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Réveil Communiste

Jean Louis Cailloux analyse les résultats

4 Avril 2008 , Rédigé par Réveil Communiste

JL Cailloux nous à fait parvenir la deuxième version de ce texte. En rouge, souligné par moi (GQ)


Commentaires sur les résultats du PCF

pour les élections cantonales 2008 et les enseignements pour le PCF.

 

 

Ces élections doivent nous permettre de tirer des enseignements concernant ;

a)      La contestation de la politique poursuivie par la droite.

b)      L'opinion que les citoyens ont sur chaque parti et notamment le nôtre.

C'est l'objet de cette note qui mérite naturellement  des compléments.

C'est le cas sur la portée de l'abstention pour laquelle je ne dispose pas d'éléments d'analyses suffisants, mais qui témoigne d'un enseignement politique certains, (  voir dans les villes populaires) et peut être du fait que dans beaucoup de têtes tout se décide a la présidentielle.


1/ Une meilleure visibilité et un potentiel de progrès

 

Avec les tableaux dont je dispose, je remarque que les résultats donnent un léger progrès  en % pour le PCF sur les 1164 cantons où il y avait un candidat en 2001 et en 2008 soit 12,1% en 2001 et 12,4%. en 2008 (+0,3%).

Mais nous sommes en recul sur l'ensemble des cantons avec 8,84% (est-ce finalement le bon % ! ) et -0,90% sur 2001  

 

Ce résultat se compose de gains ou une stabilité dans environ 650 cantons (56%)    et de pertes dans les autres.

 

Mais la raison importante du recul de 0,9% réside dans le recul du nombre de candidats du PCF.

 

Il y avait 1934  cantons à pouvoir en 2008 (2011 avec les Dom) et il semble que le PCF ne présentait environ que 1164 candidats, soit 385 candidats de moins qu'en 2001 selon les tableaux dont je dispose.

 

Nous totalisons au sortir de cette élection  644 cantons où le PCF est absent !

Reste à savoir pourquoi cette situation et pourquoi cette chute de 385 candidats par rapport à 2001.

 

Quel aurait été le résultat avec le même nombre de candidats?

L'absence est en soit un fait politique. (Nous organisons nous-même notre recul)

 

Mais nous pouvons calculer un manque de voix occasionné en prenant les voix obtenus en 2001 dans les cantons abandonnés.

Cela donne aux alentours de 185 000 voix !!  soit plus de 15% de nos suffrages.

 

À comparer avec les voix 1158121 voix et 8,84% obtenu par le PCF, si nous ajoutons ces 185 000 voix nous aurions environ 2% de mieux. ( Il faut naturellement faire l'hypothèse que ces électeurs potentiels ont voté pour d'autres candidats de gauches et sont déjà comptés dans les exprimés. Je fais l'impasse sur de possibles abstentions).   

Nous pourrions donc prétendre virtuellement à un léger progrès autour de 1%.

Nous mesurons donc la responsabilité prise de ne pas présenter de  candidats.

 


Dans les raisons du recul du nombre de candidats figure le fait que des FD ont passé un accord global avec le PS dès le premier tour. ( Je ne les connais pas toutes et il existe aussi des accords plus limités dont je n'ai pas connaissance). 

Pour les deux FD qui sont à ma connaissance dans le cas d'un accord global, le recul du Pcf est sensible. Seine et Marne -3,94% et Corrèze -3,76% 

Pour avoir un meilleur jugement  il faudrait aussi faire une étude de corrélation entre le progrès de l'absence du PCF, (   mais aussi là où existe un réel effort de nouvelles candidatures là où il n'y en avait pas en 2001)    et le positionnement des directions fédérales dans la préparation de l'assemblée de décembre vis-à-vis des discours de remise en cause de l'existence du parti.

 

2/ Des résultats qui montrent une rupture positive avec la période précédente.


Le principal enseignement c'est le retour du PC dans le champ politique et ses probables effets internes : avec l'idée de novation et d'existence dans l'action et  démocratisation qui se trouvent  renforcées  .


Sur le plan politique, il faut noter que ces résultats surviennent après deux élections présidentielles calamiteuses :

Robert Hue 3,37% « candidat de gauche » et Marie George Buffet, candidate de la "gauche populaire et antilibérale » qui a eu le résultat le plus bas de toute l'histoire du PCF 707 327 voix, soit 1,93% des suffrages exprimés.  

Nous avons eu aussi des élections législatives où le  PCF avait investi 518 candidats  et où nous avons recueilli un résultat en recul sur les précédentes (c'est  le cas dans les Hauts-de-Seine (sauf pour nos élus sortant comme à Suresnes, où nous avions un progrès de 1,5% sur 2002)   .

 

Ces résultats avaient déclenché un discours défaitiste au sein de la direction du PCF; il était courant d'entendre dire que la crédibilité nationale du Parti était en cause et nombre de voix se sont fait entendre pour promotionner l'abandon du nom « communiste », la dilution du PCF dans une autre formation.

O Dartigolle, P Cohen Seat, M Dufour, Martelli, Braouzec, Zarka et j'en oublie,   se sont bousculés dans des déclarations allant dans ce sens.

 

En décembre les assemblées de sections avaient donné une autre tonalité  et portaient l'exigence du maintien du PCF, avec des changements profonds, et l'affirmation d'un ligne politique révolutionnaire. ( La résolution finale édulcorant cet aspect)

 

HEUREUSEMENT, il est visible que  ce sont les orientations de fond, dans les sections, qui ont permis aux communistes de s'engager dans cette campagne qui corrige les résultats et le défaitisme antérieurs.

 

À l'opposé de la thèse qui consiste à se limiter à dire que ces résultats n'effacent pas les élections antérieures pour mieux conforter les lignes liquidatrices, aujourd'hui il est juste de dire que le Pcf  réaffirme son assise populaire et une visibilité attestée dans toute la presse..

 

3) L'audience du PCF et son implantation mérite un examen sérieux tant les résultats sont différenciés.


Il est visible que les endroits « pilotes » de la dilution du parti sont ceux ou le Pcf connaît de grandes difficultés.

 

Mais  l'implantation électorale en baisse en nombre de candidats traduit-elle une baisse de l'implantation en nombre d'adhérents ou la persistance des tendances à la dilution ?

 

Nous pouvons y voir l'effet :

a) Des appels répétés à une mise en cause de l'existence ou à la dilution du parti par de nombreux membres de la direction du PCF avec l'abandon de la référence au communisme.

b) De  la situation d'attente sur l'avenir voir l'existence du PCF dans le cadre de la préparation du congrès 2008 dite « ouverte et n'écartant aucune option au prochain congrès ».

Dès lors pourquoi présenter des candidats et appeler au vote communiste ?

 

La direction doit répondre à ces réelles questions et à sa difficulté de maintenir une implantation de candidats au plan national.
Il est d'ailleurs curieux que le secteur élection du Pcf ne produise aucune étude.

 

4) Les partisans de la disparition en remettent une couche.

 

Martelli et Lefort peuvent essayer d'utiliser les résultats pour conforter leurs thèses sur différentes façons de dissoudre le Parti dans une autre formation.

 

Gauche de gauche pour l'un  « Ouvrir  les voies à l'existence d'une réelle force politique de transformation sociale qu'importe le nom, pour l'heure » pour l'autre.

 

Ils reçoivent un renfort dans ce sens par un proche de MGB,   O. Dartigolles porte parole du PCF.

« Le monde » relate qu'interrogé sur la création d'une formation susceptible d'aiguillonner des socialistes timorés, il refuse de « formuler dès maintenant une réponse organisationnelle », mais se dit néanmoins favorable à la mise en place de « fronts électoraux ». Il évoque la constitution d'une liste pour les élections européennes de 2009 rassemblant le PCF, mais aussi « les amis de Jean-Luc Mélenchon et, pourquoi pas, une partie de la LCR ».

 

Ce à quoi Mélenchon fait écho en affirmant  qu'il faudra que « le PS noue le dialogue avec cette autre gauche qui va du PCF à la LCR et à LO ». Ou qu'à défaut, une fédération - un Die Linke à la française ? - se constitue à sa gauche

Comme nous le voyons, les tendances au rassemblement d'appareils se manifestent à nouveau et encore au détriment du rassemblement d'action et d'expérimentation des salariés et des citoyens.

( La récente prise de position de Gérin facilite plutôt leur travail de sape)

 

Un élément plaide en la faveur d'une capacité de progrès du PCF.

 

J'en tire d'autres enseignements, plus proches des positions exprimées dans les sections en décembre 2007,

 

Nous pouvons constater que dans les 282 cantons où le score du parti était inférieur à 5% en 2001, les candidats PCF progressent en voix et en pourcentage dans 227 (80%), et ils passent la barre des 5% dans 148 (52%).

Nous le vérifions dans les Hauts-de-Seine, où malgré tout il y a deux cantons sans candidats, alors que nous pouvions êtres présents  

Personne ne peut expliquer cette progression dans les zones où nous sommes le plus faible par une référence à un « communisme municipal ».

Il s'agit bien là d'un redressement de l'électorat communiste.

Les résultats des cantonales couplées aux municipales montrent donc les capacités de rassemblement des candidats du PCF.

 

Là où nous rencontrons des difficultés c'est dans les villes où des communistes jouent la division entre eux, là ou il y a des renoncements à porter une candidature, là ou le PS ou les verts nous ont affronté au premier tour  sur une base visant «  à nous faire la peau » générant des difficultés de reports au second a fortiori quant ils se maintiennent au second tour.  

 

Il faut aussi examiner l'impact des modes d'organisations dans les FD et les sections, du maintien ou de l'abandon des cellules, qui n'ont pas été traités de la même façon partout.

 

Se pose aussi, pour les communistes, les questions :

a) Des liens des sections et des élus, de l'attachement des élus à contribuer à faire vivre les sections et les organisations communistes de proximités.

b) Du rôle de nos élus et de l'effort à faire dans les exécutifs où nous devons garder une réelle autonomie,    pour ne pas être dans une politique d'accompagnement ou d'aménagement socialiste,    à la politique destructrice de la droite qui domine les instances au plan national. 

 

Il faut donc affirmer une ligne de conduite portant sur :

La recherche d'une nouvelle pensée communiste, novatrice dans les idées et l'action.  La Construction avec les citoyens  d'un projet, d'un contenu, avant de penser  rassemblement des appareils.

Les communistes doivent travailler avec d'autres, c'est évident, à partir du rejet de la droite et pour un contenu de classe,

Loin d'un parti à l'avenir en suspens ou l'errance vers une future nouvelle « force »,   le PCF pourrait être à l'initiative de grandes initiatives rassembleuses, liées aux luttes, avec l'apport de ses idées, pour un processus populaire de définition d'un projet politique transformateur.

C'est le cas pour les effets de la crise financière qui se développe, avec des effets vécus qu'il faut mettre en lumière.

Pouvoir d'achat, mouvement du capital, l'argent, les services publics et la démocratie, à l'opposé des thèses, de concurrences, de privatisation portés dans le rapport du socialisant Attali.  

 

Cordialement

Jean Louis Cailloux  

 

 

 


 

 

 

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gilles questiaux 05/04/2008 00:49

J'ai souligné les résultats de Robert Hue et de Marie George Buffet pour qu'on s'en souvienne bien, c'est qu'on risque de les oublier à force de noyer le poisson dans les questionnements et les réunions et les rapports introductifs. Ces deux dirigeants ont endossé des lignes politiques modernistes creuses qui ont été massivement refusées par les Français.

Jonathan 02/04/2008 13:34

Voilà une analyse des résultat autrement plus profonde et plus fouillée que celle livrée par Roger Martelli dans l'Huma hier et sur le site Communisme 21 ! L'historien officiel de la place du Colonel Fabien est un bien piètre scientifique et un bien mauvais statisticien pour détourner la réalité des faits au profit de ses positions idéologiques.
Quant au lien fait par Jean-Louis Cailloux entre André Gérin et les liquidateurs, il est à mettre en lien avec ce qu'il dit juste avant quand il parle du "rassemblement d'action et d'expérimentation des salariés et des citoyens" que n'est pas l'initiative d'André Gérin, même si celle-ci, en tant que coup de pied dans la fourmilière du CN, est néanmoins salutaire car elle oblige de se positionner (ce qu'a immédiatement fait la direction, par la voix de MG Buffet, qui a dit qu'elle pouvait rester SN ; sans l'action de Gérin, cette preuve de fébrilité serait-elle apparue si nettement ? Pas sûr).

GillesQuestiaux 02/04/2008 12:29

Je ne comprends pas bien pourquoi JL Cailloux renvoie dos à dos Gérin et les liquidateurs. AG remet en cause le délicat équilibre au sein du CN, et je pense qu'il a raison de le faire.