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Réveil Communiste

Jean Louis Cailloux réagit à la tribune Huma de la secrétaire du 92

1 Juillet 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Pour une novation dans un parti pris d'ouverture :

Sous le titre «  un parti pris d'ouverture », Brigitte Gonthier Morin, secrétaire de la fédération des hauts de seine, membre de l'exécutif national du Pcf et deux maires communistes des hauts de seine, ont écrit une tribune libre.

Ce sont des camarades appréciés et à l'écoute, nous pouvons donc parler franchement.
  
En premier lieu :

Cette tribune libre est pour l'essentielle porteuse de préoccupations électoralistes, de principes d'alliances, très éloignée des préoccupations des salariés et des catégories populaires des hauts de seine.
Elle part des élections municipales et se termine sur les Européennes.
Nous pouvions attendre de la secrétaire fédérale du 92 et dirigeante nationale, qu'elle aborde, y compris dans les préoccupations énoncées, les sujets de campagnes politiques, inscrits dans la durée et engageant les militants et les élus dans une même démarche visible et efficace pour transformer la société.
Il n'en est rien.
Pourtant les sujets ne manquent pas, sur lesquels pourraient êtres engagés des campagnes d'expérimentions pour que les citoyens s'exercent à la conquête d'une démocratie active et décisionnelle, dépassant le cadre de la démocratie participative dont les communistes et leurs élus ont été et sont toujours les promoteurs.
Nous pouvions aussi attendre que ces concepts soient étendus aux salariés des entreprises, ceux qui précisément ont le plus besoin de démocratie. Ce serait une bonne façon de préparer notre participation à des expériences de gestion qui rompent avec les logiques d'aménagements de cette société.
À aucun moment dans le texte de nos camarades, il ne s'agit de placer le mouvement populaire comme facteur premier dans les luttes  pour faire monter les exigences de changements et dans des actions d'expérimentations sur des projets permettant ces  changements comme la maîtrise du crédit.
 
Loin de cela le texte reste ouvertement réduit à une démarche électoraliste dans sa conclusion, où il aborde de très mauvaise façon, coupé des luttes, les élections européennes qui se dérouleront dans un an. Quel dommage !
 
En second lieu

Curieusement le texte enfonce des portes ouvertes.
Le Parti est-il menacé de retrait frileux ou d'isolement ? Brigitte Hélène et Jacques l'évoquent.
Mais où peut-on observer des replis et un retour à des pratiques du passé et lesquelles ? Cela fait-il référence à des sections du 92 ou ailleurs ? il faudrait plus que des affirmations mais donner des éléments concrets pour nourrir notre réfléxion.
 
Il suffit de regarder comment s'est construit le succès de la démarche des communistes Suresnois (17,7% aux municipales, 15,55% aux cantonales contre 6% en 2001) pour constater que cela s'est fait dans le cadre d'une ouverture politique, sur la base d'actions notamment en démarrant la campagne avec une pétition pour l'hôpital Foch, et sur le logement, actions inscrite dans la durée sur des propositions transformatrices dépassant la simple résistance. La section ne s'est pas perdue dans des conciliabules de sommet ou d'experts. Nous l'avons fait avec des citoyens côtoyés dans l'action et nous continuons pour construire une union plus solide. Nous ne sommes pas les seuls et nous ne sommes pas un «  modèle ».
Mais, hormis le comité départemental, il n'y a pas eu au niveau fédéral de « mise en étude » sur les enseignements à tirer sur ce qui a fonctionné ou pas ?
     
Peut-être aurions-nous pu voir que la seule ornière dont il faut sortir, c'est précisément la démarche électoraliste, construite par voix d'accord entre les formations et groupuscules au sommet.

En troisième lieu :

Sous le masque de l'ouverture, ce texte de B, H, J, est aussi porteur d'un doute persistant sur la créativité communiste.

Alors que quelles que soient les améliorations que nous voulons apporter à notre fonctionnement, le collectif de femmes et d'hommes rassemblés dans le parti communiste français représente un potentiel de générosité, d'intelligence, d'expérience et de savoir-faire sur lequel nous devons nous appuyer.


En fait tout le texte tend, à travers l'évocation du travail avec d'autres et sans le dire vraiment, à subordonner le PCF, dans une construction de portage commun d'un programme forcément composé du plus petit dénominateur commun.

Pour ma part, je n'ai pas cette vision des choses.
Je pense que nous devons répondre à deux questions
La première est :

Les transformations que connaît le capitalisme financiarisé et mondialisé rendent-elles caduque ou non  la perspective d'un dépassement du capitalisme jusqu'à son abolition?

La seconde est : Peut-on se passer d'un Parti communiste, autonome et en cohérence avec ce projet de transformation sociale radicale?

Si nous estimons comme nos prédécesseurs en 1920 que la transformation révolutionnaire de la société est nécessaire et possible, nous devons construire, pour notre temps, un projet de société dans ce sens.
Nous ne sommes pas dépourvus d'éléments de construction pour y parvenir et nous savons en grande partie pourquoi il y a eu des impasses et des échecs.
Ce projet doit s'attaquer de façon cohérente aux racines des problèmes rencontrés par notre société et apporter aux luttes sociales la perspective crédible qui leur manque.
Ce projet (qui n'est jamais définitif) nous devons l'expérimenter, dans des luttes concrètes, avec d'autres, peut faire naître des rassemblements totaux ou partiaux.
La démarche inverse consistant à construire d'emblé le projet avec d'autres qui ne pensent pas « révolution» conduirait pour satisfaire tout le monde, à un « plus petit dénominateur commun » non-révolutionnaire, conduisant a l'impuissance et l'échec.  
 
Le parti qui correspond a ce projet de transformation de la société, doit être constitutif d'un pôle d'intervention mettant en cohérence les luttes pour imposer les différents éléments d'un changement des lois mêmes du système économique et social.

Ainsi, le parti rend possible et utile le travail au sein du peuple en contribuant aux luttes concrètes, comme autant d'occasions de confronter les points de vue, de tester les propositions, d'expérimenter leur mise en œuvre en donnant à voir un caractère révolutionnaire des solutions.

Cette façon de faire permet d'aborder les butées qui existent pour rassembler l'ensemble de la gauche autour d'objectifs suffisamment transformateurs et traduire dans des alliances le réalisme d'une cohérence de transformation globale, sans s'en tenir à l'expression de propositions générales et à leur traduction dans des campagnes électorales, comme nous avons eu tendance à le faire dans les années passé.
 
Au rebours de cette démarche, il est caractéristique que nos trois amis ne portent aucun jugement critique sur l'expérience où nous avaient engagé avec les comités alternatifs et antilibéraux.
Ce qui a été tenté de bâtir n'est pas satisfaisant reconnaissent les trois signataires, mais n'est-ce pas justement parce que ce projet était bâti sur le renoncement et la prédominance d'accord de sommet, de projet de sommet en haut et non en bas et sans que rien de ce projet ne soit porté par des luttes.
 
Ne passent-ils pas pour perte et profit les errements politiques terribles qui ont succédé au référendum contre le TCE, qui n'a été suivi d'aucune initiative du PCF pour construire une suite.
Ne passent-ils pas sur l'échec prévisible dès lors que le renoncement de la candidature de MGB comme candidate du PCF avait été annoncé dans le journal libération en juin, au profit d'une démarche de contacts de sommet.
 
Je sais, à lire les comptes-rendus fédéraux que Brigitte multiplie les rencontres de sommet avec les forces politiques de gauche du 92, sur toutes les questions, mais quel est  le bilan ?
Elle n'en dit rien.
 
Nos trois camarades ne renoncent-ils pas à l'idée que le PCF puisse être reconnu et utilisé comme tel par les salariés et les citoyens, et à l'idée d'une novation possible, au  et non d'une dilution non avouée, tant elle serait rejetée par les adhérents.
Le doute sur des formes d'organisation et des luttes, donne ainsi du grain à moudre à ceux qui poussent l'idée d'une dilution du Pcf dans « autre chose ».
 
Pourtant dans nos débats tout indique que personne ne peut gommer la nécessité de réfléchir à nos rapports entre communistes, à la place de nos directions, au cumul des taches et des responsabilités, à notre ouverture à l'ensemble de nos concitoyens.
 
Comme cette façon de voir créée un vide, dans leur bonne volonté, B, H, J cherchent à le combler par un transfert dans le PCF de ce qui caractérise les fonctions d'élu, qui évidemment les conduits dans nombres de domaines à des contacts avec toutes les sphères qu'ils énumèrent expert etc.
Ne s'agit-il pas d'une subordination des sections aux élus qui est en trame arrière ?
 
Mais la vie d'un parti révolutionnaire, ce n'est pas cela. D'ailleurs dans la matrice du PCF si décrié il y avait la rupture avec cette domination, si bien dépeinte dans le roman de Louis Guillou : « la maison du peuple ».
Faire primer la promotion d'idées transformatrices et l'organisation du rassemblement dans l'action, sur les alliances et les institutions: c'est une rupture essentielle. C'est le socle pour une relance de notre influence électorale.
Pas d'abord le gouvernement et les postes d'élus, d'abord les idées nouvelles et les luttes, pour des élus et la conquête de positions de pouvoir utiles au peuple et au combat transformateur.
 
Le débat doit porter sur la novation et l'action du parti et de ses liens avec les salariés et les habitants.
Son action créatrice première ne peut pas porter sur d'un projet pour une ou deux législatures, car c'est confondre projet de société et programme.
Le projet donne à voir à la fois ce que nous voulons et ce que nous sommes.
Un projet n'est pas une accumulation de propositions même pertinentes, il doit produire du sens, montrer la cohérence de ses propositions, susciter l'action et le rassemblement sans lequel le projet de ne trouvera pas son aboutissement.
Cela concerne d'abord notre capacité à être le parti de propositions transformatrices et d'organisation de l'action, initiateur de vraies campagnes d'action, durables, impulsées et suivies; non limitées à l'action institutionnelle, mais pouvant s'articuler à elle; non limitée à des débats et de la propagande.

Quand nous proposons aux communistes d'élaborer un projet c'est dans le sens de contribuer a la définition d'éléments essentiels, il ne s'agit pas d'un programme, ni d'un repli mais de l'énoncé du souhaitable et non pas d'une réduction au possible qui est pour le coup un véritable repli.
C'est précisément cette fondation du souhaitable qui permet ensuite de rassembler avec les idées claires, (c'est tout autre chose qu'une auberge espagnole réductrice).
 
Il est bon ensuite de se mémorer que Lénine en 1922 indiquait déjà « Je pense que cette union des communistes avec les non‑communistes est absolument nécessaire....  Une des erreurs les plus grandes et les plus dangereuses que commettent les communistes (comme, d'ailleurs, les révolutionnaires en général qui ont mené à bien le début d'une grande révolution), c'est de se figurer que la révolution peut être accompli par les mains des seuls révolutionnaires ».
 
En quatrième lieu :

B, H et J parle d'élections européennes et dans ce domaine,    d'une lueur d'espoir née dans les hauts de seine au moment des élections régionales et européennes passées.
Mais de quoi parlent-il ?
Ils évoquent les régionales. Mais précisément, la liste était conduite par MGB et je me souviens que sur le parvis de la défense, les salariés disaient dans les discussions où en recevant les tracts  «  ha ! oui c'est le parti communiste ».
Le résultat des régionales ont été bons partout ou le Pcf était lui-même.
 
Mais cette période est aussi le moment où Brigitte GM s'est permise à mes yeux, un grave manquement a la démocratie.
Après une comédie politique, avec l'union pour l'union et des sanglots dans la voix, montée dans une réunion au cirque d'hiver, Brigitte a présenté une liste électorale différente de celle qui avait été votée par les adhérents et fruit d'un autre accord, sur la base du seul vote forcément restreint du comité départemental et sans reconsulter les membres du PCF. Un nouvel accord d'en haut avec ce qui tourne autour de « Copernic » nous était imposé.
Je me rappelle que le lendemain à la Fd, je croise Brigitte dans le couloir et je le dis « c'est quoi ce cirque », elle me répond, « c'est décidé, je fonce ».
Alors que nous travaillons ensemble depuis plusieurs mois sur les questions de l'entreprise et de l'industrie, j'ai décidé de ne plus le faire, la confiance était perdue.
Car pour moi, la fin (discutable) ne justifie pas les moyens.
 
C'est cet exemple qui me fonde dans la nécessité d'une profonde démocratie dans le parti, au rebours d'une conception, mise en avant, celle d'une construction d'en haut réduite à constituer une liste où un maximum de « partenaires du débat » seraient représentées.   
Ainsi il s'agit d'alliances électorales pour lesquelles le mouvement populaire n'est considéré que comme force d'appuis. Alors qu'il faudrait faire et beaucoup plus dégager des espaces où le citoyen définit lui-même les formes qu'il veut donner dans le temps et dans l'espace à son intervention.
 
Ah mes amis, j'espère de meilleurs jours !
 
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G
D'une manière générale, l'électoralisme et le replacement du marxisme par la pensée convenue et convenable "science po" (celle que les jeunes chargés de mission des élus viennent d'apprendre) est la marque de fabrique des textes dont l'orientation est préjudiciable à l'avenir du parti, textes ni ouvriers, ni marxistes.
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