Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Réveil Communiste

Quatre "jeunes cadres" du PCF et son avenir

20 Septembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Trouvé sur le site des comunistes d'Arcachon le 20 septembre.  Voir aussi sur ce site la feuille de route  de Marie George pour verrouiller la nouvelle direction ici!

On voit dans le document ci-dessous le coup de pied de l'âne donné à la direction tendance "coquille vide" par Gattignon, aligné sur une reconposition style "Die linke" qui se permet aussi une allusion crapuleuse au parti nazi russe "national bolchevique" pour tenter de discréditer les communistes du PCF (la panique peut être?). On voit ausi Dartigolle admettre son virage droitier. Fabien Rousselle est très bien. vraiment, et en lisant le texte du nouveau national de la JC on comprend bien l'enjeu du congrès : le prochain dirigeant national anticapitaliste, ce sera Olivier Besancennot, ou André Gerin? GQ 20 septembre 2008.


Le PCF et ce qui peut en être sauvé: les explications de quatre jeunes «cadres»
Alliés Stéphane, Médiapart du 15 septembre 2008

Y a-t-il une vie pour le communisme après le XXe siècle? Alors que se tient, ce week-end, à La Courneuve, la 52e «Fête de l'Huma» (la première édition eut lieu en 1930), Mediapart a interrogé «la relève du parti». En lent déclin depuis les années 1970, et après avoir subi son plus mauvais score à la dernière élection présidentielle (1,93% -
707.327 voix), le parti communiste français (PCF) a toutefois bien résisté lors des derniers scrutins municipaux (malgré la perte symbolique du conseil général de Seine-Saint-Denis).
Pour Mediapart, quatre «cadres en devenir» du parti, tous fils de militants du PCF, témoignent de la «crise» du communisme aujourd'hui (récemment pointée par le conseil national -PDF-). Ils parlent d'avenir, à deux mois du congrès, où plusieurs orientations sont proposées au vote des 130.000 militants (chiffre communiqué par la direction), et alors que l'actuelle secrétaire générale, Marie-George Buffet, n'a pas encore annoncé son intention de briguer un nouveau mandat à la tête de l'organisation.

Olivier Dartigolles (conseil national - Pau - 38 ans),
Fabien Roussel (conseil national - Lille - 37 ans),
Pierric Annoot (président des Jeunes communistes - Somme - 25 ans)
Stéphane Gatignon (maire de Sevran - Seine-Saint-Denis - 39 ans)
livrent leur analyse.

«Notre direction est trop focalisée sur les alliances»

Fabien Roussel, 37 ans, membre du conseil national. Entré au PCF en 1986, «pour rejoindre la lutte pour la libération de Nelson Mandela».

Secrétaire départemental du Nord, il milite à Lille depuis six ans et y a été candidat aux élections cantonales de 2004, avec comme slogan:
«Je vote communiste et je t'emmerde!» Homme de terrain, il croit à «l'organisation militante» pour redynamiser le parti et «réoccuper son espace politique d'avant».
«Si l'on regarde les dernières échéances électorales, le parti communiste reste la troisième force du pays en nombre d'élus. C'est une force qui compte, avec un potentiel d'action et de militants très fort. Encore faut-il revivifier le projet...
Le PCF ne travaille plus depuis longtemps sur le renouveau programmatique, alors qu'il a aujourd'hui un boulevard devant lui, entre un PS droitisé et un NPA stérile.
Moi, je crois au relais sur le terrain. Dans le Nord, cet été, on a racheté un bus, on l'a peint en rouge et, avec 10 militants, on a fait la tournée des quartiers et des entreprises. Près de 80 lieux visités, et 20.000 signatures de notre pétition sur l'augmentation des salaires...
Le problème principal du parti est avant tout un problème de direction nationale. On n'est pas assez réactifs et, surtout, on préfère la réunionnite plutôt que de se
tourner vers le peuple. Or, le peuple est notre sève et notre première occupation est d'être en phase avec la base. Le NPA de Besancenot a mieux compris ça que nous mais ils ne sont pas assez nombreux pour en profiter.
Je reproche à notre direction de trop se focaliser sur le PS et les alliances. Nous avons abandonné l'idée qu'on pouvait encore se reconstruire en étant nous-mêmes. Soyons dans une logique d'autonomie constructive. Au conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, nous ne sommes pas dans l'exécutif et nous ne votons que ce qui nous convient.
Après avoir refusé par deux fois d'adopter le budget, on l'a voté cette année car on a obtenu des avancées importantes.
Au-delà du parti, l'essentiel est de se battre pour former une nouvelle majorité à gauche. Pour cela, il faut être prêt à tous se réunir, de la LCR au PS. Mais les rapports de force sont déséquilibrés. Est-ce que les électeurs vont continuer à faire confiance au PS? Franchement, ça sert à quoi actuellement de leur donner 30%?!
En revanche, est-ce qu'on arrivera à capter cet électorat? Je ne sais pas.»

«Créer un espace où l'on donne vraiment la parole»


Pierric Annoot, 25 ans, président des Jeunes communistes. Militant dans la Somme, il a été récemment élu à la tête du mouvement de jeunesse, autonome du parti. Petit-fils de mineur, il entend mener «la reconquête idéologique à partir du travail local». Mais reste lucide sur les difficultés rencontrées par le communisme.
«Le communisme a de beaux jours devant lui, s'il saisit que l'avenir passe par la jeunesse. Face à la montée des inégalités en France et l'émergence de nouvelles guerres dans le monde, les conditions objectives sont réunies pour que l'on puisse redonner corps à l'idéal.
Cela nécessite une prise de conscience forte sur la mobilisation militante, afin de mener la bataille idéologique en permanence.
Avec la «JC» [pour Jeunesses communistes], nous relançons dès maintenant une campagne axée sur la précarité. Je pense qu'il nous faut partir le plus possible du local, pour regagner nos lettres de noblesse. Et reconquérir notre électorat à partir de luttes concrètes, voire de services sur le terrain (par exemple en matière d'accès aux soins ou d'aides aux transports).
Il y a toute une nouvelle génération de militants, dont je fais partie, qui se sont mis en mouvement lors des manifs contre Le Pen en 2002. C'est sur eux qu'il faudrait s'appuyer pour l'avenir. Pour cela, il faut savoir refonder nos propositions, en ne conservant que l'essentiel de l'analyse marxiste.
Je ne pense pas que les jeunes adhérents au PCF ou au NPA soient bien différents, car les finalités d'engagement sont les mêmes à notre âge.
Seulement, la dynamique n'est pas la même, et Besancenot profite à plein de la vitrine médiatique. À nous de faire la différence, en montrant que l'on peut agir concrètement.»

«Même la direction n'y croit plus»

Stéphane Gatignon, 39 ans, maire de Sevran (Seine-Saint-Denis). Devenu maire en 2001 deux mois avant de finir sa thèse (sur l'histoire industrielle d'Argenteuil), il a été réélu au premier tour cette année (avec 59% des voix). Également conseiller général, il fait partie du courant rénovateur du parti, aux côtés de Patrick Braouezec et François Asensi. Et livre une charge sans concession sur l'état du PCF.
«Cela fait bien longtemps que le PCF est en crise, les mauvaises langues diraient depuis 1920... Ce qui faisait sa force, l'articulation entre sa fonction tribunicienne et sa force de proposition et de gestion, a été abandonné au début des années 80 avec la fin du programme commun. Depuis, nous ne sommes que dans la contestation, sans pouvoir prouver que nous sommes capables de transformer la société.
Or, la fonction tribunicienne est portée par d'autres, et bien mieux que nous, notamment ceux qui peuvent se draper dans la pureté révolutionnaire. Il y a eu des soubresauts dans la lente agonie du parti, avec l'eurocommunisme dans les années 1970 ou les rénovateurs en 1984. Mais ce fut surtout l'occasion de nouvelles purges...
Aujourd'hui, on a arrêté la réflexion pour ne faire que de l'alliance.
D'une logique de démarche de pouvoir, on est passé à une démarche de pion du pouvoir où l'on accompagne des positions sans essayer d'en proposer de nouvelles. Si la mort est longue, c'est le fait de l'héritage municipal et du fric du parti. Les maires communistes sont à la tête de villes souvent riches, ce qui prouve qu'ils savent gérer.
Rien qu'en vendant le siège de la place du Colonel-Fabien, le parti peut encore tenir 10 ans.
Le pire est qu'il n'y a pas d'issue pour le congrès de décembre. Même la direction n'y croit plus et donne l'impression d'attendre la retraite, en proposant de conserver le parti tel qu'il est, tandis que d'autres sont dans le repli identitaire, à la limite du national- bolchevisme. Souvenons-nous que le dernier livre d'André Gérin - candidat à la succession de Marie-George Buffet - a été préfacé par le maire UMP du Raincy, Eric Raoult... Même le communisme municipal ne veut plus rien dire aujourd'hui, dans la mesure où l'on applique les politiques libérales de l'Etat.
Die Linke en Allemagne ou le parti démocrate en Italie sont des étapes vers un vrai parti de la gauche. En France, le PS choisit la confrontation plutôt que d'envelopper progressivement les élus communistes. Pourtant, il y a un modèle à inventer, où il y aurait de la place pour tout le monde. Un parti moderne, à l'américaine, comme Sarkozy a su l'inventer avec l'UMP. Et comme Besancenot est en train de le proposer, la volonté d'accéder au pouvoir en moins.»

«Imaginer les quatre ou cinq grandes réformes de demain»

Olivier Dartigolles, 38 ans, conseiller municipal de Pau, porte-parole du PCF. Très impliqué lors de la dernière présidentielle (il était porte-parole de Buffet),

le secrétaire départemental des Pyrénées- Atlantiques était très critique il y a un an sur l'avenir de son parti. Depuis, il a repris espoir.
«Lors de notre assemblée générale extraordinaire en décembre 2007, nous avons assisté à un rétrécissement identitaire décevant, qui a conduit la direction du parti à laisser toutes les options ouvertes, histoire de se laisser le temps du débat interne. Désormais, nous sommes moins portés sur la repentance et beaucoup plus sur la recherche d'une nouvelle dynamique. Il nous faut nous appuyer sur la résistance de notre communisme municipal et valoriser davantage nos jeunes élus, comme Sébastien Jumel qui vient de remporter Dieppe.
Les gens ne nous voient plus, donc ils ne nous entendent plus. Il nous faut reconstruire un discours sans rapport avec nos doctrines du siècle dernier, qui serait axé sur un nouveau mode de développement (dans un parti perclus de productivisme), la démocratie participative et l'Europe sociale. On me traite souvent de «réformiste», et j'assume! Je pense que, pour retrouver une place ambitieuse, le PCF doit dire précisément comment il imagine les quatre ou cinq grandes réformes de demain, tout en pensant l'espérance révolutionnaire.
Si le paysage politique demeure comme aujourd'hui, on offre la gauche dont rêve la droite. On ne peut pas perdre l'ambition de regagner une majorité politique avec un projet de gauche et un rassemblement à gauche, comme dans de nombreuses villes aux municipales. Si on arrive à construire ensemble à l'échelle des territoires, pourquoi ne pas y arriver au niveau national?
Il nous faut engager un processus commun de recherche d'idées neuves avec l'ensemble de la gauche. Trouvons des consensus sur nos points d'accord et mettons nos désaccords dans le débat public. On doit être capables de s'ouvrir à de nouvelles cultures et de reconnaître que nous n'avons pas toutes les réponses, mais qu'on est prêts à en débattre et à écouter.
Avec le PS, on a essayé de peser, mais on n'y est pas arrivés. Alors, on ne va pas remettre une pièce dans le flipper. Pourtant, contrairement à Besancenot, le reste de la gauche nous intéresse. Mais je ne vois pas avec qui on pourrait faire Die Linke aujourd'hui? Notre seule sortie de crise possible est de remettre les idées au centre de nos discours, autour de thématiques fortes comme l'emploi, la laïcité, la protection sociale ou l'environnement.»
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

caius Gracchus 21/09/2008 17:17

interressant, mais méfions nous des propos rapporté par certians journalistes : lisant ce qu'écris Gatignon, je me demande si le journaliste n'a pas écrit n'importe quoi... je vois mal un rénovateur/reconstructeur prendre exemple sur le parti démocrate italien (et en même temps sur Die linke...) ni proposer un parti "à l'américaine"... où alors stéphane Gatigon iest à la d oite de Manuel Valls...

Astrée 20/09/2008 19:34

franchement, le porte parole d'un parti qui dit ne plus vouloir de son parti est bon à foutre à la porte.EST CE QU'ON TOLÈRERAIT çA DANS UN AUTRE PARTI? NON. Dartigolles me fait honte à chaque fois qui'l ouvre la bouche.Vivement le congrès pour virer cette direction de SOURDS qui se foutent de notre gueule. Dehors les opportunistes. Ils veulent flinguer le parti mais garder l'appareil. Le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière (bah ouais on demande aux gentils adhérents  des sousous pour l'huma  qui servent à financer des sondages disant que décidémment l'europe c'est chouette et le PS un allié indispensable) Il ne faut pas les laisser faire!!