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Réveil Communiste

André Gerin écrit à Fillon, sur la crise financière

30 Septembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Economie

Monsieur le Premier Ministre,

La crise financière partie des Etats-Unis rattrape à présent l'Europe.
La France est désormais au cœur de la tourmente.
En deux jours, trois banques européennes ont dû faire l'objet d'un sauvetage soit par injection financière des Etats concernés, soit par nationalisation : le Belge et Néerlandais, Fortis, le Britannique Bradford et Bingly, l'Allemand Hypo Real Estate.
Dexia, anciennement Crédit local de France, lié avec le Crédit communal de Belgique, a vu son titre chuté, hier, de près de 30 %. Les gouvernements belge et français ont immédiatement réagi car cette banque est celle des collectivités locales, dont il convient de rappeler qu'elles sont les premiers investisseurs, notamment la France. L'Etat belge, l'assureur CNP, l'Etat français et la Caisse de dépôts et consignations détiennent 25 % du capital du groupe. 7 milliards d'euros devraient  être ainsi injectés.


Natixis, la banque de financement et d'investissement français, a perdu 30 % de son cours dans les mêmes conditions. L'action ne valait plus, hier au soir, que 2,2 € contre 19,55 € en novembre 2006.

Les deux maisons mères sont les Caisses d'epargne et les Banques populaires qui ont la semaine dernière, déjà recapitalisé le groupe pour plus de 3,7 milliards €.

La crise touche donc l'ensemble des réseaux bancaires et d'assurance à l'échelle de la planète, ce qui n'est pas surprenant en raison de l'interdépendance des établissements, résultant de la folie financière capitaliste.
Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, déclarait, à Toulon, jeudi 25 septembre, vouloir moraliser le capitalisme et sanctionner les responsables. Ce discours était pour le moins étonnant de la part d'un chef d'Etat qui découvrait soudain les vertus - d'ailleurs toutes relatives, de la régulation.

Monsieur Sarkozy a reçu aujourd'hui les responsables des établissements bancaires et financiers et il a été déclaré, à l'issue de cette réunion, que des dispositions concernant des missions de ce secteur seraient annoncées en fin de semaine.

Vous me permettrez, à ce sujet, quelques suggestions :
Il faut d'urgence :
- acquérir la maîtrise du réseau bancaire et financier et prendre des mesures immédiates,
- protéger les intérêts des collectivités et les mesures nécessaires,
- préserver les intérêts des épargnants de Dexia,
- jusqu'où, de ce point de vue, la Caisse des dépôts et consignations, actionnaire à la hauteur de 11 % de Dexia, sera sollicitée et jusqu'où le gouvernement prendra ses responsabilités ?
- Un grand débat national est nécessaire afin de constituer un pôle public de ce secteur, impliquant la nationalisation des établissements les plus importants. Dans la tourmente, la nationalisation signifie aujourd'hui de socialiser les pertes. Je propose une autre logique, qui permette à notre pays de disposer d'un système bancaire, dont la priorité sera de financer la création des richesses, les emplois, le pouvoir d'achat et non de nourrir les cancers financiers, dont nous mesurons les conséquences désastreuses.

Dans le même esprit, décider :

- L'arrêt immédiat des licenciements chez Renault, des suppressions d'emplois chez Peugeot,
- Empêcher la fermeture de l'usine Général Motors à Strasbourg,
- Prendre des mesures d'ensemble pour suspendre toutes les suppressions de postes annoncées dans les entreprises de France,
- Suspendre le processus de  privatisation de La Poste,
- Ouvrir un chantier immédiat pour reconstruire une  industrie nationale livrée de la même manière aux appétits financiers.
Quelles sont les intentions du gouvernement ? Les réponses sont attendues dans les plus brefs délais.
Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l'expression de mes  meilleurs sentiments.

André GERIN

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Emmanuel Lyasse 03/10/2008 18:28

Merci pour la précision. Comme quoi le pire n'est pas toujours certain, même quand il s'agit de Cohen-Seat.Ce garçon a tout à fait raison de penser qu'il y a incompatibilité entre le maintien dans l'Union européenne et la propriété publique d'une partie du secteur bancaire (qui, rappelons le semblait parfaitement normale à Antoine Pinay en 51). Mais pourquoi refuser d'envisager la bonne solution ?Il devrait se demander aussi comment il peut être pour le maintien de La Poste dans le secteur public, alors que cela est tout aussi euro-incompatible. 

gilles gourlot 03/10/2008 03:22

parfaitement mademoiselle je persiste et signe! ( de mon nom cet fois ci ;-))Emmanuel comme le dit astrée je caricature un peu mais si peu le sens est bien la et si je n'ai pas retenu la "citation" au mots j'en retrancrit l'esprit clairement. En réponse a mon intervention il a belle et bien associé ce genre d'idées a un passé révolu et entaché de stalinisme.de toute façon si je l'avais noté ou enregisté ça aurais été une méthode digne du KGB pas vrai Amar! ;-)

Astrée 02/10/2008 14:48

salut Emmanuel,non, je crois pas que c'était les mots exacts (j'y étais moi aussi, en Vendée, à écouter le discours de Cohen Seat) mais en gros il disait que les nationalisations, effectivement, c'était pas euro-compatible et pas moderne. Le coup des "heures sombres de l'histoire" ça par contre je m'en souviens pas (faut dire c'était tellement chiant ce qu'il disait). Les "valises de plomb", par contre, il l'a ressorti. :) Maisle pire, c'était son refus de faire un bilan, en particulier sur la gauche plurielle, là, ya plus personne. Il a dit: "il faut faire un bilan"...mais il ne l'a pas fait! Et selon lui si on a fait 1,93% en 2007, c'est pasrcequ'on était...trop communiste! (ouarf ouarf ouarf!)Tu vois on pas pris de notes mais je pense que Gilles a voulu retranscrire la tonalité du discours.fraterAstrée

Emmanuel Lyasse 02/10/2008 14:35

Gilles, Cohen Seat a-t-il vraiment employé l'expression "heures sombres de notre histoire" à propos de nationalisation des banques ?En somme, les "heures sombres" seraient… celles de la Libération.Si ta citation est exacte, elle illustre de façon dramatique la capacité qu''ont ces gens là de causer sans que ça passe par leur cerveau. 

Eric 01/10/2008 19:14

Bravo, enfin un dirigeant communiste qui prend ses responsabilités !