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Réveil Communiste

Droit au but! (pourquoi tourner en rond depuis le 22 avril 2007?)

1 Décembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

  Une première version de ce texte a été publiée vers le 14 novembre 2007. Le risque de la recomposition-refondation du PCF prend aussi la forme légitimiste de l'extinction graduelle d'un parti tranformé en "coquille vide" à l'instar du texte creux de base commune. Ou d'un putsch à l'occasion d'un coup politco médiatique, comme le truc du "PSG", pardon du "PDG de Mélenchon.


 

Droit au but


            Maintenir le PCF, pas de recomposition, pas de refondation postcommuniste: pourquoi ?

Parce que le maintien du PCF historique est le maintien d’un parti de classe, et non d’un parti de « gauche » comme un autre. La continuité historique du PCF en fait un formidable réservoir d’expérience historique, l’expérience passée du prolétariat doit être maintenue pour être mise au service du prolétariat moderne.

            Parce que la recomposition "à gauche" ne donnera rien. Elle risque au contraire de produire une grande  perte d’énergie, qui est déjà mesurable maintenant avec tous les doutes qui paralysent depuis 2002 la riposte aux offensives antisociales de la droite et du Medef. Un processus de recomposition uniquement policard et électoraliste nous empêcherait de nous distinguer des socio-libéraux, et ne pourrait que donner libre cours au narcissisme des militants des groupuscules qui se délectent de combines politiques et qui oublient tout effort pour se rapprocher d’une population de plus en plus dépolitisée. De plus les noyaux militants de cette recomposition se caractérisent par des positions gauchistes impopulaires et antipopulaires sur de nombreuses questions de société, comme le laxisme en matière de sécurité, la stigmatisation de la nation française, l’évolution démagogique de l’école, etc.
 

Six propostions   

1          Remettre au premier plan la contradiction entre capital et travail, entre capitalisme et travailleurs exploités. Le PCF est d’abord le parti des exploités. Réaffirmer le but révolutionnaire du parti, dans l’ordre économique et social, et la pertinence de la lutte des classes. Montrer que le but, le socialisme,  n’est pas si loin, surtout dans le contexte de la révolution actuelle des moyens de production, la dite « révolution informationnelle ». Affirmer la nécessité d’une transition socialiste, et donc d’un nouvel État socialiste. Le socialisme est plus révolutionnaire que le communisme car il est un projet concret, réalisable par cette génération, et non un horizon flou, dont on se demande s’il peut être atteint un jour.
 

2          Se réimplanter dans les classes populaires, ce qui implique un effort de recrutement populaire, et un redéploiement géographique vers la Province, et les zones périurbaines et rurales, et une définition claire de la classe révolutionnaire comme prolétariat contemporain : ouvriers, employés, précaires du privé et du public, chômeurs, individus dissociés et isolés écrasés par les dettes, indépendants exploités par les banques, professions intermédiaires paupérisées, agents de l’État aux statuts et aux missions dégradées, étudiants pauvres, etc. 


3          Renouer des liens institutionnels et organisationnels avec le mouvement syndical, et placer de droit des représentants de ce mouvement dans les instances de direction du parti.


4          Reconnaître la dette historique des communistes et des révolutionnaires du monde entier envers les expériences socialistes du passé, sans aucune exclusive, (Commune de Paris, URSS, RDA, Espagne républicaine, Yougoslavie, Chine de Mao, Viêt-Nam, Cuba, etc.), et envers l’expérience institutionnelle des grands partis (PCF, PCI, PC chilien, etc.) et refuser de condamner systématiquement les expériences présentes au nom de critères humanitaires à géométrie variable qui ne tiennent pas compte des conditions réelles où ces expériences nécessaires se sont déroulées et continuent de se dérouler, ni de la manière dont les Droits de l’Homme sont actuellement instrumentalisés par l’impérialisme.


5          Se référer explicitement au marxisme, aux courants théoriques du matérialisme historique et du matérialisme dialectique, compris de manière non dogmatique, en y incluant tous les auteurs marxistes d’importance, avec leurs contradictions, (dont Lénine, Staline, Mao, Trotsky et Rosa Luxembourg) et des apports extérieurs convergents vers cette tradition, ou opposés mais stimulants (dont Freud et Foucault). Et former les adhérents à l’histoire du mouvement ouvrier, et à la culture de la lutte des classes.


6          Participer à l'action du mouvement communiste international pour lutter à l'heure de la crise contre le capitalisme financier au niveau international et pour combattre les tentatives de criminalisation du communisme en Europe.


Et trois corrolaires :

1            Sur le langage. Permettre la libération de la parole communiste dans les rues et dans les entreprises, des mots qui sont aussi des concepts doivent se prononcer à nouveau de manière fluide dans le langage militant: ouvrier, prolétariat, bourgeoisie, lutte des classes, révolution, base économique, moyens de production, forces productives, rapports de production, contradictions, etc.


2           Sur les cadres. Notre culture politique favorise la confiance envers les cadres « qui s’y collent », habitude qui remonte à l’époque où il s’agissait de militants révolutionnaires sélectionnés par des conditions de luttes très dures, qui s’étaient formés intellectuellement et politiquement dans cette lutte et qui avaient acquis le respect par leur intelligence et leur esprit de sacrifice. Mais quelques soient leurs qualités, rien ne justifie maintenant le maintien de cette déférence a priori envers les dirigeants actuels. Le moment actuel est celui de l’examen critique de leur action au vu des résultats


3          Sur les statuts : le fonctionnement du parti doit être démocratisé, ce qui implique la généralisation du principe électif, au détriment de la cooptation, et l'abandon de l'unanimisme de façade. Les filtrages  entre la base et la direction doivent être supprimés. Les textes proposés au congrès doivent l'être dans des conditions d'égalité. Et il faut que la commission des conflits joue son rôle, qui est d’abord de faire respecter les statuts du parti.

 

Gilles Questiaux, nouvelle version 1/12/2008

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