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Réveil Communiste

JJ Karman au CN du 7 février 2009

12 Février 2009 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #CN du PCF

UNE CERTAINE "DEMOCRATIE"............ DE RETOUR AU PCF

pcf-colonel-fabien-siege-paris_489.jpgLe 7 février 2009 marquera un virage dans la vie interne du PCF. Après avoir voulu au 34ème congrès de décembre dernier éliminer toute opposition, ce sont trois listes alternatives qui se sont présentées et ont eu des élus au conseil national.

A la première réunion du CN, le groupe dirigeant a été mis en minorité puisque c'est simplement par 80 voix sur 233 que le comité exécutif a été élu. Depuis, la direction a travaillé à une « charte de travail en commun » qui a été mise dès le début du CN du 7 février alors que le Conseil National n'en avait à aucun moment discuté. Cela s'est traduit par le refus de donner la parole à certains membres du CN élus d'une des listes alternative représentant le texte n°3 qui avait obtenu 25 %.

Autre surprise démocratique : dans la discussion, Francis Wurtz, relatant le 1er meeting pour les Européennes à Frontignan dans l'Hérault a précisé « que la mayonnaise prenait » mais qu'il y avait un problème, c'était l'intervention de Jacques Nikonoff qui était contre l'Union Européenne, et qui avait demandé, avec son association, à être partie prenante du Front de Gauche. Il a alors précisé, avec un hochement de la tête de Marie George Buffet, qu'il ne faudrait plus inviter Nikonoff, précisant que lui, n'était pas contre l'Union européenne, mais contre les positions de celle-ci. Si on commence par écarter ceux qui veulent une autre Europe en étant contre l'Union européenne, nous allons laisser beaucoup de monde sur le « bord de la route », que ce soit à l'intérieur du Parti ou à l'extérieur.

Cette position bloquée est à l'image de la proposition qui nous ait faite en fin de réunion, d'expérimenter une « charte de travail en commun », pour le Conseil National, dans laquelle les demandes de prises de parole seraient adressées 24 heures avant la réunion, limitées à une trentaine, sélectionnées et analysées pour que l'opposition ne dépasse pas son quota. Mieux, pour les quelques membres de cette opposition qui auraient la chance de donner leur opinion, celle-ci ne serait plus retranscrite dans le supplément de l'Humanité « communiste ». Nous n'aurions qu'un article d'un journaliste qui, comme d'habitude passerait sous silence nos positions.

Lorsque l'on sait qu'un des objectifs de la direction est de réviser les statuts pour empêcher ce qui s'est produit au 34ème congrès, nous retournons tout droit vers des pratiques monolithiques, qui ont fait tant de désastres dans la vie interne du Parti. La démocratie, c'est avant tout l'écoute de celui qui pense autrement, dirait à coup sûr Rosa Luxemburg. Mais nous en sommes loin puisque cette direction croit résoudre ses problèmes par des mesures administratives alors que la vraie question est l'inadaptation de la ligne politique imposée par cette direction qui détient l'appareil et se reproduit de congrès en congrès.

Voici ci-dessous, l'intervention que j'avais préparée et qui m'a été interdite de prononcer.

L'intervention de JJK non prononcé lors du CN du 7 février 2009

Le contexte politique au moment de l'élection européenne sera, n'en doutons pas, marqué par les politiques de la droite et des réformistes, dans leur tentative de faire payer la crise à la classe ouvrière et au peuple de France.

C'est tout à l'honneur des députés communistes de ne pas avoir voté le plan de Sarkozy. La nature des propositions socialistes n'est pas différente de celle de la droite. Elles s'inscrivent toutes deux dans une tentative de replâtrage, qui poussera la crise capitaliste à un autre niveau encore plus grave pour les travailleurs.

L'Union Européenne, par ses directives pour le profit maximum est l'un des facteurs aggravants de la crise mondiale du capitalisme. Cette Union Européenne a été créée, constituée, façonnée pour les intérêts capitalistes. Il n'est pas possible, demain, de la faire agir pour le bien des peuples, elle n'a pas été faite pour cela.

Marx nous enseigne qu'il faut une rupture avec l'état bourgeois qui ne peut pas fonctionner positivement pour le peuple car sa fonction est d'aider à une exploitation maximum de ce même peuple. Il en est de même pour l'Union Européenne. Faire croire que l'on peut démocratiser l'Union Européenne et aller avec elle vers une Europe sociale, c'est un mensonge, c'est tromper les travailleurs.

La seule position juste, pour les travailleurs, c'est la sortie, non pas de l'Europe, mais de cet organisme pro-capitaliste qu'est l'Union Européenne. Non pas pour un repliement sur les frontières nationales, mais pour enclencher une rupture et comme pour le NON avec d'autres, construire une autre Europe respectueuse des acquis sociaux, de l'histoire et de la culture de chaque peuple.

La victoire du NON s'est construite sur la base d'un refus, d'un rejet de cette Union Européenne, la classe ouvrière sur la base de son vécu a voté à 80 % NON. Aujourd'hui il faut dire NON une nouvelle fois en sortant de cette Union Européenne pour ouvrir une perspective.

C'est sur cette base que doit être recherchée une union avec d'autres et non le contraire. L'union avec le Parti de Gauche, au delà du discours qui est parfois plus à gauche que celui de notre direction, je suis hésitant car je me rappelle par exemple qu'en 1965 il n'y avait pas de socialistes à Aubervilliers et que c'est nous qui les avons aidés à se constituer et nous connaissons la suite. Sur la réponse du NPA, il y a une logique, nous ne pouvons pas faire des alliances contraires d'une élection à l'autre. D'autant que les régionales et les européennes sont très liées. Aucune illusions, le NPA ira seul à l'élection européenne.

Prenons l'exemple de la réforme institutionnelle de la commission Balladur-Mauroy : il s'agit bien de façonner une nouvelle organisation des territoires pour les intérêts capitalistes: transformer à terme les départements en arrondissements de régions, transformer les communes en arrondissements d'intercommunalités...et dans ce contexte de prédominance de l'Europe des Régions, faire de la France un arrondissement de l'Union européenne. La suppression de la taxe professionnelle est un mauvais coup de plus dont la portée sera très grave pour les villes et les départements.

Faut-il se rappeler que cette nouvelle étape intervient au moment même où le président de la République prenait la présidence de l'Union Européenne avec pour mot d'ordre la « cohésion territoriale », à savoir la politique de l'Union Européenne qui ne connaît que les grandes Régions au détriment de notre République une et indivisible. La fin des départements, c'est la politique de régionalisation européenne issue du traité de Lisbonne, un outil institutionnel pour permettre la mise en œuvre de la politique de l'Union Européenne de dislocations des conquêtes sociales. C'est l'Union Européenne par sa politique régionaliste qui pousse à l'éclatement des nations, c'est elle qui vise à anéantir tous les acquis sociaux arrachés par la lutte des classes.

Alors, pour l'élection européenne, avant l'union, le contenu. Pour les candidats, personnellement je n'ai aucune opposition de personne. Encore une fois c'est le contenu qui sera déterminant.

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Jonathan 13/02/2009 06:44

Le nouveau réglement de l'Assemblée nationale, modifiant les conditions de dépôt d'amendements, contre lequel la gauche a, à juste titre, protesté, semble avoir toutefois donné des idées à la direction du PCF pour son fonctionnement interne. Oui je crois que nous pouvons le dire : en interne, la direction du PCF est sarkozyste !