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Réveil Communiste

Un PSG (PS "de gauche") est-il utile en France? Et Mélenchon?

26 Décembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Qu'est-ce que la "gauche"

Suite de l'analyse du Linx Partei, le principal projet de liquidation du PCF qui est au cœur des "transformations profondes" toujours évoquées, jamais explicites, que va cogiter sous l'impulsion de Pierre Laurent la direction continuée issue du congrès. Par Gilles Questiaux, publié le 30 janvier 2008, ressorti du frigo pour féliciter Mélenchon d'avoir quitté le PS.

Le début : reveilcommuniste.over-blog.fr/article-16053873.html


Une toute autre question est : un parti social démocrate de gauche est-il souhaitable en France?

Et : existe-t-il un espace politique et social pour l'implanter?

Et commet le situer par rapport au projet en cours de mutation de la LCR?

On peut se dire qu'un PSG serait utile en France pour des raisons syndicales. Au fond, il freinerait la libéralisation et la marchandisation de la société, il se ferait le relai politique d'organismes comme ATAC, etc. et comme le mouvement altermondialiste, pourrait fédérer dans l'antilibéralisme et l'antiimpérialisme des forces diverses voire disparates. Il pourrait servir de structure d'accueil pour les "déçus" du  PS... Quoiqui'ils aient une forte tendance à rester au bercail, par nécessité alimentaire.

Mais voilà!  Ce PSG que l'on cherche à construire d'une certaine manière existe déjà,  c'est le programme officiel du PCF! Qui ne se présente plus à aucune élection sous son vrai nom. "Gauche populaire antilibérale" la dernière fois, alors que tous les compagnons de route invoqués pour justifier d'une coalition avaient quittés le navire. En cela le projet de recomposition n'est pas très différent du projet de changement de nom, surtout que les foules militantes non communistes contrairement à l'Allemagne ne sont pas au rendez-vous. C'est vrai que le PSG pourrait éventuellement  être reformé sur les bases de noyaux issus du PS, mais à ce moment là ce parti serait structuré par la nostalgie de l'État providence qui a culminé vers les années Mitterand, et dont la possibilité historique ne tenait qu'à un fil : l'existence de l'URSS au niveau international et du PCF en France qui tenaient en respect la bourgeoisie. Si l'extrême gauche du parlement français devient occupé par des forces qui se  demandent s'il faut renationaliser EDF, où va-t-on?. Il faut noter aussi qu'officiellement le PT (oui, oui!) est déjà ce fameux parti social-démocrate de gauche. Avec le succès que l'on sait.

En fait pour mener une lutte syndicale il faut des syndicats, pour s'allier et devenir majoritaire sur le plan électoral il faut former des fronts qui regroupent des formations différentes représantant des secteurs sociaux différents, et des projets à long terme différents (merci à Serge Senez, camarade du XXème et grand connaisseur de Mao pour m'avoir précisé le concept de "front"). Mais si l'on veut éviter la cacophonie et la décomposition dans le bavardage radical, et en définitive le glissement à droite que provoque l'impuissance et le manque de résultats concrets, sans parler du fait que médias et mécènes favorisent forcément dans les conglomérats sans cohérence idéologique et sociologique les plus droitiers (comme  les refondateurs au PCF actuel), il ne faut pas regrouper des militants sur une base purement négative, en associant tous les "contre" quelque chose dans un même parti. Il faut que les militants aient un idéal positif commun, le socialisme, et à terme, le communisme. Il ne suffit pas de brailler "sarko facho" pour former un parti historique.

De plus un parti "arc en ciel" ou plutôt "artichaud" formé de groupes coalisés, comme l'est Refondation en Italie, devient assez rapidement un parti "radical de gauche" de spécialistes de la "chose" politique dont les débats s'éloignent vite des préoccupations de base des classes populaires, pour enfourcher les dadas des "débats de société" proposés par les médias. Il y a trop de chrétiens, trop de républicains, trop d'idéalistes de toute farine dans tout ce magma, c'est à dire trop de fétichistes de l'action humanitaire, de la délégation et de la représentation, qui font bon ménage d'ailleurs avec leur contraires, avec un courant"basiste" et puriste, d'essence trotskyste ou "conseilliste" qui lui refuse toute délégation. Nous pensons qu'il faut plutôt un parti de masse qui permette l'expression et l'éducation populaires, avec une organisation disciplinée, dans le cadre du respect des fondamentaux qui s'imposent aux dirigeants aussi (avec, chose nouvelle par rapport à l'époque stalinienne, des dirigeants qui respectent les statuts). Ce que le PCF a été dans le passé à ses meilleurs moments. Je n'ai pas adhéré au PCF pour les forums, les collectifs, les ANE, et tout le blabla. Ni pour introniser des candidats médiatiques comme Autain ou Bové. Il est vrai que si Marie George Buffet avait été, elle, un peu plus médiatique, c'eut été mieux. Mais pourquoi le groupe dirigeant l'a-t-il choisie? et pourquoi a-t-elle voulu y aller? Je crois que c'est surtout pour éviter une éventuelle campagne effectivement communiste menée par un autre candidat.

La LCR tente une OPA sur la "gauche de gauche" qui risque bien de couper l'herbe sous les pieds des guetteurs de Linx. La fonction sociale de la LCR est de toute façon depuis son origine vers 1965 toujours la même, il s'agit d'organiser sous la houlette de jeunes ambitieux la petite bourgeoisie de plus en plus large et de plus en plus amère qui sort du système éducatif pour se déclasser et dont le fleuron est venu batailler contre des moulins à vent à la tribune de l'Ile au Vannes, à Saint Ouen. Cela dit, par la faute du groupe dirigeant du PCF Olivier Besancennot occupe dans les médias l'espace qui devrait être celui du PCF (voir la substitution de plus en plus fréquente entre PCF et LCR sur les actualités yahoo, sur ce blog) sans en avoir les moyens humains, ni la légitimité historique. Son destin est sans doute de devenir un jour un président de la république socialiste, s'il n'y a pas de révolution auparavant bien sûr. Mais pour le moment, OB veut faire le Linx a lui tout seul, et tant pis pour les bras cassés des "collectifs antilibéraux". Il a bien raison de vouloir se passer d'eux. Mais la LCR n'a au fond aucun avenir dans le champ qui est le nôtre: pendant que nous nous enfoncions dans l'inertie et le questionnement, loin de foncer, elle n'a rien eu de plus pressé à faire qu'organiser un congrès pour faire disparaitre de ses références le communisme et la révolution, elle aussi.



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