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Réveil Communiste

Histoire, capitalisme et communisme ; l'exemple de la Chine

30 Mars 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Chine

Cet article, écrit par un non-historien, acceptera volontiers les mises au point de mes camarades plus spécialistes que moi en la matière.

Beaucoup de camarades, se présentant comme "communistes" adoptent un point de vue non pas scientifique, mais moral sur la Chine. Ce pays étant le lieu de développement d'un capitalisme extrêmement dynamique et vorace, il serait de bon ton de le condamner au même titre que le capitalisme des Etats-Unis d'Amérique, ou de l'Europe. Pourtant, les situations sont complétement différentes.
En effet, lors de la prise de pouvoir par les communistes en Chine en 1949, "l'Empire du milieu" était dans un état économique arriéré, qu'il s'agissait de développer. Les mesures prises à l'occasion du Grand Bond en Avant par Mao, avec des nuances mais suivant l'expérience soviétique, visèrent à développer l'industrie lourde, les grands travaux, la collectivisation agricole. L'échec de cette politique, ainsi que la mort de Mao, amenèrent Deng Xiaoping à orienter la Chine vers un développement de type capitaliste, dont le résultat est, aujourd'hui, celui d'une Chine avec un des produits intérieurs bruts les plus élevés du monde, certes au prix d'inégalités criantes.
Quant à l'Europe, d'où viennent aujourd'hui beaucoup de critiques virulentes contre la Chine et son mode de développement, elle a mis plusieurs siècles pour passer d'un mode de production féodal à un mode de production capitaliste. Commencé pendant la Renaissance, ce processus devient irréversible avec la Révolution française. Les soubressauts politiques et les révolutions techniques du XIXe siècle, poursuivies aux XXe et XXIe, permettent une modernisation encore jamais connue par notre civilisation.
Un rapide retour en arrière, si vous le permettez. Lorsque Lénine et les bolcheviks prennent le pouvoir en Russie en 1917, la situation politique et économique est, là aussi, très arriérée, et le capitalisme n'y est que balbutiant. L'expérience soviétique se solde par un échec en raison, notamment, des insuffisances initiales de développement à partir desquelles le socialisme doit être construit. D'où la nécessité d'user de l'autorité, de la force pour moderniser l'économie, et d'y échouer, de façon quasi nécessaire. Comme Marx l'avait déjà écrit, le communisme ne peut pas se construire à partir de n'importe quelle situation économique ou politique. Il faut une société capitaliste développée au plus haut point, arrivée à un niveau de contradictions encore jamais atteint, à une libération totale des forces productives, pour que le socialisme puis le communisme puissent apparaître comme possibles. Mais ce développement est extrêmement long.
C'est en cela que l'expérience chinoise est intéressante au plus haut point, car elle marie un pouvoir politique se revendiquant du communisme, et un pouvoir économique capitaliste extrêmement puissant et dynamique.
L'Occident qui, depuis plusieurs siècles, se construit lui-même selon un mode capitaliste, connaît des crises économiques et politiques de plus en plus fréquentes. Les crises politiques sont caractérisées par un recourt à la guerre de plus en plus marqué, par une intégration dans des instances non-démocratiques à marche forcée (Union européenne, OTAN). Quant aux crises économiques, elles se succèdent depuis 1987, la dernière en date étant celle que nous vivons en ce moment.
Et pour revenir aux camarades qui condamnent, sans jugement, la Chine en raison de son mode de développement capitaliste, j'aurais envie de leur demander quelle leçon ils retiennent de l'expérience ratée de l'Union soviétique. Je dis bien leçon à retenir, et pas jugement moral. Pour moi, la leçon à retenir est bien celle-ci, que le socialisme n'a de chance d'émerger qu'à condition que la situation économique et politique de départ le permette, à savoir que le capitalisme soit arrivé à un niveau de développement jamais atteint. Aux pays dits en développements, malgré les dégâts immédiats que cela provoque, je souhaite l'établissement d'un capitalisme dynamique et innovant, libéré de l'impérialisme occidental (condition essentielle). Que chaque nation emprunte son propre chemin vers le socialisme et le communisme passe, selon moi, par la phase de modernisation technique, industrielle, économique dont le capitalisme reste, à ce jour, le seul capable à partir d'une situation arriérée comme celles connues en leur temps par les pays européens.
De façon concommitante à ce développement, il faut faire vivre et grossir les partis communistes qui, conscients de cette nécessité historique, sauront en accepter le mouvement, mais aussi l'accélérer en aiguisant la lutte des classes, et pousser le capitalisme à accoucher, de par ses potentialités, du socialisme.
Pour toutes ces raisons, j'estime l'expérience chinoise comme digne d'intérêts, qu'il faut examiner au regard des expériences passées et de ce qu'elles ont apporté.

Jonathan





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gilles G 03/04/2008 20:48

je n'en doute pas mais mon inttention n'étais pas de débattre du tibet. a mon avis cette histoire avec le tibet va tourner court une fois passé les jeux olympique ou tout au moins ça seras moins "médiatique". la vrai offencive elle a lieu sur le continant africain ou chinois et américain sont entrés dans un bras de fer commercial. dans ce contexte on peu s'attendre a ce que les américains balance quelque peau de banane à leur adversaire. mais celà je pense n'attiendra pas l'intensité des attaques menée contre l'urss à l'époque à cause de l'interdépendance économique entre les deux pays. ( enfin j'espère). pour en revenir au tibet j'y vois plus un conflit ethnique entre hans et tibetains atisé par quelque uluberlus médiatiques. si la presse occidentale doit cesser de présenter les choses de façons maniquéenne. il appartiens au gouvernement chinois d'appaiser les tensions éthnique au tibet et de ne pas tomber dans le piege tendu par les éléments les plus radicaux d'une "cause" à la mode.salutation fraternelle

GillesQuestiaux 01/04/2008 08:41

Je précise au cas où quelqu'un en doute, que le refus de soutenir le groupe séparatiiste, obscurantiste et publicitaire du Dalaï Lama et le soutien affirmé à la Chine dans le bras de fer avec les États-Unis ne vaut pas approbation pour la politique chinoise dans son ensemble. Bien qu'un coup de barre à gauche, à fort contenu social, ait été donné audernier congrès du PCC (2007).

Gilles G 30/03/2008 20:49

salut bien d'accord sur le constat du développement chinois. Mais celà n'éfface pas les contradictions majeure que créent la strategie de développement chinoise. cette strategie rappelons le fait un très large appel a l'investissement des capitaux occidentaux ( en leur permetant au passage d'éponger une crise de débouché carabinée). je ne nierais pas que celà constitue un fantastique levier pour le développement d'infrastruture en chine mais encore faut il savoir en sortir. En effet l'interdépendance économique ainsi créée ne risque t'elle pas de devenir un "boulet" au pied de nos camarades chinois dans leur marche vers le socialisme? Les pratiques de "dumping" chinoise dans le contexte de mises en concurence des travailleur les un contre les autres qui caratérise le phénomene "mondialisation" ne sont elle pas un sacré coup de pouce à la case sociale dans les pays occidentaux? pour finir j'en viens a me demander si finalement tout ceci n'a pas été plus profitable à nos actionaires qu'aux paysans chinois. l'histoire seule jugeras. en attendant nous communiste français avons des choses a dire sur la division des taches qui s'est mise en place au niveau mondial et proposer un véritable plan de réindustrialisation pour notre pay.salutations fraternelles

gilles questiaux 30/03/2008 13:37

L'Afrique et la Chine avaient à peu près la même pauvreté en 1930. Grace au PCC, qu'on le veuille ou non, la Chine s'en est  on peut l'espérer définitivement sortie (à moins que l'impérialisme ne déchaine contre elle une guerre nucléaire, au nom des droits de l'homme peut être?) Faites une expérience de pensée : imaginez que l'Afrique ait eu son armée populaire de libération, son parti communiste, son Mao tsé toung, et son Chou en lai, imaginez que les impérialistes n'aient pas assassiné Patrice Lumumba et Thomas Sankara? Voilà quel est le critère pour juger la Chine.