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Réveil Communiste

Alain Touraine: la social démocratie c’est fini…et son commentaire par Danielle Bleitrach

29 Novembre 2013 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Qu'est-ce que la "gauche"

Sur le blog de DB

La social démocratie, c’est fini

Ce que nous vivons en France, en Italie, en Espagne, et aussi, sous d’autres formes, en Grande-Bretagne et en Allemagne, ce n’est pas une série de crises politique,c’est la décomposition, la fin de la social- démocratie. Et comme les communistes, trotskistes et autres maoïstes ne jouent plus qu’un rôle marginal,ont éclaté ou ont disparu, c’est bien toute la gauche des sociétés industrielles qui achève de disparaître.…

La droite est moins menacée, puisque sa base principale, le monde de plus en plus internationalisé de l’argent, est bien vivant; mais l’argent ne conquiert pas par lui- même la majorité politique et les partis de droite, comme le gaullisme en France et la démocratie chrétienne en Italie ont disparu. L’Allemagne suit sa tendance centrale, celle de la grande coalition entre la démocratie chrétienne et une social-démocratie qui,à l’époque du chancelier Schröder, a pris des mesures plus de droite que de gauche.

Il faut avoir le courage de partir d’une constatation simple: il n’y a plus ni droite ni gauche; il n’y a plus que des centres et des extrêmes. Beppe Grillo en Italie a même créé un parti anti-politique. Les enquêtes françaises montrent que les principaux partis ont déçu l’opinion publique et qu’il n’existe pas de nouveaux partis porteurs d’idées nouvelles. Le Front National n’est qu’un front de refus. La plupart des électeurs se contentent de rechercher le maintien d’avantages traditionnels .

L’Europe politique marche droit et d’un bon pas vers la confusion, le catastrophe et la violence.Il est impossible aujourd’hui d’imaginer une transition maîtrisée de l’ancienne société industrielle vers un nouveau type de société. et la mondialisation nous enlève même la certitude qu’une fois encore s’opposeront une droite et ne gauche, définies cette fois en termes mondiaux.

Je parle calmement; pas de dictature en vue, sauf Poutine, qui est enfermé dans un pays vaincu dans tous les domaines. Mais une chute cumulant les effets de la crise et de la déception est toujours possible, menaçante, et la France est en même temps un des pays les plus fragiles. J M Ayrault, par une manoeuvre habile, vient de s’assurer de six mois de plus à Matignon; mais après,au milieu de 2014, après deux défaites électorales, comment passer sans accident grave d’Ayrault à Sarkozy, à Juppé ou à Valls?

Alain Touraine – son blog

Quelques remarques de danielle Bleitrach

Il y a longtemps déjà, j’avais utilisé les travaux d’Alain Touraine sur les étapes industrielles ABC, les modes ouvriers, que j’avais combiné avec les travaux de Gramsci sur l’ouvrier fordien pour analyser le développement du complexe industrialo-portuaire de Fos. Cela s’était avéré heuristique et nous avions avec Alain Chenu publié le résultat de nos travaux en 1969 chez Maspero dans l’Usine et la vie. J’ai donc toujours suivi avec beaucoup d’attention les travaux d’Alain Touraine en le considérant comme un esprit productif.

J’ai écrit plus tard en 85, un article dans la Pensée dans lequel je critiquais son analyse du dépassement du marxisme. Le marxisme était dépassé, selon lui, entre autres, puisqu’il n’y avait plus de crise, le capitalisme avait trouvé sa régulation. Le moins que l’on puisse dire est que le retour qui s’opère actuellement vers le marxisme est justement lié à son explication de la crise. .

Aujourd’hui dans ce texte sur la social démocratie européenne, non seulement il y a crise mais dans le gouffre a disparu l’espérance des nouveaux mouvements sociaux et même le politique, c’est la victoire intégrale du capitalisme du moins en Europe, qui n’a plus de challenger puisque c’est la fin de la social démocratie et la disparition pure et simple du communisme.

Alain Touraine nous parle de l’Europe et ses accents sont proches sur ce thème de ceux d’Habermas, son analyse de l’Europe, est proche également de celle de Chomsky sur l’évolution du système politique aux Etats-Unis. Chomsky note que l’opposition démocrate républicain n’existe plus, il y a un magma qui est soumis aux affaires et à la marge désormais, une partie des républicains de plus en plus antisystème et insurrectionne, l’extrême-droite dont il ne craint pas plus qu’elle prenne le pouvoir mais qui plombe tout dialogue, tout compromis.

L’analyse d’Alain Touraine me paraît effectivement pertinente si on en reste à l’évolution politique de l’Europe, sa stagnation, son absence de perspective en matière de jeu républicain.

La social démocratie est-elle autre chose, depuis la première guerre mondiale, qu’un phénomène européen totalement intégré au capital et à l’impérialisme face à la première expérience socialiste? Effectivement la fin de cette première expérience socialiste européenne a sonné le glas de cette régulation et des formes de compromis que sa présence avait engendré. Paradoxalement on peut faire le pari et c’est là tout l’intérêt de ce texte que la fin de l’affrontement URSS-USA est aussi la fin de ce mode d’existence du rapport capital- travail. Mais c’est là une dimension interne des sociétés capitalistes développées qu’il s’agisse de l’Europe, des Etats-Unis ou du Japon et elle s’accompagne d’une transformation des conditions de l’exploitation planétaire comme la social démocratie dont parle Alain Touraine est née de la première guerre mondiale et de la lutte contre le bolchevisme.

Ce que je n’arrive pas à comprendre c’est comment quelqu’un qui connait bien l’Amérique latine comme Alain Touraine peut en rester là, comme d’ailleurs voir dans le Russie une simple dictature à l’agonie. Poutine représente un régime autoritaire mais ce n’est pas une dictature, en outre la Russie se tourne vers l’Asie, de nouvelles alliances se dessinent et il n’y a pas dans le monde que des populismes à la pépé Grillo. On ne peut pas aujourd’hui dans le monde multipolaire qui est en train d’apparaître avec de nouveaux rapports sud-sud, se limiter à la crise du politique en Europe, il faut au contraire voir cette crise comme l’épuisement d’un essor entamé avec le début du capitalisme. Il faut reprendre une périodisation à la Braudel dans laquelle le berceau du capitalisme et du libéralisme, l’Europe, et son rejeton les Etats-Unis, sont confronté à un effondrement qui ne saurait se confondre avec l’évolution de la planète et il faut tenir compte de cette évolution globale, de la perte d’hégémonie alors même que demeurent trois bases hégémoniques: l’accumulation de la force militaire et la capacité d’intervention, totalement assymétrique, le rôle des monnaies, le dollar d’abord et enfin le monopole de l’information. Une force qui demeure mais sans autre perspective que se maintenir…

la crise n’est pas seulement crise de l’Europe mais bien du mode de mondialisation que l’Europe à la naissance du capitalisme a imposé à la planète, repris et développé par les Etats-Unis aux lendemains de la deuxième guerre mondiale. L’impossibilité à penser la politique, une perspective qui ne soit pas la gestion des intérêts du capital monopoliste et financiarisé que décrit Alain Touraine n’a pas qu’une dimension interne, elle a aussi sa dimension internationale.

Bref je ne peux que dire mon accord avec la description de la chute de la maison Europe mais aussi à la nécessité de penser l’Europe dans une transformation planétaire, un ébranlement qui de l’infrastructure passe à toutes les représentations, institutions, vous aurez reconnu le texte célèbre de la contribution à la critique de l’économie politique. Une fois de plus mon désaccord avec Alain Touraine concerne la définition de la crise

Danielle Bleitrach

Et aussi :

La réflexion du jour: oui la social démocratie c’est fini…

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Pour poursuivre la réflexion à partir du texte d’Alain Touraine sur la fin de la social démocratie en Europe, voici quelqu’un qui dit assez clairement la fin d’un modèle de compromis capital travail inauguré à la veille de la première guerre mondiale par l’acceptation de cette boucherie et conçue à partir de 1917 comme un rempart contre le communisme. L’effondrement de l’URSS a rendu caduque la social démocratie. Oui mais l’Europe qui est née de la chute de l’URSS fait aussi eau de toute part. On s’interroge sur l’expression politique qui lui permettra de durer en tant que lieu d’expansion du néo-libéralisme ? Il y a bien sur le mécontentement des peuples européens mais aussi celui de la planète qui supporte de plus en plus mal une hégémonie néocoloniale…

Aujourd’hui le mouvement international de résistance à l’hégémonie de l’occident sur les pays du sud, la tentative de créer un monde multipolaire qui s’oppose aux guerres et cherche la souveraineté des pays sur leurs ressources est une réponse à la crise du capital et rend difficile la solution militaire impérialiste. cela provoque au plan des pays capitalistes une nouvelle configuration politique, la fin de la droite et de la gauche, mais une coalition "républicaine" qui défend les "affaires" et l’opposition à un "extrémisme" dans lequel est confondu l’extrême-droite et l’extrême-gauche, cette dernière que l’on tente d’aliéner à la première. Il est frappant de voir comme l’a décrit Chomsky à quel point la reconfiguration entre républicain et démocrate est comparable à celle entre droite et gauche en Europe.

Voici un exemple de ce conglomérat que l’on est en train de bâtir et dans lequel crier au loup tout en faisant monter l’extrême-droite pour mieux faire accepter cette omnipotence des intérêts capitalistes, présenté concrètement par un membre du gouvernement. Il faut bien mesurer que toute la tentative vise à isoler dans le monde du travail les couches les plus défavorisées des couches moyennes à la fois par des combats dans lesquels les uns et les autres ne se reconnaissent pas ou en inventant une couche parasitaire des pauvres et des assistés, voir des fonctionnaires budgétivores. Le tout pour mieux mettre le monde du travail sous la domination du "réalisme" des donneurs d’emplois.

comme une réponse Le secrétaire national du PS à la protection sociale prône l’Union nationale pour exonérer les employeurs de cotisations sociales

Dans une interview publiée hier dans le Figaro, Pascal Terrasse, secrétaire national du PS (*), interrogé sur la possibilité de réaliser en France une Grande Coalition comme en Allemagne, proclame que « le temps de l’union nationale est venu en France ».

Elle devrait d’après lui se réaliser sur la base de solutions nouvelles, comme celles qui ont été mises en œuvre en Allemagne. Pour cela il faudrait « revoir tout le système de redistribution depuis les prestations sociales jusqu’au contrat de travail encore trop rigide ».

L’entreprise qui embaucherait un jeune serait par exemple dispensée des cotisations sociales pendant deux ans. Jugeant que les allocations chômages coûtent trop cher, Pascal Terrasse demande de transformer « la dépense passive » en un « dispositif actif » et suggère que les chômeurs participent quelques heures par mois à des travaux d’intérêt général.

Anticipant les réactions que susciteraient de telles propositions, il s’en prend à « ceux qui confortablement installés dans leurs emplois durables, refusent aux plus précaires une insertion sociale dans le monde de l’activité ». Pour appuyer cette affirmation, il cite Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, pour qui la première des crises, « c’est celle de la responsabilité ».

Une proposition d’union nationale avait déjà été émise en avril par Benoist Apparu, ancien ministre UMP, sans grand succès. Interrogé à nouveau par le Figaro, il maintient que c’est la seule solution pour « vraiment réformer sans que les corps intermédiaires, le Parlement, les syndicats dénaturent les mesures. »

(*) Pascal Terrasse, député de l’Ardèche, est secrétaire national du PS chargé de la protection sociale. Il est proche du ministre Vincent Peillon avec lequel il participe aux activités du club "L’espoir à gauche", tout comme Gréard Collomb, maire de Lyon ou Emmanuel Vals, ministre de l’intérieur.

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GQ 30/11/2013 08:43


C'est normal, c'est Alain Touraine ! ce qui est intéressant, c'est que ce pilier de la Social démocratie jette l'éponge.

Jalal 29/11/2013 15:35


L'analyse est très superficielle, se base sur des réalités provisoires et n'est pas scientifique et semble être erronée; Elle entretient des clichés (fin du communisme, etc) et analyse les choses
selon des normes que n'ont cessé de critiquer Marx et Lénine.


L'auteur semble encore croire aux illusions bourgeoises.