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Réveil Communiste

JL Mélenchon évalue le débat au PCF et donne des clefs

19 Décembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Ce document sur la stratégie de JLM "qui se passe de commentaire" nous a été signalé par André Gerin.

(cf : article « Merci les Grecs » sur le blog de Jean-Luc Mélanchon)


LE FRONT DE GAUCHE

Le vote du Congrès communiste à propos du Front de Gauche aux
élections européennes a été décisif. On me dit que les communistes
avaient déjà pris leur décision à ce sujet à l'occasion de leur Conseil
national le 24 octobre dernier. Je le sais mieux que personne. Cette
décision est passée inaperçue des commentateurs qui ne s'intéressent
qu'à ce que la télé résume pour eux (alors un CN du PC à la télé, n'en
parlons pas!). Mais nous, les PRS de l'époque et les amis de Dolez, nous
étions tous très émus. Nous avions enfin la réponse à l'interpellation que
mon livre «Enquête de gauche», notamment, avait lancée et que le texte
de la Convention de PRS «La gauche d'après» avait résumé. Nous savions
donc que si le congrès socialiste s'achevait dans la déroute que nous
sentions déjà monter, une alternative était désormais possible. Cela ne
préjugeait pas du résultat du Congrès socialiste. Mais ca lui donnait une
autre place, plus relative. Mais justement! Parce que nous prenons les
textes au sérieux et tout autant ceux qui les adoptent, nous savions qu'on
ne pouvais pas préjuger non plus de ce que serait la conclusion du
Congrès communiste sur ce point. Le débat des communistes se déploie à
travers un espace qui va de la reconduite du cours traditionnel de
l'alliance habituelle à gauche avec le PS et ses satellites radicaux et
Verts à une affirmation identitaire radicale. Entre ses deux pôles il y a des
espaces absolument communs et des points d'opposition totale. En
formulant sa stratégie des «Fronts» l'équipe de Marie Georges Buffet a
mis en place une boite à outil accessible à chacune des composantes du
débat communiste. Je n'idéalise pas du tout cette situation. Je la constate.
J'en prends acte. Je pars d'elle. Je sais très bien que dans la vision des
communistes chaque «front» dont il est question est un moment
provisoire et circonscrit. Mon pari est qu'ils peuvent être davantage si le
résultat est au rendez vous de la première étape. Le bon résultat de la
première étape serait que le vote des européennes confirment l'opposition
des français à l'Europe libérale. Alors nous serions tous mis au pied du
mur de nos responsabilités, non pas entre nous, mais devant le pays.
Donc cela implique que la direction du PS soit battue dans les urnes par le
Front de Gauche. Ce n'est ni une rancoeur ni une règlement de compte
que j'affiche là. Il s'agit de politique et d'analyse électorale. Il n'y a de
majorité contre l'Europe libérale que si la direction du Ps est battue dans
les urnes. C'est ce qu'a montré le vote du référendum de 2005. Quand je
dis qu'une victoire sur ce terrain pourrait produire davantage que ce que
l'on peut imaginer ou discuter à cette heure, je n'exclu rien. Je veux dire
que le Front de gauche peut devenir peut-être un Front durable dans le
temps, avec tous les développements que cela peut contenir. Mais je suis
certain que rien n'est seulement imaginable sans franchir correctement la
première étape, la première fois, le premier Front. Si je me laisse
embarquer dans des constructions idéales, «un grand parti commun tout
de suite» ,des exigences maximales, «un programme global sur l'Europe»,
rien ne commencera jamais. Et donc il n'y aura rien à construire que des
phrases. C'est pourquoi je regrette tant de n'avoir pu rencontrer André
Gérin, comme je lui en ai fait de nombreuses demandes avant le congrès
communiste. Je voudrai qu'il comprenne exactement à quoi il a faire avec
le PG, plutôt que d'en rester à l'appréciation erronée dont il part pour faire
son analyse de la situation. Ce dirigeant communiste se trompe au sujet
de la ligne que porte le Parti de Gauche. Premièrement nous ne sommes
pas en train de construire un «PS bis». Certes, nous en sortons pour
beaucoup d'entre nous. Mais nous en sortons...Et le Parti de gauche
intègre d'ores et déjà bien d'autres cultures de gauche. Deuxièmement
notre but n'est pas de fusionner nos partis respectifs. Nous croyons nous,
comme à une ligne de départ, à la nécessité de créer une nouvelle identité
de gauche qui n'est pas seulement la juxtaposition des anciennes. Nous
comprenons que André Gérin et ses amis veuillent de leur côté prolonger
et actualiser l'identité communiste. Ce n'est pas notre affaire. Je veux dire
que nous n'avons pas d'intervention dans ce débat. Donc, il peut lui aussi
admettre que nous soyons attachés l'idée de cette nouvelle identité de
gauche autant que lui à la sienne. Troisièmement, le but du Parti de
gauche ne peut pas être de prendre au PC je ne sais quoi de son
influence. André Gérin pense-t-il que nous ne sommes pas au courant des
la situation réelle des partis de gauche aujourd'hui, en général et dans
l'autre gauche en particulier? Nous avons un diagnostic commun à ce
sujet avec la direction du PC. Nous avons besoin d'une dynamique
commune pour aller, chacun sous ses drapeaux et à sa façon, à la
conquête de la confiance et de l'entrée en action des désabusés,
désorientés, désemparés. Le temps des patrimoines électoraux est
terminé. Le PS ne va pas tarder à s'en rendre compte. La masse des
français ne sais de quel côté se tourner pour faire face à la crise. Dans
cette démarche il est vital d'être chacun soi-même. Et de ne pas se
raconter d'histoires à dormir sur de prétendus batailles d'influence entre
des forces qui mourraient d'isolement, de divisions et d'impuissance si
elles étaient incapables de proposer autre chose qu'elles mêmes aux
français..

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gilles questiaux 18/12/2008 15:57

Je précise que "se passe de commentaire" cite André Gerin.

gilles questiaux 18/12/2008 12:38

Mélenchon, s'il veut reconstruire une socialdémocratie de gauche c'est bien, s'il veut faire une "gauche tout court" il doit forcément passer sur le cadavre du PCF. Si nous tenons au PCF, c'est en tant que parti marxiste et de classe, à perspective révolutionnaire, notre utopie n'est pas le "welfare state" des années 70 qui ne reviendra pas. C'est pourquoi nous ne pouvons pas accepter sa propostion de recomposition. Si on peut se permettre un conseil à JLM, il a tort de chercher à récupérer nos droitiers, ils sont incompétents, de parfais repoussoirs électoraux, et bien plus à droite que lui.

Pascal Brula 18/12/2008 10:43

Personnellement, je pense qu'il y a deux problèmes en un. Tout d'abord l'utilisation potentiel de ce "front" par la direction du parti pour amorcer notre dissolution dans un parti de "gôôôche" (la même stratégie que pour les collectifs antilibéraux).Ensuite, le problème de l'Union Européenne. Que ce soit, le NPA, Mélenchon ou la direction du parti, ils cherchent tous à nous entraîner vers la chimère de l'Europe sociale, alors que les objectifs de l'U.E. dès sa création par les capitalistes (le traité de Rome nous dit noir sur blanc que la concurrence ne doit pas être faussée) sont exactement inverses. Personnellement, je ne voterai que pour une liste qui me dira "nous voulons que la France se retire de l'U.E. et construise d'autres relations internationales sur la base de la souveraineté du peuple et de coopérations mutuellement avantageuse".

alain girard 18/12/2008 07:30

la seule question qui, à mon sens, en vaille la peine se résume à celaquelle Europe or force de constater que Mélenchon, Besancenot et MGB ne prétendnet que coller des rustines sur la jambe de bois du capitalprétendre gagner au plan européen ce que nous perdons au plan national, il faut oseralors rupture avec le capitalisme ou aménagement avec son lot de cocus...de plus niere ou prétendre effacer les réalités nationales c'est ouvrir la voie à la dilution de la nation avec non seulment la perte de notre cohésion nationale c'est également ouvrir la porte aux landers et à opposer non plus les peuples mais des régions en fragmentant plus encore la société;nan nan nan pas glop du tout

Jean-Michel Pascal 18/12/2008 06:34

Je trouve que c'est stimulant, pour un communiste, de lire ces réflexions de Jean-Luc Mélenchon. André Gerin devrait répondre positivement à une rencontre avec lui, amha.