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Réveil Communiste

Les maoistes en tête des élections au Tibet... euh, non, au Népal!

12 Avril 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ce que dit la presse

Les Népalais votent communiste. Erreur en deça  de l'Himalaya, vérité au delà?

Par Gopal Sharma Reuters - il y a 39 minutes

KATMANDOU (Reuters) - Les anciens rebelles maoïstes ont créé la surprise en arrivant en tête aux élections législatives de jeudi au Népal visant à désigner une Assemblée constituante chargée de rédiger une Constitution et d'abolir à terme une monarchie vieille de près de deux siècles et demi.

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Samedi, sur les 20 circonscriptions dont les résultats ont déjà été proclamés, onze ont été attribuées aux ex-maoïstes, qui ont proclamé leur attachement à la démocratie.

Les maoïstes sont en outre en tête dans 61 des 121 circonscriptions où les opérations de dépouillement ont débuté, ont annoncé les responsables électoraux.

"Au rythme actuel, les maoïstes sont bien partis pour devenir le premier parti du royaume", a prédit le directeur de l'hebdomadaire "Nepali Times", Kunda Dixit. "Les tendances qui se dégagent jusqu'ici expriment, semble-t-il, une volonté irrésistible de changement, de paix et de développement chez essentiellement les jeunes électeurs".

La publication de l'ensemble des résultats définitifs dans cet Etat himalayen coincé entre l'Inde et la Chine pourrait prendre une dizaine de jours.

"Nous assistons à la victoire du peuple!", ont scandé des centaines de personnes, dont beaucoup arboraient la faucille et le marteau peints sur le visage, dans un bureau de dépouillement des voix du centre de Katmandou.

Une victoire des anciens maquisards serait difficile à "encaisser" pour l'armée, conservatrice, du Népal traditionnellement loyale à la monarchie, aux Etats-Unis et au grand voisin indien. New Delhi redoute notamment un effet de contagion auprès de ses propres rébellions maoïstes.

D'après le dépouillement en cours, plusieurs anciens dirigeants maoïstes, dont leur chef suprême, Prachanda, précèdent leurs concurrents lors de ce premier scrutin depuis neuf ans qui vise à tourner la page des années de violence et de guerre civile.

En revanche, certains chefs de file d'autres formations politiques arrivent loin derrière.

"Ils sont eux-mêmes surpris (par leur bonne performance)", affirme un diplomate asiatique à propos des anciens maquisards dont les succès sont enregistrés dans des circonscriptions n'appartenant pas à leurs fiefs traditionnels.

"Même eux ne s'attendaient pas à cela, tout le monde pensant que les maoïstes arriveraient en troisième position. Personne ne comprend vraiment", a ajouté ce diplomate, qui note que les anciens rebelles avaient choisi avec beaucoup de soin leurs candidats issus de groupes ethniques divers et marginalisés.

UN APPEL À L'ARMÉE?

Pour le moment, on ne dispose pas des tendances en provenance des plaines du sud du Népal, où vit près de la moitié des habitants du royaume et où les ex-maoïstes seraient, croit-on, mal implantés.

Le scrutin de jeudi constituait la pierre angulaire de l'accord de paix conclu en 2006 avec la guérilla maoïste, et le Premier ministre Girija Prasad Koirala, qui voit dans l'élection de l'Assemblée constituante une "ère nouvelle" pour son pays, l'un des plus pauvres au monde.

Pour pratiquement tous les électeurs interrogés, la paix était l'attente principale.

Les maoïstes ont assuré qu'ils respecteraient le "verdict des masses", mais un mauvais score de leur part pourrait inciter la frange la plus dure de l'ex-rébellion à faire sécession avec le reste du parti et à descendre dans les rues.

Les principaux partis en lice sont les maoïstes de l'ex-rébellion, les communistes du CPN-UML et le Congrès népalais.

En privé, certains diplomates disaient craindre avant la tenue du scrutin que le Congrès népalais, le plus ancien et le plus puissant parti de ce qui est encore un royaume, n'accepte pas de bonne grâce un mauvais score, voire en appelle à l'armée si les résultats se retournent contre lui.

Après s'être soulevés une dizaine d'années pour renverser la monarchie, les rebelles maoïstes népalais ont accepté l'élection par le peuple d'une Assemblée constituante appelée à décider du sort de la monarchie.

Mais pour finir, la décision de l'abolir a été prise à huis clos l'an dernier par les principaux partis politiques. L'assemblée élue ne fera qu'approuver cette décision sans débat.

Les royalistes exigent un référendum sur la monarchie et déposeront sans doute un recours en justice contre une décision entraînant son abolition par l'Assemblée constituante. Mais ce faisant, ils n'obtiendront sans doute qu'un léger sursis pour le roi, estiment les observateurs.

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