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Réveil Communiste

En France, on achève bien les vieux...

5 Octobre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Positions

Ce soir, j'ai regardé un reportage sur ce qu'on appelle les « maisons de retraites » (moi j'appelle ça des mouroirs), intitulé « Maisons de retraites, du scandale à l'espoir ».  Ce reportage m'a donné envie d'écrire sur un phénomène de société qui me révulse : la maltraitance des personnes âgées. Je suis bien placée pour en parler, conaissant une personne proche ayant subit des maltraitances par le personnel de la maison dans laquelle elle était placée. Rendant régulièrement visite à cette personne, j'ai vu, de mes yeux vus, comment on traite les vieux : comme du bétail. Et encore, même le bétail est mieux traité. Non, des objets. Ce sont de simples meubles, encombrants, qu'il faut ranger dans un coin et oublier au plus vite. J'ai vu des personnes âgées avec des bleus au viage, sur les bras et les jambes, ou alors, qu'on avait « oublié » dans un coin. Ou encore, bourrés de médicaments, pour les « calmer » quand ils se plaignaient du traitement qu'ils subissaient. Parfois même, j'ai entendu des petits vieux handicapés, dépendant, pleurer car ils souffraient, et pas une aide soignante pour leur porter secours. Ils veulent aller aux toilettes ? Bah, on à qu'à leur mettre des couches. Ils ont faim ? Pff, que des caprices. Parfois, on « oublie » de nourrir les personnes  âgées, et on les laisse dans leur chambre pendant 24 heures. Ils font chier, les vieux. Ils encombrent.  On a qu'à les laisser mourir, dans l'indifférence la plus totale.

Il y a aussi les punitions. Oui, les punitions. Parcequ' un vieux, c'est comme un enfant : ça fait des bêtises.  Oui, une bêtise, c'est quand une personne âgée ose demander un verre d'eau parcequ'elle ou un bout de pain parcequ'elle à faim. Alors, il faut la frapper pour qu'elle comprenne, ou la caler dans un coin, dans une pièce isolée, toute la journée, face au mur. Au coin. Comme un enfant de  cinq ans. En France, on infantilise les personnes agées. On les rend dépendants. J'ai connu une personne âgée dont l'état s'était dégradé une fois entrée dans la maison de retraite. Elle était capable de se nourrir, mais pour gagner du temps, on la nourissait. Elle pouvait aller aux toilettes, mais pour gagner du temps, on lui avait mis des couches. Parceque le temps, c'est de l'argent. Il faut le rentabiliser.

 En France, on drogue les vieux. On les frappe. On les humilie, on les insulte, on les torture psychologiquement. La télé de la maison de retraite  dans laquelle j'allais était constamment allumée...mais les pensionnaires, assis dans un fauteuil roulant, avaient le dos face au mur. On ne parlait pas au vieux, on leur criait dessus. On ne regardait pas les vieux, on les ignorait.

Ce que je raconte n'est pas un simple coup de gueule, qui n'aurait aucun intérêt pour les communistes que nous sommes. C'est un VRAI problème de société, qui sous-tend une gestion calamiteuse de ces maisons de retraites, souvent très chères, la plupart privées, et  considérées comme de véritables « business ». Oui, car derrière ces tortures et ces malveillances, il y a la loi du fric. Des directeurs de maisons de retraites, de véritables PDG d'entreprises juteuses, qui rackettent les pensionnaires et leur famille. Ils abusent de la confiance des familles, qui confient à ces « maisons » un membre de leur famille.

Et c'est là que se situe tout le problème : la privatisation de la santé. Voilà à quoi ça mène. Considérer la vie des personnes comme la possibilté de se faire un bon ptit buisness bien rentable, sur le dos des gens. La santé, surtout celle des personnes âgées, c'est considéré comme rentable. Et ça ne choque personne.

Moi ça me choque. Pire, ça m'ulcère. Me révolte. Il faut faire quelque chose, dénoncer ces criminels de la santé. Former les aides soignantes, souvent dépassées, mal payées, débordées de travail, qui se réfugient dans l'agressivité envers leurs patients. Qui les prennent comme souffre-douleur. Nous, communistes, nous devons aborder le thème de la vieillesse, thème qui fait peur, qui met mal à l'aise, car il nous renvoie à notre propre mort. Mais une société, un pays qui traite ses vieux comme de vulgaires meubles n'est pas digne de figurer parmi la liste des « pays développés ».

Je voudrais agir. Mais je ne sais pas quoi faire. Politiquement, il faut agir. Mobiliser les professionnels de la santé, les associations. Plancher sur le problème. Alerter la population.  Nous devons casser la loi du silence qui pèse sur ces maisons de retraites, qui pèsent sur les familles. Et ce n'est pas faire de la charité. C'es dénoncer l'exploitation de l'homme par l'homme, l'objectivisation de l'homme, ici, en France, par des capitalistes sans scrupules qui veulent faire de la santé leur business.

Astrée Questiaux

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Pasquale Noizet 13/10/2008 00:43

1 - je ne pense pas qu'il y ait "redondance" a agir politiquement en tant que communistes et PCF parce qu'un plan "grand-âge" et des associations, des inspections existent déjà. Cela ne semble pas donner des résultats puisque cela continue à exister. Puisque dans cette société être vieux c'est à cacher et mourir vaut mieux pas en parler.2 - Les familles ne peuvent pas être "bien informées" qu'un lieu qui a l'air bien sous tous rapports n'est pas à la hauteur. Par contre généralement elles ne savent pas quoi faire. Elles subissent un chantage à "votre vieille mère ou vieux père, personne d'autre n'en voudra" ou ils viennent peu voir leurs parents car ils ont honte eux même de l'état dans lequel ils se retrouvent. Cet état peut être du à la grande vieillesse et à la maladie mais si l'on regarde de plus près on trouve des indices qui prouvent qu'ils ne sont pas bien traités voire maltraités. Et on peut facilement glisser de cet état à l'autre, plus extrême. POur toutes les raisons dont parle Astrée essentiellement liées à des problèmes d'organisation, de manque de formation, de rentabilité parfois même de perversité et surtout de rejet de toute une société de la vieillesse et de la mort, il y a réellement un rôle à jouer pour un parti progressiste comme le notre.Je trouve intéressant que des jeunes communistes se penchent sur ce problème, c'est si rare.

Astrée 06/10/2008 13:28

Merci Diodore pour ta réponse qui me semble très pertinente (et qui rejoint ce que dit Carole). J'aimerais bien te rencontrer (ce soir malheureusement je finis tard et je ne pourrrais pas aller à malakoff, le temps que j'y aille il sera tard). Je sis de Paris, et j'ai cru comprendre que tu es à Colombes?voici mon mail: astreenoizet@yahoo.frfraternellementAstrée

DiadoreCronos 06/10/2008 13:00

Le gouvernement et son prédecesseur ont semble-t-il lancé un plan "Grand âge" qui prévoit la lutte contre les maltraitances des personnes âgées, et il y a -normalement- les inspections de l'IGAS, ainsi que des associations de luttes contre ces maltraitances telles que l'Alma. Je dis cela pour que nous évitions de nous lancer dans une initiative en redondance avec ce qui existe déjà.Ce que nous pouvons faire en tant que communistes, c'est effectivement visiter en tant que bénévole ou proche des établissements, et faire si besoin est un courrier détaillé à la commune ou à la DDASS, me semble-t-il. Je peux être disponible pour cela, vu qu'actuellement je suis en recherche d'emploi, et que même si cela devait changer, je conserve toujours du temps pour l'activité militante.Plus généralement, ces cas de maltraitances m'évoquent deux problèmes:-le manque d'information des familles qui placent leurs parents dans ces établissements;-et/ou l'absence de liens entre les familles et proches et leurs parents.Je ne m'appelle pas Christine Boutin, je ne déifie pas la famille: il y en a qui abandonnent volontairement leurs parents. Cependant, il faudrait agir (distribution de tracts, action auprès des communes pour l'envoi de courriers collectifs) pour que les ménages qui placent leurs parents soient toujours informés de l'inspection des établissements qu'ils sollicitent.  

Astrée 06/10/2008 09:52

Bonjour Jo, bonjor Carole,en fait si j'ai écrit cet article c'est qe ce documentaire m'a boulversée, me rappelant une personne de ma famille qui a subit ce genre de traitement. Bien sûr que toutes les maisons de retraites ne sont pas comme ça et heureusement! Mais ce que j'a voulu signifier, c'est que ce n'est pas forcément dans les maisons de retraite municipales, c'est aussi (c'était le cas pour mon proche) dans des maisons très chères, où le directeur s'en met plein les fouilles. Donc non seulement le service n'est pas rendu, mais en plus on vole la personne, sa famille, et on la maltraite par dessus le marché.La maison de retraite que je connaissais, très chère, très bien sous un premier abord, renfermait des monstres qui maltraitaient les petits vieux. Alors oui, sous-effectif (c'était pas trop le cas dans cette maison de retraite), stress, mauvais salaires...Mais est-ce une raison pour torturer des personnes? Surtout que, on se le demande, Où VA L'ARGENT? Surment pas dnas les poches des infirmières qui sont mal payées, surment pas dans la rénovation de la maison parceque c'est pas non plus un palace, alors...réponse: dans les poches de Monsieur le Directeur, qui doit rouler en Ferrari.Maintenant, il ne faut pas tomber comme j'ai tendance à le faire (parceque je parle beaucoup avec mon coeur, concernant ce sujet là), dans la colère aveugle, la compassion à deux balles pour certains et le "tous pourris". Surtout, rechercher des raisons économiques à ce malaise dans notre société, par rapport à ses vieux. Le vrai problème, c'est qu'il y a des gens qui s'enrichissent de façon indécente dans un secteur qui devrait être un service, même privé. Enfin, des maisons de retraites privées, pourquoi pas, mais sous contrôle de l'Etat. Avec des formations de qualité. Des personnels bien payés, qui aiment leurs métier. Parceque les conasses que j'ai vu traiter les ptits vieux comme des sacs à patate et leur hurler dessus, elles aiment pas leur métier. Y'en avait, elles avaient à peine mon âge. Elles venaient de'apprendre le métier. Mal, apparemment.Pour mettre un terme à ces maltraitances, il faut non seulement repenser entièrement le secteur santé de la vieillesse, commme je l'ai dit, mais aussi changer de mentalité. Les vieux ne sont pas des enfants et il faut arrêter de les infantiliser. A la fin du reportage, une note d'espoir: on nous montrait une maison avec des ptits vieux qui sortaient et entraient, prenaient eux-même leurs repas, pratiquaient de nombreuses activités, bref, ils avaient l'air heureux. Surtout, ils avaient gardé leur indépendance d'adulte, même vieux, même malades, même handicapés. Il fat changer le regard sur la vieillesse et repenser entièrement la conception de la maison de retraite qui s'apparente aujourd'hui très fréquemment au mouroir.fraternellementAstrée

caroleone 06/10/2008 08:25

Il ne faut pas non plus mettre tout le monde dans le même sac. Il existe malgré tout des maisons sérieuses mais le manque de personnel bien formé est évident surtout lors des remplacements.Le service aux personnes est une spécialité qui va être en grand développement surtout avec le vieillissement de la population et les maladies dégénaratives qui progressent et provoqueront de ce fait des dépendants qui seront malheureusement de plus en plus jeunes. Pour dénoncer, c'est simple, aller dans les maisons de retraite en tant que bénévoles permet d'une part comme tu le fais( et moi aussi d'ailleurs) de donner un peu de chaleur humaine à nos anciens et aider à accompagner les initiatives mais également cela permet d'avoir un oeil sur ce qui se passe.Au niveau de la politique, c'est évident que la formation des personnels est importante et cela est fait, le problème réside dans les effectifs et les remplacement permanents. Ce n'est pas évident d'avoir des équipes qui tournent sans arrêt et valoriser ces personnels est évidemment obligatoire si l'on veut obtenir des prestations de qualité. Or, ce n'est pas le cas, car quand le personnle est nouveau, bouge sans cesse et doit s'adapter sur le terrain cela provoque des tensions dans les équipes. Dans ce genre d'endroit, on peut voir les méfaits du travail précaire qui monte des salariés entre eux. Je sais ce que c'est car je suis précaire et je peux témoigner, non de la violence envers les résidents car ce serait mensongé mais par contre, je peux témoigner des tensions existantes pour les personnels, et ce indépendamment des services.