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Réveil Communiste

PCF : Abandon de notions fondamentales (récapitulatif)

21 Novembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008


Abandon de la «dictature du prolétariat »

Rapport du Comité central au 22ème congrès de 1976 :

« Si la dictature du prolétariat ne figure pas dans le projet de document pour désigner le pouvoir politique dans la France socialiste pour laquelle nous luttons, c'est parce qu'elle ne recouvre pas la réalité, de notre politique, la réalité de ce que nous proposons au pays. »

« Contrairement à tout ceci, la dictature évoque automatiquement les régimes fascistes de Hitler, Mussolini, Salazar et Franco, c'est à dire la négation même de la démocratie. Ce n'est pas ce que nous voulons. Quant au prolétariat, il évoque aujourd'hui le noyau ; le cœur de la classe ouvrière. Si son rôle est essentiel, il ne représente pas la totalité de celle ci, et à plus forte raison l'ensemble des travailleurs dont Ie pouvoir socialiste que nous envisageons sera I'émanation.

Il est donc évident que l'on ne pout qualifier de dictature du prolétariat ce que nous proposons aux travailleurs, à notre peuple. »

« En luttant aujourd'hui pour les transformations démocratiques prévues par le Programme commun, nous offrons la meilleure base au rassemblement des larges masses populaires, capable d'assurer le remplacement du pouvoir des monopoles par un pouvoir démocratique nouveau. »

« Dans notre pays, l'idée du Front populaire, qui devint réalité en 1936, ne se trouvait pas toute élaborée dans Marx ou dans Lénine. Elle se fondait sur les principes généraux du socialisme scientifique et sur une analyse concrète de la realité concrète.

De multiples autres exemples pourraient etre pris qui montrent que notre démarche d'aujourd'hui puise son inspiration à la source vivante de la théorie et de la pratique révolutionnaires de notre mouvement. Tels sont les fondements de notre position, les raisons qui nous conduisent à proposer la voie démocratique définie par le projet de document.

C'est aussi pourquoi la dictature du protétariat ne figure pas dans le projet de document.

En conséquence, et comme l'ont demandé toutes les conférences fédérales, nous proposons au Congrès de décider I'abandon de cette notion (applaudissements).

Nous proposons également au Congrès de charger le Comité central que nous allons élire de soumettre au prochain Congrès du Parti les modifications nécessaires à apporter au Préambule des Statuts. »

Rapport de la commission des amendements au 22ème congrès de 1976 :

« Elle est née de la décision soigneusement pesée du Comité cen¬tral de ne pas avoir recours à cette notion parce qu'elle ne correspond pas à notre conception du pouvoir socialiste dans la France que nous voulons et elle est née simultanement de la refléxion des membres du Parti sur cette absence. Cette façon de faire à favorisé la réflexion individuelle et Ia recherche collective, la liberté de la discussion et Ie rassemblement des opinions. Et à partir d'un moment, l'intervention du secrétaire général du Parti a encore - comme l'ont dit les camarades - stimulé, impulsé, enrichi les discussions. Bien plus : elle a puissamment contribué à intéresser les masses, l'opinion publique la plus large à notre Congrès à notre politique.

Non, jamais débat fut moins organisé à la sauvette que celui la !

Le résultat de ce débat est la, clair, éloquent, impressionnant : sur 22 705 délégues à nos 98 conférences fédérales, 113 seulement ont voté contre l'abandon de la dictature du prolétariat et 216 se sont abstenus. »

Abandon du « marxisme-léninisme »

Rapport de la commission des statuts au 23ème congrès de 1979 :

« C'est vrai d'une vue plus évolutive et plus active sur les problèmes du socialisme scientifique qui a conduit, tout en soulignant l'apport premier, essentiel de Marx et Engels, les développements considérables de Lénine, à renoncer à la formule marxisme-léninisme.

Non pas pour atténuer le rôle immense des grands révolutionnaires qui ont élaboré les fondements de notre théorie, mais pour bien en souligner, comme l'a largement fait le rapport de Georges Marchais, le caractère vivant, en développement.

Une théorie qui s'enrichit des apports dus à l'avancement du savoir et à l'expérience sociale sous tous ses aspects. »

Abandon du « centralisme démocratique »

Extraits du document « Le Manifeste » au 28ème congrès de 1994 :

« Les fondateurs du Parti communiste ont choisi pour principe de fonctionnement le centralisme démocratique. Ce principe a permis de se dégager de la pratique profondément antidémocratique des « tendances » à laquelle il ne peut etre question de revenir avec ses enjeux de pouvoir et ses compromis entre leaders qui cristallisent les positions et conduisent à ce que les adherents n'ont pas de prise réelle sur les choix de leur propre parti et à ce que les électeurs n'ont aucune assurance que les engagements qu'il prend seront tenus. Mais il correspond à une conception du combat révolutionnaire qui fut celle du Parti communiste, qui n'est plus la sienne, et qui dolt aujourd'hui être pleinement dépassée : celle qui attribuait à ce parti un role de direction de la transformation sociale et mesurait sa capacité de jouer ce role a son unité de pensée et d'action autour de la ligne politique décidée centralement. Cette conception conduisait à confondre unité et uniformité et donc à considérer comme des adversaires potentiels, à combattre, à mettre à I'écart des communistes sincères qui n'étaient pas d'accord avec cette ligne et le disaient. Le Parti communiste, ses militants le regrettent et ne veulent plus que de tels faits puissant se reproduire.

Certes, l'application concrète de ce principe à beaucoup varié selon les époques. II fut un temps ou la direction du Parti exerça sur celui ci un pouvoir outrepassant celui que le centralisme démocratique lui conférait. Inversement, son renouvellement à amené dans les faits le Parti communiste à s'éloigner de plus en plus de ce principe, notamment à partir du 25e Congrès en 1985, lorsque fut décidé de distinguer les positions prises dans la tenue et la conclusion des débats politiques et les critères d'élection des dirigeants. La volonté politique qui marqua le 27e Congrès en 1990 de « travailler ensemble » à tous les niveaux du Parti entre communistes tels qu'ils sont, donc de sensibilités et d'opinions différentes, à constitué un tournant irréversible. Cette volonté à impliqué que le respect d'autrui, la totale liberté de ton, I'écoute mutuelle président aux rapports entre les adhérents, et que ceux ci deviennent de mieux en mieux les maitres de leur parti. A son 28e Congrès, le Parti communiste décide de tirer toutes les implications de ces évolutions. Il appelle tous ceux qui ont été membres du Parti communiste français ou qui se considèrent communistes de coeur à prendre ou à reprendre leur place au sein du PCF pour contribuer à son activité et à son renouvellement. Parce qu'il considère que c'est dans la démocratie, c'est a dire l'intervention consciente du peuple, de chaque individu, que réside la solution aux problèmes posés, il adopte des regles de vie entièrement conçues pour libérer les capacités d'initiative et de créativité des communistes, pour dépasser la coupure omnipresente dans notre société entre ceux qui décident et ceux qui exécutent, dirigeants et dirigés. »

Abandon de « la lutte pour le socialisme » comme projet de société

Discussions sur les amendements au document « Sur le projet du Parti communiste » au 29ème congrès de 1996 :

« Le terme de socialisme renvoyait à plusieurs notions. Il renvoie à un courant de pensée, courant de contestations de la société capitaliste née du socialisme utopique prolongées par les luttes sociales du XIXe siècle, nourries de l'espérance sociale qu'a fait naître la Commune, l'aspiration sociale qu'incarne le socialisme de Jaurès.

Mais le socialisme exprime aussi une société de transition, une étape ou on changerait d'en haut les conditions économiques et matérielles de la société selon des critères prédéterminés, étape théorisée et modélisée à partir du stalinisme dans les pays de l'Est.

La commission n'a pas voulu retenir ce qui fait référence à une étape théorisée. »

Extraits du document adopté au 29ème congrès de 1996 :

« C'est en ce sens que nous parlons de « dépassement du capitalisme » pour caractériser cette conception neuve de la révolution.

Dépassement n'est pas adaptation : il ne s'agit en rien d'en rabattre sur l'objectif, qui est de passer à une autre organisation sociale. Mais il n'est pas non plus « abolition » brusque, par décret, dont l'histoire à montré qu'elle ne prémunit ni contre les tares de l'ordre ancien, ni meme contre sa restauration. Le terme de « dépassement » correspond à la conception d'un processus de transformation de la société dont le rythme, la durée dépendent du peuple qui permette de mettre en cause, jusqu'à les supprimer, l'exploitation, l'aliénation, les dominations, non pas en faisant table rase de la société actuelle, mais en s'appuyant, dans ce combat, sur le développement des acquis, besoins, potentiels de cette société. Nul ne peut prétendre définir à l'avance les constructions politiques et les ruptures par lesquelles cette transformation socialiste s'effectue, au rythme des luttes et des votes du peuple. »


http://programme-prcf.over-blog.com/

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Emmanuel Lyasse 24/11/2008 01:05

Olivier,
Il ne faut quand même pas confondre les calomnies véhiculées contre Maurice Thorez par les trotskistes en particulier, et les décisions de congrès postérieures. La guerre civile n'a jamais "une notion fondamentale", juste une éventualité, que Thorez n'a jamais exclu définitivement, mais qu'aucun communiste sérieux n'a jamais souhaité. La tactique "classe contre classe" était une erreur manifeste.
La lutte de principe contre le colonialisme français n'a jamais été abandonnée. Mais la formule de Lénine "lutter d'abord contre son propre impérialisme", que les trotskiste ressassent religieusement en particulier quand il s'agit de soutenir objectivement l'impérialisme anglo-saxon (pensée émue pour le petit con de la LCR qui, au comité anti-guerre de la Sorbonne en 2003, refusait que notre tract réclamât un veto français à l'ONU parce que c'était "faire appel à notre propre impérialisme"), est à replacer dans un contexte précis, celui de la marche à la guerre de 14. Il est clair qu'elle était périmée sitôt la guerre commencée: si elle avait été appliquée, la guerre aurait eu lieu de la même façon, à ceci près que les ouvriers français auraient été dans les tranchées allemandes, et réciproquement…
Je ne comprends pas le truc "abandon de la lutte contre sa propre bourgeoisie par nos camarade d'afrique ou des dom". Tu ne veux sûrement pas dire que le PCF et le PCA auraient dû appeler les travailleurs algériens à lutter contre leur propre bourgeoisie aux côtés de Massu…
Bref, rien à voir dans tout ça avec l'abandon de la dictature du prolétariat, qui marque la première date importante dans la débandade du PCF. Pas tant d'ailleurs à mon avis à cause de l'abandon de la formule, qui pouvait se discuter, que parce qu'on lui a substitué, déjà, le culte de la démocratie bourgeoise.
Sur le "score dictatorial" qu'évoque joliment Gilles, je crois que ça tient aussi aux modalités. D'abord au système en vigueur à l'époque (meilleur quand même que celui d'aujourd'hui): le texte proposé est soumis au débat par amendement aux cellules, puis aux sections, puis aux fédés… ce qui fait qu'à chaque niveau on ne vote que sur le texte qu'on a amendé (qu'on ne peut guère qu'adopter), jusqu'au congrès national, où il n'y a presque que des permanents.
De plus, d'après ce que j'en ai lu ou entendu dire, ce système même a été truqué délibérément par la direction Marchais. L'abolition ne figurait pas dans le texte initial mais a été proposée par un amendement (d'une cellule de l'Essonne, je crois)  que la direction a accepté avec un tel enthousiasme qu'il était clair qu'elle l'avait dicté. Ainsi, le débat à la base était court-circuité. Pour bien faire, Marchais a annoncé la bonne nouvelle en direct à la télé.
Mais Gilles a néanmoins raison de pointer le caractère anormal de cette docilité de la quasi totalité des militants. C'est le problème de fond, alors comme aujourd'hui encore: le refus de principe d'un grand nombre des camarades à mener une réflexion et un débat politiques au nom de l'"unité du Parti".En 1975, celui qui se prononçait contre la dictature du prolétariat était un ennemi du peuple. DU moment que Marchais a changé d'avis et l'a dit à la télé, c'est celui qui, comme Althusser, s'obstine à la défendre qui est un ennemi du peuple.
Il y a d'autres exemples frappants. Au 27e congrès, Anicet Le Pors (dont c'était le dernier) a proposé l'abolition du centralisme démocratique (je ne pense pas que ce soit ce qu'il a fait de mieux, mais ça peut se discuter). Refusé à l'unanimité, et avec indignation, au nom de la spécificité du parti révolutionnaire, du refus d'être un parti comme le PS avec des tendances qui confisquent la démocratie. En 94, le 28e a a adopté à la quasi unanimité.
Sur le 22e, le plus frappant n'est pas l'abandon de la notion en soi, mais la façon dont il est présenté par le texte. On aurait pu argumenter sur le fait que l'idée de dictature du prolétariat, naguère indispensable, ne correspondait plus à la situation de la France d'alors. Pas du tout: on écrit froidement que, comme la dictature c'est Franco, Salazar et Pinochet, alors on est forcément contre.
C'est hallucinant: un parti politique explique gentiment à ses électeurs "Jusqu'à hier soir, nous étions des Pinochet, des Franco, des Salazar, mais rassurez-vous: ce n'est plus le cas". Si on admet cette logique, on peut déduire qu'il y avait alors deux types d'électeurs du PCF: ceux qui étaient consciemment salazaristes, franquistes, pinochétistes, et ceux qui étaient dupés. À la lecture de ça, aucune des deux catégories n'avait plus de raison de voter PCF. Bien évidemment, ça n'a pas eu d'effet immédiat parce que les électeurs ne lisaient pas les textes de congrès, mais ça ma paraît significatif d'un parti déjà acharné à creuser sa propre tombe

olivier imbert 21/11/2008 11:48

je crois avant qu'implictement il y avait eu par thorez abandon de la guerre civile et ce la tactique classe contre classe, abandon de la lutte contre son propre impérialisme, abandon du rôle de tacticien révolutionnaire à al libération et donc de la notion de destruction de l'Etat bourgeois, abandon de la lutte contre sa rpopre bourgeoisie par nos camarade d'afrique ou des dom... je dis cela non par gauchisme pour dire que thorez était déjà un stal et un traitre mais pour relativiser tout de même l'idée de renaissance et de pureté doctrinale orthodoxe; j'ai dit relativiser et non abandonner, car l'adaption aux conditions contemporaines de la lutte des classes y compris dans la théorie et idéologie a en effet été vécu de manière négative et dogmatiquement définitive à partir du 22° congrès et de l'eurocommunisme, mais je crois que l'idée communiste poststalinienne donc y compris castriste et maoiste disons est une idée juste qui conduit aussi à reconnaître que notre inscription dans la réalité non unilatéralement négative du mouvement du monde réel avec nos interventions, et donc progressiste est une bonne idée... mais cela nécessite de l'orthodoxie et de de la conservation intellectuelle et doctrinaire dans l'invention et non comme disait Brecht de l'expressionnisme une volonté d'inventer et de dire qui n'invente rien et ne dit rien... je crois en revanche que des termes communs comme socialisme ou communisme ou matérialisme ou même marxisme pendant un temps, sont préférables aux références à un individu aussi savant soit-il pour nous ou en soi, et c'est pour moi le cas de LENINE qui me paraît un immense théoricien et praticien politique et même plus..... De Mao ou Ho chi min etc... mais le nom commun me paraît bien, donc le socialisme scientifique avec la critique de l'eurocommunisme et donc d'un certain gramscisme et excuse moi ho! el pussah! thorésisme ou marchaisisme me paraît plutôt là positive... et, si j'ose cette contradiction performative maintenue, marxiste....Olivier Imbert avec estime tempérée à GGastaud surtout... mais à tous ceux qui se sentirons concernés aussi....

gilles questiaux 21/11/2008 07:07

Ce qui est frappant, en 1976, c'est le score "dictatorial" obtenu pour une motion abolissant la "dictature du prolétarait". Surtout si on se réfère aux témoignages d'époque : il est très difficile de trouver un camarade encore au parti qui ne dise pas qu'il était contre l'abandon de la dictature du prolétariat. Or ça, cette habitude de contraindre à l'unanimisme, c'est loin d'avoir complètement disparu. On a simplement remplacé la dictature du prolétariat par la dictature du bureau.