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Réveil Communiste

André Gerin au Progrès, 16 juin 2010 : « Marie-George Buffet piétine et humilie les communistes »

16 Juin 2010 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

 

RENCONTRE AVEC... ANDRE GERIN

publié le 16.06.2010 04h00

André Gerin, député du Rhône / Philippe Juste

zoom


A quelques jours du congrès qui se tiendra le week-end prochain à La Défense, 200 communistes dont le député Patrick Braouezec, figure des refondateurs, ont claqué la porte du PCF. Que pensez-vous de ces nouveaux départs ?

Ils sont dommageables mais relèvent d'une certaine logique. En effet, les intéressés avaient depuis un certain déjà, un pied dedans, un pied dehors. Lors de la dernière présidentielle, Patrick Braouezec avait appelé à voter José Bové. En fait, ces refondateurs trouvent que Marie-George Buffet ne va pas assez vite dans la liquidation du PCF engagée en 2000 par Robert Hue.

Qu'attendez-vous de ce congrès qui verra Pierre Laurent succéder à Marie-George Buffet ?

Pas grand chose, c'est un congrès d'étape, de façade, un prétexte. Tout est ficelé, les décisions ont été prises en catimini. La direction s'en défend mais elle prépare une recomposition politique qui aboutira à un effacement du PCF. La rencontre de la semaine dernière entre Marie-George Buffet et Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) qui dirige la filiale du PS, est révélatrice à cet égard. Elle accélère un processus qui s'inscrit dans une logique électoraliste. Marie-George Buffet piétine et humilie ainsi les communistes. La situation s'aggrave et nos dirigeants continuent d'être en décalage complet avec une réalité économique et sociale se traduisant dans les urnes par l'abstention et le vote FN.

Chef de file des « identitaires » au sein du PCF, vous n'avez de cesse de vilipender le Front de gauche. Qu'est-ce qui vous apparaît rédhibitoire dans cette démarche ?

Certes, il faut battre Sarkozy en 2012 mais sans reproduire les erreurs de 1981 et de 1997. On n'en prend pas le chemin. Si on poursuit dans la voie actuelle, le PCF sera à nouveau un simple supplétif du PS lors de la présidentielle. Veut-on réellement changer la société et rompre avec ce capitalisme destructeur en s'attaquant au pouvoir financier et économique ? Les discours que peut tenir la gauche dans l'opposition, c'est une chose mais il faut des engagements précis, prenant par exemple à rebours certaines décisions du gouvernement Jospin qui a beaucoup privatisé et entériné la directive européenne sur l'électricité.

Vos thèses demeurent minoritaires au sein du PCF. Pourquoi ne pas quitter, à votre tour, ce parti qui ne correspond plus à vos attentes depuis une décennie ?

Lors du vote ayant précédé le congrès de 2008, 40 % des militants se sont prononcés contre la ligne défendue par la direction. Le texte alternatif que j'avais présenté a recueilli 24 % des suffrages. Malgré ce poids significatif, il n'y a pas eu de main tendue de la part de Marie-George Buffet, sans doute trop occupée par la vente aux enchères du PCF. Mais la colère monte à tous les échelons du parti et je suis convaincu que la majorité des communistes est hostile à cette stratégie d'abandon. La crise du capitalisme et la démonstration que l'Union européenne ne marche pas ouvrent un espace pour l'action révolutionnaire. En dépit de ses déboires électoraux depuis trente ans, le courant communiste demeure une composante essentielle de la gauche. Il reste présent dans la conscience sociale du pays. Le PCF n'est pas mort mais il faut qu'il redevienne un parti de combat et rassemble tous les communistes, les adhérents comme ceux qui ne sont plus encartés.

Votre positionnement est souvent jugé archaïque par vos détracteurs.

Je pense que les vieilles recettes ont plutôt les faveurs des dirigeants actuels du PCF.

Le rendez-vous majeur n'aura pas lieu le week-end prochain mais lors du congrès de 2011 qui arrêtera notre choix pour la présidentielle. Naturellement, je vais me battre afin qu'un candidat communiste soit en lice en 2012. Pour le PCF, ce sera l'heure de vérité et peut-être le scrutin de la dernière chance.

Propos recueillis

par Hervé Pupier

bio express

> André Gerin

Né le 19 janvier 1946 à Vienne. Entré à 17 ans chez Berliet comme Ouvrier Spécialisé, il y exerce des responsabilités syndicales à la CGT durant près de 20 ans.

A adhéré au PCF en 1964; siège au conseil municipal de Vénissieux dés 1977 et devient premier magistrat en 1985.

Il a quitté son fauteuil de maire il y a un an.

Demeure député de la 14e circonscription du Rhône où il est élu depuis 1993.

 

Note additionelle RC : sauf erreur, AG a reconquis le siège historique de la banleue rouge de Lyon, perdu par le PCF au profit du PS en 1981.

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