insinue (Le Monde y a consacré grande place, comme toute la grande presse écrite, orale ou télévisée) que les chefs du PCF l’ont livrée à la police de Vichy ou à la police allemande. On n’arrêterait plus la liste des méfaits commis par les communistes sous l'Occupation. Il m’est arrivé, comme vous, de protester contre tel article franchement ignominieux, sans obtenir le droit de réponse que, j’espère, vous obtiendrez.

Le Monde a dès ses débuts d’après-guerre – quand nul historien sérieux ou considéré comme tel n’osait placer sur le même plan les communistes et les nazis ‑ anticipé le révisionnisme droitier d’une grande partie de l’historiographie française. Depuis que, au fil des trois dernières décennies,  ce révisionnisme qui, dans la croisade anticommuniste ou antisoviétique, fait flèche de tout bois, a triomphé, le « journal de  référence » l’accompagne fidèlement et l’exalte, ce qui est bien naturel, vu le rôle pionnier (et « de référence ») qu’il a joué en la matière.

 

M’autorisez-vous à diffuser votre texte sur ma liste de diffusion ?

 

Bien cordialement,

 

Annie Lacroix-Riz  

 

 

Réponse de Mr M. G. :

 

 

Madame,

Merci pour votre réponse. C'est avec plaisir que je vous autorise à faire passer ma lettre dans votre liste de diffusion.
Je m'aperçois jour après jour en vieillissant que malgré l'armée d'historiens qui travaillent dans le monde sur ces périodes, la réalité factuelle, la vérité historique, la logique des enchaînements chronologiques sont mises à mal. C'est l'attitude partisane et anti-scientifique qui gagne du terrain de jour en jour. l'Histoire est devenue un véritable champ de bataille politico-économique qui nous éloigne de l'idéal humaniste des Lumières.

Bien que je ne reprenne pas à mon compte vos conclusions sur le massacre des koulaks ukrainiens, je sais par ailleurs combien la cause dite de "l'holodomor" est sur-instrumentalisée aujourd'hui par des personnages des plus sinistres. La statue de Bohdan Khmelnytsky, le vieux héros sanguinaire cosaque de la cause nationaliste ukrainienne , responsable avec son peuple de la mort de centaines de milliers de juifs, a désormais remplacé celle de Lénine sur toutes les places municipales du pays.  Je connais moi-même la situation actuelle en Lituanie où on développe actuellement une thèse nauséabonde dite "du double génocide". La bête immonde relève de nouveau la tête à n'en pas douter. Mais vous connaissez tout ça mieux que moi.

Je ne compte pas néanmoins passer par pertes et profits des textes-témoignages comme celui de mon illustre homonyme Vassili Grossman dans son fameux roman "Tout passe" : citations que vous devez bien connaitre :

« La dékoulakisation a commencée en 1929, à la fin de l’année, mais elle a battu son plein en février et en mars 1930. Je me souviens…avant de les arrêter, on les frappait d’un impôt. La première fois, ils le payaient…la seconde fois, ils vendaient ce qu’ils pouvaient pour s’acquitter. Ils croyaient que s’ils payaient l’État leur ferait grâce. Certains abattaient leur bétail…

...On a commencé par arrêter les chefs de famille…. Tout le premier contingent a été fusillé. Personne n’en a réchappé. Quand à ceux que l’on a arrêté à la fin de décembre on les a gardé en prison deux ou trois mois et on les a envoyé en « migration spéciales »…. La direction régionale faisait connaître le plan – le nombre de koulaks qu’il fallait arrêter – aux districts. Les districts divisaient ce chiffre entre les divers soviets locaux et les soviets locaux établissaient les listes…..Mais bien évidemment toutes sortes de choses entraient en jeu : pots-de-vin, histoires de femmes, vengeances personnelles…. Les pères ayant été arrêtés, le tour vint des familles, on traitait les enfants des koulaks de « fils de putains », de « buveurs de sang » ».

« …On nous parlait des koulaks aux réunions. La radio, le cinéma, les écrivains et Staline lui-même disaient tous la même chose ; les koulaks sont des parasites, ils brûlent le blé, ils tuent les enfants. Et on nous a déclaré sans ambages : il faut soulever les masses contre eux et les anéantir tous en tant que classe…. Et pas de pitié ce ne sont pas des hommes, ces créatures là !.... pour les tuer il fallait déclarer, les koulaks ne sont pas des êtres humains. »

« … on les a emmenés dans des wagons scellés,… ils n’ont emporté que ce qu’ils pouvaient porter eux-mêmes,… de tout les coins de Russie on transportait des paysans, ils étaient entassés par terre, il n’y avait pas de lits de planches. Naturellement les malades mourraient en route… L’escorte les traitait comme du bétail…. Comment c’était là-bas, la région les répartissait dans la taïga,…., on les déchargeait directement dans la neige, les faibles mourraient, ceux qui étaient aptes à travailler se mettaient à abattre des arbres sans arracher les souches…Ils faisaient rouler les arbres et construisaient des huttes, des baraques, ils travaillaient sans répit pour que leur familles ne meurent pas de froid…. »

  « Nous pensions qu’il ne pouvait pas y avoir de destin pire que celui des koulaks ! Eh bien, nous nous trompions ! La hache a frappé tous les paysans du plus petit jusqu’au plus grand. Et ce fût un autre supplice, le supplice de la famine. »

 

J'arrête là les citations car les pages suivantes du roman de Grossman sont parmi les plus dantesques qu'il m'ait été donné de lire.

 

Comprenez bien que j'admire au plus haut point le travail exceptionnel  et singulier que vous avez fait pour mettre en évidence les vraies causes de la défaite française annoncée... mais c'est pourquoi je reste d'autant plus vigilant quant à la potentielle sous-estimation des souffrances et des préjudices qu'ont subit les koulaks d'Ukraine malgré toutes les réserves que je peux avoir quant à leur ostracisme conservateur et  à leur racisme nationaliste enragé. Les femmes, les vieillards, les enfants n'ont en aucun cas été épargnés.

Si l'on analyse un peu la situation mémorielles des turcs et des arméniens aujourd'hui, on voit bien que les deux parties restent campées sur leurs positions réciproques de victimes de la guerre, civils compris. Car il est vrai que par insensibilité, nous, occidentaux refusons encore de reconnaître la saignée effrayante que le peuple turc a subi au début du XX è siècle. Les proportions sont quasiment identiques à celles de la Russie. Ce qui ne justifie en rien le massacre de masse perpétré par l'armée du Comité Union et Progrès relayé par la propagande du mouvement Jeune Turc et qui s'apparente à un génocide. Savez-vous qu'il y avait même nombre de hauts gradés arméniens dans l'armée turque d'alors?  Les minorités plébiscitaient les vertus républicaines anti-ottomanes, et juifs, kurdes ou arméniens avaient épousé avec enthousiasme le républicanisme nationaliste pan-turque !

immense complexité des responsabilités humaines en tant de tremblement de terre politique et de guerre totale... Faire la paix avec les mémoires ne nécessite t'il pas de reconnaitre toutes les victimes innocentes sans exception et qui ont dû subir de tels affronts à leur corps défendant et supplicié ?

 

Avec l'expression de mes salutations les plus sincères

 

M. G.

 

 

Réponse de Annie Lacroix-Riz :

 

 

Cher Monsieur,

 

Si dure et terrible qu’ait été la « dékoulakisation », il convient de rappeler que la collectivisation, seule voie envisageable pour moderniser l’URSS ‑‑ et lui permettre de résister à l’assaut prévu du Reich ‑-,  a conduit à fusiller 21 000 personnes  (voir Silvio Pons et Andrea Romano, éd., Russia in the age of wars, 1914-1945, Milan, Fondation Feltrinelli, 2000. bilan chiffré, 108-9) – soit un effectif inférieur à celui des ouvriers parisiens de la seule Semaine sanglante de mai 1871.  Ce que vous qualifiez d’« ostracisme conservateur » des koulaks les conduisait à affamer la population urbaine et  « leur racisme nationaliste enragé » était sous la stricte dépendance (aspect financier compris) du Reich, qui subventionna le « nationalisme » ukrainien, certes après 1933, mais aussi avant 1914, puisque ledit Reich, hitlérien ou pas, voulait mettre la main sur la richissime Ukraine, comme toutes les puissances impérialistes depuis le 19e siècle.

L’URSS ou la Russie soviétique a subi depuis sa naissance des pressions plus violentes encore que la révolution française, et qui ont duré autant qu’elle. Le remarquable historien Arno Mayer reconnaît (bien que (trotskiste de cœur, ce qui ne prédispose pas à la bienveillance envers l’Union Soviétique)  son encerclement, dans Les Furies, terreur, vengeance et violence, 1789, 1917, Paris, Fayard, 2002 (et dans d’autres travaux). Et il expose les faits dans des termes qui cautionnent l’excellent livre de Michael Sayers et Albert Kahn, The Great Conspiracy: The Secret War Against Soviet Russia, Little, Boni & Gaer, New York, 1946 (traduction française en 1947). Mes propres recherches sur cet encerclement obsessionnel (évoqué dans à peu près tous mes travaux, Le Vatican, l'Europe et le Reich compris) m’ont convaincue que Vidal-Naquet faisait fausse route en brocardant en cet ouvrage « un modèle du genre […] des versions libérales et érudites […] de l’histoire stalinienne » comparable à « L’histoire du parti communiste (bolchevique) du temps de Staline » elle-même qualifiée de « monument durable du mensonge historique le plus meurtrier » (Les Assassins de la mémoire, Paris, Seuil, 1995, p. 34).

 

Je me permets de vous envoyer les notes de mon cours sur l’URSS des années 1930 comme élément de discussion (il est rédigé en style télégraphique, comme un cours, qu’on ne saurait « lire » : je n’ai jamais « lu » un cours, mais il est tout de même communicable).

( VOIR DOCUMENTS EN FICHIERS JOINTS – NDLR)

 

Je n’ai pas eu le temps de mettre à jour comme je le souhaiterais mon travail sur « la famine en Ukraine » (après avoir achevé le dépouillement de tout ce qui se trouve au Quai d’Orsay sur l’Ukraine, entre autres sources et éléments bibliographiques), mais je vous en livre une vieille version de 2008 qui offre tout de même également matière à réflexion et discussion. Cette mise à jour (qui demeure à compléter) évoque les méthodes habituelles du Monde que j’ai dénoncées en 2007 en rédigeant l’article « Le PCF entre assaut et mea culpa : juin 1940 et la résistance communiste » qui figure sur mon site (également ci-joint).

 

Notre échange sur l’Ukraine ouvre sur un autre débat. J’espère que nous aurons l’occasion de discuter de vive voix de nos conceptions très différentes de l’histoire. Vous voulez « faire la paix avec les mémoires » ou « reconnaître toutes les victimes innocentes sans exception et qui ont dû subir de tels affronts à leur corps défendant et supplicié. » Je m’efforce de faire une histoire exposant ce qui s’est passé, pourquoi et comment, en accordant au substrat économique et social (rapports de classe inclus) la place que l’historiographie dominante et la propagande courante lui dénient aujourd'hui. J’ai la conviction que c’est le seul moyen

1° de faire de l’histoire scientifique ;

2° de rendre hommage à la mémoire de ceux qui méritent les honneurs de la majorité de la population, parce qu’ils ne l’ont pas desservie ou se sont mis à son service (toute est toujours affaire d’appartenance sociale : la grande bourgeoisie a motif à adorer Adolphe Thiers, qui l’a parfaitement servie);

3° de ne pas mettre tout sur le même plan, autrement dit d’éviter le « relativisme » et le gommage de la lâcheté qui vous ont légitimement indigné dans la critique de M. Sérisier.

 

Votre sollicitude pour les « victimes innocentes » est antagonique, d'ailleurs, avec votre indignation contre la glorification de la lâcheté. Ce n'est pas par hasard que Stéphane Courtois a amorcé son combat politique en faveur de la sécession de l’Ukraine – au profit des Etats-Unis entre autres pays impérialistes intéressés – en écrivant : «  La mort de faim d’un enfant de koulak ukrainien délibérément acculé à la famine par le régime stalinien [ce qui relève de la stricte contrevérité historique, le régime soviétique n’ayant pas « organisé » « la famine en Ukraine »] "vaut" la mort de faim d’un enfant juif du ghetto de Varsovie. » (préface au Livre noir du communisme (Robert Laffont, 1997).

Ce larmoiement, qui a dupé tant de gens de bonne foi, amorçait une gigantesque campagne politique et idéologique en France et dans l’ensemble de la sphère d'influence américaine (qui s’était désormais étendue à la totalité du continent européen), campagne multiforme dont nous mesurons mieux les effets 13 ans plus tard, et alors que le capitalisme semble vivre la phase systémique de sa crise la plus longue et la plus grave depuis la naissance de ce mode de production.

 

 

Bien cordialement,

 

Annie Lacroix-Riz

 

22/11/2010

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forrester 25/04/2011 12:13



Annie LR a donné le dernier mot de cette affaire . Les commentaires superficiels des opposants qui ne peuvent et ne veulent pas comprendre prouvent qu'on perd son temps à discuter avec nos
adversaires (cf le jugement de Lénine sur la question). Bon courage à Annie LR pour la suite de ses travaux qui nous redonnent le moral!



Plongeon 23/02/2011 00:14



Très intéressant ! La presse bourgeoise ne s’arrêtera pas de sitôt en ce qui concerne la calomnie constante du mouvement ouvrier. Bravo à Annie Lacroix-Riz encore une fois pour son superbe
travail en ésperant que de jeunes historiens dans la même ligne pourront prendre sa relève !



anonyme 08/01/2011 22:24


Intéressantes discutions. Je pense toute fois que Annie Lacroix-Riz tente de défendre l'indéfendable. Voila pour mon avis, l'idéal bien sur étant de pouvoir consulter les sources pour s'en faire
une véritable idée, mais là encore, ceci pouvant etre fait je pense de manière orienté… Ce que semble ne pas vouloir faire ALR, c'est de tirer les leçons des erreurs du passé. Le fait étant que ce
n'est pas en usant des même méthodes barbares que nos ennemis que nous construirons le socialisme, l'histoire nous le prouve… Ce n'etait donc pas en tirant de force l'URSS vers l'industrialisation
qui allait faire le socialisme. On ne décide et ne dirige pas contre son peuple, du moins quand on se dit de gauche, ce qu'on malheureusement fait Trotsky, Lenine et Staline. Si il doit y avoir des
fautifs de cet échec, ce sont bien eux.