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Réveil Communiste

André Gerin à Maxime Gremetz : affection et fraternité + lettre de Maxime Gremetz à l'assemblée

20 Mai 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ce qui ne peut plus durer au PCF

 

Cher(e) Camarade,

Tu trouveras, ci-dessous, la traduction dactylographiée de la lettre manuscrite de Maxime Gremetz au Président de l’Assemblée nationale.

Je veux dire à Maxime, malgré nos différends et nos coups de gueule, mon affection et ma fraternité. Tu vas nous manquer. Pense à toi et à ta famille.

Il est vrai que lorsque les dirigeants du Parti communiste font le choix d’un dirigeant socialiste pour les présidentielles, que reste-t-il du combat communiste ?

Je ne peux m’empêcher de penser que Maxime Gremetz, connu pour ses côtés excessifs et imprévisibles, est un député de la classe ouvrière, un homme du peuple. C’est une espèce qui se fait rare surtout lorsque la direction du PCF se tient de plus en plus éloignée des classes populaires et du monde du travail.

La double peine a été infligée à Maxime : exclu du PCF, exclu par les députés communistes (sauf 2 : Jean-Jacques Candelier et moi-même).

Maxime a été humilié, touché dans sa dignité et son amour propre. Depuis quinze ans, force est de constater que des dizaines de milliers de communistes n’ont plus leur carte. Petit-à-petit, la raison d’être communiste se perd pour privilégier l’action institutionnelle, au détriment de notre enracinement populaire. La lutte des classes est rangée au musée.

André Gerin

Amiens le 15 mai 2011

Monsieur le Président,

Je viens par la présente vous informer de ma démission de député de l’Assemblée nationale.

J’ai toujours indiqué que le député ouvrier que je suis, n’avait pas grand-chose, sauf la dignité : je considère que celle-ci a été bafouée par la décision que le bureau de l’Assemblée nationale de m’infliger pour la première fois dans l’histoire de la Vème République, une sanction injustifiée : sanction inappliquée aux députés qui vous ont pourchassé dans les couloirs de l’Assemblée jusqu’à l’Hôtel de Lassay, ni à M. Copé qui a fait acclamer un condamné* par la justice pour propos racistes et xénophobes dans les locaux de l’immeuble Chaban-Delmas.

Vous aurez d’ailleurs à répondre de ces sanctions devant le juge le 6 juillet.

Par ailleurs cela a donné le prétexte à une direction d’un parti qu’elle est en train « d’enterrer » de me faire exclure par quelques députés de mon groupe et de son Président Yves Cochet. On veut aussi me priver de tout moyen pour remplir pleinement et dignement mon mandat « de député ».

Dans ces conditions, comme je ne suis pas élu, ni pour l’honneur ni pour la paix mais pour le peuple, je préfère laisser cela à tous ceux, séduits par les dorures et les privilèges.

Je démissionne donc de cette Assemblée nationale dont les pouvoirs sont de plus en plus inexistants.

Depuis des dizaines d’années, j’ai fait ce que j’ai pu pour servir mon pays, et le peuple.

Monsieur le Président, je vous demande de prendre acte de ma décision à compter de ce jour.

Veuillez agréer l’expression de mes sentiments distingués.

Maxime Gremetz

 

* Eric Zeymour

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Jihad WACHILL 21/05/2011 10:16



Je ne peux que regretter qu'André ait fait le choix, délibéré je pense, d'occulter les antécédents de Maxime, que ce dernier paie sans doute autant sur cete histoire que le dernier épisode,
sur lequel il n'y avait pas "de quoi fouetter un chat". Un choix qui le coupe d'une partie des militants communistes de la Somme (surtout à Amiens), qui rejettent en bloc le "méthodes
gremetziennes", pratiquées par Maxime lui-même mais aussi par la direction fédérale de la Somme désormais à son propre compte (mais toujours avec les même méthodes...). Ce n'est d'ailleurs pas un
hasard si une cellule amiénoise a fait le choix de soutenir la candidature de DANG TRAN...


Le fait est que ces militants ne veulent plus cautionner l'usages de méthodes violentes à l'intérieur du Parti. Et quand je parle de violence, il s'agit de violence physique et non simplement
verbale ou de pressions psychologiques: au moins trois camarades (tous "contestataires" d'ailleurs...) ont eu à se plaindre à Amiens de coups donnés par Maxime en personne. Sans compter ceux dont
ont pu se rendre coupable à plus d'une occasion son suppléant (avant qu'ils ne se fâchent) et d'autres autour de lui.


Par ailleurs, à l'Assemblée nationale même, en 2007 Maxime s'était quand même permis de forcer la serrure du bureau d'un autre député communiste (avec un pied de biche paraît-il...) pour y
récupérer des dossiers qu'il y aurait laissés... Il est pour le moins étonnant qu'aucune sanction n'ait été prise à ce moment-là déjà...


Il est à peu près certain que Maxime a payé ses antécédents au moins autant que l'épisode de son coup de gueule sur les voitures mal garées. Qu'il s'agisse de la goutte d'eau qui a fait déborder
le vase pour une partie de ses collègues députés ou plus prosaïquement d'un prétexte pour se débarasser de lui de la part de certains qui n'attendaient que ça, toujours est-il qu'il a tendu le
bâton pour se faire battre.


Concernant sa démission elle-même, j'avoue quand même une certaine surprise. Ce n'est pas tellement dans son caractère, même si le fait de démissionner sans qu'aucune élection ne puisse se faire
dans la foulée laissant le siège vacant tient probablement d'un calcul politique, ultime pied de nez facétieux. Mais là aussi, je pense que son exclusion du groupe GDR est plus un prétexte
qu'autre chose pour justifier une démission sur le mode de la victimisation. La justification réelle est à mon avis plutôt à chercher dans des raisons de santé.


Ceci dit, si je ne trouve pas l'exclusion de Maxime du groupe GDR illogique "pour l'ensemble de son oeuvre", ça ne m'empêche pas de me demander pourquoi les députés Verts n'en ont pas été
évincés suite aux dernières dégueulasseries d'EEV lors des dernières cantonales. Ca le valait au moins autant, il me semble...



David Noël 21/05/2011 09:04



Soutien à Maxime Gremetz. Son exclusion du groupe est une honte. Je ne sais plus qui disait "le parti se renforce en s'épurant". On nage dans l'absurde en privant de carte des camarades dévoués,
en excluant un député comme Maxime Gremetz en se donnant pieds et poings liés à Mélenchon. Je ne suis pas contre le rassemblement, contre le principe du Front de Gauche, mais rassemblons d'abord
les communistes au lieu de les exclure !