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Réveil Communiste

Déclaration de membres du CD parisien sur l'électoralisme européen

22 Février 2009 , Rédigé par Réveil Communiste

Après le 29 janvier, le PCF-Paris se mobilise... pour les alliances aux européennes!

Après le 29 janvier, la direction du PCF-Paris se mobilise ...

pour les alliances aux élections européennes.



Alors que les luttes s'intensifient au niveau national contre la politique du capital, renforcent leur convergence et atteignent des niveaux inédits dans certains secteurs (universités, banques...), les communistes parisiens sont en droit d'attendre des initiatives politiques à la hauteur du besoin d'alternative politique immédiate qu'expriment les salariés, les retraités, les jeunes.

Au lendemain de l'immense journée d'action du 29 janvier, la grande opération lancée par la direction du PCF-Paris renvoie aux élections européennes de juin.

Opération qui se veut d'ampleur puisque tous les adhérents du PCF Paris ont reçu par courrier un quatre pages couleurs les invitant à un « Banquet républicain pour changer l'Europe », dimanche 15 février. Objectif affiché : 500 couverts pour le lancement du « front progressiste européen » au niveau parisien.


Imposée sans vote lors le Conseil Départemental de janvier, mise en œuvre par une coordination auto-désignée, alors que l'exécutif fédéral n'a toujours pas été élu depuis le congrès, cette initiative relève plus du coup de force du groupe dirigeant que d'une attente des militants parisiens. En dehors de quelques zélateurs inconditionnels de la « recomposition politique à gauche », la réunion du Conseil départemental avait plutôt reflété l'angoisse justifiée d'un certain nombre de militants face à un tête-à-tête annoncé avec le Parti de Gauche de Mélenchon et les antilibéraux.


Qu'à cela ne tienne ! Le « front progressiste européen » doit passer, à Paris, en Ile-de-France et nationalement quoiqu'en pensent les communistes.

 La décision stratégique du « front » a été prise en court-circuitant les communistes, pourtant en pleine préparation du congrès, lors du Conseil national du 24 octobre. L' « alliance » électorale avec Mélenchon a été aussitôt scellée. De même, la plateforme qui tient lieu de contenu n'a pas été débattue. Surtout pas !

Dans la même veine, l'invitation parisienne annonce la présence de 4 personnalités dont Jean-Luc Mélenchon, le partenaire obligé, et Patrick Le Hyaric, le candidat présumé en Ile-de-France.

Prétendre consulter par la suite les communistes pour ratifier la constitution des listes aux Européennes alors que les négociations sont déjà clairement bouclées et la campagne déjà lancée témoigne d'un véritable mépris et d'une défiance vis-à-vis des militants.


La direction du PCF-Paris redoute manifestement l'avis et la réflexion des communistes qui viennent d'exprimer massivement au congrès leur volonté de maintenir et de réaffirmer l'identité du PCF, dans la Fédération de Paris comme dans tout le pays.


A la lecture du programme de ce « banquet républicain », aucun doute ne demeure sur la nature du « front » : au nom d'une alliance électorale, il constitue un nouveau pas vers la constitution d'une nouvelle force politique « progressiste » englobant le PCF sur un contenu clairement réformiste, « pro-européen ».

 

Placer le « banquet pour changer l'Europe » dans la lignée d'un « banquet communiste » de Belleville en 1840, comme le fait l'invitation, loin de rassurer des communistes inquiets, ne peut que confirmer leur crainte d'un détournement de notre histoire.

Prétendre organiser un « banquet RÉPUBLICAIN pour CHANGER l'EUROPE », c'est postuler que la défense de la République passe par le cadre européen. Une absurdité notoire dès lors que l'on entreprend l'inventaire des reculs démocratiques encouragés dans notre pays par l'UE depuis 50 ans en comparaison avec les principes inscrits dans le préambule de la Constitution de 1946, repris en 1958 (droits économiques et sociaux, laïcité,...). Sans compter que l'Union européenne est un conglomérat de monarchies !


Membres du Conseil départemental du PCF-Paris, nous refusons de cautionner cette initiative.


1- Nous refusons ce nouveau coup de force pour faire passer une nouvelle étape d'une recomposition politique à « gauche » effaçant le PCF.


Le banquet dédié à l'Europe sociale met en avant au menu des « tables à thèmes » (sic) des dirigeants nationaux du PCF ouvertement partisans de la « métamorphose » du PCF. La table 5, intitulée « les forces communistes et de transformation en Europe », sera ainsi tenue par Patrice Cohen-Seat. Elle semble faite toute exprès pour démontrer la nouvelle étape de liquidation du PCF en train de se jouer.

Défenseur acharné des collectifs antilibéraux et animateur principal de la campagne présidentielle de MG Buffet, P.Cohen-Seat se veut à l'avant-garde de la métamorphose du parti dont il dénonce les « valises de plomb » héritées de son passé. Qu'on le retrouve dans ce cadre à parler des autres forces « communistes » eu Europe est inquiétant. Le modèle défendu ne sera pas celui d'une force communiste combative, indépendante, enracinée dans les luttes comme en Grèce, au Portugal ou en République Tchèque mais bien celui d'un mouvement communiste progressivement amalgamé à des éléments sociaux démocrates, surtout préoccupé d'électoralisme et de postes dans les institutions, comme c'est le cas en Allemagne mais aussi en Italie avant l'échec catastrophique de la « gauche arc-en-ciel ». Dans cette promotion des « nouvelles forces de transformation en Europe » sur le modèle de Die Linke en Allemagne, le PGE est une matrice, tantôt mise en avant, tantôt cachée.


2- Nous refusons le virage réformiste du PCF au nom de l'Europe et exigeons de véritables confrontations d'idées dans la fédération sur le contenu de la campagne.


Refuser l'Europe « telle qu'elle est » afin de promouvoir une « autre Europe » ne change rien au problème. Cela revient à remettre la légitimité du pouvoir décisionnel à une entité construite par et pour les forces du capital depuis son origine, dans le but affirmé de contourner la résistance populaire à leurs pressions - prenant couramment la forme du rassemblement républicain en France.

Le texte de l'invitation enfonce le clou à propos de la volonté prétendument partagée de « voir émerger un autre type 'd'Europe' ». Les NON successifs lors des référendums en France, aux Pays-Bas et en Irlande n'ont pas exprimé une volonté de « réorienter » l'UE ou la BCE, encore moins un « besoin d'UE » mais le rejet d'une politique des politiques au service du capital menées dans chaque pays. La « construction » européenne en est l'instrument. Ses conséquences destructrices dans la vie des couches populaires sont identifiées de plus en plus clairement. L'enthousiasme d'une population qui aurait hâte de renouer avec une « Europe sociale » est une chimère qu'aucun militant contre le TCE n'a jamais rencontrée ni pendant la campagne référendaire ni depuis.

Jean-Luc Mélenchon était un des animateurs de la campagne socialiste pour le OUI à Maastricht en 1992 dans l'Essonne. Sur ce plan, un fossé nous sépare.


Nous assumerons nos responsabilités de militants communistes à Paris, le cas échéant, de membres du Conseil départemental.


Encore une fois (après les municipales), la direction du PCF-Paris fait preuve de ses préoccupations étroitement électoralistes et de sa participation enthousiaste au processus de liquidation. Son engagement dans la lutte actuelle est seulement figuratif. Au lieu de porter ses efforts vers la mobilisation et la convergence des luttes, il tente de (re)jouer un mauvais scénario, proche de celui des collectifs antilibéraux. Basé sur un projet clairement réformiste et peu mobilisateur (réorienter l'UE), engagé avec une force politique qui ne cache pas son ambition de saborder le PCF (le PG) et emmené par des liquidateurs reconnus du parti, le « front progressiste européen » promet d'être au centre de la stratégie « transformatrice » de la fédération parisienne pour ces prochains mois.


Des décisions unilatérales et antidémocratiques n'engagent que leurs initiateurs.


Dans nos cellules, nos sections, au niveau parisien, nous entendons continuer à prendre nos responsabilités pour contribuer à dégager la perspective politique que le développement des luttes appelle dans la suite du 29 janvier, et pour, partant de leur réalité, nourrir le débat sur le contenu de la campagne communiste des européennes.



Paris, le 12 février 2009,



Premiers signataires (chronologiquement):


Benjamin LANDAIS (Vème) ; Marie-Christine VENDEVILLE (XIème) ; Joëlle GIRARD (XIIIème) ; Camille MARQUES (XIVème) ; Anthony CREZEGUT (XVème) ; Emmanuel DANG TRAN (XVème) ; Josette GAWSEWITCH (XVème) ; Claude DEFFONTAINE (XVIème) ; Christine CARPENTIER (XVIIIème) ; Claude FAINZANG (XIXème) ; Pasquale NOIZET (XXème) ; Gilles GOURLOT (XXème), membres du Conseil départemental du PCF Paris

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gilles questiaux 16/02/2009 15:49

Les actions du "PG" sont en baisse, Mélenchon est sans doute trop à gauche et pas asssez manipulable au goût du groupe dirigeant. Ainsi au "banquer" après que les boss aient parlé oebdabt deux heures, ce fut le tour du PG, et à ce moment là on a servi le plat, et le pauvre il a du parler avec les bruit de mastication, de couvert, et les conversations.

gilles questiaux 14/02/2009 21:07

le prix du couvert pour le "banquet eiropéen" et pour avoir le privilège insigne de partager la table de Pierre Laurent ou Yves Dimicoli est de 20 euros.