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Réveil Communiste

Mélanchon au PSG

10 Novembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Mélanchon quitte le PS pour aller au PSG. Le reste de l'équipe sera recruté dans la droite du groupe dirigeant du PCF, à la rédaction de l'Huma, chez les apparatchiks en perdition du 93. Le "PSG" c'est aussi le "Links partei" allemand ou "Die Linke" qui n'est pas transposable en France. J'ai exhumé des profondeurs des archives du Réveil ce texte qui redevient actuel soudain. GQ 7 novembre 2008.

"Maintenant à gauche", le félin mystère

30 janvier 2008 (publié sous le titre "deux ou trois choses que je sais du Links Partei allemand, ce texte et sa suite en lien à la fin est réactivé à l'occasion du congrès de cette organisation).

Un mystérieux félin a été aperçu dans les forêts allemandes, ce serait un Links. Est-il échappé d'un cirque? Ou le fruit d'imaginations trop imprégnées de Schnaps?

Tous à la chasse au Linx! (après des élections en Allemagne qui vont être utilisées par les liquidateurs pour avancer la fausse bonne idées d'un "PSG" français) GQ. Publié le 28 janvier

AFP - Lundi 28 janvier, 00h32

A l'issue de ce scrutin, Die Linke (La Gauche), qui réunit des communistes de l'ex-RDA et des dissidents du SPD emmenés par Oskar Lafontaine, franchit la barre des 5% en Basse-Saxe comme en Hesse. Cette formation ancrée dans les Länder de l'est fait ainsi une entrée fracassante dans deux parlements régionaux importants de l'ouest du pays.


    Les résultats électoraux du Links, ou "Die Linke", parti situé à la gauche de la social-démocratie allemande sont assez flatteurs en ce moment. 8.7% au national, et pour la première fois plus de 5% en Hesse et en Basse Saxe, c'est à dire dans deux grandes régions (Länder) allemandes de l'ouest. C'est devenu la coqueluche des "maintenant à gauche', du PRS, l'association de Mélanchon. Une bonne partie du groupe dirigeant de PCF est tentée de suivre cette expérience (MP Vieu en est particulièrement férue).

"Die Linke" ("La Gauche") est un parti social-démocrate, non communiste, non révolutionnaire. La législation politique allemande est d'ailleurs redoutable contre toute force réputée anticonstitutionnelle (cette législation restrictive des libertés publiques sensée être antinazie en principe a surtout été appliquée contre les marxistes révolutionnaires, et les groupes armés comme la RAF). Mais ce parti contient les héritiers de l'ancien parti communiste Est-allemand, et l'aile gauche marxisante et altermondialiste du SPD Ouest-allemand qui a scissionné en suivant l'ancien dirigeant de ce parti, Oscar Lafontaine pour former le WAGS. Il est donc incontestablement connoté comme communiste en Allemagne. Nous pouvons donc nous réjouir de leurs succès.

Mais la recomposition dont Die Linke est issue en Allemagne est elle transposable en France? Absolument pas, et voici pourquoi.

1) Il s'agit en Allemagne de la fusion de deux partis complémentaires géographiquement, l'un implanté seulement en ex-RDA, le PDS qui est l'héritier du SED, le parti gouvernemental de l'ex-RDA qui après guerre a regroupé en Allemagne de l'Est le KPD communiste et la SPD social-démocrate, au bénéfice du premier. A l'ouest, le KPD qui était une formation parlementaire aux résultats non insignifiants a été interdit en 1956, reformé sous l'appellation DKP en 1967, mais n'a jamais réussi alors à retrouver son électorat.

Il faut noter que les Allemands des deux zones n'ont pas reçu la même éducation historique dans les décennies qui ont suivi la guerre. Ceux de l'Ouest sont profondément conditionnés par l'antisoviétisme de la Guerre froide, renforcé par le ressentiment (pas toujours dépourvu de raison) du peuple allemand contre l'Armée rouge  et son comportement en 1945 (ressentiment qui existe aussi en Alsace, au sujet des prisonniers d'origine alsacienne de l'armée allemande en URSS et qui explique la chute du PCF dans cette région en 1946, contrairement  au reste de la France), et l'anticommunisme cultivé par les associations de rapatriés d'Europe de l'Est. Ceux de l'Est au contraire restent pour une part fidèles au récit historique antifasciste enseigné dans les écoles pendant 45 ans. Ceci explique pourquoi un parti identifié comme communiste ne peut pas percer facilement à l'Ouest, alors qu'il garde un électorat important à l'Est (environ 25%)

Die Linke regroupe donc la gauche altermondialiste non communiste de l'Ouest (le WAGS) avec la gauche néo-communiste (et en fait très modérée) de l'Est. Dans la seule région où les deux partis doivent coexister, le Land de Berlin réunifié, ça se passe très mal entre eux: les néo-coco sont en front populaire avec le SPD où ils font de la gestion, et le WAGS fait de la surenchère gauchiste contre cette coalition: résultats, l'an dernier 10% de perdu aux élections du Land, et percée néonazie.

2) Ce sont deux partis de force comparable, les effectifs nettement plus important du PDS étant compensés par la jeunesse et l'activisme des militants du WAGS. Personne n'est berné dans l'histoire. De plus ils ont tous les deux une aile droite qui n'a qu''un but stratégique, atteindre la barre des 5% imposée par la loi électorale allemande pour gouverner avec les socdems dans les länder, et aller au gouvernement fédéral avec le SPD et les Verts, qui pour le moment repoussent du pied une telle éventualité, de peur d'être diabolisés comme communistes. C'est un peu comme si Fabius et Gayssot (Lafontaine et Gysi) formaient un "PSG" d'appoint au PS. Et encore, un PSG pas tout à fait du "non".

3) le SPD allemand n'est certes pas très à gauche, il est au gouvernement avec Merkel, mais il réagit à la menace en gauchissant sont discours. Il faudra voir si ça marche, les élections en Hesse semble montrer que oui.

Donc les conditions historiques particulière à l'Allemagne expliquent cette recomposition. En ce moment en France une telle formation serait un paté d'alouette où le PCF serait le cheval (ou plutôt une horde de 130 000 canassons) et les autres les alouettes, les coquerels ou les clémentines. Bref une unité non de forces réelles, mais d'une force, il est vrai mal en point, nous autres, avec personnalités et groupuscules d'importance symbolique. L'unique intérêt étant de les utiliser comme prétextes pour "dépasser" le PCF, tout en laissant en place le groupe dirigeant du même PCF (délesté des quelques éléments marxistes qui y restent encore).

Une toute autre question est : un parti social démocrate de gauche est-il souhaitable en France?
et : existe-t-il un espace politique et social pour l'implanter? et commet le situer par rapport au projet en cours de mutation de la LCR? Suite au prochain numéro!

lien à "links 2"

Gilles Questiaux, PCF XXème Paris



par Réveil Communiste publié dans : Qu'est-ce que la gauche ? communauté : Un PCF de lutte des classes !
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