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Réveil Communiste

Vœux d'André Gerin à Vénissieux

19 Janvier 2009 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Positions

 

Intervention de André Gerin

à l'occasion

des vœux aux personnalités et associations vénissianes

*

Vendredi 16 janvier 2009 - 18 heures

Salle Irène Joliot-Curie

 


Tout d'abord, je souhaite au nom de l'équipe municipale, adresser tous mes remerciements à toutes celles et ceux qui nous font l'honneur d'être là ce soir. Vous venez comme moi de découvrir la rétrospective 2008, et je suis toujours un peu surpris de revoir tous les évènements qui ont marqué l'année écoulée, le travail accompli, les réalisations qui ont vu le jour, les combats que nous avons menés ensemble.


Vénissieux va de l'avant. Vénissieux compte aujourd'hui près de 58 000 habitants et la mise en service du Tram, le 20 avril prochain, sera un événement considérable pour la  reconnaissance d'une ville à part entière.


Je suis heureux de vous présenter ces vœux 2009 aux côté de la nouvelle équipe municipale et je tiens à rendre hommage aux élus de la précédente équipe qui ont contribué au considérable bond en avant de la ville entre 2001 et 2008. Nous sommes là pour défendre l'intérêt général, la chose publique. Une République fidèle au sens que lui donne la Marseillaise, forte de l'histoire ouvrière, de nos idéaux, à l'image des personnalités vénissianes, de tous les maires qui ont porté les valeurs de la laïcité, de l'école publique depuis Jules Ferry.


Un avenir plein d'espoir grandit à Vénissieux. La vitalité de notre ville puise ses sources dans l'extraordinaire mosaïque des origines, inventive avec la générosité de sa jeunesse.


Vénissieux la rebelle a accueilli les immigrés italiens, espagnols, puis aujourd'hui les immigrés du Maghreb, de Turquie, d'Afrique, des Comores. Vénissieux a toujours été un creuset formidable de la lutte ouvrière, démocratique, culturelle à travers son patrimoine industriel. Une personnalité tournée du côté progressiste.


.../...



Vénissieux que j'aime, que nous aimons, est à l'image de « Ma France » de Jean Ferrat. Nous aurions besoin d'une nouvelle nuit du 4 août pour mettre au pilori cette caste, ces ogres de la finance qui jouent au monopoly encore et toujours.


Nous entendons assurer la promotion de la ville, valoriser les Vénissians, les acteurs de la vie de la cité, de l'habitant au salarié, des chefs d'entreprises aux artisans et commerçants, des associations aux partenaires et acteurs de la ville :

  • Avec la mise en place d'un Conseil de développement industriel de Lyon Sud-Est, copiloté avec le président de la Chambre du commerce et de l'industrie, Guy Mathiolon, les PME/PMI, des salariés.
  • Avec la création de la commission locale de lutte contre la grande pauvreté, nous agissons pour une vie digne.
  • Nous exigerons le droit au logement social accessible, les moyens pour l'école dès l'âge de 2 ans pour la réussite scolaire, des moyens de police, de justice pour la protection des biens et des personnes.
  • La création du Conseil citoyen du développement humain durable qui accueille des personnalités extérieures, compétentes et motivées.
  • Un service public encore plus présent, à l'exemple du TOP 24h/24h, avec tous les acteurs de première ligne.
  • Pionniers avec les Conseils de quartier créés en 1990.


Vénissieux, parmi les 100 premières villes de France, veut être un véritable partenaire avec Lyon, au même titre que Saint-Étienne et Grenoble. Un partenaire de la ville de Lyon, conscient des enjeux de l'agglomération, des communautés d'intérêt en matière d'aménagement du territoire, d'infrastructures routières tels le boulevard Laurent Bonnevay, le B.U.E., le contournement fret.


Aujourd'hui des millions de familles ont de plus en plus de difficultés pour vivre, pour survivre. Toutes les catégories sont touchées sur le pouvoir d'achat, les salaires, les pensions, les retraites.


Nous portons une saine colère, le désir d'entreprendre. Cette obligation de lutter, façonner, pour construire ensemble le troisième millénaire autour des valeurs républicaines fortes : égalité, justice, laïcité.


J'ai choisi de m'engager dans ces années folles de 2009. Je souhaite, en qualité de maire et de député, que les forces politiques, syndicales et sociales s'impliquent dans la vie de la cité. Je souhaite mobiliser les énergies de la ville, développer des forces pour en finir avec les ghettos et la misère.



.../...


La douleur sociale va s'amplifier, la crise du capitalisme tape à la porte avec cynisme et sans pitié. L'heure est aux remises en question. Nous sommes à un moment historique, un monde inédit surgit. C'est la peur qui domine. Cette peur nous appelle à inventer, comme en 1946 avec le Conseil national de la Résistance.


Redevenons vivants, audacieux, amoureux du risque. Ne nous laissons pas berner, endormir, chloroformer, comme si la crise venait de nul part. Elle est bien le résultat des politiques économiques et financières menées depuis les années 70 sur l'autel du sacrifice industriel. C'est leur crise et les dirigeants politiques et économiques du pays veulent la faire payer au peuple. Ils sont responsables et coupables. Il n'y a pas de fatalité. Renonçons aux croyances vieilles de 30 années. Combien de machines à produire de l'inégalité, de dérobades n'en finissent pas de fracasser les milieux populaires ? Leur « outil de production » inégalitaire fabrique sans vergogne la désespérance sociale, l'exclusion à tour de bras. Aujourd'hui nous assistons au massacre des jeunes générations.


C'est un gigantesque raz-de-marée. Toute l'humanité est en crise avec un système capitaliste destructeur, incapable de traiter les problèmes vitaux, fondamentaux, telles la faim, la misère, les migrations, la dégradation écologique, les armes de destruction  massive, les haines idéologiques et religieuses. Tout peut se désintégrer.


Il est plus que temps d'imaginer un autre modèle économique, un autre modèle de croissance. Ce système a provoqué, va encore provoquer une paupérisation insoutenable des classes populaires et moyennes.


Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, affirme qu'il n'y a pas d'alternative au capitalisme, qu'il faut le refonder, le moraliser. En fait, il tente de le sauver. La main sur le cœur, il nous dit :  faites-moi confiance, je m'occupe de tout, pour remettre en cause tous les acquis progressistes du dernier siècle et même les fondements de notre République.  La vérité est que nous sommes revenus au Bonapartisme. Nous vivons le temps de l'imposture, du mensonge, de la médiocrité, de l'abus de pouvoir, de l'appétit de l'argent sans limite, de la fascination pour la « mousse médiatique ». La logique folle de la marchandisation de toute la vie sociale, de cette dictature de la finance doit être stoppée. Sinon, c'est notre culture, un certain idéal des rapports humains que l'on détruit.


Un nouveau modèle de société est à inventer. Nous devons remettre en perspective le socialisme historique du dernier siècle, remettre la France en marche vers un modèle progressiste. Ne nous résignons pas à la fin de l'histoire, n'abandonnons ni la démocratie, ni la liberté individuelle, ni une civilisation fondée sur la raison, l'esprit critique et l'idée de la dignité de l'homme. Nous ne pouvons survivre en dehors d'une perspective historique, celle du progrès, d'un idéal et des valeurs portés par la philosophie des Lumières et de la Révolution française.

.../...




Comme en 1946, l'histoire peut prendre un nouveau départ. Nous vivons un séisme et nous avons un défi à relever. Quelque chose me dit que toute cette souffrance qui nous arrive en pleine figure, insoutenable, ouvrira des yeux et des consciences. Le peuple de France, même meurtri dans sa chair, parfois au sacrifice de la vie, est sidérant de courage et d'idées fécondes. La crise ouvre autant d'incertitudes que de possibilités.


Si la République reste une idée neuve, un idéal libérateur, nous avons 1000 raisons de la défendre. La République est face à un danger imminent.


Nous avons 1000 raisons de nous unir et de nous rassembler car la vie devient inhumaine, invivable pour des millions de gens.


Nous avons 1000 raisons de nous révolter, de résister. Les hommes ne sont pas condamnés à une existence insignifiante, à être traités comme des paquets jetables.


Et si en 2009 commençait à germer un nouveau mouvement digne du mouvement ouvrier du 19ème siècle et de 1936, de la Résistance, de la reconstruction, de mai et juin 1968, des luttes anticoloniales. Un mouvement populaire majoritaire qui soit l'expression authentique des aspirations du peuple, de ces millions de petites gens qui attendent des fins de mois qui n'arrivent pas et qui n'appartiendront jamais au cercle distingué des élites mondialisées. Un mouvement populaire qui rassemble aussi ces intellectuels qui refusent l'écrasement de la culture, ceux qui veulent défendre la souveraineté nationale, une large part des classes moyennes, laborieuses, industrieuses.


Une nouvelle République, voilà l'horizon qui peut s'ouvrir ! Restaurons le progrès moral, social et politique. Qui peut s'opposer à la défense et à l'extension des droits sociaux ? Qui pourrait défendre les monstrueuses inégalités du capitalisme ? Qui ne comprend pas que l'égalité politique suppose une vie publique soustraite au contrôle des puissants et de l'argent ? Pour cela, il n'est pas besoin d'inventeurs géniaux.


Je forme le souhait que 2009 entende la révolte qui gronde ! Comme notre peuple a su le faire dans les moments historiques, tragiques et lumineux de notre histoire, relevons le gant. C'est au peuple souverain d'avoir le dernier mot !


L'heure est au courage civique. L'heure est au sursaut républicain. Mettons les pieds dans le plat pour moraliser la vie politique.


Nous avons 1000 raisons de renverser l'ordre des choses. Ce sont mes vœux pour 2009, parce que l'idéal républicain est à défendre, la France est à aimer pour vivre libre et debout. C'est notre fidélité à l'histoire vénissiane.


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