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Réveil Communiste

Contribution d'Edmond Janssen (PCF Paris 13) : l'Italie montre la voie

14 Octobre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Communistes en Italie

Contribution Edmond Janssen (13e)

9 septembre 2008

On a pu observer ces derniers mois les raclées qu'ont essuyées les rassemblements de gauche
constitués sur des bases réformistes et sociétales (3% pour la Gauche Arc-en-ciel en Italie, 1,93%
pour les collectifs antilibéraux de Marie-Georges Buffet) avec des scores 4 fois moindre que ceux
établis par le PCF aux cantonales ou Refondation Communiste aux législatives de 2006. Les mêmes
causes produisent les mêmes effets : on sait que ces échecs sont dûs à la désaffection des couches
populaires face à des politiques de gauche réformistes et sociétales qui ont été surjouées, jusqu'à
plus soif, ces 30 dernières années, et dans lesquelles les couches populaires ne se reconnaissent pas.

Face à de telles déculottées, deux attitudes sont possibles. La première, c'est celle du dernier
secrétaire de Refondation Communiste Bertinotti qui disait en substance que c'était parce qu'on
n'était pas allé assez loin dans le rassemblement sur ces bases réformistes et sociétales, qu'il fallait
encore persévérer, aller plus loin dans cette voie. Un peu comme Sarkozy qui, quand l'UMP plonge
aux municipales dernières, dit que c'est parce que les Français veulent qu'on accélère les réformes,
que les Français trouvent que les réformes ne vont pas assez vite et que, lui, Sarkozy a bien entendu
leur message... Après la raclée des 1,93% des collectifs antilibéraux aux présidentielles de 2007, on
entendait certains camarades psalmodier « On est dans le mur ! On est dans le mur ! ».

On peut aller une fois dans le mur, c'est humain, mais s'entêter à vouloir y retourner relève en quelque sorte
d'une certaine forme d'« autisme » politique ou de stratégies non-dites et cyniques. La seconde
attitude est celle choisie par une majorité de camarades de Refondation Communiste en juillet
dernier à leur Congrès, qui a désavoué Bertinotti, et dont la première phrase du document final
stipule que « Le congrès considère comme close et dépassée la phase caractérisée par la coopération
organique avec le Parti Démocrate au sein de la désastreuse expérience de gouvernement de l'Union
(avec Prodi) et par la présence aux élections dans la liste Gauche-Arc-en-ciel » et qui stipule un peu
plus loin que « Seule la reprise du conflit de classe peut éviter qu'une guerre des pauvres s'établisse
dans notre pays ». Avec toutes les réserves sur les intentions réelles du nouveau secrétaire de
Refondation Communiste, ce Congrès dénote indéniablement un changement dans les rapports de
force entre ceux qui voulaient seulement persévérer dans le réformisme et le sociétal et ceux qui
entendent revenir aux fondamentaux du communisme, seul gage de sérieux pouvant agréger
l'assentiment des couches populaires. Il existe des phénomènes de contaminations progressistes
dans l'histoire récente et portés par des dynamiques d'espérances collectives, suite aux répressions
économiques décomplexées. Ainsi Morales (en Bolivie), Correa (en Equateur), Ortega (au
Nicaragua) n'auraient jamais été investi sans le précédent que constituait Chavez au Venezuela. Le
Pérou a failli basculer aussi, à quelques pourcents près. Ainsi aussi le « Non » français a-t-il
contaminé le « Non » néerlandais, qui ont contaminé à leur tour le « Non » irlandais.

Ceux-là même qui invitaient à suivre l'exemple « avant-gardiste » du PCI qui s'était sabordé en 1993 s'offusqueront sans doute du recours au procédé analogique, mais « I have a dream... » : puisse le précédent que constitue le Congrès italien de juillet contribuer à insuffler une dynamique au Congrès du PCF en décembre, propre à rétablir le sérieux du projet politique du Parti Communiste Français sur les seules bases qui agrégeront les couches populaires, c'est-à-dire sur des bases effectives de conflit de classes et à « considèrer comme close et dépassée la phase caractérisée par la coopération organique avec le Parti Socialiste au sein des désastreuses expériences de gouvernement de la Gauche Plurielle et de participation à la gestion capitaliste des années
Mitterrand et par la présence aux élections dans des collectifs antilibéraux. »
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