Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Réveil Communiste

Liberté 62 et l'étincelle qui met le feu à la plaine (édito du 2/9/09)

10 Février 2009 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Paroles de communistes!

LIBERTE 62 - INTÉRÊTS DE CLASSES

INTÉRÊTS DE CLASSES


IL y a quelques semaines, un député UMP proposait que le gouvernement rembourse les pertes bancaires aux porteurs dʼactions et supprime par ailleurs la demi part allouée aux parents isolés nʼayant plus leurs enfants à charge.

Cette semaine, lʼUMP estimait quʼil fallait sanctionner ce quʼelle considère comme «lʼabus du droit de grève». De plus en plus, lʼattitude de Nicolas Sarkozy et de son entourage marque une rupture. Une rupture en forme de régression vers lʼAncien Régime, ses ordres et ses castes, ses privilèges et ses passe-droits, avec cette morgue et cette fatuité propres à ceux qui se croient propriétaires légitimes et dominateurs naturels, sans comptes à rendre, ni précautions à prendre. Après «Madame Sans Gêne», voici venu la présidence sans vergogne !

Et les nantis nʼont plus aucun scrupule. À lʼabri de lʼonction élyséenne, ils défendent leurs intérêts avec acharnement, franchise et virulence, méthode et brutalité.

Alors que le Parti socialiste vient dʼabandonner jusquʼà la mention des classes sociales, lʼactuel pouvoir présidentiel, lui, ne se trompe pas sur les intérêts de classe quʼil défend froidement, protège cyniquement et renforce activement. Aujourdʼhui en France, où privilèges et revenus exorbitants des chevaliers de lʼindustrie et de la finance sont aussi abusifs que ceux de la noblesse de cour sous lʼAncien Régime, un salarié sur dix ne peut vivre convenablement de son travail.

Alors que ceux qui ont parfois conduit une entreprise au bord du gouffre sʼen retirent munis de pactoles dʼune faramineuse indécence, aux plus modestes des employés ou des ouvriers, on demande encore et toujours des sacrifices supplémentaires, jusquʼà les étrangler, au nom du rendement, de la compétitivité ou de la mondialisation. Ou mieux, pour «combattre» le chômage. On les pousse à choisir entre la porte et des salaires dépréciés, on les trompe sur leurs droits quʼon foule aux pieds, on les maintient dans un état de sujétion oppressant, de tension permanente qui nuit non seulement à leur vie matérielle, mais perturbe même leur santé.

Bien sûr quʼil faut supprimer les parachutes dorés et dans la foulée faire rendre gorge aux financiers voyous. Mais que cela ne nous détourne pas de lʼessentiel. Les brigands se sont multipliés parce que, depuis quelque temps, «lʼentreprise-monde» avait été convertie en entreprise de brigandage. Depuis quand ?

Depuis que lʼon a fait croire que le capitalisme était la seule idéologie valable et depuis que la gauche a abandonné le terrain social. Depuis les riches nʼont plus eu peur des pauvres et se sont crus tout permis. On ne dira jamais assez le rôle de la police des moeurs capitalistes qui a su joué sur la menace du socialisme. Il ne suffira pas de moraliser le système capitaliste. La seule morale quʼil comprenne vraiment cʼest la riposte sociale. Et lʼElysée ne craint rien de moins que «lʼétincelle« qui, comme disait Mao Zedong, «peut embraser toute la plaine».


Jean-Michel Humez

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article