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Réveil Communiste

Mais de quoi nous parle l'Humanité ? A quoi joue la direction du PCF ?

13 Octobre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ce qui ne peut plus durer au PCF

Où comment la lecture de l'Humanité du 13 octobre 2008 fait surgir beaucoup de questions sur le Congrès à venir et un peu sur le reste.

D'une part, il faut rappeler la ligne éditoriale très sélective du journal quant aux sujets traités relativement à la situation politique à gauche dans le PCF, ainsi que relativement aux dirigeants du Parti auxquels il est permis de s'exprimer dans ses colonnes. Pour se rafraîchir la mémoire sur les derniers mois :

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-20878316.html  cliquer ici

Plus récemment, Jean-Claude Gayssot, ministre brillant dans l'exercice de décrédibilisation du PCF, a eu droit à deux tribunes. Et nous aprenons aujourd'hui plusieurs faits assez édifiants :

1. Page 5 : grosse place donnée à l'appel de Politis visant à la création d'un nouveau parti. En Guest stars : Jean-Claude Gayssot, encore lui, et Roger Martelli...

2. Page 6 : nous aprenons que les Zarka, Braouezec et Martelli ont pondu un texte et qui a recueilli des signatures en nombre suffisant pour être considéré comme un "texte alternatif". Mais nous apprenons alors que ces messieurs refusent de soumettre leur proposition aux suffrages des communistes. Braouezec est coutumier du fait, lui qui s'était présenté aux suffrages des antilibéraux sans passer d'abord devant les communistes, sans être le moins inquiété du monde... Que ces camarades renoncent finalement à affronter la vérité du vote ne serait pas du tout choquant si, dans le même temps, leur contribution n'était "versée au débat", avec l'assentiment de la Commission de la Transparence des Débat, l'ancien président du 93 Hervé Bramy (qui rappelons-le, a été filmé par FR3IDF debout, avec l'ensemble du groupe communiste à l'exception de Jean-Jacques Karman, pour acclamer l'investiture de Claude Bartolone à la présidence du CG qu'il venait de perdre). Quelle est cette démocratie de pression, de jeu d'influences, de connivences, de magouilles pour être clair ? Qui plus est, cette mesure est anti-statutaire, tout simplement. Là encore, ce n'est pas une première, puisque la direction du Parti, après sa brillante campagne présidentielle sous les couleurs "Arc-en-ciel" (tiens, comme aux législatives italiennes...) de la Gauche Populaire et Antilibérale, voulait un Congrès extraordinaire (ça en soi, c'eût été normal pour qu'elle remette tous ses mandats...), mais également antistatutaire ("débarrassé de la gangue statutaire qui encombre la liturgie des congrès « ordinaires »", l'Humanité du 25 juin 2007), où les "invités" auraient participé à ce qu'il était encore envisagé d'être un Congrès (rapport au Conseil national du 13 septembre 2007 de Michel Laurent) avant d'être une Assemblée Nationale Extraordinaire (notons d'ailleurs la confusion des termes, l'Assemblée nationale étant une des chambres du Parlement français). Pour revenir à notre sujet, si ce texte n'est pas soumis au vote, alors il ne doit pas être envoyé aux communistes, d'une part. D'autre part, ses signataires refusant la sanction démocratique, comment mesurer leur poids réel dans le Parti ? Par conséquent, comment composer en toute transparence des délégations représentatives de l'opinion de communistes aux conférences fédérales et au Congrès ? Il faut demander à ce que les signataires de ce texte soit finissent par soumettre leur proposition aux militants et acceptent le rapport de force qui se dessinera ainsi, soit acceptent de n'être pas représentés du tout dans les conférences fédérales et au Congrès. Il est inacceptable, et antistatutaire, que de telles pratiques puissent continuer d'exister dans un parti qui se prétend démocratique.

3. Nous apprenons, page 7 cette fois, qu'une nouvelle fois, des "invités" sont conviés à nos débats pour faire pression sur les communistes. "(...) la commission souhaite ouvrir les discussions à l'extérieur du PCF. Elle invite les sections [dans la plus grande démarche démocratique, la commission] et les fédérations à faire, des 29 et 30 octobre, des journées <<portes ouvertes>> dans les lieux de vote". Il est bien évident que les "invités" ne viendront pas, dans l'esprit de la commission, pour nous demander de faire vivre et renforcer le Parti Communiste. Encore une fois, sous le prétexte de "l'ouverture", il s'agit de faire en sorte que la "gauche sociale", dont l'Humanité se gargarise d'être le journal, vienne faire la leçon aux communistes pour leur suggérer un suicide collectif. Car, bien entendu, les "forums", "collectifs", "l'ouverture", et pour tout dire "la mutation", ont fait la preuve de leur efficacité quant à la nécessité de redresser le PCF. Continuer sur la même voie révèle l'obsession idéologique quasi-maladive de poursuivre dans les voies qui échouent, et de ne pas remettre en question les orientations stratégiques des dernières années, ni ceux qui les ont élaborées et mises en place.

4. Sur ce sujet, précisément, encore page 7, un article se fait l'écho de discussions au sein de la commission de transparence des directions (rien que la dénomination fait rire tant le fonctionnement de la direction nationale est opaque). Un "examen critique de la direction sortante" aurait été fait... là encore, c'est une blague. Si c'était le cas, il est bien évident que, au delà des dysfonctionnement "internes" au Conseil national et au Conseil exécutif (certes, trop pléthoriques, pas assez actifs, etc.), il est bien évident, donc, que la question de la stratégie du Parti, de son organisation d'autre part, auraient été mis en cause. Or il n'en est rien : sur le premier sujet, la base commune en fait foi. Sur le second, on prétend constituer un "collectif dirigeant" répondant à des critères de "qualité d'écoute, disponibilité et engagement, capacité d'initiatives et d'impulsion, apport d'un travail de recherche...", mais en aucun cas des critères de positionnement politique. Incroyable. Par ailleurs, on ne peut que se féliciter de vouloir des dirigeants susceptibles d'impulser des initiatives, car les actuels semblent attendre patiemment que les masses, et plus particulièrement les militants du PCF, fassent le travail qu'ils ne font pas ; il est inacceptable que les dirigeants, qui devraient être les plus mûrs de nos militants, les meilleurs des agitateurs, les plus fins organisateurs, méritant ainsi d'être sortis du rapport de production et d'exploitation, se déchargent de leur responsabilités en invocant "l'émancipation" dont devraient faire preuve les militants qui, malgré leur travail, tentent tant bien que mal de faire vivre leur parti. En clair : les dirigeants doivent prendre des initiatives, organiser l'activité du Parti, et donner les moyens aux militants d'agir. Il est hors de question d'inverser la responsabilité de l'impasse dans laquelle se trouve le PCF : les dirigeants permanents du PCF doivent être agissants au service du Parti et de ses militants ; ils doivent être responsables de leurs décisions et de leurs actes, et des résultats obtenus. Sur la dernière période, ce critère serait alors implacable, et la nécessité de changer de façon très large la direction sortante s'imposerait aux militants, accompagnant la nécessaire réorientation stratégique et idéologique du PCF.

6. Page 7, une très longue interview de Paul Boccara sur la crise financière. Lui au moins, on ne peut pas le qualifier de liquidateur. L'Humanité prend toujours soin, au milieu d'un déluge de liquidation, d'instiller quelques gouttes de communisme comme pour les opposer aux procès en liquidation. Et d'autant plus que Boccara et la mouvance ANR - Commission économique a accepté de travailler à amender le texte de base commune. Il fallait bien les remercier !

7. Enfin, page 19, voilà la maire de Bobigny, qui semble nous parler de l'affaire de la Maison de la Culture du 93 sise dans sa commune, que la Comédie française semblait vouloir coloniser. Que celui qui aura compris quelle position était défendue dans ce charabia illisible par l'édile de la préfecture de Seine-Saint-Denis écrive immédiatement au journal pour en faire profiter les lecteurs qui, comme moi, ne sont probablement pas des adeptes de la "novlangue" des dirigeants du PCF, et nous éclairent sur cette question.

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Jonathan 13/10/2008 23:09

Ah oui pardon, c'est de moi l'article. Merci pour le compliment Astrée. Si le style est Dumasien, ça me flatte à un point...

astrée 13/10/2008 23:00

ah, on dirait du Jojo... 10 contre un que c'est Jonathan! je reconnais le style Alexandredumasien :)

astrée 13/10/2008 22:53

de qui est le texte siouplait?? c'est pas signé.

pedrito communista 13/10/2008 22:41

Je l'ai dit un peu plus haut en qqs mots, après le coup de gueule du copain Lotois : ici, ne manque aucun détail .Quel mépris ils continuent de manifester contre la base !!