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Réveil Communiste

Sur la démocratie dans le PCF, une réaction à GQ

25 Octobre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ce qui ne peut plus durer au PCF

J'ai trouvé ce texte sur alternative forge. Le texte stimulant est ici, même si ma modestie doit en souffrir :  Sur ce qui manque aux statuts et aux pratiques formelles du PCF

La démocratie dans le PCF : une réflexion stimulée par la contribution de G. Questiaux

Par Brachet Alain

Le 22 octobre 2008

Réflexions sur la démocratie dans le parti, les "tendances"... et le "centralisme démocratique" !

« Ex-communiste », je me permets d'intervenir sur des questions de statut du Parti.

En fait, j'ai été stimulé par la contribution récente et intéressante de Gilles Questiaux sur ce sujet. C'est une question importante qui me tient à cœur, puisqu'elle a contribué à mon éloignement du Parti, lors de la Mutation. Dans une contribution du 29/11/2007, j'avais déjà abordé cette question. Je résume donc et complète, compte tenu des remarques de G. Questiaux.

1) Un parti politique, et a fortiori communiste est un « intellectuel collectif ». Cela signifie qu'il a, à chaque instant, une ligne politique et une seule (comme tout individu - non schizophrène - ne peut avoir, à chaque instant, qu'une « façon de voir »). C'est pourquoi, au passage, je considère que le nom du PCF ne peut être que Parti communiste, et non pas : Parti des communistes. C'est pourquoi aussi il ne peut se dissoudre dans « autre chose ». Il peut, par contre, participer à une « alliance », un « front populaire », etc...où il est présent en tant qu' « intellectuel collectif », à côté d'autres... et de simples citoyens « individuels ». Dans un ordre d'idées voisin, je partage la réflexion de G. Questiaux à propos du journal l'Humanité. A mon sens, il aurait dû rester, de manière officielle et non ambiguë, « l'organe central du PCF », qu'il continue d'ailleurs à être de manière souterraine, pour moi peu satisfaisante. Une autre éventualité aurait été intéressante : qu'il devienne le « journal des communistes français », ce qu'il n'est incontestablement pas. En effet, un journal peut faire cohabiter des sensibilités diverses : il est plus un collectif d'intellectuels que l'inverse...

2) Pour être un intellectuel collectif, le PC doit élaborer sa ligne politique à partir d'un travail lui aussi collectif de ses adhérents. Ce qui impose des règles de travail, une formation adaptée à ces méthodes de travail, des règles de choix entre diverses options. Je n'imagine pas d'autres règles de choix que démocratiques, ne serait-ce que pour faire en sorte que la masse des adhérents ou, tout au moins la majorité d'entre eux, adhèrent précisément, le mieux possible, à la ligne choisie : on ne peut contraindre qui que ce soit à penser ou croire une chose, et défendre efficacement une autre chose... Tout le problème est d'imaginer ces règles et de les appliquer avec discernement, c'est-à-dire en contrôlant leur validité et en les corrigeant s'il le faut, pour tenir compte des difficultés d'application.

3) Pour faire émerger la ligne politique du Parti, associant le mieux possible tous les communistes, je ne vois pas d'autres structures que hiérarchisées pour y parvenir, par exemple des cellules, des sections, des fédérations, un conseil national, etc... La démocratie directe n'est viable que pour des organisations groupusculaires, ou de petits collectifs (par exemple le CN, pour les décisions en son sein).

4) Dans la gestation des idées à l'intérieur du Parti, leur étoffement progressif vers une synthèse à travers des discussions entrecroisées, la dynamique même de ces échanges, peut amener à l'apparition de « sous- intellectuels collectifs », de groupes de travail ou de réflexion verticaux ou transversaux. Ce sera quelquefois des groupes de « copains », un réseau via Internet, pas forcément « officiel ». Cette éventualité est une bonne chose qu'on ne doit pas condamner. Le « binôme » des « copains » Marx et Engels a été, que l'on sache, des plus productif ! Par contre, si dans le Parti, cette équipe de copains prend racine, « cristallise » en une structure permanente, ça ne peut pas fonctionner longtemps : on aboutit aux « tendances », avec des inconvénients bien connus. A l'extrême, comme dit G. Questiaux, on a des partis dans le Parti. L'intellectuel collectif devient schizophrène !... Donc : pas de tendances permanentes ! Mais il ne s'agit pas d'imposer cela par des oukases. Ce doit être une règle librement acceptée au nom, précisément, de l'efficacité. Inversement, si envers et contre tout, certaines tendances se cristallisent (c'est manifestement le cas dans le Parti depuis quelques années) le diagnostic doit être : il y a quelque chose qui cloche. Il appartient aux Directions de faire les gestes nécessaires pour « crever l'abcès ». Mais on ne peut pas continuer comme cela : « l'auberge espagnole » actuelle contribue au « déclin » du PC .

5) Il y a une autre bonne raison de ne pas laisser le Parti se disperser en tendances au risque d'inefficacité. Le Parti doit entreprendre des « expériences politiques ». Il doit procéder par « essais et erreurs », combinant théorie et pratique. Pour qu'une expérience soit significative et qu'on puisse en interpréter les résultats, il faut qu'elle soit unique à un moment donné, et mise en œuvre avec le maximum de forces militantes : on ne peut disperser les forces. De l'examen des résultats obtenus doit résulter les décisions à venir, les expériences nouvelles à entreprendre. Tout communiste attaché à la réussite de son parti (et par définition il faut faire cette hypothèse !) ne peut - c'est en tout cas mon sentiment - récuser une telle démarche. Elle est le fondement théorique du « centralisme démocratique ». Il en facilite l'application, car ce dont il s'agit, ce n'est pas de se disputer dans le vide entre chapelles, mais de convenir ensemble qu'une expérience par ses résultats, pourra trancher entre plusieurs approches. C'est la pratique qui vérifie la bonne théorie... ou bien la réfute si elle est mauvaise ! Il n'y a pas de vainqueurs et de vaincus...

6) La question du choix des responsables ou dirigeants aux différents niveaux est évidemment une question difficile, bien soulignée par G. Questiaux. Je pense qu'une des raisons de la difficulté, pratiquement « incontournable », est que dans un parti comme le PCF, chaque dirigeant ou responsable intègre dans sa personne les trois fonctions traditionnelles qui sont - en principe - séparées dans les états démocratiques modernes : les fonctions législatives, exécutives et judiciaires. On ne voit pas comment elles pourraient être totalement indépendantes dans un parti politique. Il est des circonstances, bien notées par G. Questiaux, où la fonction exécutive prime sur tout : situation révolutionnaire ; celle qui prévalait pendant la guerre et la résistance, quand le Parti était dans la clandestinité, etc... Ce fut donc le cas en Russie en 1917. Alors, « la discipline faisant la force principale des armées », le Parti bolchévik s'est « militarisé ». Je trouve un peu mal venu de reprocher à Lénine d'avoir alors inventé le « parti léniniste » d'où nous viendrait tout le mal : il s'est contenté de promouvoir du « centralisme démocratique de guerre » ! Malheureusement, c'est ce modèle qui a été repris par tous les partis communistes occidentaux, dont le PCF. Comme un « appareil » a tendance à se reproduire identiquement à lui-même (je passe sur les raisons multiples où s'entremêlent psychologie et politique : goût du pouvoir, facilité de « gouvernance », etc...), ce modèle a perduré trop longtemps sans remise en question de l'intérieur. Il a fini par discréditer ce concept de centralisme démocratique. Et comme il est fréquent dans ce type de circonstances, pour « résoudre » le problème, pour supprimer la fièvre...on a cassé le thermomètre !... On a abandonné le centralisme démocratique, alors que, de mon point de vue, on ne peut s'en passer dans un parti communiste, qui veut se comporter en intellectuel collectif. Je pense que revisiter aujourd'hui ce concept serait un grand « atelier », comme on dit, à ouvrir à l'occasion d'un congrès du PCF...

Pour en revenir au mode de désignation des dirigeants, le problème posé est de savoir comment doser dans cette désignation les trois « casquettes » du dirigeant : son rôle législatif, son rôle exécutif, son rôle judiciaire. Il faut certainement trouver une cote plus ou moins mal taillée en combinant cooptation (désignation par le haut des « subalternes », qui est la règle dans les structures d'exécution) et l'élection démocratique à partir du bas, qui est la règle dans le législatif. Je n'ai pas de réponse claire à proposer : cela mérite débat...Mais je pense que l'on doit, de toutes façons, concilier ces processus contradictoires de nomination en exigeant une transparence la plus totale possible. A la fois dans les motivations du choix par le haut, et dans l'élection par le bas. Les propositions de G. Questiaux relatives à ce dernier aspect me semblent très bonnes.

La transparence est sans doute à formaliser en des règles statutaires. Elle contribue à fournir des arguments dans les choix pour la cooptation ou l'éligibilité. Elle doit donner à chacun une « visibilité », comme on dit, sur les capacités des candidats : dévouement à la cause, intelligence politique, pédagogie, et même... plus ou moins grande aptitude à la transparence ! L'idéal serait évidemment qu'on arrive à faire coïncider les choix de cooptation par le haut et les choix de l'élection par le bas...

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