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Réveil Communiste

Nicolas Marchand au CN 25 avril 2008

9 Mai 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Passages en rouge soulignés par nous (RC), mis en ligne le 5mai

Nicolas MARCHAND

Intervention au Conseil National du PCF  - 25 avril 2008

 

La crise est très profonde; ça contredit les thèses sur un « nouvel age du capitalisme » ou niant que le capitalisme soit en crise au nom d'une régénération permanente du système. Cela renforce le défi de dépassement du système capitaliste, le besoin d'un parti qui ne soit pas seulement « de gauche » ou « antilibéral » mais un parti vraiment communiste.

D'autant que, pour les forces du capital, il y a le besoin aigu d'un consensus visant à  neutraliser la résistance aux réformes réactionnaires. Les efforts d'intégration sont énormes:

- au plan idéologique (avec aussi les tentatives de révision réformiste du marxisme),

- au plan politique, des partis et des élus, jusqu'à un PS qui renonce à sa référence à la révolution, mais aussi les tentatives d'éradiquer le parti communiste comme force révolutionnaire autonome;

- est visée aussi l'intégration du mouvement syndical, particulièrement la CGT, dont le positionnement de classe a été historiquement un élément de la singularité française. (voir l'article de Sarkozy dans le Monde et son coup de chapeau à la CGT hier soir)

Résister à ces efforts d'intégration et aider à y résister fait partie de nos responsabilités.

 

Les économistes communistes prévoient une nouvelle phase de cette crise vers 2010-2012. C'est une hypothèse qu'il faudrait examiner sérieusement plutôt que l'ignorer. Il y a une course de vitesse vers ce rendez-vous, dans laquelle le devenir de notre parti est une donnée importante. En France,  le PCF existant est le point d'appui pour un parti à la hauteur du défi de lutte et d'alternative: il ne faut pas le laisser détruire. Mais il ne suffira pas de rester le PCF.  Il y a besoin d'un PCF au niveau de la bataille actuelle, et pour cela très profondément transformé. C'est une exigence pressante.

 

La campagne sur l'argent s'inscrit dans la bonne voie; il faudrait décider de la développer beaucoup plus, aller au delà d'une campagne de propagande et de présence dans les manifestations syndicales, pendant que le groupe dirigeant se consacre principalement aux préliminaires de préparation du Congrès; il faudrait organiser un programme d'action, à partir des entreprises; et vraiment pris en main par la direction.

La rencontre du 15 mai sur la crise financière est importante: elle va donner des éléments d'offensive, avec des idées, des propositions communistes. On ne doit pas, en effet, se laisser limiter à ce qui constituerait le plus petit dénominateur commun d'un front des antilibéraux; c'est une illusion de penser gagner ainsi la bataille de la crédibilité (par exemple traiter l'importante question des salaires, mais de façon isolée, sans l'articuler aux réformes de structures sur l'emploi, le crédit, les services publics; ou suivre la campagne sur l'objectif très limité et discutable d'une réglementation protectionniste de la circulation des capitaux, sans chercher à promouvoir la mise en cause des buts des détenteurs de capitaux ni leurs pouvoirs).

On n'aidera pas la gauche à se dégager de l'hégémonie sociale-libérale, on ne résoudra pas les problèmes de crédibilité d'une transformation radicale en refoulant la bataille sur ses grands axes et sa cohérence (objectifs sociaux, moyens financiers et pouvoirs).

 

Cela ramène à l'enjeu de l'existence du Parti.

Toutes les hypothèses sont "restées ouvertes"...
Une campagne très active pour la dilution du Parti dans une « nouvelle force » a été relancée.

L'Huma, qui affirme ne pas ouvrir de tribune, a donné en quelques jours la possibilité d'exprimer leur point de vue sur l'avenir du parti à Roger Martelli, à Marie-Pierre Vieu, à Pierre Zarka; sans compter Jean-Claude Gayssot signant (incidemment) un article sur les transports  3 jours après son nouvel appel dans Le Monde à créer une nouvelle force...

Mais du côté du groupe dirigeant, on dit qu'il faut parler moins de la question de l'existence ou pas du parti, qu'on en a trop parlé; que l'important c'est le projet. On nous ramène à « voyons d' abord le projet, après on verra quel parti ».

 

On aurait trop parlé du Parti? Je rappelle que le débat n'est pas parti des camarades attachés à la novation du PCF et opposés à sa dilution.  Le projet de création d'une « nouvelle force », avec une révision « réaliste » du projet,  a  été relancé l'an dernier par le livre de P.Cohen-Seat publié à l'occasion de la fête de l'Huma, et par des déclarations de quelques uns des principaux dirigeants du Parti (Michel Laurent, Olivier Dartigolles, Marie-Pierre Vieu...)

Pourquoi maintenant chercher à enterrer ce débat après l'avoir lancé? Pourquoi après avoir encouragé à douter de tout et surtout du parti, après avoir dramatisé le débat de l'assemblée extraordinaire pour maintenir les hypothèses ouvertes, faire comme si la question était réglée alors qu'elle ne l'est pas?

 

Certes il y a eu les élections cantonales et municipales; il vient d'y avoir l'échec cinglant de l'expérience de la « nouvelle force » à l'italienne (et, parenthèse sur ce point, c'est un peu court de s'en tenir à l'argument du vote utile: je fais remarquer que d'autres partis y ont échappé; mais pas la « chose rouge », devenue « arc-en-ciel », avec la dilution des communistes voulue par Bertinotti. Je conçois que ça gène les partisans de cette formule pour la France, mais c'est la réalité).

C'est vrai qu'il y a peu de raisons et d'arguments pour que l'avis très majoritaire exprimé dans les assemblées de section avant l'assemblée de décembre se trouve remis en cause.

 

Mais on ne va pas repartir du Congrès en laissant encore « toutes les hypothèses ouvertes »! Il y a besoin d'une décision claire au Congrès. C'est la décision la plus importante qu'il ait à prendre.

Et donc il faut organiser le débat, et non pas le contourner par le biais de l'élaboration d'un projet « de gauche » pouvant parfaitement devenir le projet fondateur de la fameuse « nouvelle force politique », avec, comme étape préalable, une liste de type « arc-en-ciel » aux élections européennes.

Je n'invente rien: la formule « à l'italienne » pour les élections de 2009 a été soutenue par Dartigolles dans le Monde. Il est vrai que c'était avant le naufrage de la ligne Bertinotti. Mais cela signifie-t-il qu'on serait toujours dans la logique de dilution, plutôt que dans celle de la bataille rassembleuse sur nos idées et pour des élus communistes?

 

Autre question: est-il exact qu'est envisagée une révision des statuts dès le Congrès? Je suis le premier convaincu qu'il y a besoin de changer les statuts; ca fait partie de la novation nécessaire. Il faut d'ailleurs beaucoup plus qu'une révision, notamment en matière de démocratie. Mais faisons les choses dans l'ordre: décidons de rester le PCF, d'entreprendre une novation réelle profonde; et mettons alors en chantier de nouveaux statuts. Une révision précipitée des statuts, alors qu'on n'a même pas encore décidé de notre devenir? Dans quel but? Je m'interroge. Je ne suis pas d'accord.

 

On parle aussi beaucoup de direction et de futurs dirigeants. Des noms sont mis en circulation. Des candidatures se présentent. Ce débat n'est pas tabou, mais il a besoin de bases politiques. Notamment: il y a un lien nécessaire entre la décision à prendre sur l'existence du parti et la nature de ses changements, et le choix de la future équipe dirigeante. C'est le plus important.
Pour l'instant, tout se passe comme si on allait vers la classique autoreproduction de la direction par le groupe dirigeant sortant, comme si les mêmes dirigeants pouvaient être choisis quel que soit le choix d'avenir du parti fait par les communistes.

La question de la direction, et du ou de la future secrétaire nationale, dont je pense le changement nécessaire pour un congrès de renouveau et de relance du Parti, doit être abordée au grand jour et dans une cohérence politique, particulièrement avec la décision que les communistes prendront concernant l'avenir du Parti.

Le Parti a besoin, pour sa novation réelle sans la dilution, d'une direction renouvelée, décomplexée, combative et créatrice parce que confiante dans le potentiel et l'avenir des idées communistes et marxistes nouvelles.

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