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Réveil Communiste

Yves Dimicoli au CN du 25 juin : un appel à candidature pour le N°1

29 Juin 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

               Yves DIMICOLI

 

INTERVENTION AU CN DES 25 ET 26 JUIN 2008

 

 

Le « non » irlandais confirme la nouveauté de la situation historique et son caractère très ouvert, contrairement au défaitisme antirévolutionnaire qui enferme dans la recherche de solutions de moindre mal incapables de changer l'ordre des choses.

 

Plus que jamais la question se pose en pratique de commencer à dépasser la civilisation du capitalisme et du libéralisme en crise radicale, dont l'Union européenne actuelle est une dimension décisive, pour ouvrir pacifiquement les voies d'une nouvelle civilisation.

 

C'est à les déblayer en actes pratiques, et non en paroles vagues, qu'il faut commencer à s'atteler, au lieu de se contenter de répéter « ad nauseam » que le communisme est en crise ou qu'il a échoué. Autrement, il n'y a pas besoin de PCF !

 

Ce qui grandit c'est l'illégitimité du type de construction européenne actuelle. Elle plonge ses racines dans le divorce qui ne cesse d'éclater en grand entre les promesses qui ont servi à crédibiliser le projet d'Union européenne tiré par le marché et la monnaie uniques, d'un côté, et, de l'autre, les contradictions, les difficultés sociales, les rationnements graves engendrés pour les capacités humaines et la croissance réelle de toute l'Europe.

 

Tout cela invite, à l'appui des luttes, à porter et développer audacieusement nos éléments précis pour une refondation des traités européens, en réorientant les moyens financiers et les pouvoirs en fonction de nouveaux buts sociaux comme une sécurisation commune de l'emploi et de la formation, la promotion des services publics et celle des biens communs à toute l'humanité, dont la paix.

 

Plus que jamais, la situation nous commande de bien articuler le national, l'Europe et le monde.

 

Par exemple, les contenus qui, aujourd'hui, avancent dans chaque pays renvoient à un type d'harmonisation européenne par le bas au profit de la domination des marchés financiers, comme on le voit avec la fléxicurité ou la RGPP.

 

Ne reculons donc pas sur cette articulation nécessaire entre le national et l'Europe en pensant que cela va corriger , comme par magie, l'image anti-européenne qui continue de nous coller.

 

Nous pouvons et nous devons être sans doute très ouverts et créatifs pour ce qui concerne la conception des  listes pour les élections européennes, mais le problème essentiel est de savoir pour porter quelles idées, quel projet et au service de quelles forces sociales et de quelles luttes.

 

On a pu avancer l'idée d'une « plate-forme électorale commune du PGE ». Il faut en débattre avec tous les communistes bien en amont, parce que cela peut très bien signifier l'adoption d'un contenu de très bas niveau privilégiant, par exemple, les enjeux de redistribution des richesses (par un Etat européen supranational ?) eu lieu de les traiter à la lumière des défis de transformation de la production de richesses elle-même et de leurs utilisations avec la conquête démocratique de nouveaux moyens financiers et de pouvoirs populaires.

 

Il y a un risque, qu'il faut prévenir, de refoulement de nos efforts novateurs, notamment sur la sécurisation de l'emploi, de la formation et du revenu, sur les services publics, sur le crédit , des Fonds régionaux jusqu'à une réorientation de la BCE, et que, derrière l'exigence forte affichée d'un « nouveau traité européen », que j'appuie, il n'y ait que la faiblesse et l'incohérence de propositions à la fois conformistes et irréalistes, au nom du « commun ».

 

Je pense que nous devons résister à la tentation d'un pragmatisme de rassemblement qui aurait pour contrepoint notre effacement, le refoulement de notre autonomie d'exigences sur le fond et d'organisation des luttes.

 

On avance, ici ou là, l'idée de chercher à construire des « fronts » à géométrie plus ou moins variable. Attention à ce que cela ne nous conduise pas, dans chaque cas, à en rabattre sur nos exigences au nom de la nécessité de faire avec d'autres et, dans cet exercice, de finir par abdiquer toute ambition de cohérence révolutionnaire et à portée opérationnelle inséparablement.

 

Marie George Buffet nous invite à « sortir du ni...ni ». Je suis d'accord avec elle et je prétends que nous n'avons pas tout tenter pour en sortir. Plus exactement, pour essayer d'en sortir, nous n'avons fait que du « soit...soit » : Soit l'alignement derrière le PS, soit l' effacement derrière des gauchistes.

 

Par notre engagement permanent dans les luttes, en toutes circonstances, et par le développement permanent de nos propositions précises, cohérentes, opérationnelles et radicales nous pouvons, nous devons nous affirmer comme la force politique française à gauche capable d'être et révolutionnaire et réaliste à la fois, pivot d'une refondation de toute la gauche.

 

Pour pouvoir bien faire avec d'autres il nous faut :

 

  • - Partir des besoins populaires pour oser faire avec les gens sur des objectifs concrets avec les moyens financiers et les pouvoirs, au lieu de se contenter de leur faire des promesses et de déléguer leur réalisation à des ententes au sommet qui ne les traduiront jamais en actes;
  • - D'organiser des luttes pour aider à la diffusion de nos idées nouvelles et pour tester, expérimenter, car, si nous n'expérimentons pas, nous ne ferons jamais rien, condamnés que nous serions toujours à pêcher soit par irréalisme sectaire, soit par suivisme des idées dominantes.

 

Tout cela m'amène à m'interroger sur cette répétition dans nos discours récents sur « les possibles », les « frontières du possible », sans jamais parler du nécessaire autrement qu'en termes très vagues et très généraux.

 

Comment être en mesure d'ouvrir des possibles et de s'en saisir sans une visée claire du nécessaire et sans organiser les luttes qui cherche à l'accomplir ?

 

Enfin, un tout dernier mot à propos du renouvellement nécessaire des directions.

 

Marie George Buffet a fait part de son envie de passer la main, en conformité d'ailleurs avec ce que préconisent nos statuts actuels.

 

Il s'agit donc de préparer, sans attendre, le débat informé de tous les communistes là-dessus. Je pense qu'après une discussion à organiser rapidement sur les critères auxquels devrait répondre le ou la futur-e  N°1, il faut lancer un appel à candidatures, pour ne pas laisser les rivalités de sommet occuper et gangrener tout le terrain.

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G
Il faut mettre l'Europe au défit en refusant toutes les directives de libéralisation, et en exigeant la renégociation de tous les traités.Quant aux candidats, il serait temps que l'on puisse se positionner clairement, face à des dirigeants potentiels dont on pourra juger de la crédébilté. La démocratie, c'est au minimum de pouvoir choisir ses dirigeants.
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