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Réveil Communiste

Le texte préparatoire de la réunion de Tours commenté par G. Questiaux

15 Mai 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008



Lien à la la note de lecture d'André Gerin


Mis en ligne le 9 mai, avec les commentaires de GQ le 10 mai.


lien au texte de la commission Buffet sans mes commentaires

Note liminaire

De petits soucis informatiques ont fait que ce texte de synthèse en version longue (la version courte sera envoyé à Pierre Laurent, pour la coordination des différents ateliers, demain matin au plus tard) vous ayant été envoyé le 24 avril n'a été reçu par presque aucun d'entre-vous... Mille excuses pour ces soucis informatiques indépendants de notre volonté...

Ce qui parait anecdotique ne l'est pas : on a bien vu à l'ANE que 1500 camarades avaient été regroupés, dans le mépris le plus total, sans les conditions matérielles leur permettant de débattre et de travailler.


La réunion du 14 juin à Tours.

Une réunion nationale sur les transformations du parti se tiendrait à Tours le samedi 14 juin prochain. Cette initiative se tiendrait avec des centaines d'adhérent(e)s issus des fédérations, des délégations des secteurs de travail du PCF, de la JC, de l'ANECR et des Vétérans.

Des centaines : pourquoi pas des milliers? il est évident que le congrès permanent continue, et la volonté d'arracher un mandat dans des conditions irrégulières, en organisant la confusion, continue aussi.

 

Cette réunion concerne notre atelier ainsi que celui animé par Michel Laurent et Marie-Pierre Vieu sur le renforcement du parti, sa vie, son rayonnement.


Michel Laurent, principal concepteur de la stratégie des collectifs, est assurément un expert qui a fait ses preuves en "renforcement" du parti. Marie Pierre Vieu, qui a réussi dans sa carrière à détruire successivement l'UNEF, la formation au PCF, et le parti en Hautes Pyrénées s'y connait en "vie du parti". Si, comme chez Georges Orwell, "la vie c'est la mort!"


Cette réunion pourrait s'organiser de la façon suivante :

_ cinq petites introductions sur les principaux points à l'ordre du jour. Chacune serait préparée par un binôme, en cours de désignation, qui aurait dans son travail à faire apparaître les points saillants du débat et les principales questions à appréhender.

Que penserions nous d'une AG de section avec cinq "petits" rapports d'introduction?

 

_ un travail par atelier permettant un débat poussé sur chacune de ces questions.

_ une réunion plénière avec comptes-rendus de chaque atelier et débat sur ces conclusions...

 On croirait revivre l'ANE ! Y compris les "ruches"!

 

Un code de bonne conduite. (comme à l'école? Voyons voir!)

Suite au constat unanimement partagé que les communistes étaient demandeurs d'un Congrès non confisqué par quelques-uns et à l'image de leur débat, avait été avancée l'idée d'adopter pour la préparation de la phase statutaire de notre congrès une sorte de « code de bonne conduite » devant permettre une plus grande sincérité, une plus grande écoute, de plus franches confrontations dans nos débats.


Manifestement la crise de confiance envers la direction remonte maintenant jusqu'au sommet. Ne serait-il pas plus simple, et plus honnête, de confier l'organisation du congrès à une direction provisoire? (proposition d'André Gerin)


Ce code ou cette convention, quel que soit son nom, devrait par exemple traiter de :

_ la manière de s'efforcer à faire participer un maximum de communistes au débat, s'efforcer de leur donner tous les tenants pour faciliter leur prise de position.

 

On peut aussi se demander pourquoi bon nombre de camarades ne veulent plus y participer : l'expérience de  leur investissement inutile des deux derniers congrès y étant pour beaucoup. A quoi bon amender un texte qui sera de toute manière remanié ensuite dans le sens voulu par le groupe dirigeant au niveau fédéral et national? Au final à l'ANE, le texte voté a été rédigé  dans la nuit à deux  : MP Vieu et Patrice Bessac. Faut-il faire les frais d'une location de salle de cette dimension pour en arriver là?


_ la façon de travailler aux convergences et aux évolutions des positions en fonction de la progression de nos débats, etc...

Le code de bonne conduite impliquerait donc l'obligation de fusionner avec le texte émanant de la direction?


_ la vérité sur les intentions. Des camarades souhaitant d'ores et déjà, comme c'est leur droit, déposer un texte alternatif avant le prochain Congrès devraient l'annoncer au préalable.


Pas de problèmes!  Jusqu'à présent c'est plutôt la direction qui a présenté une base commune fort tard de manière à rendre le plus difficile possible la constitution d'une alternative.


_ Un accord sur la conception et le mode de construction des directions pour permettre représentativité et efficacité.


Cela signifie-t-il qu'il n'existe aucune règle statutaire au PCF qui indique dans quelle condition la direction doit être élue? Et que l'on désire changer les statuts avant le congrès? Je n'ose imaginer une chose pareille! Ce serait peu "dé-mo-cra-ti-que"!


_ l'expression médiatique. Là encore, toute expression médiatique externe se doit d'être constructive et respectueuse des idées des autres communistes.


Patrick Braouezec appréciera. Mais si déjà Pierre Laurent permettait dans l'Humanité une expression interne de l'opposition de gauche, on pourrait alors savoir si telle opposition est constructive et respecteuse. Et puis qu'est ce que ça veut dire? Les communistes doivent ils accepter de telles injonctions à la censure et à l'autocensure?


1/ L'objet de notre engagement. L'objet de notre organisation.

Hommes et femmes membres du parti communiste, nous avons la volonté, par nos actions, nos luttes, notre participation à la gestion de collectivités locales et nationales, de rendre sans cesse meilleure la vie des hommes et femmes de notre pays, d'Europe et du monde et pour cela de favoriser l'appropriation par chacun et chacune des savoirs et des pouvoirs sans lesquels ils ne peuvent avoir la maîtrise de leur vie.

"savoirs " et "pouvoirs" (surtout au pluriel) ça ne mange pas de pain : où est l'appropriation collective des moyens de production? J'attire l'attention sur le fait que n'importe quel militant politique de n'importe quel parti  peut souscrire à une déclaration de bonnes intentions aussi vague.

Rendre la vie sans cesse meilleure, c'est évidemment contribuer à satisfaire les besoins les plus élémentaires et vitaux de chacun et de chacune : l'alimentation, l'eau, l'énergie, le logement, la santé, l'éducation, la culture et les loisirs...

les libéraux disent la même chose!

Rendre la vie sans cesse meilleure, c'est plus largement créer les conditions de l'épanouissement personnel de chacune et de chacun ; un épanouissement au travail, par la satisfaction qu'il procure, la reconnaissance sociale qu'il génère, la juste rétribution dont il est l'objet ; un épanouissement dans sa vie de tous les jours, sa vie familiale, sa vie sociale, sa vie culturelle...

 

Je n'imagine pas quelqu'un écrire le contraire.

 

Rendre la vie sans cesse meilleure, c'est aussi garantir à chacune et chacune sa pleine place dans la vie de la cité, dans la vie de la Nation et dans le cours de l'Europe. C'est donc reconnaître les droits civils, sociaux et démocratiques de chaque homme et de chaque femme ; c'est donner à chacun et chacune les pouvoirs individuels et collectifs d'en assurer la pleine réalité, par le biais de l'organisation de services publics, de la démocratisation de la vie politique, économique et sociale, par la mise à disposition de tous les savoirs.


Pas un mot de ce qui précède n'est spécifiquement communiste, et révolutionnaire. Mais ce n'est même pas de gauche. C'est le catalogue répétitif des bonnes intentions que n'importe quelle organisation met en avant. C'est, en un mot, de la langue de bois humanitariste. Même Emmaus est plus radical que cela.


Rendre la vie sans cesse meilleure, c'est agir avec la même détermination pour le progrès humain dans le monde : ne laisser personne souffrir de la faim quand la planète est assez riche pour en finir avec ce fléau ; permettre à chaque être humain de vivre comme il rêve (sans commentaire! ici le sommet du ridicule est atteint! Si l'on permet à chaque être humain de vivre ses rêves un HItler y trouverait parfaitement son compte :  domination, exploitation, enrichissement sans limites, génocides ? Les rédacteurs de ce texte sont si candides qu'ils pensent que tous les désirs sont légitimes.; assurer le développement de l'humanité dans le plein respect de l'environnement ; bâtir un monde solidaire respectueux des droits des peuples et de la personne.

Rendre la vie sans cesse meilleure, c'est enfin un objectif qui heurte profondément le monde tel qu'il est aujourd'hui :

Absolument pas : tous les tyrans n'ont que le bien public à la bouche.

la vie révoltante faite à une immense majorité de l'humanité, ce que nous apprenons de l'histoire, l'analyse de la structure même de nos sociétés, tout cela démontre l'existence d'entraves à l'épanouissement personnel et collectif de chacun et de chacune '("jouir sans entraves" devient donc le slogan officiel, 40 ans après mai 68?). C'est donc indissociablement remettre en cause l'exploitation au travail et le contrôle de l'économie par la finance, les violences et les guerres, les menaces sur l'environnement, la domination patriarcale, c'est en finir avec toutes ces dominations, souvent liées les unes aux autres, et avec tous les mécanismes qui en favorisent la reproduction. (Le texte commence donc réellement ici. Mais on aimerait bien savoir comment s'y prendre pour supprimer toutes ces aliénations! Et sans théorie d'aucune sorte, on ne va pas y arriver ! Mais il y a en tout cas un mécanisme qu'il s'agit d'entraver d'urgence, c'est celui de la reproduction du groupe dirigeant capable de rédiger des documents aussi creux  et insipides en espérant nous faire avaler des couleuvres venue tout droit du jardin d'Eden.

 

Ces objectifs, nous les hommes et les femmes qui composons le parti communiste les portons avec d'autant plus d'ambition que nous sommes pleinement conscients des capacités extraordinaires qui sont celles de l'humanité, lucides sur les potentiels considérables des sciences et des techniques modernes et que nous sommes partie prenante de toutes les initiatives marquant la volonté d'une émancipation personnelle et collective.



Le PCF dans cet évangile, serait donc une collection d'individus qui croient en l'humanité et la science. Une église humaniste, et non un parti de classe. Ce passage témoigne de l'outrecuidance des religieux et des moralisateurs de toutes obédiences, qui croient qu'il suffit d'annoncer leurs bonnes intentions, pour qu'on les croie sur parole, et qu'ils ont le droit de stigmatiser tous ceux qui doutent de leurs grands idéaux.


Aussi, nous faisons le choix de nous organiser en parti (comme si le parti n'existait pas déjà depuis bien longtemps avant ce choix, c'est beau comme du Jean jacques Rousseau! A moins que... voir la suite). Pour face aux classes dominantes faire avancer la conscience de notre humanité commune, la conscience de l'intérêt commun de millions d'hommes et de femmes à dépasser le capitalisme pour construire la société sur la base de tous ces possibles. Pour porter un projet ( tout ce qui a été dit avant ce n'est donc que pour gagner du temps pout éviter d'avoir à dire clairement en quoi consiste cette alternative) alternatif pour la France et l'Europe, donnant à voir que la vie de chacune et chacun peut effectivement s'améliorer sans cesse, ayant vocation à rassembler majoritairement tous les hommes et les femmes qui veulent une autre vie que celle que l'on leur impose.

Nous nous organisons avec la volonté de construire le parti politique (tiens tiens? le PCF qui existe déjà n'est donc pas ce parti?)qui soit en capacité de répondre à cette ambition et de l'incarner (c'est beau comme une ostie sur la langue) dans son organisation et son fonctionnement.

Tous les hommes et les femmes partageant ces objectifs politiques en général, un de ces combats en particulier (un seul combat? il peut être par exemple pour le recyclage des bouteilles en plastique, et pour le libéralisme par ailleurs?), ont leur place au parti communiste français. Avec leur personnalité, leur sensibilité, leurs particularités, tous et toutes sont partie prenante de la construction (je m'interroge sur cette image de "construction" : s'agit-il de raser le parti existant pour en construire un autre, ou de le réhabiliter amoureusement, comme les vieux immeubles populaires de Belleville, pour le conserver comme pièce de musée tout en délogeant ses anciens locataires?) d'une organisation populaire à l'image du monde du travail (qu'attend-on pour revitaliser les sections d'entreprises,alors?) au coeur du quotidien des salariés des villes et des territoires ruraux, au diapason de tous les rêves de la jeunesse et du monde de la culture. Tous et toutes sont au coeur de l'existence d'un parti présent et actif depuis les plus petites revendications jusqu'aux plus grandes des luttes sociales et démocratiques ; un parti au coeur des controverses intellectuelles de notre temps ; un parti porteur des espérances révolutionnaires d'un monde enfin meilleur ("un monde meilleur" comme chacun sait est une expression euphémisée pour désigner la mort), bref un parti de la France d'aujourd'hui pour faire celle de demain ! (c'est beau comme du Chirac)

C'est ce parti qu'aujourd'hui, avec détermination, nous nous engageons à construire (à détruire ?)

2. Militer dans la France d'aujourd'hui.

L'engagement de chaque homme et de chaque femme au sein du parti communiste est affaire de conviction. Il doit, au-delà de sa motivation première, être un pas dans le sens de ses objectifs politiques, en étant une source de plaisir, d'accomplissement personnel, d'appropriation de savoirs et de pouvoirs pour chaque homme et chaque femme décidant d'y adhérer. Nous n'en demandons pas tant. Nous voulons un mouvement politique efficace, qui n'épuise pas l'essentiel de son énergie en questionnements existentiels et en congrès perpétuel.

Et cette raison d'être est en lien direct avec la place faite à chaque adhérent(e) au sein du parti, aux capacités de ce collectif à faire progresser chacun et chacun dans sa connaissance du monde, dans sa réflexion, dans sa maîtrise des enjeux politiques. L'ambiance fraternelle en son sein, la sérénité des débats, la capacité de chacun et chacune à s'investir dans les activités militantes de son choix, et d'être reconnu pour cela, comme tout simplement la capacité de ce parti à réaliser, dans son fonctionnement propre, l'idéal politique qui est le sien, sont des conditions de succès incontournables. On pourrait ajouter à cette image idéale du parti : la responsabilité de la direction devant les militants. Parce qu'après tout, ceux qui nous amusent avec ce genre de texte à nos frais c'est la fine équipe qui nous a mis à 1.9%.

Il en est de même pour le sentiment que l'on a de l'utilité de son engagement, de la conviction que le temps passé à militer contribue effectivement à faire avancer ses idées sur sa ville, son village, dans son entreprise et dans la société.

C'est tout cela que doit rechercher l'organisation de l'activité des hommes et femmes qui composent le parti communiste.

Cette place faite à l'adhérent(e) dans la vie du parti est encore largement fictive. Les choix du PCF sont ceux de ses directions, à tous les niveaux, quand ils ne sont pas noyés dans la cacophonie de discussions sans fin. Il est aujourd'hui nécessaire de chercher donc à approfondir le fonctionnement démocratique de notre parti, en faisant mieux partager nos choix, par exemple par un recours plus fréquent aux votes des adhérents, mais aussi en faisant mieux partager les réflexions des directions, les arguments justifiant telle ou telle prise de décision, etc... C'est bien une profonde démocratisation de notre fonctionnement qui doit émerger du prochain Congrès.

Le passage qui précéde reflète enfin le constat d'échec flagrant des responsables actuels de l'organisation, et reconnait que "l'ambiance fraternelle " a souffert du manque de démocratie interne. La solution démocratique à ce problème de manque de démocratie c'est simplement que la direction sortante remette en jeu son mandat sans faire d'histoire, et sans organiser de multiples usines à gaz, pour retarder l'échéance!

 

Et naturellement, cela dépend aussi de la place que chacun(e)e trouve dans son collectif militant.

Les assemblées générales de section ne permettent pas à une majorité de communistes de participer à la vie de leur section, leur organisation faisant la part belle aux adhérent(e)s les plus confirmés. (Allons nous en revenir aux cellules?) Nous ne sommes pas en capacité de faire vivre, sauf exception, une plus grande proximité à partir de cellules. (et bien non!)

Comment fait-on donc pour gagner en proximité et en implication de chaque adhérent(e) dans la vie de sa section ? Comment doit-on donc réorganiser nos sections pour permettre à chacun et chacune d'y trouver sa place ? En permettant le débat sur le bilan de la direction et sa future composition! La démocratie, c'est pouvoir choisir ses dirigeants.

Beaucoup de sections cherchent aujourd'hui des réponses à ce problème en organisant des collectifs jeunes, des cellules de quartier ou de ville ne disposant ni de souveraineté politique, ni d'autonomie financière (trésorier...)... L'idéal sur ce point serait de faire remonter tout ce qui peut d'ores et déjà se faire sur le terrain, d'évaluer l'efficacité de telle ou telle initiative, pour que ce qui fonctionne soit éventuellement étendu. Je ne vois pas comment on va démocratiser le parti en créant des cellules dépouillées de leur souveraineté.


Enfin, nous avons au-delà de la vie interne d'un parti à chercher à inventer un militantisme plus efficace et permettant aux adhérent(e)s de faire rayonner leurs idées au mieux dans la société. En cessant par exemple le congrès permanent, et la remise en cause de l'existence même du parti, de son nom, etc, ça pourrait marcher, pas besoin de "réinventer" l'eau tiède.

3. Faire rayonner ses idées dans la société.

La question qui nous est posée, plus fondamentalement, est bien ce que l'on fait de ces structures de proximité. Elles ne peuvent être conçues uniquement comme des lieux fermés de débat où il s'agirait de préparer et de reproduire les débats stratégiques qui agitent la direction nationale du parti. Elles doivent aussi être pensées comme des instances d'animation de la bataille politique et d'initiatives avec les citoyens, celles et ceux engagés dans le combat progressiste mais aussi et d'abord tous les autres, des lieux à partir desquels les adhérent(s)s du PCF ont la possibilité de faire largement rayonner leurs idées. (donc la proposition est de faire entrer un maximum de "non encartés" dans la vie du parti, de manière à noyer les adhérents dans la masse. On a vu ce que ça donnait avec les "collectifs antilibéraux") Il faut cent, mille, un million de Clémentine Autain! Mais en fait , ça existe déjà : ça s'appelle le parti des Verts.

Les dernières élections législatives, municipales et cantonales l'ont démontré : l'engagement militant de proximité, à la fois sur son lieu de vie et sur son lieu de travail, l'engagement militant dans la durée, est absolument déterminant.

Mais si cette proximité est véritablement payante, on ne peut pour autant se satisfaire de ce qu'elle est aujourd'hui. Et cette question va bien au-delà de celle de l'existence des cellules ou des sections.

Ainsi, de quoi a besoin un adhérent du PCF, syndicaliste dans son entreprise, pour concrètement faire avancer les idées de son parti dans le respect de l'indépendance de son syndicat ? De quoi a besoin un autre, militant dans une association tout autant indépendante, pour donner à voir de la continuité entre son engagement associatif et les idées qu'il défend sur le plan politique ? De quoi? de quoi? et bien on ne saura pas! le truc de répondre au questions par des questions, c'est les Jésuites qui l'ont inventé.

Travailler au rayonnement des adhérent(e)s du PCF dans la vie sociale, à la diffusion de leurs idées exige aussi que soient mieux reconnus, dans la population et dans le temps, nos élus, nos candidats et nos militants. Cela pose la question du message politique que l'on est capable de décliner sur le terrain, des réponses concrètes aux problèmes locaux que l'on est capable de donner aux citoyens. C'est aussi tout ce travail politique de proximité qu'il nous faut repenser, et ce partout sur le territoire. Mais curieusement, personne ne songe à aller voir sur le terrain comment font les communistes qui réussissent électoralement, qu'ils s'appellent Chassaigne, Boquet, Jumel,  André Gerin, Maxime Gremetz, ou même François Assensi tout bovétiste qu'il soit. Ce rapport de proximité avec les Françaises et les Français est donc essentiel. Il perd pourtant en efficacité pour des élections où se joue l'avenir du pays, on l'a vu aux dernières présidentielles où l'effort militant considérable des communistes est apparu, au vu des résultats, assez vain. Vous l'avez dit! Ce sont d'autres ressorts que la proximité territoriale qui déterminent le vote pour cette élection politiquement incontournable, quoi que l'on pense de son caractère antidémocratique. C'est peut être aussi la qualité de la campagne et le manque de conviction de la candidate, frappant à la télévision.

Aussi, de par son caractère incontournable, il est de notre responsabilité de chercher comment peser sur une élection où se détermine l'influence nationale de chaque force politique. (et si nous avions fait campagne pour des candidats aux législatives, désignés longtemps à l'avance? plutôt que de suspendre tout au bon vouloir d'un "collectif national" irresponsable et illégitime?)

L'enjeu est bien pour une élection de ce type de pouvoir intervenir avec force dans le débat d'idées, (pour ça, des idées, il faut en avoir, et ce n'est pas sans théorie et sans formation que l'on en trouvera de meilleures, et cela impose de désaisir de leurs responsabiltés les dirigeants qui ont tourné le dos au marxisme) de donner à voir de ce qui est notre vision de la France, de l'Europe et du monde dans les cinq à dix prochaines années, et de répondre dans l'énoncé de notre projet aux questions qui sont celles des Françaises et des Français.

Aussi, en complément de notre militantisme « classique », nous avons à inventer une organisation militante chargée de produire des idées neuves (une agence de pub avec 100 000 colaborateurs?) et de les diffuser, largement comme de façon plus spécialisée, de les faire partager, de tester leur bonne réception dans la société, d'être en prise permanente avec tous les grands débats agitant la société pour systématiquement donner du sens à l'idée que notre société pourrait exister sur d'autres bases (on voit que les rédacteurs de ce texte ont du mal a y croire eux mêmes). Entre le travail des secteurs, notre presse, l'expression publique du parti communiste, cette organisation nous manque aujourd'hui. Elle est à inventer. C'est sûr qu'un parti dirigé par des gens qui pensent comme ça ne peut avoir aucune efficacité, pour faire il faut croire un peu quand même.

Cette visibilité, cette reconnaissance politique de l'importance de cette bataille d'idées passe donc peut-être par un renforcement de notre investissement dans le travail des secteurs, qui pourrait passer par la création de fédérations thématiques, devant marquer l'importance politique nouvelle que l'on doit impérativement donner à ce travail politique de fond. Ces fédérations "ad-hoc"  déterritorialisent le parti, et ouvrent à la possibilité de toutes les manipulations.

Comme les fédérations départementales, ces fédérations auraient, en complément de leur travail politique propre (dialogue avec les associations, les intellectuels...), de leur expression directe (via Internet...), à développer voire créer leurs contacts directs avec les structures locales du parti, échanger avec elles de la pertinence ou de la non-pertinence de telle ou telle proposition, de sa bonne réception dans la population, travailler à des réponses aux questions posées par les citoyens et sur lesquelles grandit un besoin de réponse de notre part, etc...

Il s'agit en fait de donner un statut exhorbitant aux groupes d'experts qui existent déjà et qui ne rendent de comptes à personne.

4. La démocratie au sein du parti communiste.

Cette question dépasse largement celle du simple « droit à la parole » ou du simple « respect de la différence » au sein du parti communiste. Mais si on l'assurait ça serait déjà pas mal : une fois de plus, Pierre Laurent, quand ouvriras-tu les colonnes de l'Huma aux porte-paroles de l'opposition, comme Gerin, Dang Tran, Karman etc? Quand renoncera-t-on à la pratique de créations de fausses sections, Quinzième-bis, Bézier-bis?  évidemment la question du pluralisme et des formes d'organisation du débat entre les communistes, mais aussi et surtout celle de la mise en oeuvre des choix des communistes.

Sur le pluralisme, il n'est plus besoin aujourd'hui de grandes déclarations d'intention sur le besoin d'en finir avec le « centralisme démocratique » et de libérer la parole des communistes. C'est une réalité. En effet, il n'y a plus ni centralisme ni démocratie ! Et pour ce qui est de la parole, c'est sans signification si c'est pour produire des textes comme celui-ci qui critique des généralités sans nommer les responsables.

Mais si cette diversité est une réalité, avons-nous pourtant réussi à ce qu'elle soit un atout où chacun s'obligerait à chercher à dépasser, collectivement, nos divergences respectives ? Ou est-elle d'abord une source de cacophonie et de trouble dans l'expression publique du PCF, allant jusqu'au rejet des choix démocratiques faits par les adhérent(e)s ? On voit ici percer l'exaspération par rapport à l'attitude de la faction bovétiste. Mais l'idéologie postcommuniste est majoritaire dans le groupe dirigeant.

Ce manque de respect des hommes et des femmes qui font le PCF, ce mépris pour les formes démocratiques, il se traduit dans des expressions publiques et des actes politiques. Et ce peut être aussi souvent des stratégies d'obstruction visant à empêcher ou détourner la mise en oeuvre des choix des communistes. C'est une absence de travail aboutissant à ce que ces choix restent sans suite. Contester un choix majoritaire est une chose parfaitement normale. Empêcher sa mise en oeuvre est de nature tout à fait différente. Or, ces comportements existent. Ils sont insupportables aux hommes et femmes qui composent le PCF, incompatibles avec leurs valeurs démocratiques et humanistes, et nuisibles à la lisibilité politique du parti communiste. Mais il est tout à fait vain de se lamenter contre de telles attitudes, de s'indigner contre elles, si l'on trouve normal que le parti soit dirigé par des gens qui  répètent à qui veut l'entendre dans la presse bourgeoise que le communisme c'est fini, qu'ils ne sont plus marxistes, et ne s'en cachent même pas, quand ils n'organisent pas des campagnes de dénigrement envers les camarades de la "gauche" c'est à dire ceux qui quelque soit leur sensibilité pensent qu'il est un préalable, si on veut diriger le parti, d'être dévoué à son maintient et à son avenir.

Cet état de fait est évidemment de la responsabilité des hommes et femmes concernés. Mais elle interroge surtout nos structures et l'organisation qui permet de telles pratiques.

Il manque aujourd'hui au PCF un vrai lieu de débat politique, que devrait être le Conseil national, où sont abordées des questions qui nous divisent, des points précis sur lesquels il nous faut trouver une position commune, et où le travail préparatoire de chaque camarade permettrait de nous faire progresser collectivement dans le débat. Le CN souffre aujourd'hui de la répétition de débats généraux déconnectés de toute réalité sociale, où prime la posture de principe, l'interrogation stratégique, la petite cuisine interne. Ce sont des débats souvent épuisants, répétitifs, et surtout vains parce qu'organisés à partir de positions pré-établies.  Ce qui signifie que l'opposition au CN est priée d'accepter tous les ordres de jour sans discuter! Ce primat pour le débat général et la prise de posture conduit aussi à la faible implication des membres du CN dans les commissions de travail et tous les lieux où sont abordés les problèmes politiques de fond. Pourtant il y a tellement de monde au CN qu'on devrait pouvoir trouver les bonnes volontés sans difficultés!

C'est une toute autre organisation de nos débats que nous devons concevoir, en privilégiant systématiquement des ordres du jour relatifs à la vie des gens, les "gens"! ça n'a jamais rien voulu dire. à la réalité telle qu'elle est, aux manifestations de l'idéologie dominante, et en construisant le débat à partir d'un travail préparatoire des commissions et des secteurs avec toujours à l'esprit la recherche d'un débouché politique en terme d'initiatives, d'intervention des dirigeants communistes, de lancements de campagnes... Avec une telle approche, nous ne pourrions plus éviter de prendre à bras le corps les questions sur lesquelles nous sommes en grande difficulté, celles sur lesquelles nous sommes divisés et celles sur lesquelles nous sentons que nos positions, aussi justes qu'elles soient, n'arrivent pas à prendre dans l'opinion. Pour ça, une solution très simple : arrêter de remettre en cause l'existence et le nom du parti.

En nous obligeant à aller au bout de nos divisions (veut-on vraiment aller jusqu'à la scission? ça m'étonnerait! De la part de gens qui ont renié Lénine. Ils ne peuvent pas prendre le risque d'avoir à leur gauche une organisation marxiste implantée dans la classe ouvrière.), de nos désaccords, de nos manques, en ramenant nos interrogations stratégiques et identitaires à leur juste place dans le débat politique, en désacralisant le Conseil national  (je crois que c'est déjà fait) face à la nécessité d'avancer dans ce travail politique de fond et dans notre activité quotidienne auprès des Françaises et des Français, nous pourrions commencer à gagner en unité et en efficacité.

Cette question de la démocratie dans le parti est bien celle de son expression publique, de son expression en accord avec les choix des adhérent(e)s. Elle interroge donc aussi notre rapport aux élus qui pour la population sont les porte-parole « naturels » du PCF. Quel est leur lien avec l'organisation ? Comment concilier leur autonomie dans leur fonction et leur rapport au Parti ? Comment renforcer leur capacité à faire rayonner nos idées et notre ambition politique ? Les élus, sur le terrain, ceux qui gagnent sous des couleurs franchement communistes ont en effet des choses à nous apprendre. Mais le groupe dirigeant ne fait confiance qu'à des seconds couteaux, qui se font élire sur des listes à direction socialiste, et qui n'affrontent pas véritablement le risque électoral. Enfin, elle pose évidemment la question de la sanction. Parce qu'aucun parti aujourd'hui ne se prive de sanctionner celles et ceux de ses membres qui vont manifestement contre ses décisions. Seul un reste de mauvaise conscience issu de notre passé peut justifier qu'il n'y ait pas de sanctions et d'exclusions individuelles au PCF, à l'exception de motifs particulièrement graves. 

Il est donc nécessaire de clarifier aussi sur ce point. Ainsi, un homme ou une femme se présentant à une élection contre le ou la candidate officiellement présenté par le PCF devrait automatiquement ne plus être membre du PCF.

Ce point laisse rêveur, quand on se souvient que Marie George Buffet qui préside cette commission s'est empressée de déclarer à la télévision pendant la campagne que ceux qui soutenaient Bové ne subiraient aucune sanction. On prend manifestement les communistes pour des idiots.

5. la question des directions.

Ce dernier point pose évidemment la question de la mise en oeuvre des décisions du Conseil national, de l'expression publique de notre parti et donc de nos directions et de nos porte-parole.

C'est en ce sens qu'il nous faut repenser l'organisation de l'exécutif du PCF. Parce que le CEN doit être d'abord un exécutif, et donc autre chose qu'un  lieu de débat politique supplémentaire, s'impose la nécessité de la réorganiser en fonction des objectifs politiques qu'on lui assigne et en fonction de la capacité et de la disponibilité des camarades à animer et impulser concrètement la bataille politique des communistes, à en endosser la responsabilité propre (nous n'avons plus les moyens pour attacher un collaborateur politique à chaque dirigeant), à organiser notre présence dans le débat public, à mettre en oeuvre les objectifs fixés en Congrès... Aucune autre préoccupation ne devrait entrer en ligne de compte dans la composition de notre exécutif... ce qui signifie (si on continue les trois points) que l'opposition ne doit plus avoir de représentants au CEN.

Ces exigences semblent également imposer la reconstitution d'un secrétariat politique du Conseil exécutif national.

Enfin, la question de nos directions, celle de la démocratie au sein du parti, toutes ces préoccupations interrogent aussi notre (absence de) politique de cadres. Comment enfin créer les conditions pour qu'à nouveau, les militantes et militants issus de milieux populaires, employés et ouvriers, fils ou petits fils d'immigrés, les militantes et militants à l'image de notre peuple puissent devenir des cadres dirigeants et des élus de notre parti. On peut demander à Marie Pierre Vieu pourquoi elle a démantelé les formations.

Cette situation pose une véritable question politique. Ce sont ces cadres issus des classes populaires, formés et aguerris par notre organisation qui de par leur origine ont été à une époque de parfaits représentants de ces milieux populaires comme du parti censé les représenter. Ce qui ne signifie pas que leurs enfants soient forcément qualifiés pour prendre la succession. En incarnant un certain modèle de réussite sociale, en démontrant dans le débat politique qu'ils avaient les capacités de tenir la dragée haute aux représentants de la bourgeoisie, ces cadres ont nourri par leur existence même le recul de certains fatalismes, ils ont illustré toute l'ambition politique portée par le PCF. Ils en fait sa force. Dans ce cas ce serait une bonne chose de confier la direction du parti à des cadres de ce type, sans vouloir par jeunisme sauter des générations, pour confier les responsabiltés à des jeunes gens dont la culture marxiste laisse à désirer, ainsi que l'expérience du monde du travail.

En outre, le PCF ne peut pas reproduire dans son mode de fonctionnement la division sociale du travail qu'il combat dans la société, à moins tout simplement de renoncer à ce qui fait son ambition politique même. Nous sommes là confrontés moins à la question de la formation en tant que telle qu'à la disparition d'une véritable politique des cadres au sein de notre parti. Nous avons là un énorme chantier à affronter. Cette conclusion louable va à l'encontre de la plupart des propositons d'organisation précédentes. le PCF n'aura d'avenir que s'il se recentre sur ses fondamentaux, c'est un parti marxiste, qui représente et défend les intérêts de la classe ouvrière dans l'accception la plus large, et des classes populaires. Sinon, ce n'est rien.

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gilles questiaux 16/05/2008 07:14

Il ne faut pas sousestimer ses adversaires. Le critère de l'intelligence politique, c'est obtenir du pouvoir et savoir le conserver, et non la valeur philosophique des motions de congrès.

gilles questiaux 12/05/2008 13:03

Parce que ces "nains" dirigent le PCF, et ce n'est le pays de Bisounours qu'en apparence.

Diablo 12/05/2008 09:35

Pourquoi vous donnez tant de mal à commenter un texte nul rédigé par des nains politiques vivant au pays des bisounours...