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Réveil Communiste

Aller vers l'union des communistes en France

3 Janvier 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Réseaux communistes

Dedans, dehors... la dialectique appliquée à l’organisation
ou comment faire le choix de sortir de l’émiettement...
dimanche 2 janvier 2011
par  pam 
sur lepcf.fr


D’échéances en échéances ; congrès, élections, manifestations, la stratégie de la direction du PCF s’affirme de plus en plus clairement vers une nouvelle force politique dans le cadre du Parti de Gauche Européen, comme le souligne l’élection de Pierre Laurent à la présidence d’un PGE assumant la rupture avec les partis communistes portugais, tchèques ou grecs, c’est à dire avec trois des partis communistes européens les plus forts en organisation et en résultats électoraux.


Sans doute, cette direction espère en une victoire de la gauche en 2012 dans laquelle un score significatif d’une candidature médiatique de type Mélanchon pourrait permettre d’asseoir une structure nationale dans les institutions, en négociant au mieux les places législatives ou ministérielles. C’est pourquoi elle insiste à chaque occasion pour que les communistes ne cherchent pas à imposer un candidat du PCF face à Mélanchon. Pierre Laurent répondant à des journalistes justifiant la nécessité d’un débat sur la candidature Mélanchon en avouant "vous ne pouvez pas empêcher des communistes de se dire, pourquoi pas un communiste ?", et précisant si c’était nécessaire que "Chassaigne n’est pas le candidat du PCF..."


Avec cette stratégie, l’issue n’est évidemment pas dans l’effort militant de construction d’une organisation d’action et de rassemblement, et les demandes répétées de la majorité des communistes de continuer le parti communiste français ne sont que des freins et des obstacles à surmonter. Il faut certes des bras pour les campagnes électorales très médiatiques, mais l’essentiel est ailleurs...


Dans ce contexte, les communistes continuent à renâcler, protester ou dénoncer... mais dans le désordre et l’émiettement... Des milliers de militants ont quitté le parti, parfois dans l’éloignement de la vie politique, souvent dans une activité sociale, quelques milliers cherchant à faire vivre leur engagement communiste de diverses manières, mouvement politique comme le PRCF ou l’URCF, associations comme Rouge Vif Paris ou Marseille ou Colère et Espoir, le RCC... Il y en a d’autres...


Dans le parti même, l’opposition à cette stratégie s’est exprimée avec force à plusieurs reprises, et notamment avec le texte "Faire Vivre et Renforcer le PCF" au 34eme congrès en 2009, signé par 808 communistes, et obtenant 25% des votes pour le choix de la base de discussion. un quart d’entre eux se sont retrouvés au congrès d’étape de 2010 dans une contribution tandis qu’un autre quart s’exprimait sur un texte signé par 445 autres communistes qui n’avaient pas signé celui de 2009... Dans l’appel du 4 décembre pour une candidature communiste, on retrouve sur 286 signatures à la date du 28 décembre, 174 communistes qui n’avaient signé aucun des textes précédents...


Dans ceux qui, dans des débats souvent vifs, ont contribué à élire la direction actuelle, les critiques ne manquent pas. Le texte de soutien à la candidature Chassaigne proposé par le réseau ANR recueille 232 autres signatures...


Bref, à chaque fois qu’on propose aux communistes de s’exprimer d’une manière ou d’une autre pour dire "nous voulons continuer le parti communiste français", ils le font ! Ce sont d’ailleurs les militants qui avaient bousculé la préparation du 34eme congrès en imposant lors de l’assemblée nationale des animateurs de section en Décembre 2008 le maintien du PCF.


Sans doute est-ce fort de cette expérience que pour le prochain congrès, la direction réunit cette fois uniquement les... secrétaires de section.


Mais ce qui apparait de ces faits, c’est que si les communistes, dans une diversité de situations et d’analyses, se retrouvent très nombreux pour défendre la nécessité d’un parti communiste, ils le font en ordre dispersé, sous des formes souvent contradictoires, et sans apparaitre capable de construire une unité militante pour peser de dedans et de dehors sur l’orientation du parti. Au mieux, ils freinent la transformation du PCF [1].


Bien sûr, ceux qui tentent de construire une autre organisation, PRCF, URCF notamment, ne peuvent que se sentir confortés par l’évolution toujours plus claire de la direction du PCF et par l’incapacité apparente de l’opposition interne à s’organiser réellement nationalement. Si le PCF n’hésite pas à réutiliser des mots comme capitalisme ou lutte de classes, qui avaient disparus du vocabulaire des dirigeants pendant de nombreuses années [2], les décisions politiques sont toutes celles d’une "force de gauche" ayant rompu avec l’histoire communiste.


Mais de la même manière, ceux qui sont restés au PCF ne peuvent que considérer que l’émiettement persistant des forces communistes hors PCF malgré les nombreuses initiatives de convergence confortent l’idée qu’on ne peut reconstruire "ex nihilo". La surprise que constitue le renforcement accéléré de la jeunesse communiste et la qualité des débats de son dernier congrès donne confiance au contraire dans le fait que l’espace politique du PCF est toujours disponible...


Prenons l’exemple de la déclaration du PRCF sur l’appel du 4 décembre. Le texte ne fait pas dans la dentelle dans la critique, mais si on prend le temps de le lire au fonds, on peut constater en fait de nombreux points d’accords avec les communistes qui ont lancé cet appel pour une candidature communiste en 2012.


Bien sûr, l’appel ayant pour objectif immédiat de mobiliser les communistes dans la préparation du prochain congrès, et s’adresse donc d’abord aux communistes du PCF. Mais nulle part, il n’exclut qui que ce soit. Le PRCF lui même accepte la double appartenance, en considérant que le fait de rester ou pas au PCF est une question qui peut être conjoncturelle selon les situations locales. Des militants du PRCF adhérents au PCF peuvent donc tout à fait contribuer à cet appel.


Et si l’objectif immédiat est interne, l’objectif principal est plus large. A l’évidence, ce texte est fait pour servir dans toute l’année 2011 en perspective de 2012. Tous ceux qui considèrent que le point de vue communiste doit être présent dans la bataille politique avant, pendant et après 2012 peuvent se retrouver pour prolonger cet appel. Pourquoi le PRCF, avec d’autres, ne peut-il intervenir sur cette question ?


Bien sûr, le texte du PRCF reprend, avec forces citations, l’idée fondamentale qu’il faut, comme en 1920, séparer le réformisme du communisme. Et pour certains, cela veut dire, séparer les communistes du PCF devenu réformiste. Sauf que pour d’autres, cela veut dire, "faire vivre et renforcer" un PCF resté communiste, "avec, sans ou contre" sa direction réformiste, en tout cas, de manière autonome sur des bases communistes. C’est ce que font dans la pratique de nombreux communistes qui continuent à faire vivre des cellules et des sections, malgré la désertion totale de la direction nationale des questions d’organisation [3].


De ce point de vue, il est contreproductif de porter des jugements intempestifs sur les militants qui agissent dans des situations diverses. Prenons un seul exemple. Les 3eme rencontres internationalistes de Vénissieux, en présence de 10 partis communistes, dont le PCP et le KKE, avec plus de 200 militants passionnés et l’ambassadeur de Cuba, étaient-elles "démobilisatrices" ?


On en peut que partager l’avis que "les vrais communistes doivent agir ensemble", mais comment dire "sans des sottises du genre « hors du parti point de salut » ?". Car a quoi peut servir la convergence des "vrais" communistes si ce n’est pour reconstruire un parti. Certes, ce n’est sans doute pas pour tout de suite, mais cette question ne peut être évacuée ! Oui, la question du parti est centrale, et pour ceux qui continuent à agir dans le PCF, la question du PCF comme parti communiste à reconstruire est centrale. Puisque que "les vrais communistes doivent agir ensemble", il faut que le plus grand nombre possible, trouvent les formes qui permettent de construire ce parti de demain, de dedans et de dehors, en respectant les situations historiques...


Le dépassement dialectique de la contradiction dedans-dehors est de considérer ce qui nous réunira "à terme", c’est à dire l’organisation utile aux communiste que doit être, que sera, le Parti Communiste, le PCF ou en tout cas, un parti qui assumera l’héritage historique du PCF !


Et une manière concrète de poser cette question, c’est bien de considérer que tous les collectifs organisés de communistes peuvent être des points d’appuis pour retrouver une capacité nationale. L’urgence est alors le renforcement de tous ces points d’appui, renforcement en organisation, adhérents, outils de travail, efficacité pour intervenir dans les luttes, renforcement idéologique en partageant des outils de formation, des analyses et des connaissances sur la société et les luttes de classe, renforcement politique en cherchant à faire émerger des dirigeants nationaux capables de se parler, en toute franchise, mais en tout camaraderie.


Oui, le choix de l’émiettement n’est pas fatal, et un point de vue matérialiste de la question peut conduire des communistes engagés sous des formes différentes à se respecter et à se renforcer dans une stratégie de convergence, car rien ne se réglera pas par un "accord" de sommet, par un groupe de dirigeants qui trouveraient enfin la déclaration signée par tous et qui permette enfin la convergence. Le processus de reconstruction ne peut être qu’un processus lent et militant, le rythme étant principalement lié au mouvement social et à la crise elle-même du système qui "produit ses propres fossoyeurs".


[1] ce qui n’est déjà pas si mal si on pense à la brutale dissolution du puissant PCI et de ses conséquences dramatiques pour le mouvement ouvrier italien

[2] rappelons-nous les discussions du 33eme congrès

[3] sauf pour centraliser nationalement les fichiers d’adresse et les cotisations...

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Pasquale 20/01/2011 16:10



voici mon commentaire : Suite
à "Dedans, dehors... la dialectique appliquée à l’organisation ou comment faire le choix de sortir de l’émiettement... "



GQ 19/01/2011 21:07



En fait il n'y pas de grand écart le seul critère c'est la lutte réelle et la confiance des masses. Par exemple en Inde j'ai l'impression que les maoistes la méritent davantage que les les deux
PC officiels, et en Tunisie les "albanais" ont bien l'air plus légitimes dans la lutte que les postcommunistes de l'exPCT qui font partie de l'oppostion de sa majesté ... et mê du gouverbnement !



marcel raym 19/01/2011 18:32



 


PAM, je n'appartiens à aucune organisation, mon point de vue est donc extérieur, c'est celui d'un sympathisant comme il y en a des (dizaines de?, centaines de?) milliers, qui s'irrite de
l'émiettement des communistes et de leur effacement. Globalement d'accord sur le constat que tu fais. Et merci d'avoir au moins proposé quelques pistes pour aller dans le bon sens. Tu écris
notamment: « L’urgence est alors le renforcement de tous ces points d’appui, renforcement en organisation, adhérents, outils de travail, efficacité pour intervenir dans les luttes,
renforcement idéologique en partageant des outils de formation, des analyses et des connaissances sur la société et les luttes de classe, renforcement politique en cherchant à faire émerger des
dirigeants nationaux capables de se parler, en toute franchise, mais en tout camaraderie ».Certainement. Ajoutons-y ' le vécu et l'expérience de chaque organisation dans la recherche de
l'unité des communistes et la construction du Parti '. On ne pourra en effet construire quoi que ce soit sans tirer des leçons pratiques de toutes les tentatives, celles qui sont toujours en
cours comme celles qui n'ont pas abouti. Les faits sont têtus.


Entre autres questionnements:


1° Quelles leçons tirer de l'expérience passée de la Coordination au sein du Parti: Pourquoi FVR le PCF réussirait là où la Coord a échoué (modifier la ligne du parti) ? Quelles difficultés ces
camarades ont-ils rencontré à l'époque, pourquoi l'impossibilité de rester dans le PCF (quand des trotskystes semblent aujourd'hui y prospérer ) Pourquoi les anciens de la Coord y
retourneraient-il un jour, qu'est ce qui devrait changer dans le Parti pour espérer cela?


2° Une fois à l'extérieur du Parti la fracture s'est maintenue entre les divers morceaux de la Coordination. Pourquoi ? Aujourd'hui les divergences sont elles en voie de règlement ?


Cette fracture a au moins permis à chacun de vivre sa vie et travailler avec des partenaires différents, quel bilan font-ils eux de leurs rencontre et confrontation avec des groupes, idéologies,
types de militantisme assez éloignés du PCF (c'est un euphémisme). Je pense pour ma part que ce dialogue avec des gens qui avaient été excommuniés (et qui nous ont sacrément excommuniés) est
d'une grande richesse sur le plan théorique: analyse de la chute de l'URSS , la question de Staline, le passage pacifique au socialisme, les illusions électoralistes, la nature de classe de
l'état et des organisations internationales, la DDP, l'UE, la social démocratie, le fascisme.. sans pour autant que nous puissions jamais partager
leurs jugements sur le Camp socialiste, Cuba , l'Angola, le Vietnam etc.. ni leur Otzovisme .


3° Quel regard porter sur les tentatives de PC bis comme le PC des Peuples d'Espagne, ou des PC qui n'en n'ont pas le nom comme le PTB ...qui vient d'ailleurs du gauchisme?


4° Lorsque le Parti Communiste tel que nous le souhaitons sera à nouveau sur les rails, quelle politique d'alliance mettre en oeuvre compte tenu des expériences faites par les camarades d'
Espagne (IU)et d'Italie (Refondation) entre autres. La voie courageuse mais solitaire du KKE et du PCP, est-elle transposable dans notre système électoral (concrètement pourrons nous toujours
dire: sans le PS, sans le NPA, sans les écolos, sans Mélenchon) ? Au sujet du Front de gauche honni ici, que disent les groupes communistes qui ont participé aux élections régionales à ses cotés,
le considérant comme «  le rassemblement populaire des forces antilibérales ». Se sentent ils manipulés par l'UE ?


5° Faut-il un syndicat communiste comme en Grèce, qui adhérera à la FSM. Un scénario FIOM est il envisageable ?


5° Enfin sorti de nos fondamentaux (anti capitalisme, anti impérialisme, anti PGE, anti OTAN, anti UE, anti criminalisation du communisme, pro Cuba, anti euro.... ce n'est pas rien) quelle est
notre idéologie ? Je rejoins ici SAM 82. A lire les articles postés ça et là elle semble à géometrie variable: Maoiste au Népal aux Philippines et en Inde, Crypto poutinienne avec Ziuganov en
russie, plus ou moins socialiste de marché en Chine et au Vietnam, Bolivariens en Amérique, un peu spectateurs sur l'Afrique , Albanais en Tunisie, très bleu blanc rouge sur la Corse et sur le
Pays Basque nous collons à bien des combats quitte à faire parfois le grand écart. Il faudra bien clarifier un jour nos positions.


Fraternellement



sam 82 04/01/2011 18:23



personnellement je ne demanderai pas mieux de contribuer a construire une unité militante pour peser de dedans et de dehors ( pour ma part de dehors depuis pas mal d'années ) mais la question
essentielle a poser est sur quelles bases politiques , non seulement programmatique , organisationnelle , quel bilan tirons nous des compromissions participatives a différents gouvernements 
avec le ps , quel bilan quelle analyse tirons nous du socialisme ayant existé ou existant , et aussi quelle est notre approche du marxisme léninisme , voilà quelques questions posées , pas des
moindres sur les quelles il faut une unité de pensée sans cela pas d'unité possible , et c'est en parti sur ces questions que mes désaccords m'ont fait quitté le parti . et je le dis sur ces
questions , comme sur d'autres je ne suis pas prêt au compromis . je ne suis pas le seul . je partage la critique du PRCF car effectivement je n'ai plus d'illusions , sur l'effort méritoire
certes , des camarades du réseau quand a leur capacité de pouvoir peser au sein du parti , au point de remettre celui-ci sur les rails de la lutte des classes . je pense qu'un parti communiste
digne de ce nom est a construire en dehors des structures existantes , qui sont largement gangrénées par le réformisme , a tous les niveaux . et puis pour ce qui est de l'orientation politique du
réseau l'orientation politique du moins de mon point de vue reste floue , avec des désaccords politiques et pas des moindres . quand a l'appel pour une candidature communiste pour les
présidentielles de 2012 , sur quelles orientations politiques ? dans tous les cas que se soit les orientations du front de gauche , du pc , ou un compromis des deux ça ne pourra qu'être sur des
bases réformistes , c'est pour cela que je ne signe pas l'appel .  sam 82